‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 88 sur 334 · LAC EL-II0ULKI · texte numérisé non relu

LAC EL-II0ULKI

une gracieuse bordure. D'ici elle est à peine visible à travers les hautes herbes. Le petit Jourdain la traverse d'un bout à l'autre. Nous sommes au site historique où Josué écrasa Jabin, roi de Ilazor, et ses alliés. La plaine est d'une fécondité étonnante. Des Bédouins Ghaouarinehs l'exploitent en payant une redevance annuelle au sultan.

A ce réveil du jour, la vie éclate partout. Des chevaux courent dans les prés, les oiseaux chantent dans les arbres, les abeilles butinent sur les fleurs, de grands et robustes chameaux paissent dans l'herbe et les hommes suent au travail, tandis que des troupeaux de buffles, immobiles comme des statues de basalte, prennent dans les marais du Jourdain un bain prolongé. C'est leur meilleur moyen de défense contre les moustiques qui abondent dans ces parages. Ils nous regardent de leurs gros yeux stupides et sanguinolents. Un pélican mélancolique médite au milieu des roseaux. Quelques sangliers s'enfoncent précipitamment dans les fourrés. Des Bédouines aux longs cheveux crépus, au visage affreusement tatoué, à la narine ornée du nézem hébraïque, cet anneau détestable qui défigure le profil le plus correct, nous offrent de leurs mains noires et sales du lait et des fleurs que nous nous empressons de refuser.

La plaine est ici entièrement envahie par les marécages, et nous devons côtoyer le flanc de la montagne pour éviter les fondrières. Si Hazor fut à notre gauche, vers ces ruines que nous

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