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entre le Liban et l'Anti-Liban. Une caravane de chameaux chargés de meules, venant du Hauran et allant vers Saïda, le traverse après nous. Le petit fleuve bouillonne parmi les rocs de basalte et des massifs de lauriers-roses. Peu à peu nous approchons de sites plus boisés. De grands troupeaux de chèvres errent à travers des bouquets d'agnus-castus. Un riche Bédouin s'occupe ici de l'élevage des chevaux, et plus de cent jeunes poulains courent ou paissent dans les vastes prairies où ils sont parqués.
Un monticule de forme semi-circulaire que nous atteignons bientôt est littéralement couvert d'arbousiers, d'yeuses et de chênes verts. Le site est d'une fraîcheur ravissante. C'est Tell-el-Kady. Avant de nous engager dans ses fourrés, qui montent en pente douce jusqu'à vingt-cinq mètres vers le sud, nous nous désaltérons à une première source délicieusement fraîche qui coule au pied occidental du Tell. Après s'y être un moment recueillies et, pour ainsi dire, reconnues dans une sorte de bassin naturel, ses eaux limpides se précipitent, à L'ombre des peupliers et des figuiers entrelacés de ronces, vers la plaine du Ghôr.
Le sentier qui nous mène sur le Tell traverse des restes de vieux remparts. Cette colline fut jadis fortifiée. A voir la configuration des lieux, l'affaissement qui se produit vers la partie centrale du plateau et les roches volcaniques semées un peu partout, on est porté à croire, avec M. Lortct, que nous sommes ici sur l'antique
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