‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 308 sur 334 · KC · texte numérisé non relu

KC

MÉGARES

gares! » avec arrêt important. Nous en profitons pour voir de près la population, qu'une fête groupe autour de la station. Jamais plus belle exposition de bonnets rouges, de fustanelles immaculées, de vestes d'or. Ces fiers pallicares à la grande moustache retroussée, au col rabattu sans cravate, à la taille mince et comme enserrée dans un corset, aux guêtres montant au-dessus du genou, aux babouches ornées à leur pointe de pittoresques pompons, grands, secs, nerveux, sont donc les fils de ces Mégariens belliqueux qui eurent une belle part dans l'histoire glorieuse de la Grèce. Ils se promènent encore armés jusqu'aux dents, et leurs ceintures regorgent de pistolets et de poignards; c'est une partie intégrante de leur toilette. Toutefois, ils n'en sont pas moins rieurs que leurs pères, et cette foule brillante se divertit follement. Les femmes sont aussi richement vêtues que leurs maris.

Quant à la ville, échelonnée sur deux collines, et plus particulièrement sur celle qui est au couchant, elle se présente sous l'aspect le plus gracieux. Des cafés très appréciés, paraît-il, environnent la gare. De longs murs réunissaient jadis la cité au port de Nisé. C'est d'ici qu'il faudrait aller visiter, dans l'île de Salamine, le fameux couvent de Phanéroumeni. De Mégares fut le philosophe Euclide, qui, prenant un habit de femme, allait, au péril de sa vie, écouter à Athènes les leçons de Socrate au plus fort même de la guerre du Péloponèse. Il fonda dans sa

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