MYSTÈRE3 DE LA BONNE DÉESSE
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de vives lumières s'ouvraient tout à coup, et l'hériophante, vêtu d'une robe précieuse, les cheveux flottants, un diadème sur la tête, s'avançait pour introduire solennellement dans le sanctuaire, au milieu de chants suaves, tous les initiés couronnés de myrte. Que se passait-il dans ces âmes ainsi transportées subitement de l'extrême frayeur au subit enivrement des yeux et des oreilles? On appelait leur état autopsia, l'intuition, et on pense qu'elles entrevoyaient les merveilles de la vie future.
Au fond, il n'est pas douteux que les mystères d'Eleusis avaient trouvé leur raison d'être dans une inspiration religieuse plus élevée que le paganisme vulgaire, et on a supposé à bon droit que leur institution remontait à une époque antérieure à la mythologie, et où l'homme n'avait pas encore perdu tout souvenir de la révélation primitive. Les mystères d'Eleusis, par cela seul qu'ils cherchaient à saisir la vie morale des initiés, différaient totalement de la religion vulgaire et officielle. L'hiérophante exhortait chacun à réprimer toute passion violente, à devenir bon et à préférer la lumière de la vérité aux ténèbres de l'erreur. Est-il vrai qu'il enseignât l'existence d'un Dieu unique, principe de toutes choses, que nul ne peut voir et qui voit tout? On pourrait le croire d'après une poésie d'Orphée qu'au témoignage des Pères de l'Église, on chantait au début de l'initiation, et dont voici les premiers vers :
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