‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 28 sur 61 · TP · texte numérisé non relu

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chaleureuse tendresse. A peine avais-je reçu le coup si brutal qui me frappait, que votre main accourait, et, impuissante à empêcher la blessure de creuser son trou sanglant jusqu'au cœur, elle s'appuyait onctueusement sur la plaie, la comprimait, l'anesthésiait et faisait mieux encore : elle l'embaumait. Vous me montriez la cicatrice que votre cœur porte encore à son côté gauche, et qui, bien fermée, n'y a pas moins laissé un vit stigmate, pareil à notre insigne d'honneur. Tout de même, je ne suis pas jaloux : et votre blessure, ami, restera plus glorieuse.

» Or, cela s'est fait tandis que nous combattions, tous deux et presque en frères d'armes, en avant, non sans prudence pourtant ; et que nous n'avions, en vérité, d'autre souci que de faire front à l'ennemi, ou mieux encore, à notre temps, à son esprit invincible de liberté, et de science et de progrès.

» Qu'importe une blessure? Seuls les lâches — non pas même les saints ni les docteurs les plus privilégiés — n'en reçoivent point; seuls, dis-je, y compris ces braves dont tout le zèle s'applique à épier, d'un œil suraigu, leurs frères militants, à les tuer en la pleine fougue de leur élan. »

Ainsi, le jugement doctrinal du Saint-Siège, condamnant un livre, est un titre d'honneuipour ceux qui ont encouru la condamnation.

Or, sait-on ce qui a confirmé dans ces sentiments M. l'abbé Quiévreux? C'est la lecture du

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nouveau livre de rab))é Klein : Opportunité . Il nous l'apprend en ces termes :

« Cependant, mon ami, vous venez de faire mieux encore ; et^ pour autant que j'en avais besoin, vous m'avez raffermi, non pas dans ma foi essentielle, mais, si j'ose ainsi m' exprimer, dans ma conviction de bonne foi et de ferme conscience et dans mon ardeur pour les luttes au front de bandière. C'est votre « petit livre » comme vous l'appelez, sur l'Opportunité, lequel étant de vous sans être de vous, est l'œuvre de la superbe intelligence et du cœur magnanime qu'est votre nouveau héros, digne en tous points du précédent.

» C'est lui, ce « petit livre » qui a fait cette chose généreuse; et, en particulier, c'est ce discours prononcé, à Rome même, dans l'église du Gesu et qui a pour titre : « L'éducation et i avenir religieux » si beau, si élevé, si hardi, si vibrant, si vital, qui m'a ôté mon dernier doute sur mon œuvre et sur moi-même, sur la pensée fondamentale du paganisme au XIX^ siècle, et sur la pure conscience que j'ai eue en l'écrivant de suivre avant tout, et je puis ajouter exclusivement les sublimes inspirations de Léon XIII. Les défaillances de détail ne me troublent point, une fois l'idée-mère sauvée et triomphante.

» Quoi donc? pour être des vivants, faudrail-il que notre volonté de vivre s'expatriât aux terres lointaines de la libre Amérique? Non! »

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Pour apprécier toute la saveur de ce morceau, il faut se souvenir que ces mots : volonté de vivre, soulignés par l'abbé Quiévreux dans sa letlre à l'abbé Klein, servent de titre au livre dans lequel Tex-abbé Charbonnel prétend juslilier son apostasie.

Dans une très longue et très virulente épitre publiée par la Voix du siècle du 8 août 1901, M^ l'abbé Quiévreux nous répond : « Cette formule fut-elle même empruntée, comme elle l'est de fait, au livre de l'ex-abbé Cbarbonnel... cela dans ma bouche n'a que ce sens-ci que, comme toujours, vous dénaturez encore, à savoir : que, pour échapper à vos coups, ou mieux, à votre rage venimeuse et calomniatrice, pour pouvoir suivre à la lettre les moindres désirs de Léon Xlil, nous en serons bientôt réduits à chercher un asile... aussi loin que possible de vous et des vôtres. »

Telle est l'école qui nous traite de « réfractaires » et dont quelques bonnes âmes admirent encore l'humble docilité aux moindres désirs de Léon XIII !

M. Klein n'est peut-être qu'à demi satisfait des éloges compromettants de l'abbé Quiévreux; mais il les a provoqués lui-même et n'a rien fait depuis pour en corriger les excès.

Si M. l'abbé Klein veut livrer au public les lettres élogieuses qu'il a reçues de quelques personnages ecclésiastiques; nous dou-

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tons qu'il y joig-ne celle qu'on vient de lire.

Nous avons achevé notre tâche en ce qui concerne l'aniéricanisme ou catholicisme libéral des pays anglo-saxons, nous nous attacherons désormais au mouvement analogue dont la France a été le théâtre en ces dernières années. Nous l'étudierons surtout dans le clergé. L'erreur n'est redoutable que lorsqu'elle atteint le clergé ; elle menace alors d'envahir tout le peuple.

Le péril est grand en ce moment, il s'accroît chaque jour. Le meilleur moyen de le conjurer, c'est de dévoiler publiquement les sourdes menées des fauteurs de ce « nouveau catholicisme. »

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