‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 307 sur 334 · DÉPART D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

DÉPART D'ATHÈNES

nicns auraient souri et seraient restés fort incrédules si on leur avait prophétisé que vingt-trois siècles plus tard chacun pourrait sans fatigue, et tout assis comme nous dans un fauteuil, traverser le Péloponèsc autrement vite que Phidippide, le fameux coureur qui, en moins de deux jours, fit deux cent quarante kilomètres pour leur annoncer le débarquement dos Perses à Marathon. Sans compter que le fil télégraphique suit ici parallèlement la vapeur comme pour l'humilier, en lui rappelant qu'elle a été dépassée, et que l'étincelle électrique est déjà arrivée au terme du voyage quand elle-même est à peine partie.

Après avoir salué Athènes une dernière fois, nous sommes donc emportés par la locomotive qui foule en sifflant l'antique voie Sacrée, côtoie les tombeaux et, dans sa rapidité, semble faire fi des plus grands souvenirs. « Eleusis! » crie une voix nasillarde, et, en effet, nous avons atteint celte première station. Nous saluons au sommet de l'Acropole, où nous étions hier soir, les souvenirs français qui se rattachent à sa tour du treizième siècle. Bientôt, à notre droite, se dessinent les hauteurs boisées du < lithéron, où Œdipe, les pieds percés et liés, fut exposé par son père Laïus, roi de Thèbes. Là, se passèrent les bci aes dramatiques d'Actéon mis en pièces par ses chiens; de Penthée écharpé par les Bacchantes, qui l'avaient aperçu sur l'arbre d'où il cherchait à surprendre le secret de leurs mystères. Puis, la plaine se couvre d'oliviers. On crie : « Mé-

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