‹ Nouveau code du duel: histoire, législation, droit contemporainChapitre 10 sur 25 · DE LA NATURE DES ARMES · texte numérisé non relu

DE LA NATURE DES ARMES

Art. 1*'. — L*usage admet trois sortes d'armes légales :

Vépée.

Le sabre.

Le pistolet.

Art. 2. — Toute autre arme est de convention, et peut être refusée, même par Tagresseur, comme appartenant à la catégorie des duels exceptionnels.

Art. 3. — Les armes doivent être déclarées propres à servir au duel. Les témoins ont Tattribulion de leur reconnaître cette qualité.

OBSERVATIONS

SUR l'article !•'.

Le duel étant hors la loi, aucune de ses règles ne peut avoir le caractère de légalité dans l'acception ordinaire de ce mot. L'usage, la coutume, consacrés

et acceptés par Topinion publique, donnent seuls force de loi aux prescriptions relatives au duel, c*est donc dans ce sens purement relatif et restreint que l'on doit interpréter la qualification donnée par l'article 1".

SUR l'article 2.

Certaines personnes voudraient accorder le droit de refuser le duel au sabre à l'agresseur, à condition qu'il soit officier en retraite et qu'il ne soit pas propre à s'en servir. Pourquoi pas également Tépée? Pourquoi ce droit ne serait-il pas également accordé à un officier mutilé, blessé, ou même à un civil, qui se trouveraient dans le même cas?

Nous n'avons pas cru devoir établir d'exception.

Les cas exceptionnels sont soumis à l'appréciation des témoins, lesquels, sous leur propre responsabilité, les jugent en conformité dealois de la justice et de l'humanité.

D'autres voudraient accorder le môme droit à l'agresseur, s'il est dans le civil. Cette proposition pouvait être plausible il y a quelques années, mais aujourd'hui toute la nation est armée. Les carrières administratives elles-mcraes et la magistrature fournissent des officiers à l'armée de réserve.

Il est évident que des individus appartenant soit

à la réserve, soit à l'armée territoriale, ne sauraient

refuser le sabre, qui ésL leur arme professionnelle

. lorsqu'ils sont sous les drapeaux, en alléguant qu'ils

sont dans le civil.

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En parlant de l'armée en général, ou de la nation armée, nous visons évidemment c Tinfanterie », qui constitue la base essentielle et la principale force numérique de l'élément militaire. (Voir p. 365 : Duel au sabre.)

Notre divergence avec le code Ghateauvillard, sur ce sujet, s'explique par la différence des époques et des institutions. Ainsi, le code Ghateauvillard paraissait en 1836, sous l'empire de la loi militaire de 1832, service militaire restreint. Le Nouveau Code du duel était publié en 1879, sous l'empire de la loi militaire de 1872, service militaire obligatoire pour tous.

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