‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 81 sur 334 · LE CONSUL AUTRICHIEN · texte numérisé non relu

LE CONSUL AUTRICHIEN

ment à la haute société de Saphed. Sous leurs riches vêtements de soie et parées du large collier de perles, le rabîd des anciens, qui flotte sur leurs épaules et y fait miroiter de petits soleils d'or, elles ont grand air. L'épouse de Tohie, qui habita non loin de Saphed, dut être ainsi vêtue. Je leur fais signe de s'asseoir. Le curé, ne parlant pas notre grec, ne peut nous servir d'interprète. Je m'impatiente en italien, ce qui semble inoffensif. Justement l'une de nos visiteuses sait s'exprimer dans cette langue. La glace est rompue, et les compliments les plus empressés, les offres d'hospitalité les plus instantes, les requêtes les plus chaudes en faveur du curé et de sa pauvre église nous sont adressés coup sur coup. Le drogman ne revient plus. Il faut pourtant lever la séance. On se charge de nous diriger sans lui vers la maison du consul. Remontant gravement sur nos palanquins, nous traversons la ville une fois de plus. A notre gauche s'échelonne en amphithéâtre le quartier juif, dominant un précipice, et les bazars. Bientôt nous sommes pris entre deux processions, l'une qui nous accompagne, l'autre qui vient nous faire accueil. Celle-ci est précédée d'une sorte de suisse d'église, habillé en vieux de la vieille, traînant un grand sabre, et reposant sa main gauche sur une canne de tambour major. Il précède un personnage en habit et chapeau noir qui est évidemment le consul. Nous mettons pied à terre pour lui présenter nos devoirs. Il nous accueille avectoute l'effusion d'un Polonais et la cordialité d'un

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