LE INTEL
tater définitivement qu'elles sont de même nature, parfaitement égales , très également équilibrées , également effilées, et que les épées ne sont ni tranchantes, ni ébréchées; les armes sont remises aux champions.
Art. 9. — L'insulté a le privilège de se servir de ses armes s'il est dans le cas de Tarticle 30 du !•' chapitre; toutefois, ces armes doivent avoir été remises par avance aux témoins, reconnues propres au combat, acceptées et apportées par eux sur le terrain.
Art. 10. — Les gants d'armes sont de convention réciproque ; nul ne peut prétendre imposer cette convention ; un gant ordinaire ou un gant d'ordonnance est toujours permis.
Dans le cas contraire, les témoins adversaires sont en droit d'en exiger la suppression.
Art. 11. — Chaque combattant a le droit de fixer son épée à la main au moyen d*une dragonne ou d'un cordon dont les extrémités ne doivent point pendre.
Dans le cas contraire, les témoins adversaires sont en droit d'en exiger la suppression.
Art. 12. — Après la remise des armes, les témoins, armés chacun d'une épée ou de préférence d'une forte canne dont ils tiennent la pointe ou le bout baissé, se rangent de chaque côté des combattants, de manière à ce que chaque champion ait auprès de lui un témoin adversaire.
Ils doivent observer attentivement^ et se tenir prêts à arrêter, s'ils remarquent la moindre irrégularité dans le combat. {Voir art. 40, cliap. IV.)
Art. 13. — Tout le monde élant à son poste, le témoin désigné donne le signal : < Allez ! »
Art. 14. — Si, avant le commandement, les épées se sont rapprochées ou jointes par l'initiative des combattants, les témoins doivent les faire arrêter, les faire rompre, réprimander celui qui s'est avancé le premier et faire recommencer le combat suivant les règles.
Art. 15. — Les règles du combat permettent de se baisser, se soulever, se jeter à droite ou à gauche, en avant, rompre, en un mot toute évolution autour de l'adversaire.
Art. 16. — Dans le duel à l'épée, il est expressément défendu de détourner le fer avec la main gauche, à moins d'une convention expresse à cet égard.
Les témoins feront bien d'éviter d'accéder à une pareille convention, laquelle pourra toujours être refusée par l'agresseur.
Art. 17. — En cas de contravention de la part d'un champion au précédent article, les témoins adversaires peuvent exiger que la main du contrevenant soit attachée de manière à ce que cette irrégularité ne puisse se renouveler.
Il est également défendu de changer Tépée de main pendant le combat, à moins d'une convention
*\bt LE DUEL
expresse insérée dans le procès-verbal (I'* partie). Cette convention ne peut jamais être imposée. (Voir notes surTart. 17.)
Art. 18. — C*est une action blâmable, contraire aux règles de ce duel; de frapper son adversaire, s*il est désarmé, s'il a fait une chute, s'il est à terre ; de lui saisir la main ou le corps.
Art. 19. — Un combattant est regardé comme désarmé, lorsque son épée est visiblement sortie de la main, ou s*eh est échappée.
Art. âO. — Lorsqu'un des combattants se déclare blessé, ou qu'un témoin quelconque s'en aperçoit, il doit arrêter immédiatement le combat.
Le combat ne peut recommencer qu'avec le consentement du blessé. Ce consentement étant affirmé par les témoins, celui qui dirige le duel donne le commandement suivant : « Messieurs, en garde ! » et ensuite, le commandement : « Allez! » (Voir chap. IV, Devoirs des témoins.)
Art. 21. — Si après le combat arrêté le blessé continuait à se battre ou se jetait sur son adversaire, tous les témoins doivent l'arrêter de nouveau, et ses témoins principalement doivent le réprimander.
Si après le combat arrêté, et une blessure déclarée, le champion non blessé se jetait sur son adversaire, tous les témoins doivent l'arrêter, dresser procès- verbal, car il est considéré comme ayant violé les règles du duel.
Art. 25, — Si dans les cas précités, ou voyant la fatigue des champions, Tun des témoins lève la canne ou Tèpée, ce signe indique de sa part le désir d'arrêter. Dans ce cas, celui qui dirige le duel ou son collègue, si le signal ne vient pas de leur côté, ou sll en est autrement, tous autres témoins de la partie adverse peuvent crier : « Arrêtez! •
Les combattants doivent rompre aussitôt et se tenir m irarde, mémo si l'un d'eux croit avoir blessé son adversaire jusqu'à l'avis contraire des témoins.
Art, 23, — Si l'un des combattants est tué ou blessé contrairement aux règles du duel ou aux conventions établies, les témoins doivent dresser procèsverbal et se conformer sans délai aux prescriptions des articles 40 et 41 du chapitre IV.
Ot article essentiel est obligatoire pour tous les duek.
OBSERVATIONS l'article V\
Les conventions du duel ayant été établies de manière à éviter toutes difficultés sur le terrain, il est naturel d'interdire toute conversation entre lesadver- SÉiires ii ce moment suprême.
D'abord celte conversation est inutile et peut même amener de graves inconvénients.
Elle est inutile, car les champions s'accorde-
raient-ils pour modifier les conventions, leur décision devrait être soumise à la discussion des témoias et regardée par eux comme nulle et non avenue.
Elle peut amener de graves inconvénients, celui par exemple d'une altercation qui serait, indépendamment de ses conséquences pour envenimer l'affaire^ tout au moins, des plus inconvenantes.
Arrivés sur le terrain, les adversaires doivent se saluer courtoisement, ainsi que leurs témoins respectifs, garder le silence, et conserver toujours cette attitude pleine de dignité qui dénote l'homme aussi brave que bien élevé.
Nous disons toujours, car, pendant le combat, les adversaires doivent s'abstenir de cris , exclamations, etc., de mauvais goût.
Il est au contraire de suprême bon goût de voir un champion interpellé par ses témoins s'il consent à s'arrêter, s'incliner et répondre qu'il est à la disposition de son adversaire.
La courtoisie est toujours de meilleure mise dans les affaires d'honneur.
SÛR l'auticle y.
Dans les duels à l'arme blanche, comme dans tous les duels, d'ailleurs, le choix du terrain est de grande importance.
Le terrain doit être choisi sur une surface plane, aussi égale que possible, assez spacieuse pour permettre aux combattants d'effectuer toutes les évolutions permises dans ce genre de combat. >
CODE DU Dr EL 3r>
Où doit éviter tout terrain encaissé, borné par des élévations ou obstacles de nature à produire des chutes, des faux pas, ou h permettre aux adversaires de s'acculer mutuellement.
Un terrain d'une largeur de quatre à cinq jnétre^ permet les voltes et évolutions ; d'autre part, . si chaque champion trouve derrière lui une longueur de dix à quinze mètres pour rompre, il semble que ïac* culement doive être évité. Il n'en est point toujours ainsi. Nous n'avions pas examiné cette que.^tionV parce que nous pensions et pensons encore aujourr d'hui quen cas à'aceuloment l'obligation plus ou moins juste t de rendre le terrain conquis > ne peut être invoquée qu'en verlu d'une convention ex-r presse insérée dans le procès- verbal. En aucun cas cette convention ne peut être imposée.
Dans la pratique, cette convention peut donner prise à la mauvaise foi. Que penser d'un champion qui profiterait de l'exiguïté du terrain pour arriver à diverses reprises à l'acculement ?
Que penser de tel autre qui, mettant à. profit la générosité du terrain, prolongerait le combat- en rompant indéfiniment?
Il appartient aux témoins de réprimer semblable abus en traçant derrière chaque combattant, et à distance raisonnable, une ligne qui ne devrait pas être dépassée. Le délinquant encourrait une insertion sévèrement motivée au procès- verbal .
L'ampleur du terrain doit être telle que les témoins placés sur une ligne et sur le côté puissent se trouver toujours a une distance de deux mèttres au