‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 90 sur 334 · DANS LA PLAINE DEL-HOULEII · texte numérisé non relu

DANS LA PLAINE DEL-HOULEII

D'une main elle a saisi le pieu

Et de l'autre le marteau des travailleurs.

Elle a frappé Sisara, elle lui a fendu la tête,

Fracassé et transpercé la tempe.

Entre ses pieds il s'est étendu et allongé.

Là où il s'était couché, il est resté sans vie.

Peu à peu nous nous rapprochons de l'IIermon, dont le sommet neigeux, sous un ciel admirablement pur, étincelle aux rayons du soleil, tandis que ses pieds baignent dans des teintes violacées où quelques massifs boisés marquent des taches sombres. Les montagnes du Liban, qui se rapprochent ici du Grand Cheïk, se dressent devant nous comme une infranchissable barrière. Nous n'avons voulu faire halte ni près du moulin d'Aïn-Mellâha ni à Aïn-Belatha, parce qu'il était de trop bonne heure. Il faut s'arrêter de force, au grand soleil, près du Nahr-Derdârah, qui se jette dans le Nahr-Hasbâni. Faute d'arbres ou de rochers assez élevés pour nous donner de l'ombre, nous nous abritons dans nos palanquins. Pourquoi, au milieu de cette végétation luxuriante, les grands arbres sont-ils si rares? L'Oriental a-t-il donc l'horreur instinctive de tout ce qui intercepte le soleil?

Le repas est vite fait, et sans répit nous nous remettons en marche. Sur un pont qui n'a pas de parapet, et où le chemin monte et descend en suivant le niveau brusquement inégal de trois arches, l'une romaine et les deux autres arabes, nous franchissons la première grande branche du Jourdain, qui descend par la gorge d'Hasbeya

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