‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 246 sur 334 · LE CIRQUE · texte numérisé non relu

LE CIRQUE

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berté, on le tue. Les princes du Bas-Empire ont étouffé autour d'eux le dernier courant de vie nationale dans la poussière du cirque. Allons voir ce champ du suicide d'un peuple, il est à côté de l'église, et il fut à côté du palais. Je ne suis jamais descendu dans l'arène du Coliséo sans y sentir passer comme un arrière-souffle de ces effluves de vie qui firent l'Église chrétienne, et mon cœur d'homme et de prêtre battait d'une sainte fierté. Quand je foule la piste des Verts et des Bleus, je crois y surprendre encore l'empreinte de cette frivolité dégradante qui empêcha une succession d'empereurs chrétiens de jouer un rôle glorieux dans le monde, et j'en frémis d'indignation. Entre ses querelles théologiques et ses préférences du cirque, le Bas-Empire réussit à s'ensevelir dans la boue.

Oui, le voilà ce champ clos, long de trois oent cinquante mètres et large de soixante, où, durant près de dix siècles, un peuple s'est amusé à apporter ses plus vives préoccupations el à distribuer ses meilleurs applaudissements. C'est Beptimo Sévère qui avait fonde ce cirque sur le modèle do celui de Rome. Constantin et bob successeurs l'embellirent, et tout ce qu'on put enlever à l'Asie, à l'Egypte, à la Grèce, de statues et d'oeuvres d'art, on le porta ici. Il en reste un obélisque de granit rose, venu de la haute Egypte pour marquer le milieu do la Spina. Le monolithe, haut de trente mètres et large de deux à sa base, repose sur des soi les de bronze et un piédestal orné de bas-reliefs, où l'on voit Théo-

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