DANS LA RADE DU PIRÉE
Voilà l'Acropole! Athènes!
Nous venons de les entrevoir, et je ne sais quelle vaste fantasmagorie se déroule aussitôt dans mon esprit, plus encore que devant mes yeux, qui, en réalité, ne voient déjà plus rien. Je ne remarque ni le Pirée, ni ceux qui vont et viennent, m'appellent, me parlent, m'attendent. Je suis tout au bonheur de me trouver sur la terre des héros, des poètes, des patriotes, des philosophes, des artistes, des orateurs, des guerriers. Le passé de la Grèce est tout devant moi. La mer, la terre, l'air, la lumière, les montagnes, me parlent de ceux qu'ils ont vus ou entendus et semblent me les présenter encore vivants pour donner une immense joie à mon âme. Que n'ai-je pas aperçu dans cette demi-heure de ravissement, qui a été l'avant-goût de tant de nobles émotions sur cette terre illustre! Depuis los premiers héros légendaires, Cécrops plantant l'olivier, Cadmus enseignant l'écriture, Prométhée ravissant le feu du ciel, Hercule détruisant les monstres de la terre, jusqu'aux héros plus réels de la Messénie, des guerres Médiques et même de la décadence, Aristomène, Miltiade, Thémistocle, le vertueux Aristide, Périclès, Êpaminondas, Phocion, Philopœmen , toutes ces grandes ligures connues et aimées sont là à m'attendre sur la rive. J'y joins celle de Léonidas. Les autres Spartiates, rusés, égoïstes, menteurs, arrivant à leurs fins par tous les moyens, m'ont toujours déplu : Lysandre, qui amusait les hommes avec des serments; Agésilas, co
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