‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 31 sur 61 · SUR LK CLERGÉ FRANÇAIS · texte numérisé non relu

SUR LK CLERGÉ FRANÇAIS

niors siècles. Parodiant une parole célèbre, 1 admirateur de « l'apùtre Paul des temps nou- \eaux » pourrait donc dire qu'à la fin du xix" siècle le monde s'étonna d être américain. D'ailleurs, voici ce qu'il écrit à propos du livre de M. Klein :

« C'est le secret conflit entre la rigueur anéan- (issante du système catholique et la force vive d'un tempérament, d'une personnalité amériline qui fait l'intérêt de la Vie du P. Hecker. :!:»urlout, il est curieux de voir quel sens dégagent de ce livre et quel parti s'efforcent d'en tirer ceux qu'on appelle les américanisants ou les américanistes.

» L'œuvre est sans valeur historique ou littéraire qui s'impose. A peine a-t-elle été remarquée en Amérique. Elle est pour un certain monde, un ésénement en Europe. »

D'où vient ce résultat si disproportionné, en apparence, avec la cause qui le produit ?

« Américains et américanistes, répond M. Charhonnel, ont pris à leur compte, après un ciioix et une atténuation habile, les idées du P. Hecker. De là le tapage pour ou contre l'américanisme. »

On sait quelles sont ces idées.

L'auteur de V Histoire dune Idée en résume liasi la substance :

« En tous cas, les voici [bien condamnées, avec des formes, mais condamnées quand môme, les vieilles vertus passives. Et nous avons été pré-

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venus qu il s'agit de discipline, d'obéissance, de soumission à l'autorité extérieure de l'Église. »

Cette constatation réjouira sans doute les lecteurs protestants de la Revue Chrétienne. Elle cause, en tous cas, à M. Charbonnel une satisfaction qui se traduit en éloges adressés aux introducteurs de la Vie du P. Ilecker.

« Ainsi tout tend, dans la pensée du P. Hecker telle qu'elle a été recueillie par son historien, dans la très éloquente introduction de Mgr Ireland, dans la lettre du cardinal Gibbons et enfin dans la belle préface de M. l'abbé Félix Klein, à un même terme : protester et agir contre les excès de pouvoir, de direction^ d'administration, d'autoritarisme enfin d'une Eglise qui ne serait plus qu'une institution extérieure , et libérer la nature, l'individualité, la conscience, et les vertus naturelles et les vertus actives, la force intérieure de l'àme humaine, qui deviendrait par là même plus religieuse.

« Et cette œuvre s'accomplira par l'inlluence américaine. Ce sera Y américanisme^ importé dans le vieux monde de l'Église latine. M. l'abbé Félix Klein l'annonce avec une foi prophéti(|ue. »

On le voit, toutes les sympathies de l'ex-abbé sont pour l'américanisme et ses partisans, et il se réjouit du trouble profond que les idées américaines ont jeté dans l'Église.

« Cela est grave, poursuit-il. Un mouvement

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