II. Anévrismes de l'aorte
Ou les distingue suivant qu'ils occupent l'aorte ascendante ou l'aorte descendante.
ANÉVRISMES DE L'AORTE ASCENDANTE. — Dilatation partielle ou générale, avec ou sans rupture des membranes du vaisseau. La maladie estintra ou extrapéricardique. Dans le premier cas, la tumeur anévrismale est peu volumineuse; et bien qu'elle cause ordinairement la mort subite, elle ne se révèle par aucun phénomène spécial pendant la vie.
Les anévrismes extrapéricardiques sont vrais ou faux, c'està-dire avec simple dilatation ou avec rupture des membranes interne et moyenne. Ils présentent les phénomènes généraux des anévrismes cardiaques ; on note une douleur qui s'irradierait dans les nerfs du cou, de l'épaule, du bras, etqui simulerait celle de l'angine de poitrine ; un bruit de souffle, de frémissement; l'absence du bruit respiratoire dans un point plus ou moins étendu de la poitrine ; de la toux, l'irrégularité du pouls, des éLourdissements, de l'anxiété, etc. Mais ces signes n'ont rien de certain; le seul qui soit pathognomonique, c'est la saillie que fait la tumeur à l'extérieur en repoussant et en usant les os de la poitrine, tumeur circonscrite, fluctuante, réductible, avec des battements isochrones au pouls.
Pronostic fatal ; terminaison ordinaire par rupture du sac anévrismal, après une durée qui peut varier beaucoup.
Traitement. — Saignées abondantes et répétées. Les auteurs ne s'accordent pas sur la question de savoir s'il faut les pousser jusqu'à la syncope, dans le but de favoriser la formation des caillots. La métbode de Valsalva et d'Albertini est indiquée ici aussi bien que dans l'anévrisme du cœur. — Après les évacuations sanguines, l'acétate de plomb mérite le plus de confiance : 15 à 20 centigrammes par jour. Lacnnec le donnait jusqu'à la dose de 80 centigrammes, pendant un, deux ou trois mois : » il m'a paru souvent utile, dit-il, mais je no l'ai jamais trouvé héroïque. » — La digitale est, également recommander- ; selon Hope, elle favorise au plus haut degré la
formation des caillots. — Les purgatifs, les diurétiques, les
calmants, etc., constituent des moyens secondaires.
Compresse d'eau blanche sur la tumeur ; applications de vessies remplies de glace; légère compression, etc. — Repos, régime doux, ventre libre.
ANÉVPJSMES DE L'AORTE DESCENDANTE. — Us sont le plus souvent méconnus, à moins que la tumeur ne se fasse sentir ou apercevoir quelque part, du coté du ventre ou de la poitrine, où elle trouble quelque fonction importante. Maladie d'ailleurs rare, dont le traitement est le même que celui qui vient d'être exposé.
angine. — Autrefois on désignait par ce mot générique, qui vient à'angere, étrangler, tout mal de gorge avec difficulté d'avaler. Le vague de sa signification l'a fait abandonner, en tant que Rappliquant à une maladie déterminée ; mais étant suivi d'une épithète qualificative du siège ou de la nature de l'affection, il est encore d'un emploi très fréquent , comme dans ces mots : angine gutturale, angine tonsillaire , angine couenneuse , angine gangreneuse, angine pultacée, etc.
ANGINE GUTTURALE. Pharyngite, angine catarrhale ; angine phartjngée.— Inflammation de la membrane muqueuse du fond de la gorge et des parties environnantes. Cette affection, aussi fréquente qu'elle est généralement légère, se montre aiguë ou chronique.
Causes. — Elles ne diffèrent pas pour ainsi dire de celles de l'amygdalite. (V. ce mot.) La pharyngite catarrhale naît ordinairement sous l'influence des conditions atmosphériques qui président au développement des affections catarrho -rhumatismales, érysipélateuses, etc., avec lesquelles elle a une grande analogie quant à son siège superficiel et mobile, à son peu de tendance vers la suppuration, et au peu d'efficacité qu'ont Les ('missions sanguines contre elle.
Symptômes. — La maladie débute par une géne douloureuse à l'isthme du gosier; quelquefois par des frissonnements, un sentiment de courbature et de la fièvre. Dans ce
dernier cas , il y a le plus souvent amygdalite en môme temps. La douleur se fait surtout sentir pendant la déglutition, qui est sollicitée fréquemment par un afflux de mucus et de salive épaisse, lequel est précédé cependant d'un état de sécheresse et de rougeur de la muqueuse. Les boissons sont quelquefois rejetées par les fosses nasales. La luette paraît épaissie, ainsi que le voile du palais et les tonsilles ; souvent la première, allongée, titille désagréablement la base de la langue et provoque des nausées et des vomissements que l'on peut rapporter à un embarras gastrique, que semblent accuser d'ailleurs l'état limoneux de la langue, la fétidité de l'haleine. Rarement la maladie s'accompagne de fièvre , à moins de complication.
Terminaison. — Elle a presque constamment lieu par résolution au boutde trois à huit jours, selon l'intensité. La suppuration se voit très rarement. Nous en dirons autant de la gangrène, comme terminaison de l'inflammation, car nous verrons au contraire la fréquence de l'angine gangréneuse primitive chez les enfants. L'état chronique peut succéder à l'aigu , mais le plus souvent il est primitif, se liant dans bon nombre de cas à une diathèse dartreuse, rhumatismale ou syphilitique.
Traitement. — Dans les cas légers, des gargarismes émollients, des bains de pieds excitants, des précautions contre le froid suffisent. Suivant M. Velpeau, l'alun, employé dès le début, arrête les symptômes et fait avorter la maladie : on l'applique en poudre à l'aide du doigt préalablement mouillé ou de l'insufflation; en solution il a moins d'action.
Plus intense, la maladie réclame la saignée ou les sangsues au cou ; ces moyens néanmoins sont peu efficaces, à moins d'être employés largement, et vraiment il est rare que cela en vaille la peine. Les gargarismes seront émollients dans la période aiguë, astringents sur la fin. Les vomitifs et les purgatifs sont conseillés par les auteurs dans l'angine bilieuse, dans les cas compliqués d'un état saburral.
La pharyngite chronique réclame les topiques astringents, les révulsifs externes et internes, les précautions hygiéniques. Lorsque la muqueuse pharyngienne présente un état
papuleux, dû à une sorte d'hypertrophie des glandules mucipares, la maladie est rebelle et ne cède généralement quà Ls cautérisations répétées à l'aide d'une solu bon de nitrate d'argent. On devra aussi avoir égard à l'état drathesique de, individus.
Gargarismes êmollients.
(V. ce mot au Dut. thér.) Gargarismes astringents.
(V. au mot Amygdalite).
Autre.
lu fus. de roses rouges, Miel rosat,
250 grain,
Autre.
2 £jram.
Pour rétablir le ton de la luette et des amygdales après l'inflammation; contre la salivation mercurielle.
Solution caustique.
Eau distillée, 30 grain.
Nitrate d'argent orist, 1 à 4
Cautériser la muqueuse pharyngienne à l'aide d'un fragment d'épongé fixé à l'extrémité d'une tige suffisamment longue et préalablement imbibé de. cette solution .
Alun,
Tannin, Miel rosat, Eau distillée, Eau de roses,
ANGINE PULTACÉE. Pharyngite et angine caséiforme, maliqne, inflammation de la muqueuse pharyngienne, survenant comme affection secondaire dans le cours de la scarlatine et remarquable par une exsudation épaisse, d un blanc mat ou sale, qui recouvre les amygdales et les parties
voisines. ,
Causes Ainsi qu'il vient d'être dit, la maladie se mam feste presque toujours dans le cours d'une fièvre erupUve, ' nncipalement dans la scarlatine de forme endémique et régnant dans une saison humide et froide.
Symptômes.- C'est d'abord un mal de gorge et de la gene de la déglutition qui se manifestent, d'une manière plus ou moins insidieuse, dans le cours d'une maladie éruptive quel- "X alz obscure. Une rougeur vive, du gonflement, se In ent bientôt, puis apparaît l'exsudation puisée, qui , Lue de rayer avec l'ongle ou un stylet mousse, et qui s'étend aux fosses nasales et dans les voies dtgestives plutôt eu.- clans les respiratoires. En même temps, engorgement det ganglls cervicaux, Haleine fétide , déglutition dé plus en ntus difficile, rejet des boissons par le nez, altération de la
voix; dyspnée gutturale et non laryngienne comme clans le croup ; fièvre, troubles de l'innervation.
Durée, pronostic. — La durée est courte lorsque la maladie se termine par la mort, qui survient par les progrès de la suffocation ou de la maladie principale. Pronostic grave, quoique moins fâcheux que dans l'angine couenneuse.
Traitement. — Il y a à considérer les moyens locaux et ceux qui s'adressent à la maladie primitive. — 1" Topiques. Les astringents, les acides et les excitants seront employés sans retard sous forme de gargarismes ou de collutoires, Quand l'inflammation est très violente, il convient d'appliquer des sangsues à la base de la mâchoire, quelquefois même de pratiquer une saignée. — 2° Le traitement général est aussi très important, car le danger provient moins de l'angine que de la gravité de la maladie éruptive. Pour ce sujet nous renvoyons le lecteur au mot scarlatine, où l'on verra conseiller le quinquina, les toniques, contre l'adynamie et les signes de putridité, les potions et lavements camphrés contre l'ataxie, etc.
Gargarismes astringents. I Eau commune, 120
(V. le formulaire ci-dessus et les art. Angine couenneuse, A.