‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 306 sur 334 · MYSTÈRES DE LA BONNE DÉESSE · texte numérisé non relu

MYSTÈRES DE LA BONNE DÉESSE

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Je chante pour qui a droit d'entendre.

Dehors les profanes qui détestent les saintes lois,

Dictées à tous par le Dieu créateur!

Le dogme de l'unité do Dieu aurait été le secret qu'il ne fallait pas divulguer. Au-dessous do ce Dieu unique et seul véritable, les autres, adorés par la multitude ignorante, demeuraient do simples ministres, de purs génies réglant, d'après ses ordres, les mouvements do l'univers, quand ils n'étaient pas rien que dos hommes dont on vénérait les tombeaux. La récompense des bons et le châtiment des méchants dans la vie future faisaient partie do cotte dogmatique mystérieuse qui, au dire de Cicéron, avait répandu l'esprit d'union et d'humanité partout OÙ les Athéniens l'avaient introduite, et à laquelle, après les philosophes païens, saint Augustin luimême n'a pas craint de rendre hommage. Platon supposait, comme tous les grands esprits do l'antiquité, que les initiés devaient vivre plus tard au sein de la divinité « dans la lumière pure », ainsi <pie le chantait Pindare, tandis que les autres resteraient dans l'éternelle nuit. La robe qu'on avait revêtue le jour de l'initiation devenait sacrée. On la portait jusqu'au dernier lambeau, qu'on allait enfin Buspendre en ex-voto dans quelque temple, à moins qu'on ne préférât en faire des langes pour envelopper les nouveaunés de la famille.

Je crie à M. Vigouroux : Konx, Ompaxl C'était la formule, empruntée à la langue égyptienne ou phénicienne, — les savants sont partagés là-

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DÉPAKT D'ATHÈNES

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dessus, — par laquelle on congédiait l'assemblée aux Grands Mystères. Il est temps de partir. Nous descendons les immenses gradins taillés au flanc de la colline, où prenaient place les initiés et peut-être aussi les simples spectateurs venus à la fête. Ces escaliers firent certainement partie du Sèkos, l'enceinte mystique bâtie par Ictinus. Un moment nous nous asseyons sur la Pierre sans Rire (irÉxpa à-yÙMnoi) et nous donnons à la pauvre vieille humanité un souvenir compatissant. Quel usage ces âmes inquiètes et affamées de vérité, qui venaient chercher ici d'insignifiantes consolations, n'eussent-elles pas fait de la pleine lumière où nous vivons, et qu'ils sont insensés les sages modernes qui la dédaignent, vivant comme si elle n'avait jamais lui, ou même dépensant leurs plus puissants efforts à la supprimer pour nous rejeter dans les ténèbres du scepticisme! Sous le poids de ces pensées, qui attristent nos âmes, nous rentrons à Athènes. L'Acropole est splendide aux pâles et poétiques lueurs du soleil couchant. Hélas! il faut partir demain.

D'Athènes à Corinthe.

Paul, quittant Athènes, se rendit à Corinthe par mer. C'était le chemin le plus court. La route de terre lui aurait pris vingt-quatre heures de marche. Qui eût soupçonné alors que la vapeur, dévorant l'espace, réduirait un jour ce voyage à quatre heures de temps? Les braves Lacédémo-

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