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L.V PRRSSE ANGLAISE ET l/ AMÉRICANISME

erreurs inventées sur notre continent. Mais il faut se souvenir que la passion est aveugle et que l'intérêt de parti l'emporte souvent sur l'amour de la vérité.

L'américanisme, il est aisé de le constater, considère surtout, même en matière de dogme, les résultats palpables.

Il est tellement indifférente la doctrine que ses leaderi^ les plus en vue se soucient moins de défendre leurs idées que de sauver leur situation et leur influence. La difficulté n'est pas de leur faire abandonner une erreur, mais de les fixer dans la vérité, d'enfermer leur croyance dans des limites définies, qu'ils estiment toujours trop étroites dès qu'elles ne peuvent être ni tournées ni franchies Ce ne sont point des obstinés^ des théoriciens, des fanatiques, ce sont des « pionniers, » comme ils aiment à se nommer euxmêmes, c'est-à-dire des passants, des forains, des nomades de la doctrine.

On n'aura pas raison aisément de leurs erreurs, parce qu'elles sont multiformes, ondoyantes et fuyantes; elles passent à travers les mailles des encycliques, elles couvrent la voix des Pontifes par des acclamations calculées, elles se jouent à travers les canons des conciles et les censures de l'Église, comme les flots de l'Atlantique opposent aux écueils, contre lesquels ils se brisent, une force toujours la même et toujours renouvelée.

Pour frapper l'américanisme d'un coup dont il

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ne puisse se relever, il faut donc le saisir là où il s'est fixé, reposé , là où ses eaux bourbeuses ont déposé la vase et l'alluvion de leurs erreurs. C'est pourquoi la publication de la Vie du P. llecker lut une faute, car elle a condensé en quelques pages tout le venin de ces doctrines.

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REGAINS D AMKIUCAMSME

Nous dépasserions les limites que nous nous sommes assignées dans cette étude si nous entreprenions de relater tous les efforts qui ont été laits, depuis la Lettre du Pape au cardinal Gibijons pour réhabiliter Taméricanisme; il faut cependant mentionner au moins les principaux.

Comme nous l'avons remarqué à la fin du cliapitre précédent, les personnages les plus en vue du parti s'appliquèrent moins à défendre leurs idées qu'à maintenir leur influence. Ils comprirent qu'une école, une doctrine n'est pas vaincue tant que les hommes qui s'en sont fait les champions L't qui la personnifient, en quelque sorte, conservent un certain prestige et restent au premier rang des renommées qui occupent l'opinion publique.

La presse est de tous les instruments de pro-

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pag'iUKle, (lisons iin^me de véclame, celui qui peut le mieux permettre d'atteindre ce résultat.

11 faut convenir que les partisans de l'américanisme sont passés maîtres dans le maniement de cet engin moderne.

La Press-Association, puissante agence d'in" formations internationales^ a secondé constamment la campagne des novateurs par ses communiqués adressés aux journaux des deux mondes.

L'ancien rédacteur du Moniteur de Rome, l'abbé' Bœglin, vaut à lui seul une agence cosmopolite. Pendant quatre années^ il n'a pas cessé de rédiger à Paris des Correspondances de Rome, des Lettres du Vatican, etc.^ etc., qu'il faisait indifféremment paraître dans les journaux anglais ou américains sous divers pseudonymes et dans une série de journaux du continent.

Le Patriote de Bruxelles, la Liberté de Fribourg, le Journal de Roubaix, V Univers et le Monde, le Figaro, la Justice sociale, la Vie cathulif/ue, la Voix du siècle, la Papauté et les Peuples, publient presque simultanément le même article, signé suivant les lieux : Romanus, Tiber, Innominato, Richeville, Lucens, Courtely. Pennavera, XXX, quelquefois même Eugène Bœglin.

Ces correspondances, soi-disant « romaines » sont toujours tendancieuses et servent à accréditer les informations les plus fantaisistes sur les affaires de l'Eglise et la politique du Vatican.

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C'est grâce à cette sug-gestion permanente de l'opinion catholique que des réputations suilaitcs ont pu longtemps se maintenir, que la signification des actes et des enseignements les plus positifs du Saint-Siège a été maintes fois travestie.

A ces divers moyens d'influence dont ils se servent avec une audace trop souvent couronnée de succès, les champions de l'américanisme en joignent un autre qui n'est pas moins efficace.

Les journaux protestants se font, à l'occasion, les porte-paroles de leurs revendications et les confidents plus ou moins discrets de leurs doléances.

De là ces courants de sympathie, d'apparence spontanée, qui transforment soudain en un événement d'intérêt général les menus incidents de la vie de personnages que rien ne semblait désignera pareille fortune.

C'est ainsi que, le 31 mai 1900, le Journal de Genève publiait l'article suivant :

« La nouvelle seule de la prochaine arrivée en Europe de Mgr Ireland suffit à jeter l'alarme dans le camp anti-américaniste. Les ennemis de l'archevêque de Saint-Paul travaillent déjà à le battre en brèche. Une feuille de Paris, La Vérité, publiait dernièrement une lettre de rai)bé Maignen — l'auteur d'un odieux pamphlet contre les chefs américanistes — où cet ecclésiastique annonce avec grand fracas ce qu'il appelle « la » reprise de la campagne américaniste. » Les

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