‹ Nouveau Catholicisme et nouveau clergéChapitre 43 sur 61 · TN CATHOLICISME ACCEPTABLE · texte numérisé non relu

TN CATHOLICISME ACCEPTABLE

rinauguralion de la « solidarité » do Rouen ayant trouvé la réunion trop cléricale, ou plutôt trop « pastorale », les organisateurs convoquèrent à une seconde réunion les socialistes les plus militants de la région, et voici la déclaration que l'un d'eux fit en présence de toute l'assemblée : « Je suis ici parce que j'ai confiance dans les auteurs de la Solidarité. Vous me connaissez. J'estime que ceux qui affirment Dieu sont peut-être bien enthousiastes, et que ceux qui le nient sont peut-être bien téméraires. Mais les promoteurs de la Solidarité déclarent qu'ils ne font pas œuvre confessionnelle, et je les crois. Ils annoncent franchement qu'ils donneront des conférences évangéliques, toutefois le Christ qu'ils présenteront est un Christ que nous pouvons accepter. Nous, libres-penseurs, nous disons : justice, vérité, charité ; eux incarnent ces biens suprêmes dans une personne... Nous ne disputerons pas sur les termes... Nous nous rallions au Christ qui n'appartient à aucune Eglise, mais à la société entière et doîit le rayojinement traverse l'humanité. »

Un Christ non confessionnel, un Christ dont la personnalité même n'est plus qu'un symbole, voilà pour le sociaUsme un Christ acceptable.

Jaurès lui-même le déclare dans un article cité par M. Auguste Sabatier :

« L'heure est venue pour la démocratie, non pas de railler ou d'outrager les anciennes

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croyances, mais de chercher ce cju elles 'contiennent de vivant et de vrai. »

On se souvient, en lisant ces lignes, du fameux discours, applaudi par l'abhé Lemire, où Jaurès évoqua « la vieille chanson » qui avail bercé nos pères. Réduire le christianisme à une sorte de mythologie moderne, c'est la tendance commune, consciente ou inconsciente, des concihateurs de tous les partis. Aussi M. Sabatier peut-il écrire :

« C'est une nouveauté assez grande, en France du moins, que de voir sur la même estrade des pasteurs et des socialistes militants, des chrétiens et des athées, essayant de s'unir pour faire le bien et acclamant le nom du Christ, les uns à titre de Rédempteur, les autres, tout au moins, à titre de symbole et à cause de son martyre. »

Nous proposons ces lignes aux méditations de M. l'abbé Garnier, qui se réjouit parfois d'avoir fait acclamer Jésus-Christ dans des réunions socialistes. Outre que M. l'abbé Garnier se fait souvent illusion au point de ne pas entendre les blasphèmes qui se mêlent à ces acclamations, il verra que les sociahstes n'ont pas besoin de sa présence et qu'ils font tout aussi volontiers écho à des pasteurs, quand ceux-ci leur présentent un Christ acceptable, un Christ non confessionnel.

Il y a là un danger pour la foi. Quelques-uns, môme parmi les protestants, le comprennent;

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