LA PORTE SACRÉE
édifice qu'il trouva devant lui, on dut lui dire que c'était le Pompéion, où les prêtres tenaient en réserve tout ce qui servait soit aux Panathénées, soit aux théories allant vénérer les mystères de Cérès. De là, en effet, partaient, dans des directions inverses, la voie sacrée d'Eleusis et la grande rue des Portiques ou des Bronzes Celleci, à travers le riche quartier du Céramique ou des Tuileries, aboutissait à l'Agora. C'est pour cela sans doute que souvent ces deux noms, < • ramique et Agora, se prennent l'un pour l'autre. Il nous est agréable de commencer la visite d'Athènes par cette porte célèbre qui vit arriver Paul il y a plus de dix-huit Biècles. Nous n'en étions pas loin quand nous sommes sortis de la gare. C'est, en effet, à 1'églisâ de la Sainte-Trinité, au nord-ouesl de la station, que nous prions le cocher de nous conduire. Elle a été bâtie sur un monument ancien, peut-être, d'après M. Lcnormant, sur le tombeau d'Anthémocrite, le messager athénien qui fut tué par les Mégariens auxquels il allait reprocher d'avoir labouré les terres sacrées d'Eleusis. En tout cas, de récentes fouilles prouvent que nous sommes au point de jonction des voies antiques qui, venant du Pirée, d'Eleusis et de l'Académie, étaient ornées, sur leur parcours, de ces fameux monuments funèbres où la patrie écrivait les gloires de ses meilleurs citoyens, et surtout des soldats morts à l'ennemi. Le musée national en a l'ait une abondante moisson, mais beaucoup y sont encore en place.
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LA l'OMTE BACRÉE
Le premier qui attire nos regards est celui d'un jeune homme de vingt ans, Dexileus, fils de Lysanias, déjà inscrit sur le monument élevé par la république aux braves morts à Corinthe et à Coronée (394-93 av. J.-C.). Il fut l'un des cinq qui se distinguèrent par leur bravoure. L'artiste l'a représenté sur son cheval de bataille, frappant de sa lance un ennemi terrassé. La lance et une partie de l'équipement du cheval étaient de bronze. Des traces encore visibles font supposer que le guerrier portait un casque de même métal, Dexileus est ici au milieu des siens, Lysias son frère, Melitte et Calliphanès ses sœurs. Nausistratus son beau-frère, Lysanias et Callistrate autres membres de sa famille.
L'édicule en marbre, dont la peinture est complètement effacée, fut le tombeau d'Agathon, fils d'Agathocle. Un troisième, mieux conservé, laisse lire le nom de Dionysius et a un taureau sur piédestal. Le chien molosse qui vient ensuite constituait peut-être les armes parlantes d'un mort qui s'appela Cuniscos. Une stèle de Menés d'Argos, les tombeaux de la famille de Dioclès, du tragédien Macareus et de Pylhagore de Selymbria, attirent successivement notre attention.
C'est à quelques pas de ce dernier monument, qu'on vient de mettre à jour des restes de l'antique mur d'enceinte et une porte que l'on identifie avec la Porte Sacrée. L'édifice dont on voit les arasements à gauche en entrant n'était-il pas le Pompéion? En tout cas, la tour qui fut à quelques pas de là fît partie du Dipylum, et ici même
LE DIPYLUM — L'AGORA
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aboutissait la grande artère conduisant au centre de la ville. Cette artère ou dromos, véritable corso d'Athènes, allait droit à l'Agora, qu'il ne faut en aucune façon chercher au sud de l'Acropole, mais au nord.
Au sud, en effet, Pausanias ne mentionne que des temples, le théâtre et la ville d'Adrien. ( au nord que les paysans, venant, pour la plupart, de l'intérieur des terres, arrivaient tout d'abord. C'est la aussi que le terrain, moins accidenté de collines, permettait de grouper plus aisément des édifices publics autour d'un marché central. A découvert, mais à l'ombre des platanes ou des tentes qu'ils dressaient, les vendeurs y offraient leurs marchandises aux promeneurs. Ils y étaient même classés par groupes, et l'on savait où se vendaient l'ail, les oignons, l'encens, le- épices, les herbes fraîches, les articles de toilette, en un mot, les produits de chaque industrie. Le jour où Le peuple avait besoin de l'Agora pour une réunion solennelle, les marchands devaient plier leurs boutiques et l'évacuer provisoirement.
La domination romaine maintint le forum elle l'avait trouvé, et rien ne prouve que 1rs Francs, les Vénitiens ou les Turcs aient songé à le déplacer. 11 faut donc le chercher avec Les souvenirs de Démosthénes, d'Alcibiade et do Périclès à peu prés là où est le bazar actuel, c'est-à-dire dans le bas-fond qui se dessin,' audessous du temple de Thésée, au nord de l'Aréopage et do l'Acropole. En allant voir ce qui en reste, nous sommes à peu près sûrs d'y trouver,