PATRAS
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Patras était pour les hommes de l'Orient allant à Rome une station à peu près obligatoire. Ils préféraient, toutes les fois qu'ils le pouvaient, traverser l'isthme de Corinthe plutôt que contourner le Péloponèse. Aussi le port de Patras était-il très fréquenté. Auguste couvrit la ville elle-même de riches monuments.
André fut-il laissé ici par Pierre? Y vint-il de lui-même après avoir prêché à Sinope et dans les provinces d'Orient, se proposant de rejoindre son frère à la première occasion? Tout cela est possible. Ce que nous savons par l'histoire ecclésiastique, c'est qu'il y fut crucifié à un olivier. La piété chrétienne a certainement développé et orné les récits de son martyre, mais le fond est trop en harmonie avec la nature ardente et généreuse du fils de Jonas pour ne pas être vrai, et on ne lit jamais sans une pieuse émotion l'éloquente apostrophe du frère de Pierre à la croix sur laquelle il allait mourir. Une église en son honneur s'élève au bord de la mer. Quoi qu'en pensent les habitants de Patras, les restes de l'apôtre qui avait eu la gloire de suivre le premier de tous Jésus-Christ, et de lui amener son frère Simon comme une seconde et importante recrue, ne sont plus ici. Ils ont été transportés à Constantinople en 357 avec ceux de saint Luc, qui parait avoir aussi évangélisé Patras. Nous vénérons sur notre passage la mémoire de ces deux hommes apostoliques.
La source qu'on voit dans l'église de Saint- André, et où l'on descend par quelques degrés,
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LA NOUVELLE ORÈCE
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est peut-être celle dont parle Pausanias à propos du temple de Cérès, qu'il avait visité. Les malades y allaient consulter la déesse, et, dans un miroir suspendu au-dessus de la fontaine, à fleur d'eau, ils lisaient, après avoir brûlé des parfums, la réponse que Déméter faisait à leurs anxieuses questions. L'église a été bâtie sur le vieux temple do Gérés, et en partie a\ ruines. Il y a beaucoup de curieux sur le quai, Les costumes sont très variés. On dit la population intelligente et active.
En mer.
Tandis que le navire s'éloigne de ce beau pays de Grèce, nos yeux y demeurent irrésistiblement atlacbés. Adieu, terre de poésie, de vaillance, do génie, où tout a été si harmonieusement fait a la portée de l'homme, mais où l'homme eut le tort de se croire à la bailleur de Dieu. Tes grandeurs couvrent tes misères, et les siècles t'ont l'ait une auréole que, malgré toutes les défaillances, lu as su conserver. Est ce un mirage, effet il*1 l'imagination, du soleil, de la gloire? Dan- ta ruine, tu nmis a paru toujours belle, de cette beauté qui, flétrie par la main du temps et des hommes, dit quand même ce qu'elle fut aux jours de triomphes et garde jusque dans son irrémédiable décadence une séduisante majesté. Comme le Parthénon, mutilé mais superbe, la Créée éblouit encore, de ses vieilles gloires quiconque remue ses pierres, monuments élevés au courage, à la