‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 62 sur 334 · LAC DE GÉNÉSARETH · texte numérisé non relu

LAC DE GÉNÉSARETH

sons, celle du grain de sénevé en observant cet arbuste au milieu des rochers, celle de l'ivraie, du levain, des trésors et de la perle. C'était le temps de la vie heureuse. Il distribuait aux disciples le lait de la doctrine, avant de les initier aux luttes douloureuses et aux tristes révélations du lendemain. Sur ces eaux, il marcha au milieu de la tempête et soutint Pierre en disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? » Là, il fit pêcher le poisson qui portait dans sa gueule le statère destiné à payer l'impôt injustement réclamé. Ici, il apparut ressuscité, glorieux, vainqueur de la mort et de ses ennemis. Là, Jean le reconnut à travers le brouillard du matin : « C'est le Maître! » dit-il, et Pierre se jeta à l'eau pour le rejoindre le premier.

Chose étrange! On dirait qu'après Jésus il n'y a plus eu place pour personne dans ce vallon, désormais silencieux comme un sanctuaire. Les hommes ont eu peur d'habiter là où Dieu avait vécu. En vain je regarde sur les flots et sur la rive, au milieu d'une nature si belle, si féconde, si vivante, rien d'humain ne remue. Seule la grande mémoire, la douce image, l'invisible réalité du Maître plane sur le site béni. J'ai beau chercher, je n'y vois que Lui, avec l'éternelle vérité à ses lèvres, la puissance dans sa main, l'immense charité au cœur, Lui, humble, fort, patient, généreux, glorifié, Homme, Maître, Rédempteur, Dieu. Oui, il se dresse devant moi, vivant sur ce lac sacré, et, sous l'auréole divine qui entoure sa beauté humaine, d'une voix qui

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