‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 27 sur 61 · REGAINS D AMÉRICANISME · texte numérisé non relu

REGAINS D AMÉRICANISME

ainéricanistes n'ont pas à reprendre leur campag-ne, par la raison bien simple qu'ils ne l'ont pas abandonnée. Ils sont restés fidèles à leurs idées, qui, entendues et comprises comme elles doivent l'être, sont parfaitement ortliodoxes. Les explications verbales échangées entre Mgr Ireland et le cardinal Rampolla, au cours de l'hiver dernier, ne laissent aucun doute à ce sujet. Ce que Rome a condamné, c'est la caricature, la contrefaçon de l'américanisme telle que l'avaient forgée ses ennemis, notamment l'abbé Maignen, dans son pamphlet.

» On est aujourd'hui absolument fixé sur le sens de la lettre pontificale, qu'on a exagérée et dénaturée au premier moment, et sur l'interprétation exacte qu'il faut lui donner. Un des amis de Mgr Ireland, qui est lui aussi américaniste convaincu, Mgr Spalding, évêque de Peoria (États-Unis), a fait à Rome dernièrement un séjour de plusieurs semaines. Il a donné une série de conférences qui ont été très remarquées et on a pu y retrouver, nullement déguisé, le fond, la pure moelle des idées américanistes. Ces conférences ont obtenu un grand succès et^ ce qu'il y a de plus piquant, c'est qu'elles étaient données dans l'église même du Gesii. »

Le Journal de Genève n'a pas été le seul à lancer cette information.

Le même jour (31 mai) \ Indépendance Belge publiait un article à peu près identique ; la

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\ t'illc (30 mai) le Siècle donnait aussi la même note. Plus tôt encore, la Correspondance politique de Vienne (13 mai) lançait un article sensationnel et sur certains points inexact à propos du voyage à Rome de Mgr Ireland et d'une lettre écrite par lui au duc de Norfolk.

Mgr Ireland ayant été admis au cercle que le Saint-Père tient, au Vatican, le jour delà fête de saint Joachim son patron, il adressa au pape une harangue en faveur du pouvoir temporel dont la Pvess- Association porta l'écho à tous les continents.

Peu après, Mgr Keane et Mgr O'Connell, dont le séjour à Rome durait depuis plusieurs années et qui avaient répudié hautement les erreurs de l'américanisme, furent promus aux sièges de Duhuque et de Portland, devenus vacants par la mort de leurs titulaires.

11 n'en fallut pas davantage pour que le correspondant cosmopolite dont nous avons parlé plus haut, rédigeât une Lettre de Rome qui parut, signée de pseudonymes différents, dans le Sun de New-York, le New-Century de Washington, le Journal de lîoubaix; la Justice sociale et autres feuilles de même nuance.

Suivant la méthode favorite de l'école dont il est le porte-voix, V écrWain protéifor?7ie tire de la nomination de Mgr Keane à l'archevêché de Duhuque (lowa) des conclusions théologiques tout à fait inattendues.

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Voici en quels termes il apprécie la carrière de l'ancien recteur de l'Université catholique de Washington :

« A travers les péripéties de sa carrière si pleine et si largement méritante, il a coopéré à une œuvre de lumière et de ferveur. 11 signifie, avec ses amis, le culte de 1' « Américanisme. » Je n'évoquerai pas les luttes que ce mot et que cette chose ont provoquées, moins aux États- Unis que sur le continent. Les vieux réactionnaires et les conservateurs immohiles ont, pendant de longues années, persécuté cette méthode de travail, cet esprit de conquête, qu'on nomme improprement 1' «américanisme. » Autour de l'américanisme américain s'était, on le sait, agglutiné un « américanisme » hàtard, qu'on a appelé, ajuste titre, 1' «américanisme continental. » Théories imprécises sur l'Église et le surnaturel, « minimismé» chrétien, rupture partielle avec la tradition et l'Évangile, ou mieux encore, un certain état d'esprit fait d'ignorance, de mécontentement incompris et d'inspirations indéterminées; voilà l'« américanisme» continental qu'avec raison, et d'office, Léon XIII a répudié dans sa lettre au cardinal Gihhons.

» Derrière cette orientation grotesque, s'était caché un réseau d'intrigues personnelles, sur lesquelles l'histoire dira un jour son dernier mot. L'« américanisme » de Mgr Keane, d'accord avec le cardinal Gihhons et Mgr Ireland,

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représentait, au contraire, l'esprit du christianisme intég-ral. Conquérir les âmes au dehors à l'Évangile et consolider la maison au dedans ; approprier à l'Église les ressources et les courants de la démocratie ; montrer dans le catholicisme ses vertus populaires; ses forces coopérantes nationales, intellectuelles et économiques; faire du catholique le citoyen le plus loyal, l'homme du progrès à l'aide de la foi et du Christ; par la science, l'éducation, l'apostolat et l'action démocratique, élargir toutes les avenues qui conduisent à Dieu : tel apparaissait cet idéal. Et cet idéal a créé une méthode de travail sur laquelle, grâce à Léon XIII, se règlent les meilleurs esprits et les plus fermes vouloirs. Cet esprit s'est traduit dans l'épisode des Chevaliers du Travail, dans la lutte contre le Cahenslisme, la création de l'Université de Washington et la défense de l'esprit américain contre les tendances réactionnaires.

» L'Église ne paraissait plus la succursale d'un régime déchu, ou d'un parti sans soldats. Le christianisme n'était plus solidaire de l'esprit de routine, d'intolérance et d'étroitesse ; il signifiait la rénovation du monde, de la société et des nations par le ferment delà vie divine.

» Mgr Keane a souffert des affres cruelles, au nom de cette orientation et pour cette grande idée. C'est lui, autant que Mgr Ireland, que visaient les campagnes acharnées. Plus que l'ar-

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chevèque de Saint-Paul, il a signé de ses souffrances ce programme, que Léon XIII universalise dans le gouvernement général de la chrétienté. »

On le voit, c'est toujours la môme tactique, le même respect de la personne du Saint-Père !

Léon XIII a condamné l'américanisme et l'on ne craint pas d'invoquer son autorité pour couvrir les idéeâ et les méthodes de laméricanisme condamné.

Mais que parlons-nous de condamnation ?

Écoutons comment Innominato du Stifiel Tiher de la Justice sociale parlent de la lettre au cardinal Gibbons :

« Quand Léon XIII adressa sa lettre à l'archevêque de Baltimore^ ses adversaires l'exploitèrent comme une condamnation de Mgr Ireland et de ses amis. L'(( américanisme, » disaient-ils, a reçu la flétrissure de l'hérésie. Nous avons marqué, ici même, l'inconvenante fausseté de cette exploitation, le sens véritable du document pontifical. En condamnant l'a américanisme » continental dont nous avons relevé les traits principaux, le Saint-Père a voulu dans sa lettre exalter, en des formules heureuses, le véritable « américanisme- » transatlantique. En vain les passions protestaient, les faits sont venus détacher en relief l'esprit et la portée de la pièce romaine. Le dernier voyage de Mgr Ireland à Rome, l'accueil prestigieux que Léon XIII lui a

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personnelloiiient ménage', ont fourni la preuve péremptoire. Les fêles de Dubuque, la promotion si précieuse île Mgr Keane ajoutent encore à la leçon et à la démonstration.

» Voilà pourquoi le dernier consistoire et cette nomination revêtent pour tous un caractère d'enseignement universel. Ce que FEglise et Rome célèbrent dans ces fêtes et dans la promotion de Mgr Keane, c'est la consécration de la méthode de travail que nous appelons !'« américanisme, » c'est la vie pleine de foi, de mérite et d'apostolat de 3Igr Keane, c'est cette orientation chrétienne dont Mgr l'reland est le plus illustre représentant. Il y a là un fait moral considérable. »

Ces essais périodiques de réhabilitation de l'américanisme viennent d'être complétés par un effort plus hardi.

Un libraire de Boston, qui publie une collection de biographies des Américains illustres, vient d'éditer un petit volume sur le P. Hecker, fondateur des Paulistes,

L'auleur de cette nouvelle Vie d'Isaac Hecker, M. IJenry D. Sedgwick, Jr., ne donne pas seulement une édittion abrégée de la Vie du P. Hecker, par le P. Elliot, il résume en quelques pages la polémique sur l'américanisme et les enseignements de la lettre pontificale au cardinal Gibbons.

Cette publication nous paraît d'autant plus

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dangereuse qu'elle a toutes les apparences de rimpartialité ; on n'y trouve, contre l'ordinaire, aucune injure à l'adresse des adversaires de raméricanisme ; mais, en revanche, les idées mystiques du P. Hecker y sont remises en honneur.

Nous ne saurions mieux montrer l'esprit de cette nouvelle édition de la Vie du P. Hecker qu'en en citant la conclusion :

« Les bons catholiques," dit M. Sedgwick, pourront trouver encore dans le mysticisme du P. Hecker plus d'une ressemblance avec sainte Thérèse, et dans sa vie active certains rapports avec saint Bernard,

» Il est souvent arrivé que les opinions redoutées d'abord par les timides sont devenues ensuite leur appui et leur force. Ainsi, il se pourrait que l'Église du vingtième siècle s'emparât volontiers des idées du P. Hecker comme de solides matériaux, pour édifier des doctrines qui aideront les iiommes à mieux vivre. »

Le R. P. Deshon, supérieur général des paulistes, n'était pas de cet avis, lorsque, après la publication de la Lettre apostolique au cardinal Gibbons, il écrivit au Saint-Père que la Vie du P. Hecker par le P. Elliot était retirée du commerce, jusqu'à ce qu'elle s.oit corrigée.

La nouvelle biographie publiée à Boston aurait besoin elle-même de corrections importantes. Cela est d'autant plus nécessaire que son for-

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mat et son prix lui promettent une large d illusion.

En même temps que celle nouvelle biograpliiu <lu P. Hecker paraissait aux États-Unis, M. l'abh»'! Félix Klein, sortant de la réserve qu'il s'était imposée depuis la condamnation de son livre, donnait au public français un nouveau volume • lestiné à faire connaître et apprécier les œuvres de Mgr Spalding, évèque de Péoria.

Opportunité (1), c'est le titre du nouveau livre que M. l'abbé Félix Klein présente au public. Titre bizarre, en vérité, et qui évoque en nous la pensée d'un vilain mot et d'une vilaine cbose : l'opportunisme.

Cependant, pour juger avec équité le livre et son auteur, il faut se souvenir qu'il ne s'agit point ici de l'œuvre d'un écrivain français, mais de la traduction, de l'adaptation d'un ouvrage américain.

Après les Discours de Mgr Ireland, après la Vie du P. Hecker, M. l'abbé Klein a entrepris de vulgariser en France quelques fragments des «euvres de Mgr Spalding, évèque de Péoria.

« Opportunité » n'est donc pas un mot qui se l)uisse comprendre sans le secours du diction-

(1) Dans sa livraison du 10 juillet 1901, Ze Sillon, revue des jeunes dont nous aurons à parler bientôt, s'exprime ainsi :

Nous placerons Opportunité parmi les rares petits livres,, tels l'Imitation parmi les anciens et les Sources parmi les modernes, qu'il faut toujours avoir sous la main pour se réveiller l'àme et s'éclairer l'esprit. >.

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naire, et sans l'inlelligence du mot anglais dont il est la traduction plus littérale que littéraire.

Même avec ce ^uide, il n'est pas sûr que nous parvenions à saisir le mystère de ce mot, car Mgr Spalding nous apprend, d'accord avec Emerson, qu'« Amérique » est synonyme d'« opportunité ». Voilà certes une explication qui n'est point faite pour éclairer le lecteur et qui montre dans quel singulier ordre d'idées se meut la pensée de l'auteur.

Ce n'est pas que Mgr Spalding soit un esprit vulgaire. Américain de race, il passe, à juste titre, pour un des meilleurs écrivains de son pays. Malheureusement, la traduction nous présente sa pensée dépouillée du cliarme du style et n'ayant plus pour captiver l'attention que la seule valeur des idées.

Or, les idées de Mgr Spalding n'ont ni l'attrait de la nouveauté, ni le mérite de la clarté, et nous avons peine à concevoir comment M. l'abbé Félix Klein a pu croire qu'un tel livre serait goûté du public français.

Rien de nouveau, en effet, dans ces pages qui reproduisent, sous une forme plutôt atténuée, le thème favori et cent fois ressassé des libéraux anglo-saxons : l'Église et le siècle, l'alliance du catholicisme et du progrès moderne, la liberté, l'initiative... etc., etc.

Y a-t-il un Français ayant quelque lecture auquel ces nouveautés ne paraissent un peu

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passées de mode et qui ne souhaite entendre des accents moins connus?

Nous ne sommes plus en 1892.

Depuis l'époque, déjà lointaine, ou l'on croyait à « la supériorité des anglo-saxons, » les événements ont marché, et les idées à leur suite. La guerre hispano-américaine, la guerre angloboër ont dissipé bien des légendes; la condamnation de l'américanisme, les récents voyages des « grands prélats américains » ont fait la lumière sur les idées et sur les hommes.

C'est à un public fatigué et désabusé que M. l'abbé Klein offre, sous un titre nouveau, la même idée, la même thèse, moins l'enthousiasme de Mgr Ireland, et l'originalité naïve du P. Hecker.

Mgr Spalding — en français — n'est plus qu'un philosophe froid , sentencieux, obscur. 11 réalise ce paradoxe: enfermer une idée vague dans une phrase concise : exprimer brièvement une pensée diffuse.

Est-ce la faute du traducteur, est-ce celle de l'écrivain?

Ciiaque chapitre se compose d'une série d'aphorismes, qui expriment à peu près tous la même idée ou les différents aspects d'une idée. Ne clierchez pas entre eux le lien logique, l'enchaînement qui conduit le lecteur des principes aux conséquences, de l'énoncé du sujet à la conclusion ; il n'y a pas d'enchaînement, il n'y a pas

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de conclusion; raflirination du début se retrouve à la fin, sous une autre formule et se répète dans l'intervalle a\ec une variété d'expressions qui n'a d'égale que la monotonie de la pensée. L'attention se lasse vite à considérer tant de concepts semblables, plutôt superposés que successifs. Nous serions curieux de savoir comi)ien, parmi les admirateurs les plus résolus du génie américain, auront la constance d'aller jusqu'au bout de ce livre.

Cette constatation nous rassure et nous fait envisager avec calme les inconvénients d'une publication qui, par ailleurs, ne serait pas sans périls.

Si atténuée, en effet, qu'en soit l'expression, l'erreur fondamentale de l'américanisme s'y retrouve tout entière : la confiance en soi-même, l'exaltation de la personnalité humaine, l'adaptation de l'Eglise au siècle, le culte de l'avenir et le mépris du passé.

C'est avec une parfaite assurance que Mgr Spalding écrit :

(( Nous en savons certainement plus que les docteurs d'Alexandrie, de Cappadoce ou d'Antioche, qui posèrent les premiers fondements de la science théologique; plus que saint Augustin et saint Jérôme, plus qu'Alcuin et Scot Erigène, plus enfin que les grands maîtres de la scolastique...

» Et non seulement notre science est plus grande

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que celle de nos pères, mais encore nous avons développé le sens criticjuc et historique qui leur manquait et qui donne à l'étudiant, sur la signilication et le contenu de l'Écriture, sur le développement de l'Église et sur son histoire, des vues plus claires qu'elles n'ont jamais pu l'être jusqu'à ce jour. »

Voilà qui est précis. Un simple étudiant de l'Université de Washington a des vues plus claires sur la signification et le contenu de l'Écriture que saint Jérôme, saint Augustin et tous les docteurs de l'Église !

De telles perles sont rares dans le nouveau livre de M. l'abhé Félix Klein. Grâce au vague des idées de Mgr Spalding, il est fort peu de ses paroles qui ne puissent être entendues dans un sens orthodoxe, mais il en est peu qui ne prêtent en même temps à des interprétations fâcheuses.

Malheureusement pour le prélat américain, . ses plus ardents admirateurs ont vu surtout le côté défectueux de son œuvre et c'est aux ambiguïtés de sa phrase et aux lacunes de sa doctrine qu'il doit le périlleux honneur d'avoir été traduit par M. l'aljh»' Klein.

La Notice en forme de préface que M. Klein a placée en tête du volume est, sans conteste^, plus intéressante que le livre. Elle nous apprend en elfet, que la condanmation de l'américanisme n'a rien changé aux opinions du traducteur de hi Vie du P. Hecker.

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Mais s'il n'a renoncé à aucune de ses idées ni de ses espérances. M. l'abbé Félix Klein a appris à mieux connaître les bomnies. De là vient, croyons-nous, le soin qu'il prend de reproduire, en anglais et en français, les lettres par lesquelles Mgr Spalding approuve la traduction de ses œuvres.

«En fait de déclarations, dit M. Klein, celle-là peut suffire, et je n'ai pas besoin de citer d'autres lettres pour montrer que la présente publication est autorisée sans réserve par l'évêque dePéoria, Du reste il est de ceux dont la parole vaut acte ; il parle co?nme le Maître: Est, est, non, non: Oui, c'est oui; non, c'est non. »

Nous soulignons cette dernière plirase parce qu'elle est grosse d'allusions.

Plus loin, M. l'abbé Klein nous annonce que « de plus en plus, il fMgr Spalding) deviendra, aux États-Unis, le porte-parole autorisé du catbolicisme. »

« Nous ne serions pas surpris, non plus, ajoutet-il, de voir l'évêque de Péoria conquérir peu à peu, bien au-delà de sa patrie et sans y avoir personnellement songé, une influence dont Dieu se servira pour donner ou pour rendre la foi et le courage à un nombre toujours croissant d'âmes de bonne volonté. C'est à quoi pourraie?it contribuer les pages qu'on va lire. »

La mission que M. Klein assigne si généreusement à Mgr Spalding, avait appartenu jusqu'à

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présent, d'après M. Klein lui-même, à Mgr Ireland, archevêque de Saint-Paul de Minnesota. M. Klein n'a plus foi en son héros d'hier; sera-lil plus heureux avec celui d'aujourd'hui !

Lorsqu'il écrivit une lettre de soumission au Pape, après la condamnation de l'américanisme, et lit retirer du commerce sa Vie du P. Hechev, nous voulions espérer que M. l'ahhé Félix Klein tirerait des enseignements du Saint-Siège un prolit plus sérieux et plus durahle.

En le voyant recommencer, avec Mgr Spalding, la campagne menée jadis autour de Mgr Ireland et du P. Hecker, sans autre innovation qu'un peu plus de souci de prendre ses sûretés contre un désaveu possible du héros, nous pensons que c'est mal profiter d'une expérience chèrement acquise et qu'il y a dans cet état d'esprit un symptôme alarmant pour l'avenir.

Malheureusement, bien d'autres signes viennent encore augmenter nos craintes...

Une lettre de l'abbé Quiévreux, dont les trois volumes : Le Paganisme au XI X'^ siècle viennent d'être mis kV Index, nous révèle un état d'àme fort inquiétant.

Cette lettre est adressée à M. l'abbé Klein et publiée dans le journal de l'abbé Dabry. En voici le début :

« Mon cher ami, » il faut que je vous embrasse avec la plus

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