‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 53 sur 334 · LE CARMEL · texte numérisé non relu

LE CARMEL

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vaporeux du Ilauran, et remonte par les montagnes boisées de Nephtali jusqu'à la plaine de Saint-Jean-d'Acre. Quelques noms évoquent encore de grands souvenirs à travers les hauteurs qui se superposent de la plaine de Zabulon avec Séphoris à nos pieds, jusqu'à Saphet sur sa pyramide, et même jusqu'aux cimes neigeuses du Grand-IIermon. llazor, Giscala, Cédés, Dan, Césaréc sont, en effet, là-bas. Puis, tournant vers la gauche, nous saluons Bidon, Tyr, plus près Saint-Jean-d'Acre, et enfin Kaïpha, qui s'abrite au pied de la croupe allongée du ( iarmel, tombant brusquement dans les flots de la Méditerranée. Les rayons du soleil couchant dorent encore les cimes de la montagne et de la plaine liquide aux vagues scintillantes. Kaïpha se déroule avec ses blanches maisons entre le Carme] et la mer, au milieu de petits jardins soigneu ment cultivés. Ce lointain se couvre de teintes ravissantes. L'air est si pur, qu'à la distance de vingt-cinq kilomètres, grâce à notre lunette, 1<- Carmelse laisse voir dans les moindres détails. Par la pensée, mieux encore que par le regard, nous atteignons la blanche construction occupant la plate-forme nord-ouest de la montagne, et nous donnons un Alléluia fraternel aux religieux qui nous y réservaient une douce hospitalité dont nous ne profiterons pas. Le olocher et la coupole qui dominent les toitures plates et les terrasses du vaste parallélogramme marquent la place de l'église où les pèlerins vont visiter la grotte du prophète Elie. Le Carmel servit long-

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temps de retraite à l'homme de Uieu, et l'un de ses plateaux où, plus près de nous, les chênes, les pins, les lentisqucs et les carouhiers dessinent de larges et sombres taches, fut le champ clos où l'énergique Thesbite délia et convainquit d'imposture les faux prophètes d'Israël. Vainement ceux-ci, prêtres de Baal et d'Astarté, invoquèrent-ils leurs idoles depuis le matin jusqu'à midi, dansant autour de l'autel et opérant des incisions sanglantes dans leur chair aux cris de : « Baal, réponds-nous ! » il n'y eut pour eux aucun signe d'en haut autour de l'holocauste. Élic ne fit que dire un mot à l'Éternel, et le feu céleste tomba aussitôt, consumant la victime, le bûcher, la terre, et vaporisant l'eau qui les entourait. « C'est Jéhovah qui est Dieu, s'écria alors la foule, c'est Jéhovah qui est Dieu ! » et, saisissant tous les faux prophètes, elle les immola au pied de la montagne, sur les bords du Cison, dont le lit encaissé se dessine à travers des massifs de lauriers-roses.

Ces terribles manifestations, de la divinité, célèbres dans l'histoire juive, rendirent le Carmel de plus en plus vénérable aux yeux de tous, et nous savons que sur ses hauteurs il y eut un sanctuaire « sans statue ni temple, dit Tacite, mais avec un autel et des adorateurs ». L'historien philosophe ne comprenait rien au culte spiritualiste d'Israël, et ne trouvant nulle part d'idole, de Dieu visible et palpable, il se prit à croire que la montagne elle même était ce Dieu. Le prêtre Basilide y prophétisa à Vespasien sa

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