‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 69 sur 334 · AIN-ET-TIN · texte numérisé non relu

AIN-ET-TIN

un canal destiné à les répandre au loin. La construction étant en pierres volcaniques mal cimen tées, des infiltrations se sont produites afix parties basses, et l'eau, qui ne monte guère plus qu'à hauteur d'homme au lieu d'atteindre son ancien niveau de huit mètres, jaillit avec une impétuosité extrême. Plus loin, dans une tour ronde, sourd une source thermale. Sa chaleur est de trente-trois degrés centigrades. Au goût clic est douceâtre et légèrement sulfureuse. Elle s'élance du pied de l'édifice, bouillonnantrapide, jusqu'à un moulin qu'elle met en mouvement. Je doute qu'elle lut bonne à féconder la terre. En tout cas, on ne voit pas que jamais elle ait été dirigée vers < lénézareth. Il n'en est pas de même de l'autre, qui, élevée à huit mètres ausus du sol, a pu, par un vaste et long aqueduc dont les traces sont encore visibles, traverser la colline et aller féconder la fameuse plaine en l'abordant au point où fui ( 'apharnaum. De là son nom de fontaine de Capharnaum.

Dans une misérable hutte, une vieille femme semble malade et de mauvaise humeur. Esl ce une belle-mère? Nous pensons à celle de Pierre tourmentée par de violentes fièvres, et que le Seigneur guérit non loin d'ici. Son fils ou son gendre arrive du lac avec des poissons que nous achetons. Une superbe tige de fthardal, le sénevé, attire notre attention. Elle monte plus haut qu'un homme. Est-ce en regardant l'une de ces plantes que Jésus formula sa parabole ? Peut-être s'était-il simplement inspiré du proverbe popu-

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KHAN-EL-MINYEII

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laire : « Petit comme un grain de sénevé . b Notre barque double le monticule qui sépare Aïn-Tabigah de Aïn-et-Tin, et nous sommes dans la terre de Génézareth. Il n'y a pas à élever le moindre doute sur l'identification de cette plaine avec celle dont parle Josèphe. C'est la seule autour du lac qui ait trente stades de long et vingt de large, environ six kilomètres sur quatre. Les autres indications y sont d'ailleurs exactement remplies, à la condition de ne pas chercher dans la source d'Aïn-et-Tin, que nous atteignons d'abord, la fontaine de Capharnaum. Elle sourd très abondante assurément sous un rocher au pied du petit promontoire et à l'ombre d'un beau figuier qui lui donne son nom, mais elle est trop près de la grève pour dire qu'elle arrose la plaine. Aux jours de forte tempête le lac l'envahit. En temps ordinaire elle va, à travers un espace de trois cents mètres, lui porter directement le tribut de ses eaux limpides. Qu'il y ait eu ici un petit port, comme semble le dire le nom d'El-Minych, diminutif de l'arabe Minah, c'est possible. L'anse naturelle que ménage la colline est, en effet, heureusement disposée pour cela, et on y a découvert les restes d'une jetée ou d'un quai en pierres de taille qui changent cette supposition en certitude. Il est évident que si jamais les bateliers avec leurs barques ont dû venir en aide aux caravanes pour transporter de l'orient à l'occident du lac les marchandises à destination de l'Egypte et de la Méditerranée, nous sommes au point le plus naturellement indiqué

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