‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 25 sur 334 · LE GARIZIM ET L'EBAL · texte numérisé non relu

LE GARIZIM ET L'EBAL

nale et que dut protéger un quadrilatère fortifié, fut ou une église, ou l'ancien temple samaritain bâti, sous Alexandre le Grand, par Sanaballat, et devenu, sous Antiochus Épiphane, le temple ;/rJ de Jupiter Ilellénien. Le rocher creusé en forme de cercueil, où Abraham aurait étendu Isaac sur le bois du sacrifice, n'a pas plus d'importance que mille autres souvenirs ridicules imaginée par le fanatisme samaritain. Au contraire, les cavernes sépulcrales que l'on trouve sur l'Ébal doivent offrir un véritable intérêt, car là bien des hommes illustres ont été ensevelis. Malheureusement, sur leurs parois grossièrement taillées, il n'y a pas une inscription, pas une sculpture, pas un signe. Au milieu de quelques ruines insignifiantes, on voit les traces d'une construction carrée assez considérable. N'y eut-il là qu'un château fort? Faut-il y chercher les arasements d'un sanctuaire qui aurait perpétué le souvenir des douze pierres élevées au temps de .l^sué, et les restes de l'autel édifié avec des blocs que le ciseau ne devait pas avoir touchés? On ne saurait le dire.

A l'étroite vallée que nous avons trav< rsée hier soir, entre les doux montagnes, se rattachent les souvenirs terribles d'Abimélech, ce fils naturel de Gédéon qui, avec l'argenl du temple de Baal- Bérit, leva une armée de mercenaires el alla à Ophra immoler sur la même pierre les soixante et dix (ils légitimes de son père. Il vint ensuite se faire proclamer roi sous le chêne de Siclicm. L'œil investigateur de M. Vigouroux voudrait

SOUVENIRS BIBLIQUES

deviner le rocher qui servit de tribune à Joathan, le seul des soixante et dix échappé à la mort, quand il se montra sur le Garizim pour crier aux Sichémites, avec ses malédictions, l'apologue des arbres qui veulent un roi et choisissent le buisson. Il est certain que rien ne dut lui être plus aisé que de se choisir une estrade naturelle sur le versant accidenté de la montagne, tandis que la vue des grands arbres et des buissons formant à ses pieds une longue série de bosquets lui inspirait la forme parabolique dont il se servit pour traduire l'amertume de ses sentiments. Je ne sais s'il lui fut aussi facile de faire arriver son discours jusqu'aux oreilles de son auditoire.

Ici encore s'accomplit le schisme des dix tribus sur la dure et impolitique réponse de Roboam. Sichem, pour quelque temps, devint la capitale du royaume d'Israël. Quand Salmanasar eut emmené ses habitants captifs, des Cuthéens idolâtres vinrent de l'Assyrie pour les remplacer. Ce fut l'origine de la race samaritaine, qui, à vrai dire, mêla plus d'une fois son sang à celui des Juifs mécontents et apostats, constituant ainsi une petite nation hybride, dont nous allons sans retard visiter les derniers représentants autour de leur modeste synagogue.

Nous parcourons la grande rue du Souk ou bazar. La population ne semble pas aussi fanatique qu'on nous l'avait dit. Elle nous regarde passer sans hostilité, quelquefois même on nous salue. La mosquée principale, où nous allons d'abord, a été une ancienne église dédiée à ho-

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