PARTHÉNON
oblige de l'orienter et de lui donner une abside. Pour cela on démolit en partie le pronaos et le fronton oriental. On ouvrit aussi trois portes dans le mur qui séparait le Parthénon proprement dit de l'OpisUiodomos, et l'entrée principale fut à l'occident. Il n'est pas sûr qu'on ait touché à autre ebose. Plus tard les Turcs, maîtres de la /ville, ebangèrent l'église en mosquée et l'ornèrent d'un affreux minaret dont on voit encore la trace à l'angle sud-ouest de l'Opisthodomos. A la fin du dix-septième siècle, on y avait établi un dépôt de poudre. Pendant (pie les Vénitiens assiégeaient la ville, une bombe y mit le feu, et, dans l'explosion, l'incomparable édifice fut coupé en deux. Huit colonnes au nord et six au sud furent renversées avec leur entablement. Le doge Morosini, poursuivant l'œuvre dévastatrice, lit enlever les chevaux du char de Minerve par des ouvriers inexpérimentés qui laissèrent tomber l'admirable groupe. Il se brisa Bans profit pour personne. Enfin, il y a plus d'un demi-siècle, lord Elgin, aux yeux de l'Europe indignée, continua ce vandalisme, mai-, avec plus d'intelligence et de précaution, si l'on veut admirer les chel's-d'ceuvre de la sculpture grecque, c'esl désormais à Londres qu'il faut aller.
Avec la religieuse attention que méritent de si glorieux débris, nous cherchons à reconnaître les détails qui subsistent au fronton oriental. Le soleil y sort de l'Océan, tandis que la lune fuit devant lui. C'était le moment du jour ou l'on
I'AHTIIKNON
pensait que Minerve était née. A peine si deux chevaux du quadrige du soleil et deux de celui de la lune sont reconnaissables. Les quatre autres se trouvent à Londres, ainsi que Thésée assis, Cércs, Proserpine et les trois Parques. Du fronton occidental il ne reste que deux figures, Esculape et la Santé, ou Cécrops et une de ses filles. Toute la façade a été indignement mutilée par l'artillerie vénitienne.
Des quatre vingt-douze métopes, quatorze sur chaque façade et trente-deux sur chaque côté, trente-sept sont encore en place, mais tellement maltraitées, qu'il est difficile de se rendre compte des sujets qui s'y trouvaient représentés. Ainsi sur les douze de la façade orientale, qui est la mieux conservée, puisqu'il n'en manque que deux, on peut, avec quelque bonne volonté, voir des chevaux et des hommes. Aux quatorze de la façade occidentale, qui est complète, nous ne distinguons absolument rien. Autrement protégée a été, sous le péristyle, la frise qui correspond à cette façade. De jeunes Athéniens s'y préparent à la cavalcade des Panathénées. Les uns brident leurs chevaux ou les caressent; d'autres vont déjà en avant sur leurs fières montures. Un groupe rappelle les deux chefs-d'œuvres qui sont à Rome, sur la place de Monte- Cavallo, et que l'on attribue aussi à Phidias. Sur les autres côtés il ne reste à peu près rien :
Properante ruina
Summa cadunt.
Et je m'assieds tout pensif parmi ces marbres