‹ Notre voyage aux pays bibliquesChapitre 98 sur 334 · CE8ARÉE DE PHILIPPE · texte numérisé non relu

CE8ARÉE DE PHILIPPE

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long des remparts, à peu près détruits, le torrent se précipite en bouillonnant au milieu de rochers grisâtres et de petits flots couverts de lauriersroses. Au nord, l'Hermon cache sa base derrière un rideau de verdure, tandis que sa tete se perd dans les cicux. A l'est, sur un cône haut de trois cents mètres, surplombent deux profonds ravins, le château de Soubeibeh domine toute la plaine.

Banias, qui fut peut-être primitivement le Baal- Gad de l'Écriture, n'a pas de souvenirs historiques importants. Comme nous l'avons dit, Hérodc y éleva un temple à Auguste; Philippe la rebâtit et l'appela Césarée; Agrippa le Jeune lui donna le nom de Néronias. Ainsi elle fut une occasion pour chacun des princes qui l'habitèrent d'affirmer son vasselage vis-à-vis de Home. An fond. ce centre demeura toujours plus païen que juif, et Titus, après la ruine de Jérusalem, put y c brer son triomphe en donnant des jeux où des centaines de prisonniers lurent condamnés à s'entre-tuer et à être dévorés par les bêtes.

En rentrant, nous trouvons sur la plate-forme qui précède l'habitation du cheïk fort nombreuse réunion. Ce sont les citoyens de Banias qui sortent de notre divan, mosquée provisoire de cette religieuse population. Tous sont les invités-nés du cheïk, quand ils n'ont rien à manger dans leurs demeures. Ce soir, la plupart se disposent à user de ce droit traditionnel. Un immense plat de riz en pyramide, des galettes minces, rondes et peu cuites, du yoghourl à volonté, sont servis en plein air. Il faut manger sans parler, pour

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avoir plus vite fait, et céder promptement la place à ceux qui attendent. Chacun puise avec sa main dans le monceau de riz, fait une boule, la trempe dans le lait caillé et l'avale avec un appétit qui fait plaisir. Le vieux cheïk, plein de bienveillance, surveille son monde. Ainsi devaient faire les patriarches avec leur personnel de pasteurs et d'esclaves. Je demande à payer du tabac à tous les convives. C'est un supplément de festin que les serviteurs d'Abraham ou de Loth ne connurent pas.

Mais notre tour est venu d'apprécier le banquet que nous ont préparé les femmes de notre hôte Arkaoui. Sur un plateau d'argent, supporté par un pied très bas, s'élève, dans un premier plat, la pyramide de riz, plus modeste et mieux soignée, qui nous est destinée. Dans un second, des boules de viande hachée sont symétriquement disposées. Quelques gâteaux très minces, encore chauds et rappelant les uggoth des Israélites ; deux vases, l'un, avec du yoghourt et l'autre avec du lait; une gargoulette remplie d'eau fraîche, constituent le complément du festin. Pour qu'il soit arabe dans tous ses détails, nous devons nous asseoir par terre et appuyer notre coude gauche sur un coussin, posture qui, n'étant pas dans mes aptitudes naturelles, se trouve fort peu dans mes goûts. Ce qu'il y a de plus violent, c'est que le cheïk nous surveille, et attend que nous fassions honneur à son repas. Je ne m'en sens pas le courage. M. Vigouroux s'exécute seul, et je profite d'un incident qui appelle notre

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