‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 24 sur 61 · I.V PRESSE ANGLAISE ET l' AMÉRICANISME · texte numérisé non relu

I.V PRESSE ANGLAISE ET l' AMÉRICANISME

lit grand bruit dans la presse. Le prélat émettait l'idée de « faire de la langue anglaise l'agent iiansmetteur des vérités catholiques pour les centaines de millions d'hommes qui la parleront et qui la liront ».

Le pèlerinage des catholiques anglais à Rome et les déclarations du duc de Norfolk en faveur du pouvoir temporel faites à cette occasion, furent une des premières manifestations de la nouvelle hgue. Faut-il espérer beaucoup de ce mouvement ? L'influence anglaise dans le monde est-elle vraiment favorable au catholicisme ?

Les catholiques de langue anglaise ne sont pas tous du môme avis sur cette question.

L'un des principaux organes de la presse ca- Iholique aux États-Unis, The American Catholic Quarterly Review, a publié, à la fin de l'année 1900, une importante étude sur VAnr/lonxonisme et le progrès catholique, dont les ■mclusions sont à retenir.

L'auteur,, un prêtre américain, le docteur Bryan J. Chnch, établit que l'empire britannique a vu diminuer d'un million le nombre des catholiques, depuis le commencement du règne de la reine Victoria.

Cette constatation infirme singulièrement la Ihèse du duc de Norfolk et de Mgr Ireland.

L'article de l'abbé Bryan J. Clincii a causé grand émoi en Angleterre, mais il n'a pas été

144 LA PRRSSE ANC.LAISE KT i/aMKIUCANISME

Le lecteur en trouvera les conclusions à la lin de ce volume (1).

Est-il besoin de rappeler la douloureuse émotion que causa dans tout l'univers catholique la prestation du serment impie et blasphématoire par lequel le roi d'Angleterre s'engagea, en montant sur le trône, à maintenir la religion protestante.

Il sembla que les termes odieux et surannés de ce serment ne trouveraient pas de défenseurs et que les protestants eux-mêmes en verraient volontiers la suppression. Cependant, après plusieurs mois de discussions, rien n'a été fait.

Bien plus, une lettre du duc de Norfolk, en date du mois d'août 1901, nous apprend qu'un lord catholique, lord Llandoff : « A lui-même proposé une formule de déclaration qui aurait garanti la succession protestante » au trône d'Angleterre (2).

« Non seulement, ajoute le duc de Norfolk, nous n'avons pas refusé d'accepter toute déclaration garantissant la succession protestante, mais encore nous avons nous-mêmes proposé à la Chambre une déclaration de ce genre. »

Malgré toutes ces concessions des lords catholiques, le serment blasphématoire est maintenu. Après les retentissantes polémiques sur l'américanisme, après l'hérésie du D"" George Mivart,

(1) Document n° VI.

(2) Documents IV et V.

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