COLLECTION SCHLIEMANN
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sous nos yeux n'ont pas servi aux criminelles libations des Atrides? Si l'un de ces sceptres n'a pas été dans la main du roi des rois? Si ces bracelets n'ont pas été ceux qui pendirent aux bras de Clytemnestre infidèle, de ses deux filles, Iphigénie et Electre, de Cassandre et des esclaves troyennes? En tout cas, ces casques, ces boucliers, ces lances, ont pris part aux guerres héroïques. Qui pourrait dire si ces plats de bronze ne furent pas à l'horrible festin où Atrée, pour punir l'incestueux Thyeste, lui fit manger la chair de ses propres fils? s'ils n'ont pas roulé à terre avec cette table que le malheureux père, selon les beaux vers d'Eschyle, renversa de son pied, tandis que se tordant il vomissait l'abominable nourriture? Y a-t-il parmi ces épées celle qu'Oreste brandissait devant sa mère scélérate? Je pense aux admirables vers que le grand tragique mettait sur les lèvres de Clytemnestre vainement suppliante :
Arrête, mon fils! Respecte, cher enfant,
Ce sein sur lequel tu t'endormis tant de fois,
Où tes lèvres suçaient le lait qui nourrit.
En les murmurant, je me reporte aux âges et aux scènes épouvantables dont ces objets-ci furent les contemporains. Il n'y manque que le fatal filet sous lequel Agamemnon fut enveloppé et massacré, « engin à bêtes fauves, linceul funéraire, lugubre couverture de baignoire », comme disait encore Eschyle. Quelques fragments d'étoffes à larges mailles, solidement tissées, en rap-
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