PAUL ALLANT DU P1RÉE A ATHÈNES
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Les tombeaux de Ménandre et d'Euripide, aux portes de la ville, le célèbre mausolée élevé par Praxitèle à un guerrier sans nom, ne dirent à peu près rien à cette grande âme toute préoccupée d'un mo^de supérieur. Tant de statues encombrant sa route lui révélaient surtout un monde voué à l'idolâtrie; et ce que nous savons de ses impressions, c'est qu'en entrant dans Athènes il ne put se défendre d'un douloureux frémissement et d'une sainte indignation.
Au reste, Athènes alors était loin de l'époque glorieuse de Périclès. Après les désastres mal réparés de la guerre du Péloponèse, elle était passée de la domination macédonienne sous celle des Romains. Sylla l'avait complètement ruinée. Elle demeura quelque temps l'asile des lettres, des sciences et des arts, mais vers le milieu du premier siècle de notre ère, Alexandrie et Tarse se mirent à lui disputer cette suprême gloire. Elle ne fut même plus la capitale de la province d'Achaïe, et Corinthe avait pris sa place. Est-ce pour relever son prestige évanoui qu'elle multipliait de jour en jour le nombre de ses dieux, de ses idoles et de ses superstitions? On est étonné, et un juif dut l'être bien davantage, du nombre d'autels et de temples qui la couvraient à cette époque. Pausanias, qui la visita cinquante ans après Paul, nous en a fait un tableau si complaisant qu'il dégénère en confusion.
C'est probablement par la Porte Sacrée, à côté du Dipylum, que l'Apôtre entra dans la ville. S'il voulut savoir le nom et la destination du premier