LA PETITE VILLE
La ville où je naquis, un fleuve étroit Tarrose ; L'eau coule sous le pont comme une claire prose, Et mire honnêtement dans son calme miroir
Et le doit et l'avoir :
Elle enregistre un arbre, un mur sur son passage. Et fait ainsi l'addition du paysage.
La ville où je naquis a de petits pavés Carrés, durs, enfoncés, cimentés dans la terre, Tous proprets et contents d'être si bien lavés. Et blâmant le caillou qui roule, solitaire. Le clocher, par-dessus le poste de Toctroi, Regarde avec effroi
NOUS
Un chemin qui longe une vigne.
Il s'inquiète, il lui fait signe :
« Reviens donc ! » Mais le fou ne Tentend même Et disparaît au haut des collines^ là-bas...
Bonne vieille demoiselle Prudence, Quand passe un chariot dehors, sur ta crédence La porcelaine tremble, et ton cœur tremble aussi.
Ta chatte fronce le sourcil ; L'âme des choses sort à moitié du sommeil, Sourit, étonnée, au soleil, Puis, lasse d'un effort si grand, replonge Dans les ondes mortes du songe.
Bonne vieille demoiselle Vertu Qui fais la chasse à la poussière Et qui me tenais en brassière.
T'en souviens-tu ?
J'admire tes planchers brillants comme des glaces Tu remets avec soin les chaises à leurs places. Sitôt les visiteurs partis ; Et moi qui jadis me blottis,
NOS PROVINCES
Enfant, contre ta chaste robe, Bien qu'ayant perdu ma candeur, dois de garder un fond naïf et probe Et le respect de la pudeur.