BRINDISI - POMPÉI
la vie en nous invitant à gagner nos cabines. Qu'il faisait bon regarder au ciel et dans son âme, dans le passé et dans l'avenir.
Italie.
Voilà l'Italie, longue et délicieuse avenue do jolies villes et de charmants paysages qui doit nous mener en France! C'est bien.
Nous débarquons à Brindisi devant la colonne où commençait la voie Appienne. Le voyage d'Orient est fini. Dans ma jeunesse, j'ai vécu deux ans en Italie, et je l'ai parcourue en tous sens, inutile de consigner désormais mes impressions de voyage, elles seraient sans intérêt.
J'adresse une dépêche à ma mère pour lui annoncer que nous avons mis pied à terre et qu'elle va me revoir bientôt. J'espère même qu'elle viendra me rejoindre à Rome. Nous allons prier dans une vieille cathédrale, assez mal restaurée au dix-huitième sir.!,. Nos âmes sentent plus quo jamais le besoin de dire quelques mots de reconnaissant à Dieu, qui nous a si bien gardés. *
Naples.
Après avoir contourné parTarente, Métaponte, Salerne, Sorrento, cette Italie méridionale, qui a les plus beaux sites du monde, nous avons lait halto à Pompéi. Il m'était agréable de montrer
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enfin à mon ami une vieille ville debout, apn'.s tant de vieilles villes détruites que nous avions si péniblement reconstituées. Le passé n'est plus ici à évoquer par l'imagination; il s'y montre dans la réalité et tel qu'il fut. Nous visitons attentivement l'antique et luxueuse cité, récemment sortie de son tombeau de cendres, avec ses rues pavées mais étroites où pouvait circuler un seul char; ses maisons régulièrement distribuées en vestibule, atrium et péristyle, que les propriétaires ornaient et développaient selon leur fortune; ses temples, ses basiliques, l'Amphithéâtre, les Thermes, le Forum civil et le Forum du marché, le Théâtre, l'Odéon; les boutiques des boulangers et des marchands de vin ou d'huile; enfin, la rue des Tombeaux. Dans son ensemble aussi bien que dans ses détails, nous trouvons l'explication catégorique d'une foule de difficultés qui nous avaient embarrassés ailleurs, lorsque, pour toute réponse à nos questions, les champs muets de l'Asie Mineure ne nous offraient que d'insuffisantes ruines. L'architecture qui règne ici peut bien n'être qu'une corruption de l'architecture grecque, mais c'est sur les mêmes plans généraux qu'elle a bâti, et il nous a paru que cette leçon de choses, comme on dit dans nos collèges, nous arrivait fort à propos comme couronnement de tout le voyage. Nous avons passé à Pompéi une très utile matinée.
Ce qui n'était plus dans ses maisons ou ses temples, nous l'avons retrouvé au musée de Naples, qui nous a retenus et intéressés tout un