ADIEU A JÉRUSALEM
]'angélus. Nos âmes montent avec leurs voix pour louer, admirer, adorer l'œuvre prodigieuse de Dieu au milieu des siècles, préparée à Nazareth où nous allons et consommée là-bas, sur ce Calvaire que nous quittons. Opus tuum, in medio annorum! disons-nous en étendant nos bras vers la cité sainte. Dieu a parlé, a agi, a été maudit, acclamé, crucifié, glorifié là. Et notre dernier regard s'arrache, avec un dernier geste d'adieu, de ce coin de terre, où nous avons pac de si heureux jours et éprouvé de si .saintes émotions.
Comme pour accroître nos regrets, le pays devient absolument désolé. Nous entrons dans un désert do pierres. Si, parfois, au sommet d'un monticule, on croit distinguer quelques habitations, l'illusion cesse quand on se rapproche. Les maisons entrevues de loin n'étaient que des rochers. On ne trouve plus d'arbn S'il en reste quelqu'un, échappé à la dévastation générale, il a été décapité par la tempête ou saccagé par les Arabes, qui en ont coupé 1. s brandies pour faire du feu ou pour nourrir leurs chameaux. Des champs séparés par de petits murs semblenl avoir été ensemencés; mais, suit incurie du paysan, soit sécheresse exceptionnelle de l'année, une pâle et maigre verdure se detache à peine sur ces fonds grisâtres, où la terre végétale est littéralement couverte par des amas de pierres [liâtes et glissantes.
Sur notre gauche, au sommet d'une série d'assises calcaires pittoresquement échafaudées et
lU-iZ-'k V