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qu'il conviendrait de chercher le lieu où Jésus s'était retiré avec la multitude, bien que dans ce passage de l'Évangile le mot de désert ne doive pas être pris à la lettre, puisque des villages se trouvaient aux environs. Saint Luc est seul à préciser qu'on était parti dans la direction de la ville de Bethsaïda, mais il ne suppose pas qu'on fût resté près de cette ville, puisqu'il ajoute, comme les autres, que le site était isolé. La plupart des interprètes modernes ont cru devoir imaginer deux localités de ce nom, parce que Jésus, afin de se délivrer plus aisément de la foule, congédia les apôtres, et leur dit d'aller l'attendre vers Bethsaïda. Mais rien n'indique qu'il y eût dans ces paroles un ordre de traverser le lac dans toute sa largeur. Les disciples ne seraient-ils allés que de l'ouady Douka à l'embouchure du Jourdain, c'était assez pour répondre au double désir du Maitre, qui voulait paraître rester avec la foule, tout en se proposant de les rejoindre bientôt à pied du côté de Bethsaïda, ce qui s'explique surtout si cette ville était à une faible distance. L'examen de l'anse principale, formée au nord-est par le lac, me prouve qu'il n'y a aucunement à imaginer, pour l'explication du texte évangélique, une Bethsaïda dans la terre de Génézareth. Non sunt multiplicanda entia prœter necessilatem, disaient très sagement les scolastiques. Il n'y eut, près de l'estuaire du Jourdain, qu'une localité de ce nom, village de pêcheurs sur la rive droite, auquel était venue s'adjoindre une ville neuve édifiée par Philippe
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sur la rive gauche. Un pont où le gué qui se trouve à cette partie du fleuve réunissait l'ancienne et la nouvelle cité.
C'est aux palmiers que l'on voit près des ruines d'El-Arad, à dix minutes du lac et sur le bord du fleuve, qu'il faudrait chercher Julias, et non pas à Et-Tell, à trois kilomètres plus haut. Josèphe dit explicitement que le tétrarque Philippe « fil du village de Bethsaïda, près du lac de Génézareth, une véritable ville par le nombre dos habitants qu'il y attira et par les ressources qu'il y réunit, en lui donnant le nom de la fille de I lésar, qui s'appelait Julie ». Abou-Zeineh, sur la rive occidentale, aurait été la Bethsaïda des pécheurs. De vieux murs prouvent qu'il y eut là une localité importante. Si on ne voulait pas admettre deux villes séparées par le Jourdain, mais en réalité n'en formant qu'une, peut-être no serait-on pas mal venu à supposer que la Bethsaïda de Galilée des évangélistes ne fut pas autre que la Bethsaïda placée par Josèphe dans la liasse < îaulanitide, parce que cet historien étendait cette dernière province un pou au-ddà du Jourdain. Les délimitations géographiques n'étaienl pas toujours chez les anciens d'une précision fort exacte, et d'ailleurs la voie romaine pouvait ici avoir été substituée au Jourdain comme frontière. Eïl somme, le pire des expédients esl de supposer deux Bethsaïda là où les historiens sacrés n'en ont jamais connu et mentionné qu'une, ce qui serait assez étrange s'il y en avait eu réellement deux dans les mêmes parages. En quelque lieu
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qu'elle ait été, leur Bcthsaïda fut bien celle qu'embellit Philippe et que Jésus maudit comme une grande ville et non comme un bourg de pêcheurs. Si nous la supposons sur la rive droite du Jourdain, enfermée quand même dans la Gaulanitide, le désert de la multiplication des pains se trouverait dans les montagnes arides qui sont à l'est de Khan Djoubb-Yousef et au nord d'Abou-Zeineh. Les ruines de Tell-Hum marqueraient alors la place de Bethsaïda-Julias.
Le Jourdain débouche dans le lac par cinq canaux, formant de petits ilôts couverts de verdure. Des pélicans et des grèbes voltigent çà et là. La côte nord-ouest, que nous suivons, est dentelée de petites baies très gracieuses. Les collines sont moins abruptes que sur le bord oriental. Elles tendent à s'éloigner de la petite mer. A travers les pierres, quelques zizyphus et des lauriers-roses poussent très vigoureux. Enfin les terres s'abaissent tout à fait, et une sorte de petite plaine s'ouvre devant nous. Nous sommes à Tell-Hum.
Les bateliers se jettent à l'eau et nous débarquent sur leurs épaules. Ils sont robustes et vaillants. Ainsi dut être Simon, qui mérita de devenir Pierre ou Rocher. Les herbes s'élèvent à la hauteur de nos têtes, et les épines se font cruellement sentir. Nos hommes ouvrent un chemin devant nous en fauchant tout ce quil's peuvent. Quelques serpents, les plus grands que nous ayons rencontrés en Palestine, s'enfuient de tous côtés.
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La ville dont nous examinons les ruines fut très rapprochée du lac. On peut encore. suivre les traces de son mur d'enceinte. 11 mesurait environ six cents mètres de long sur trois cents de large. La plupart des constructions étaient en basalte; mais, soit que de terribles secousses aient violemment ébranlé le sol, soit que les blocs fussent mal liés entre eux, rien n'est resté debout, et on dirait qu'une main impitoyable s'est plu à bouleverser furieusement et à niveler ensuite ces singuliers débris. I)cs fouilles ont toutefois mis à jour les assises d'un édifice fort intéressant, et que l'on prend communément pour une ancienne synagogue. Il mesure trente pas de long sur vingt de large. On y entrait par trois portes rectangulaires. Un magnifique linteau git encore à terre; il était soigneusement sculpté. Des débris de frises, de chapiteaux, de colonnes Bont éparpillés çà et là. Parmi les sculptures on remarque des rosaces, des raisins, des fleurs, et peut-être un dessin de quadrige et une face rayonnante du soleil, ce qui sérail une indication plus embarrassante. Quelques piédestaux, retournés en sens inverse, occupent encore à peu près leur place primitive. Nous courons de l'un à l'autre, nous rendant compte de cinq nefs formées par quatre rangées de sept colonnes, disposition numérique liés recherchée par le symbolisme juif. Quelques-unes de ces colonnes sont doubles et taillées dans le même bloc. Elles rappellent celles de syénito que l'on admire à la cathédrale de Tyr.
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TELL-HUM
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A l'orient de cet édifice s'en trouvait un autro de dimensions presque identiques et pareillement bâti en pierres qui imitent le marbre. Vers le couchant on voit une sépulture antique ayant dans chaque chambre trois fours rectangulaires. Plus près du rivage, une tour carrée fut élevée en partie avec les blocs des deux édifices voisins. Quelques misérables cabanes de Bédouins sont désertes. Un réservoir, depuis longtemps desséché, fut-il bâti en ce lieu pour alimenter d'eau potable les hommes et les bêtes? C'est possible, car celle du lac est un peu saumâtre.
Il est remarquable que la très petite plaine enserrée ici entre les collines et la mer de Tibériade est, de toutes celles qui vont suivre vers l'occident, la moins bien partagée en sources et en cours d'eau. Si donc on veut y chercher Capharnaûm, il faut commencer par supposer que la ville et la fameuse fontaine de ce nom, tout en étant dans la même région, à l'ouest du lac, n'avaient rien de commun. Avant d'inspecter le site, j'avais admis l'identification ingénieuse de Tell-Hum avec la seconde ville-patrie de Jésus, supposant que celle-ci avait pu s'étendre sur la rive gauche jusque vers Aïn-Tabigah, qui aurait été la fameuse fontaine de Josèphe. Force m'est aujourd'hui de renoncer à cette hypothèse, car non seulement Tell-Hum n'est pas dans le même pli de terrain qu' Aïn-Tabigah, puisqu'une colline les sépare, mais il se trouve visiblement à un niveau plus élevé.
Au fond, toutes les raisons qu'on a d'identifier
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TELL-HUM
Tell-IIum et la fameuse ville évangélique se réduisent à une ressemblance imaginaire de nom et à la présence de quelques ruines que nous venons de voir. Que Caphar, village, soit devenu Tell, mont de ruines, c'est déjà considérable; mais que Nahum, consolation, ou Xa/jum, nom d'un personnage, se soit réduit à Hum, c'esl impossible. La première syllabe de ce dernier mot est trop caractéristique pour avoir été supprimée, et ces assimilations arbitraires nie rappellent la plaisanterie que nous répondait M Baudry, un de nos illustres maîtres de Saint- Sulpice, quand nous nous hasardions à proposer une élymologie fantaisiste : « Ces deux mots viennent l'un de l'autre à peu près comme cheval vient de liippos, en changeant hip en che et pos en val. » Quant aux ruines, on en trouve d'ab
Iument pareilles, mais beaucoup mieux conservées, a Kefr-Birim, village bâti au nord de Saphed, vers le troisième ou quatrième Biècle, alors que les Juifs, chassés de Jérusalem sous Adrien et sous Constantin, s'établirent dans les montagnes de Qalilée. Les débris d'une synaue à Tell-Hum ne prouvent rien en faveur d'un site évangélique quelconque, quand on sait que les Juifs de Tibériade ont occupe les bords du lac pendant les quatre premiers siècles de notre ère, et qu'ils ont dû y édifier des maisons de prière un peu partout.
Capharnattm, d'après les évangélistes, aussi bion que d'après Josèphe, était dans la terre de Gènézareth. C'est dans cette terre de Génézareth
AIN-TAHIGAII
CABANES dOl FETE dts TABERNACLES