LA GROTTE DE PAN
est sûr d'y retrouver en plein l'aimable et traditionnelle simplicité de l'humanité primitive.
Nous nous dirigeons d'abord vers la grotte de Pan. C'est d'elle que Banias ou Panéas tire son nom, peut-être même son origine. Tout en suivant la vraie direction, au nord du village, nous nous égarons à travers des jardins. Le bruit des eaux jaillissantes nous dit bien que la belle source est devant nous, mais nous sommes incapables de l'atteindre. Toutefois notre temps n'est pas perdu, car nous rencontrons à chaque pas des ruines intéressantes. Nous passons les flaques d'eau sur des colonnes couchées à terre en guise de pont. Nous déchiffrons des inscriptions gréco-romaines. Nous admirons des fragments de frise et de bas-reliefs soigneusement fouillés. Enfin un ancien de Banias vient nous rejoindre et s'offre à nous servir de guide. Ce n'est pas de trop, car le drogman est ici en pays inconnu, et les moukres sont à leurs bêtes.
Le Panéion antique, Merharet-Râs-en-Neba actuel, est une grotte large et profonde qui s'ouvre dans l'immense paroi de la montagne. Il faut monter au moins de vingt mètres pour en atteindre l'ouverture actuelle, qui est à peine un tiers de celle d'autrefois. Des éboulements successifs y ont exhaussé le terrain dans de rapides proportions, si bien que des antiques niches creusées autour de la caverne sacrée, les unes sont à fleur de terre et d'autres sous le sol. La première, dont le cintre seul demeure visible, porte en grec cette inscription : Pour le salut des