L ENCYCLIQUE AU CLERGE FRANÇAIS
Mgr Isoard s'étend principalement sur le devoir du prêtre quant au choix de ses lectures.
Trop facilement le prêtre se persuade qu'il a besoin de lire les journaux, les brochures les plus en vogue parmi ses paroissiens.
L'erreur consiste à croire que l'on peut lire impunément toute publication que la Sacrée- Congrégation de l'Index n'a pas condamnée. « C'est là, dit Mgr losard, un acte coupable. »
« Défiez-vous, continue le prélat, de ceux qui viennent à vous couverts de peaux de brebis.» Le Saint-Père parle de ces vêtements d'emprunt : « Ils se disent chrétiens et catholiques » ; et nous ajoutons : Ils se disent les seuls interprètes autorisés de la pensée et des désirs du Saint -Père. Défiez-vous. Car, au nom du Saint-Père, en se prévalant de ses exhortations, en répétant sans cesse qu'il voulait qu'on allât au peuple, plusieurs se sont jetés dans une mêlée où leur voix n'a pu se faire entendre, oi^i leurs intentions ont été méconnues, oij, finalement, a été pitoyablement compromis leur caractère sacré. Le Pape a pour eux une parole sévère. De tels procédés, heureusement inconnus parmi nous, sont désormais condamnés. »
La lettre pastorale de Mgr l'évêque de Nancy mérite, elle aussi, une particulière attention, car ce prélat peut être considéréjustement comme l'un de ceux dont les enseignements trouvaient dans la parole pontilicale une éclatante consécration.
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Mgr Turinaz pouvait donc dire avec vérité :
« Vous nous rendrez ce témoignage, messieurs et chers coopérateurs, que nous avons signalé et combattu, dès le principe, les doctrines, les actes et les tendances que vient d'atteindre l'autorité souveraine du Vicaire de Jésus-Christ.
)) Souvent aussi nous nous sommes opposés à des doctrines, à des actes et à des tendances qui sont directement ou indirectement atteints par ces documents, qui ont leur source plus ou moins immédiate dans le naturahsme, et dont les auteurs et les propagateurs ont été, sans exception, les partisans de Y Américanisme.
» Notre conviction est que de nouvelles condamnations frapperaient un jour ou l'autre ceux qui s'obstineraient dans des voies si dangereuses. L'expérience démontre qu'elles ne les ont conduits jusqu'à ce jour, en France et ailleurs, qu'à multiplier les divisions parmi les catholiques, à égarer quelques-uns des apôtres de ces nouveautés et à répandre parmi les ouvriers et les pauvres des utopies et des rêves.
» Ce que nous redoutons surtout, ce ne sont pas des expressions, des mots, quoiqu'ils aient leur importance incontestable ; ce ne sont pas les titres que se donnent certains cathohques, quoique ces titres ne puissent avoir q ue des inconvénients ; ce que nous redoutons surtout, ce sont les doctrines, les actes et les tendances. »
Ainsi, des voix épiscopales ont fait écho à la
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voix du Saint-Pèro, elles ont reconnu la gravité du mal, elles ont dénoncé le péril; il nous reste à voir quels obstacles ont trop souvent empêché l'action efficace du remède.
Il est intéressant de savoir cependant quelle a été l'accueil fait à FEncyelique au clergé français, par Tun des savants protestants qui suivirent avec le plus d'attention le mouvement catholique, et exercèrent la plus incontestable influence, non seulement sur leurs coreligionnaires, mais sur le monde officiel. Nous voulons parler de M. Auguste Sabatier.
M. Auguste Sabatier, alors doyen delà faculté de théologie protestante, la seule théologie qui soit enseignée officiellement en Sorbonne, a cru devoir publier son sentiment sur l'Encyclique aux évèques et au clergé de France.
M. Sabatier s'occupait beaucoup du clergé, il était en relations d'études avec plusieurs exégètes et théologiens de l'école ultra-moderne; il fut surtout le conseiller, le directeur spirituel des prêtres qui prennent le chemin de Sèvres, c'est-à-dire de l'apostasie.
Nous possédons à ce sujet des documents d'un douloureux intérêt, qui ont été pubhés par M. Sabatier lui-même ou avec son agrément, et qui ne laissent point de doute sut la pernicieuse influence que le docteur du protestantisme s'efforçait d'exercer sur certains membres du clergé".