‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 256 sur 334 · KM I · texte numérisé non relu

KM I

glants des Atrides, dont nos fouilleurs modernes viennent de retrouver les tombeaux.

Egine, avec ses hautes falaises est bientôt doublée et nous entrons dans les eaux qui virent l'immortelle bataille de Salamine. Nous n'atteindrons pas le point stratégique où elle fut livrée, car, après avoir passé les rades de Phalères, de Munychie et de Zéa, nous venons de contourner le promontoire d'Alcimas pour entrer dans le port du Pirée. Du tombeau que la patrie, tardivement reconnaissante, lui avait élevé sur ce promontoire, Thémistocle dominait le détroit célèbre où son habileté avait forcé les Perses de se battre. Les quatre cents vaisseaux de la flotte grecque étaient appuyés sur l'île de Salamine, entre les petites îles de Psytalie au sud et Pharmacusa au nord. Les mille vaisseaux des Perses étaient rangés le long des côtes de l'Attique pour soutenir l'armée qui arrivait par terre. Xercès, au pied du mont Œgalée, s'était fait dresser un trône d'argent, afin de mieux jouir de sa victoire. Ces rois de l'Orient sont, dans leurs actes aussi bien que dans leurs pompeuses inscriptions, la personnification admirablement réussie de la plus naïve fatuité. Ils n'ont guère été surpassés que par les Pharaons. Le pauvre fou qui avait fait fouetter la mer et qui envoyait devant lui demander à toute cité l'hommage de la terre et de l'eau, assista, du haut de son trône, à l'anéantissement de sa flotte et prit honteusement la fuite, de peur de se voir couper le chemin de l'Hellespont.

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