‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 63 sur 334 · TIRÉ RI A DE · texte numérisé non relu

TIRÉ RI A DE

ébranle mon âme, il me crie, comme à Simon- Pierre : « M'aimes-tu? »

Tous ces souvenirs m'envahissent à la fois i t m'absorbent. Tibériade est au-dessous de moi depuis longtemps, et je ne l'avais pas remarquée. On dirait une petite ville de carton. Elle est pourtant bâtie en blocs de basalte, dont une partie a été régulièrement blanchie, et cette teinte éclatante, rehaussée par les tons sévères des remparts, produit le plus étrange effet. A l'orient, la ville s'appuie au lac. Sur ses autres côtés, elle est protégée par des murs flanqués do tours peu redoutables. Un tremblement de terre, en 1837, a achevé de compromettre ces fortifications, qui tombent en ruines.

C'est Hérode le Tétrarquo qui fonda Tibériade,

l'an 17 de Jésus-Christ, et lui donna le n de

Tibère, son auguste protecteur. L'emplacement de la nouvelle ville avait été mal choisi, car le sous-sol était plein de tombeaux, ce qui empêcha tout d'abord la population juive de b'v établir. Il fallut y amener des gens de toute sorte, à qui l'on donnait, pour les retenir, des terres et des maisons. Tibériade n'en devint pas moins la capitale de la tétrarchie, mais pour peu de temps. On ne s'explique pas que Jésus, vivant aux portes de cette importante cité, n'y ait jamais paru. Co n'est pas que cet amalgame de misérables gens ait dégoûté celui qui se disait L'apôtre des péage rs et ^\r<, pécheresses publiques. l'eut -être obéissait-il à une charitable pensée en s'interdisant tout apostolat dans des villes à peu près

TIBERIADE

VIEUX FIGÎMERS

païennes et trop corrompues pour accueillir la vérité. Il ne voulait pas les rendre plus coupables en leur offrant ces perles de la doctrine céleste que les animaux immondes sont incapables d'apprécier. Au reste, en tout temps, des révoltes incessantes rendirent Tibériade absolument détestable. Josèphe nous raconte comment, avec sept soldats et des barques vides qui le suivaient à distance, mais que l'on croyait remplies d'hommes armés, il parvint à y calmer une terrible émeute, condamnant Clitus, un des agitateurs, à se punir lui-même en se coupant la main gauche.

Tibériade s'étant librement rendue à Vespasien, les Juifs obtinrent en retour le privilège d'y vivre seuls, à l'exclusion des samaritains, des païens et même des chrétiens. C'est là qu'après la ruine de Jérusalem se retirèrent les docteurs d'Israël et que furent composées, au troisième siècle, la Mischna. ou « répétition de la Loi », et la Gemara ou son « complément », ce qui constitua le Talmud de Jérusalem. C'est à l'école rabbinique de Tibériade qu'on doit encore la Masora ou « tradition », fixant le texte hébreu de la Bible et l'orthographe de ce texte. M. Vigoureux tressaille d'aise en saluant ces souvenirs, chers à tout hébraïsant. Pour moi, j'ai toujours gardé quelque rancune à ces rabbins brouillons, qui ne surent ou ne voulurent pas trouver deux signes distincts pour exprimer deux voyelles différentes, le kamets-chatouf et le simple kamets. Leur absolue ressemblance

sÉÈ

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