MYSTERES DE LA BONNE DEESSE
tèrcs, qui no revenaient que tous les cinq ans, tandis que celles des Petits se renouvelaient à chaque printemps.
C'est sous l'un de ces portiques entièrement détruits que se passèrent ces scènes étran auxquelles les sages de l'antiquité ne dédaignèrent pas de prendre part. Un des griefs imputés à Socrate fut de n'avoir pas fait comme eux. C'était la nuit du sixième jour qu'avait lieu YEpoptèia. ou la Pleine Vision. Sous peine de mort, nul ne pouvait y prendre part s'il n'était initié. Dans le péristyle du temple, et debout sur les peaux des victimes immolées, chacun renouvelait le serment du secret qu'il avait déjà prononcé lors de son initiation aux petits mystèr A un signal convenu, tous se revêtaient ensuit.' de peaux de faons et s'adressaient de mutuels souhaits de bonheur, en attendant la grande vision. La première heure était terrible. La terre semblait mugir dans Bes profondeurs. Les vastes souterrains que nous avons vus tout à l'heure n'étaient pas inutiles pour obtenir ces grands
effets. Les ('clairs brillaient au milieu des plus épaisses ténèbres. On entendait des roulemonts de tonnerre, tandis que, poussant d'o (Trayantes clameurs, la douleur, la pauvreté, les soucis, les maladies, la mort, se montraient de toutes parts sous la forme de hideux fantômes. L'hiérophante, d'une voix formidable, expliquait ces apparitions. On entendait alors les gémissements des méchants dans l'éternelle douleur. Quand l'effroi était à son comble, les portes du temple inondé