‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 70 sur 334 · LA NUIT SUR LE LAC · texte numérisé non relu

LA NUIT SUR LE LAC

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pour constituer un petit entrepôt. La voie romaine passait à cinq minutes d'ici. Il reste même un souvenir de l'activité commerciale de ce coin de terre dans le khan ou caravansérail en ruines qui est devant nous. Sommes-nous donc sur le site de Capharnaiim? Peut-être. Il faut réfléchir à ce que nous avons vu ce soir cl revenir demain.

Trois voyageurs qui se promènent sur le haut chemin taillé dans le roc et contournant la colline du côté du lac nous ont gracieusement salu Ils accourent pour nous serrer la main et nous inviter à leur table. Impossible de répondre à cette amabilité : la nuit arrive, il faut rentrer à Tibériade. Nous no serons au couvent qu'à neuf heures. Notre barque est obligée d'aller prendre la brise qui vienl des gorges d'Arbèle jusque sous les lumières du Medjdel. Tant mieux. Il fait bon ici, et les heures dous semblent si courtes!

Je ne crois pas avoir de ma vie éprouvé de plus pures émotions que dans cette soirée, dont le souvenir me demeure toujours présent à L'esprit. Il n'y avait plus pour nous ni eau, m terre, ni hommes, ni monde. Une atmosphère divine nous entourait. Chacun, respectant noire ('motion, gardait le silence. Les étoiles du ciel semblaient nous sourire et vouloir mêler leur doux rayonnement aux saintes illuminations de nos âmes. Je pensais au Maître, qui, dans une barque en tout semblable à celle-ci, sur ces mêmes eaux, au soir d'une grande journée, la tête appuyée sur le coussin du pilote, s'endormit en contemplant

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