‹ Nounette, ou, La déesse aux cent bouchesChapitre 2 sur 15 · ARRANGERONS CELA · texte numérisé non relu

ARRANGERONS CELA

— Nous

NOniiETTE

FI

malin !

Armand. — Et vous, mademoiselle Nounette ?

Nounette. — Moi je ne vaux rien tant que je n'aime pas ; mais si je me mets à aimer...

Armand, changeant de conversation. - — Je n'ai jamais vu un manteau aussi admirable. Il doit valoir une fortune...

Nounette, simple. — - Dans les deux cent mille !

Armand. — Peste ! Et vous n'avez pas peur qu'on vous le chipe?

Nounette. — Il y a quelqu'un pour le surveiller.

Armand. — Mon Dieu !

ça ne doit pas être amusant tous les jours...

Nounette. — Appelezmoi Nounette, voulez-vous?

Armand. — Volontiers.

Nounette. — Pourquoi êtes-vous si froid avec moi? Vous me donnez envie de pleurer. Vous voyez bien que vous me plaisez, gros

Armand. — Je suis intimidé.

Nounette. — Par mon luxe? Elle est bonne!

Armand. — Par votre luxe. Tenez, vous êtes si gentille que je vais vous ouvrir mon cœur...

Nounette. — Oh ! oui !

Armand. — Et vous faire mes confidences. Aimez-vous les tableaux?

Nounette. — C'est selon. Quand ils ont un sujet.

Armand. — Eh bien, on peut adorer les tableaux et très bien se contenter de ceux que l'on voit dans les musées. On se dit un jour : « Tiens, je vais m'offrir le Philosophe en méditation », et l'on va au Louvre... C'est comme les roses des autres : on les voit, on les respire et elles ne se fanent pas pour vous...

Nounette. — Très bien; j'ai compris...

Armand. — J'ai besoin de beaux meubles, de beaux chevaux et de jolies femmes. Pour tout cela j'ai des amis et des amies. Cela me permet de vivre dans une illusion de beauté qui me console d'être pauvre. Car pour moi! J'habite au cinquième dans une affreuse maison de la rue de Verneuil, ma petite Nounette... Juste la place d'étaler mes pantalons. Vous ririez de mes meubles... Je rentre chez moi en fiacre

— Je m'en

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