CAROUBE, NI&EUE DE CRETE
cles, mais dont les bords désolés ne gardent plus aucune trace de ce qu'ils furent autrefois.
Les eaux merveilleusement transparentes, tout immobiles qu'elles paraissent autour de nous, vont .s'arrondir au loin en petites ondes scintillantes et expirer paisibles sur les cailloux du rivage. A l'Orient, les montagnes nues et sombres impriment au paysage un aspect sévère et presque triste. Au nord, les cimes blanches de l'Hermon, se détachant sur le ciel bleu, détruisent en partie cette impression et invitent l'âme à s'élever vers les régions lumineuses de l'idéal, tandis que des massifs verdoyants marquent à l'occident les sites où se déroula la plus délicieuse partie de l'histoire évangélique.
Sous une agréable brise d'ouest la barque se rapproche des collines abruptes du ouady Semak. C'est là qu'on place, près des ruines de Khersa, la scène dramatique des démoniaques guéris par Jésus et du troupeau de porcs se jetant dans la mer. A vrai dire, les grottes dans la montagne n'y manquent pas, et on comprend que les possédés aient pu s'y cacher parmi les sépulcres. Toutefois nous ne parvenons pas à voir le roc surplombant le rivage d'où, selon Thomson, inventeur de ce site, les animaux emportés par l'esprit impur se seraient jetés à la mer. Il y a un espace au moins de deux cents mètres entre le lac et le pied des collines les plus rapprochées. Faut-il croire que les eaux se sont retirées et que le niveau de la petite mer a baissé depuis dix-huit siècles? C'est possible. Peut-être même