‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 278 sur 334 · SOCRATE ET SES JUGES · texte numérisé non relu

SOCRATE ET SES JUGES

taillés dans le roc et conduisant à une plaieforme, où trois bancs de pierre forment un rectangle ouvert du côté de l'escalier. On dit que le sénat de l'Aréopage tenait là ses séances. C'était le corps le plus vénérable d'Athènes. Ceux qui en faisaient partie avaient été archontes. La légende assurait que Mars avait dû se justifier sur cette colline du meurtre d'Hallirhotius, fils de Neptune, et Oreste de celui de sa mère. On y jugeait en plein air. A vrai dire, si tout se passait dans l'étroit carré qui est devant nous, les juges ne pouvaient y être nombreux, et l'assistance devait se tenir hors de l'enceinte. Des iieux aussi célèbres que l'Aréopage et le Pnyx, s'ils furent réellement là où on nous les montre, semblent n'avoir été abrités par aucun édifice important. On peut même s'étonner de l'état rudimentaire, sauvage, misérable des sites qu'ils occupèrent. A l'époque où Pausanias visita l'Aréopage, il y avait dans la salle d'audience deux gradins d'argent servant de sièges, l'un à l'accusateur, et l'autre à l'accusé. Le premier s'appelait le siège de l'Injure, et le second celui de l'Impudence. C'est là que Socrate fut jugé et qu'il fit le serment, si on venait à l'absoudre, de se livrer plus énergiquement encore, à l'étude et à l'enseignement de la sagesse, ce qui aux yeux de ses adversaires était un crime capital. A la majorité de trois voix, deux-cent-quatre-vingt-une contre deux-cent-soixante-dix-huit, nombre de votants qui ne contiendrait pas dans l'espace où nous sommes, on le déclara coupable. Mélétos, un

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