LE CIRQUE
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dose, au milieu de sa cour, présider les courses l^jjjjg] de l'hippodrome sur le Cathisma. C'était la loge impériale qui, dépendant directement du palais et inabordable du côté du cirque, mettait le prince à l'abri d'un coup de main, si le peuple venait à se soulever. Un peu au-dessous de lui, sur une estrade séparée de la foule, et qui avait la forme et le nom de la lettre grecque n, se tsnaient en armes ses gardes et ses officiers. U'est dire que les empereurs s'attendaient à tout de la part de leurs sujets. Et en réalité, plus d'une fois, dans le cirque même, ils furent insultés et lapidés. Justinien II y eut le nez et les oreilles coupés. Andronic Comnène, arraché de sa tribune, y fut promené dans l'arène et ensuite pendu et éventré. Ainsi ces courses frivoles de chars n'avaient tué la tragédie que pour devenir elles-mêmes tragiques, toutes les fois que les passions brutales du peuple s'en mêlaient. Le génie grec, si exquis et si délicat, avait fait place à des instincts barbares et grossiers. Les cochers remplaçaient les poètes. Constantinople prenait parti pour les Bleus ou pour les Verts avec plus d'ardeur qu'Athènes pour Eschyle ou Sophocle, et souvent l'assistance, partagée en deux camps, descendit dans l'arène et y livra bataille. Sous Justinien Ier, quarante mille cadavres jonchèrent les rues de la ville. Si l'empereur se prononçait pour une des factions, c'était un événement plus grave dans l'empire qu'une invasion de Parthes ou de Goths. Et tandis qu'à Rome les papes, dégageant fièrement la majesté de l'Église des
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