ARRIVEE A ATHENES
qu'ils parlent une langue humaine, ou plutôt dans une seule, ils les parlent toutes indignement. En outre, ma contemplation, un peu longue, a failli mettre mes deux amis en mauvaise humeur, car nous avons manqué le premier train qui va sur Athènes. Le malheur n'est pas grand, il en part à chaque demi-heure, et le trajet se fait en dix minutes.
Nous laissons à droite les ruines des Longs- Murs et les terres vagues qui aboutissent aux marais de Phalères, pour entrer bientôt dans une vallée où croissent pêle-mêle l'olivier, le figuier, la vigne et le grenadier. Tout à coup on débouche sur Athènes. Le temple de Thésée, au bas de l'Acropole, et le fronton du Parthénon au sommet, se détachant sur les maisons blanches de la nouvelle ville, sont d'un effet saisissant. Tous trois nous sommes unanimes à constater qu'il y a dans l'air quelcpuo chose de très étrange, il faudrait dire de magique. Autour des objets que nous observons à distance, monuments antiques, édifices modernes, rocher abrupto du Lycabète, arbres, hommes, il flotte comme un nimbe qui les embellit. Nous avons beau nous frotter les yeux, le phénomène persiste. Les anciens l'éprouvaient tout comme nous. C'est ce qu'Euripide leur faisait dire dans ces deux vers de Médéo :
'As( 8;i XauxpoTiwj B»(vovte; à6fûî aïO^po;.
La locomotive siffle, nous sommes en gare. Il me semble étrange d'arriver à Athènes en che-