IV. Labïngite
aphthes. Stomatite follkutcuse , vésiculo-ulcéreuse. -
Inflammation des follicules mucipares de la muqueuse buccale, caractérisée par un développement de petites vésicules suivies d'ulcérations.
Couses. — L'enfance prédispose à cette maladie, qui, néanmoins, se montre très fréquemment aussi chez les adultes. Une constitution molle, lymphatique, les saisons froides et humides, la grossesse, l'état puerpéral, etc. , constituent encore des prédispositions. Quant aux causes occasionnelles, ce sont les auments âcres, les salaisons, l'irritation du canal intestinal, et, avouons-le, des influences le plus souvent inconnues.
Symptômes. — Les aphthcs sont quelquefois précédés de légers symptômes généraux se rattachant ordinairement au trouble des fonctions digestives; très souvent aussi ils apparaissent d'emblée. On voit apparaître à la face interne de la lèvre intérieure, sur les bords de la langue, sur la face interne des joues, une ou plusieurs élévations rouges au milieu desquelles se présente bientôt un petit point blanc. Cepointn'est autre chose qu'une vésicule, qui s'élargit, s'ulcère et laisse sortirde sonpertuis central une matière blanchâtre puriforme. C'est alors une petite ulcération arrondie , douloureuse, environnée d'une aréole inflammatoire, qui, parfois chez les enfants, se couvre d'une matière crémeuse, mais dont la guérison est ordinairement prompte.
Ce que nous venons de dire se rapporte aux aphthes discrets qui, le plus souvent, restent bornés à la bouche et à l'œsophage, et s'accompagnent tout au plus d'inappétence, de soif, de diarrhée légère ou de constipation. — Les aphthes confluents débutent par des phénomènes généraux plus marqués; la fièvre devient continue, symptomatique de l'éruption, qui s'étend alors dans tout le canal intestinal et simule assez bien, dans la bouche, l'éruption varioleuse. Mais cette affection se montre rarement en France.
Diagnostic— Il est ordinairement facile; cependant si l'on craignait de se méprendre, nous rappellerions les caractères principaux des diverses inflammations buccales : I" aphthes discrets : éruption vésiculo pustuleuse, puis ulcérations arrondies, visibles, peu profondes; 2° muguet : apparition de
points caséeux, exsudation crémeuse, ulcérations profondes résultant du ramollissement des tissus; 3° stomatite ulcéreuse : rougeur diffuse , intéressant rapidement une grande épaisseur des parties molles; 4" stomatite couenneuse : plaques pseudo-membraneuses caractéristiques, recouvrant des ulcérations irrégulières.
Pronostic — Favorable dans les cas discrets; grave dans l'éruption confluente.
Traitement. — Les aphthes discrets constituent une maladie si légère que , le plus souvent, on les abandonne aux efforts de la nature. Les moyens thérapeutiques consistent dans des gargarismes adoucissants ou légèrement acidulés (eau d'orge, de guimauve ou de figues grasses, additionnée de miel, de sirop de mûres ou de miel rosat, etc.). Lorsqu'il y a de vives douleurs, on y ajoute 5 à 10 centigrammes d'extrait d'opium ou 25 à 30 gouttes de laudanum. L'alun, le borax en gargarisme , ont leur utilité, comme dans les stomatites; mais les cautérisations avec l'acide bydrochlorique, le nitrate d'argent, constituent les moyens les plus efficaces pour hâter la cicatrisation des ulcérations légères. — La médication interne est pour ainsi dire nulle; cependant un laxatif ou un éméto-cathartique peut être indiqué quelquefois. Boissons douces ou acidulés, régime doux.
Il n'en serait pas de même dans les aphthes confluents où les moyens généraux devraient être considérés comme les plus importants. On aurait recours, suivant les indications, soit aux antiphlogistiques, soit aux toniques ou aux évacuants, etc. Guersant conseille de promener sur les ulcérations, à l'aide d'un pinceau de charpie, le mucilage de pépins de coing pur ou additionné de quelques gouttes de laudanum.
Gargarisme* et collutoires.
(V. Amygdalite, Muguet, Stomatite, Akgike.)
Miel rosat, « P»*t.
Teinture de myrrhe, 1
Toucher les aphthes mec un pluinnsseau imbibe1 (lu liquide.
I iqueur contre les niihtnes
(Swédifiur). Mélange caustique.
Borax en poudre, J part. Acide hydrochlorique, 1 pmrtj
Eau de roses,
4 I Miel
Autre.
Nitrate d'argent, 1 gram. I Eau distillée, 15 gram.
apoplexie. — Expression générique qui désigne toute hemorrhagie subite s'opérant dans l'intérieur des tissus organiques, mais qui ne s'appliquait autrefois qu'à celle du cerveau, dont les caractères essentiels sont la perte instantanée du sentiment et du mouvement.- Le mot apoplexie sert encore a désigner des maladies cérébrales bien différentes de l'hemorrhagie sous le rapport des lésions anatomiques mais qui s en rapprochent par leurs effets : telles sont les apoplexies dites séreuse et nerveuse.
Examinons tour-à-tour les apoplexies des centres nerveux et celles des autres organes.
Apoplexies des centres nerveux.
Il faut les distinguer suivant qu'elles affectent le cerveau la moelle épinière et les méninges, et suivant leur nature hémorrhagique, nerveuse ou séreuse.
APOPLEXIE CÉRÉBRALE SANGUINE. Congestion ou hypéremie cérébrale, coup de sang, hémorrhagie cérébrale , selon le degré. — Accumulation de sang dans l'encéphale sans rupture des parois vasculaires (congestion ou hyperômie) ou épanchement sanguin dans la pulpe cérébrale, survenant plus ou moins promptement, et déterminant une perte plus ou moins complète de l'intelligence, du sentiment et du mouvement, sans que la respiration et la circulation soient suspendues. — Ainsi qu'on le voit, nous réunissons dans un seul et même article la congestion et Y apoplexie proprement dite.
Causes. — On les distingue en prédisposantes et en occasionnelles. Les premières sont l'âge avancé, le sexe masculin, le tempérament sanguin, la brièveté du cou (quoique Rochoux ait écrit qu'aucun signe extérieur appréciable aux sens ne peut indiquer la disposition à l'apoplexie); ce sont encore les saisons très froides ou très chaudes, l'hypertrophie du cœur, 1 hérédité, etc. — Les causes occasionnelles consistent dans
une alimentation excitante, les écarts de régime, l'abus des alcooliques, l'insolation, les grands efforts de mouvemen de vomissement, de défécation, de parturition , la jo.c ou la colère excessive; les coups ou chutes sur la tete; les ^suppressions de flux habituels, les répercussion d exanthèmes les métastases; la constriction du cou par la cravate i« affections chroniques du cerveau et l'ossification de se, ai-
tcrcs etc.
Symptômes. -mMS allons passer rapidement en revue ceux de la congestion et ceux de l'hémorrhagie.
lo Congestion. Elle est sans paralysie ou avec suspension du mouvement. Dans le premier cas, légers étourdissements, embarras dans la tête, tendance au sommeil, etc., se manifestant à des intervalles plus ou moins éloignes; ou bien debut plus prompt, avec éblouissements, Muettes, tintements d'oreilles, vue trouble, vertiges, face colorée, céphalalgie, faiblesse des mouvements musculaires, etc., avec conservation de l'intelligence. -Dans le second cas (congestion plus intense) il se manifeste soit subitement, soit après e bebut des symptômes ci-dessus, une paralysie [hémiplégie) de courte durée avec perte de connaissance au moment du coup de |
Hêmorrhagie cérébrale (apoplexie proprement dite). Elle est précédée des phénomènes caractéristiques de la congestion, ou plus souvent se manifeste d'une manière subite Elle offre divers degrés : 1" apoplexie légère : étourchssement violent, chute, perte de connaissance incomplète; ou b,en le malade peut continuer à marcher en traînant une .jambe paralysée' 2o apoplexie de médiocre intensité : perte de connaissance avec paralysie partielle ; celle-ci persiste tan, s que la première se dissipe après un temps variable, en gcnCrffl S apoplexie' violente : attaque subite avec perte du sentiment, de l'intelligence et du mouvement. Cet état peut Z Songer vingt-quatre heures et même deux ou In» jouj ans uela connaissance revienne, et se terminer ensm
1- morf 4" apoplexie fond rouante : le malade tombe et W ^n— ou bien quelques vl'rs^e manifestent pour cesser promptemen» et fa nv place
a Ja
PATHOLOGIE INTERNE. 155 résolution complète. Respiration embarrassée, stertoreuse; sommeil profond avec ronflement ; souvent du san- est rendu parla bouche et le nez; la paralysie est étendue aux muscles de la face, de la langue, du pharynx et du larynxles pupilles sont dilatées; parfois il y a strabisme, etc. La' mort arrive au bout d'un temps qui peut être moindre de cinq minutes.
Les symptômes de l'apoplexie présentent une foule de modifications relatives à leur association, à leur intensité, suivant le siège, lanature et l'étendue de la lésion cérébrale, ^paralysie du mouvement occupe le plus souvent une moitié du corps le bras et la jambe d'un coté [hémiplégie), du côté opposé au siège de la lésion, ce qui s'explique par l'entrecroisement des colonnes antérieures de la moelle épinière. La paralysie de la face coïncide avec celle des membres, s'accusant par 1 abaissement de la commissure labiale, le relâchement des traits, quelquefois l'abaissement de la paupière supérieurea langue se montre ordinairement déviée lorsque le malade a tire hors de la bouche ; sa pointe se porte du côté paralyse, parce que le muscle génioglosse du côté opposé qui n est pas privé de mouvement, ne trouve pas d'antagonisme lorsqu'il pousse cet organe en avant : du moins telle est la seule explication admissible de ce fait. Rarement la paralysie est limitée à un bras, à une jambe ou à la langue, etc • elle peut être générale au contraire, mais ce cas est mortel - Quant a la paralysie de la sensibilité [anesthésie] elle n'est pas en rapport avec l'altération du mouvement. Le trouble des sens ne peut être exactement apprécié; mais il n'en est pas de même de la parole, qui est plus ou moins difficile ou impossible ; du pouls, qui, bien que variable, conserve souvent sa fréquence, son ampleur et sa régularité normales ; de la face qui est indifféremment rouge ou pâle, etc.
On a fait de grands efforts pour déterminer, d'après les symptômes, le siège de l'êpanchement. Il est acquis que presque toujours la paralysie existe du côté opposé à l'hémisphère où réside la lésion; que la paralysie des deux côtés prouve l'existence d'un foyer apoplectique dans chacun des hémisphères, ou une lésion étendue soit dans le lobe mfrlim
soit au centre du mésocéphale. Selon que le bras ou la jambe
le Vos paralysé, dans l'hémiplégie, on est Wser d'après les notions physiologiques, que ce sont es cou ]c s optiques ou les corps striés qui sont le plus endomm fé Suivant M. Bouillaud, l'apoplexie du lobe antérieur du ce veau donnerait lieu plus particulièrement à la perte de la «rôle- l'apoplexie du cervelet donnerait lieu a érection du én à un trouble profond de la respiration à l'amauros * lu coma; celle de la protubérance annulaire causerait une paralysie générale, la mort en peu de temps.
Marche durée, pronostic. - La congestion cérébrale a v i marche tantô lente, tantôt rapide; elle se termme beu- ZZlZ même lorsqu'il y a eu de la P^™J£ fluence d'une ou deux saignées. -Un en est pas de même l hLorrhagie, dont le pronostic est généralement grave r ou die tue dans les premiers jours, les premiers instant, m me ou elle la1Sse des traces qui sont lentes à disparai , X que paralysie hémiplégique, affaiblissement de 1 mtellence de lamémoire, outre qu'il reste encore chez les malades une grande prédisposition à une nouvelle néral le pronostic est d'autant plus grave que la perte de ^ilnce dure plus longtemps, et les cas ^ V us lege s
sont ceux où a^P^ ™ -nir de la nn'nnrès une amélioration passagui un
^S3o«.fW*». parce que !a déchirure du cerveau sans cesse en augmentant. »
mnanostic - Peuvent quelquefois en imposer pour une Z c V vrcssc l'asphyxie, le narcotisme, l'épilepsie, 1
fièvre pernicieuse c, sur.
tout ramollissement du cerveau. (V. ces mots.)
TRMTEMEKT.-ÏU pour but de combattre l'attaque, les
PATHOLOGIE INTERNE. 157 ■symptômes consécutifs, les résultats de l'attaque, enfin de r ire connaître les moyens prophylactiques. — 1° Attaque S d"-née générale large et répétée suivant le besoin ; sangsues \ Y nus ou au cou ; ventouses scarifiées, etc. En même temps Applications réfrigérantes sur la tète, et irritantes aux extrémités isinapismes, vésicatoires). Les purgatifs sont générale ment approuvés: il n'en est pas de même des émétiques, ,algré l'autorité de Laennec II va sans dire qu'il faut s'em-
ma
presser de débarrasser le malade de ses vêtements, de toute compression; le coucher de manière qu'il ait la tète nue et élevée : lui éviter tout mouvement. , toute cause d'excitation , etc. ,
oo symptômes consécutifs à l'attaque. - - Si maigre ton* les moyens employés, l'état du malade va toujours en s'agoravanl il faut insister sur les moyens qui ont ete diriges contre l'attaque, et alors, après les saignées, la médication dont on fait le plus grand usage est celle qui consiste a opérer une dérivation sur le tube digestif à l'aide de purgatifs assez énergiques, et à activer la circulation des extrémités par les topiques irritants. - Ici peuvent se présenter les mêmes indications que dans le ramollissement.
3o Résultats. Paralysie. - Ce n'est qu'au bout d'un temps assez Ions, lorsqu'on suppose l'épanchement résorbe, la déchirure cérébrale cicatrisée, qu'il est permis de regarder la paralysie comme un phénomème spécial réclamant un traitement à part. Celui-ci consiste dans les stimulants internes et externes (mélisse, menthe, potions éthérées et surtout arnica, noix vomique et strychnine). (V. Paralysie.) Aux malades pâles, anémiques, débilités, on donne les amers (fumeterre, petite centaurée, quinquina).
On a recours aux frictions excitantes, à l'électricité, aux douches sulfureuses, etc.
4" Prophylaxie. — Dorénavant le malade devra se soumettre à un régime doux, sévère, à un exercice modéré, aux lois d'une hygiène bien ordonnée. Pas de vêtements serrés, 'd'efforts musculaires, de travaux intellectuels prolongés, d'émotions vives. Tl devra se tenir le ventre libre, éviter le froid et le chaud intenses: s'appliquer de temps en temps quelques
NOUVEAU COMPENÛIUM.
sangsues à l'anus suivant le besoin. Rappeler les flux supprimés , etc.
Mélange ammoniacal (Gavarret).
Ammoniaque, 25 gout.
Eau corn. 1/2 verre.
Faire prendre au moment de l'attaque. Peu de temps après renouveler cette dose ; puis, lorsque le malade a recouvré sa connaissance, lui faire prendre tontes les heures :
Ammoniaque, 5 gout.
Eau commune, 1/2 verre.
Lacement émétisé, Emétique, 15 à 40 cent.
Infusion d'arnica, 375 gram.
Apoplexie; affections comateuses.
Lavement stimulant.
Infusion d'arnica, 375 gram.
Sel de cuisine, 15 à 30
Paralysie ; apoplexie.
Pilules de noix vomi'jue (Magendie).
Extrait aie. de noix vora. , 4 gram.
Poudre de guimauve, q. s.
F. s. a. 36 pilules. — Une par jour ; puis une de plus tous les autres jours jusqu'à la do.>e de 9 à 10.
Pilules de strychnine (Magendie); Strychnine pure, 0,10 cent.
Conserve de roses, 2 gram.
F. 24 pilules. — Une le matin, puis une matin et soir; augmenter d'une pilule tous les trois ou quatre jours jusqu'à ce qu'on en prenne 5 ou 6 .
(V. Paralysie.)
APOPLEXIE NERVEUSE. — On a rencontré des cas où tous les symptômes de l'hémorrhagie cérébrale se sont montrés pendant la vie, sans qu'après la mort on ait découvert la moindre trace d epanchement dans le cerveau. Sans doute, ces cas sont extrêmement rares ; mais il n'est pas permis de douter de leur existence. Comment les expliquer ! M. Valleix, qui semble ne supposer à ces symptômes d'autre cause que l'épancliement sanguin, déclare que nous devons reconnaître notre ignorance sur ce point, et attendre que de nouveaux faits viennent nous éclairer, si la chose est possible. Suivant M. Gendrin, « U peut exister des lésions encéphaliques consistant dans des modifications de la circulation cérébrale de la nature des congestions, ou dans des changements dans la quantité du fluide céphalo-rachidien, qui peuvent déterminer la suspension définitive des fonctions cérébrales, et cependant ne pas atteindre le degré auquel elles sont appréciables à l'ouverture des cadavres. Ces lésions encéphaliques, ne constituant pas des altérations matérielles de texture, peuvent '•tre modifiées de manière à cesser d'être appréciables pour
PATHOLOGIE INTERNE. 159 l'anatomiste, soit dans la fin de la vie, soit peu de temps après la mort. »
Nous croyons aussi qu'on peut admettre un trouble pro fond de l'innervation, une sorte de névrose apoplectique, comme le veut M. Moulin; et ce seraient plus particulièrement des vieillards épuisés et débilités qui auraient présenté les phénomènes auxquels on a donné le nom impropre $ apoplexie, parce qu'ils simulent cette affection, en ajoutant toutefois l'adjectif nerveuse ou sine materia, parce qu'ils ne laissent après eux aucune lésion appréciable.
Symptômes. — Ces phénomènes consisteraient dans une suspension du mouvement et du sentiment, accompagnée de pâleur, de refroidissement, de petitesse du pouls, de résolution des membres, etc. — Le pronostic est moins grave que dans l'hémorrhagie cérébrale.
Traitement. — Il est dit dans les auteurs que l'apoplexie nerveuse ne peut avoir de traitement particulier, puisqu'elle n'est jamais reconnue qu'après la mort. Cependant, comme il faut bien faire quelque chose, l'on agira d'après les indications présentes.
Dans l'épuisement nerveux, les émissions sanguines seront prescrites; c'est aux excitants diffusibles, aux nervins, aux prétendus anti-apoplectiques, tels que le camphre, l'arnica, la valériane, l'eau de mélisse ou de menthe, les potions éthérées, etc., qu'il faut recourir, ainsi qu'aux frictions, aux lavements excitants, à l'électricité, etc.
Potion stimulante.
Essence de menthe, 2 gram.
Alcool, 10 Sirop de gomme, 100 Eau de cannelle, 50
F. s. a. — A prendre par cuillerées.
Potion itlicrée.
Siropdo fleurs d'oranger, 32 gram.
Eau distillée de tilleul, 64
Eau de rieurs d'oranger, 64 gram.
Ether sulfurique, 2
F. s. a. — A prendre par cuillerées.
Potion stimulante aromatique.
Teinture de vanille, )
— de cannelle, \ Vin blanc généreux, 150 Sirop de sucre, 50
A prendre en plusieurs l'ois.
APOPLEXIE SEREUSE. —On a rencontré des cas où des symptômes apoplectiques, des symptômes cérébraux assez
intenses pour déterminer la mort, se sont produits sans qu'on ait trouvé autre chose, pour les expliquer, qu'une accumulation plus ou moins considérable de sérosité dans les ventricules ou dans la cavité de l'arachnoïde.
Causes. — On explique la formation de ces épanchements plus ou moins rapides par une sorte de métastase, clans les cas d'anasarque, succédant à la scarlatine, à la maladie de Brigth, etc., par une exhalation idiopathique dans l'hydrocéphale aiguë, ou enfin par l'effet d'un état hypérémique du cerveau ou des méninges. En tout cas, il s'agit d'un point de pathologie encore très obscur. L'apoplexie séreuse proprement dite est rare, tandis que l'hydrocéphale se rencontre assez souvent; et cependant celle-ci constituerait le plus ordinairement la première.
Symptômes. — Ils ne sont jamais très localisés. La maladie ne laisse point, après que les accidents primitifs ont disparu, de désordre dans la texture du cerveau ; partant, point de phénomène consécutif de paralysie ou d'anesthésie locale. Mais le pronostic est très grave ; la mort enlève les malades en quelques heures, le plus souvent.
Traitement. — Purgatifs, vomitifs, révulsifs, émissions sanguines. (V. Hydrocéphale, Hydropiste.)
APOPLEXIE MÉNINGÉE. Hémorr/iagie des méninges cérébrales, hémor. arachnoidienne. — Épanchement de sang ayant son siège soit dans l'intérieur de l'arachnoïde, soit sous l'arachnoïde et dans les mailles de la pie-mère.
Causes. — Elles sont fort obscures; l'affection est d'ailleurs rare.
Symptômes. — Prus a cherché à distinguer les deux cas. Dans l'hémorrhagie sous-arachnoïd ienne, le début serait précédé de céphalalgie, de faiblesse, d'assoupissement ; il n'y aurait point de paralysie, du moins dans la majorité des cas. Les facultés intellectuelles ne sont jamais perverties, mais affaiblies. Le coma est constant avant la mort.
Dans l'apoplexie intra-arachnoïdienne , la paralysie est beaucoup plus fréquente. Il y a parfois perd1 suinte de connaissance. La somnolence, le coma, s'accompagnent de cépha-
lalgie, de fièvre, quelquefois de délire. Joignez à ces signes la contracture, la convulsion, la raideur, etc., phénomènes qui n'appartiennent pas à la forme précédente.
Durée, terminaison. — La maladie est presque toujours mortelle; elle peut durer huit jours, un mois, comme elle peut aussi tuer subitement.
Traitement. — Dans une affection si mal caractérisée et si grave, on conçoit le peu d'efficacité des moyens thérapeu-'' tiques, qui consistent naturellement dans les émissions sanguines, les révulsifs, les dérivatifs, etc.
APOPLEXIE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE. Hémorrhagie de la moelle ; hêmatomyéliê. — Epanchement de sang dans la substance de la moelle épinière; maladie rare. — Causes peu conni es.
Symptômes.— Il faut distinguer les cas. L'hémorrhagie du bulbe céphalique cause la mort subitement, ou bien on observe auparavant des secousses convulsives des membres, une dyspnée des plus grandes, la paralysie de tous les membres. — Lorsque l'épanchement s'opère dans la moelle extracrânienne, le cas est moins grave, autrement dire moins rapidement mortel. Les deux membres inférieurs sont paralysés [paraplégie] lorsque la lésion a son siège à la région lombaire; si elle occupe la région dorsale, la paralysie s'étend à une partie du tronc, à la vessie, au rectum. Les deux côtés sont paralysés en même temps ; mais si le foyer est très circonscrit, il peut n'y avoir qu! 'hémiplégie.
Dans tous les cas l'attaque est subite ou précédée de symptômes précurseurs, tels que douleurs rachidiennes. Le malade tombe paralysé sans perdre connaissance.
Pronostic. — La maladie est extrêmement grave; sa terminaison fatale ne se fait pas attendre au-delà de quelques jours ; elle est d'autant plus prompte que la lésion se rapproche davantage du bulbe rachidien. Cependant la guérison n'est pas impossible.
Traitement. — Saignées abondantes, générales et locales; dérivatifs énergiques; repos absolu. — Plus tard, si la lésion se cicatrise, combattre la paralysie. ( V. ce mot.)
Apoplexies des organes autres que les centres nerveux.
Ces organes sont le foie, la rate, le rein, le poumon, le cœur ; mais dans ce dernier l'hémorrhagie n'a été étudié qu'au point de vue de l'anatomie pathologique.
APOPLEXIE DU FOIE.— Ce genre de maladie peut dépendre soit d'une altération du sang, comme dans le purpura, soit de la rupture d'un vaisseau dans la glande hépatique.
Symptômes. — Le plus souvent on n'en peut reconnaître aucun, « soit que les faits n'aient pas attiré suffisamment l'attention, soit que la mort ait été presque subite, soit enfin que, comme dans les cas où il y a en même temps plusieurs hémorrhagies intestinales, on ne puisse pas plus attribuer la production des phénomènes à cette apoplexie qu'aux apoplexies des autres organes et à l'altération du sang. Ce qu'il y a de plus général dans les faits rapportés, c'est un malaise notable, des douleurs dans l'abdomen et parfois des vomissements. Une syncope peut précéder la mort pendant un temps assez long, comme on l'a constaté dans le cas rapporté par M. Heyfelder. »
Traitement. — Saignée, sangsues sur la région hépatique, à l'anus; diète, boissons froides, repos.
APOPLEXIE DE LA RATE. — Maladie rare, peu connue, se rattachant à l'état d'hypertrophie splénique qui résulte des accès de fièvre intermittente, ou ù l'altération du sang qu'on observe dans la fièvre typhoïde.
L'état apoplectique de la rate a pour conséquence quelquefois la rupture de cet organe, accident dont les symptômes ressemblent à ceux delà péritonite par perforation, et qui sont promptement suivis de mort. - Nous n'en dirons pas davantage sur cette affection plus intéressante sous le rapport de l'anatomie pathologique que sous celui de la pratique. On peut consulter d'ailleurs le mémoire de M. Vigla [Arcli. de méd., décembre 18 13 et janvier 1614).
APOPLEXIE DU REIN. — Cette affection offre encore beaucoup moins d'intérêt que la précédente sous le rapport prati-
que. Elle consiste, suivant M. Rayer, dans des ecchymoses, des infiltrations sanguines se montrant dans la substance corticale et la tubuleuse, etc. — Quant aux causes, aux symptômes et au traitement, on est dans une ignorance complète à cet égard.
APOPLEXIE PULMONAIRE. — Pneumorrhagie, hémoptysie foudroyante, hémorrhagie interstitielle. — Cette maladie est d'une définition difficile parce qu'elle est multiple. En effet, on a donné le nom d'apoplexie pulmonaire : 1° à une violente congestion du poumon ; 2° à la distension des vésicules aériennes par une quantité plus ou moins considérable de sang; 3° à une infiltration sanguine interlobulaire ; 4° enfin à une extravasation sanguine produisant une déchirure du tissu pulmonaire.
Causes. — Ce sont toutes celles qui tendent à irriter et congestionner le poumon, telles que tubercules, noyaux d'hépatisation, altération des vaisseaux pulmonaires, hypertrophie du cœur, respiration embarrassée, efforts de chant , de déclamation, etc.
Symptômes. — Ils peuvent bien déceler la présence du sang dans les voies pulmonaires, mais ce n'est qu'à l'autopsie qu'on reconnaît s'il y avait épanchement simple, ou infiltration, ou irruption par rupture vasculaire. La maladie est subite ou progressive. L'apoplexie pulmonaire subite ou foudroyante produit une anxiété extrême, une suffocation portée au plus haut degré, avec ou sans hémoptysie ; l'altération profonde des traits, et la mort au bout de quelques heures.
Ce sont les mêmes phénomènes dans l'apoplexie progressive, sauf leur marche moins rapide : ainsi sentiment de chaleur, de gêne dans la poitrine; respiration embarrassée, augmentant peu à peu jusqu'à l'ortbopnée. Les malades crachent fréquemment du sang, quelquefois il y a hémoptysie plus abondante, qui souvent aussi manque complètement. L'auscultation et la percussion n'offrent rien de précis ni de constant, à cause de la diversité do siège du foyer apoplectique, qui se trouve tantôt à la surface, bmtot au centre du poumon. La matité dans un point limité de la poitrine, avec
absence du murmure respiratoire, des crachats mêlés de sang, une respiration difficile et de l'anxiété, survenus promptement, feront croire à l'existence de l'apoplexie pulmonaire, dans laquelle encore la face est pâle, livide, le pouls fréquent, le corps en sueur.
Pronostic— 1\ est très grave. La maladie ne dure que quelques jours et se termine par la mort. S'il n'y avait que simple exhalation sanguine dans les vésicules, comme dans l'hémoptysie, que l'on peut confondre avec l'apoplexie, la résolution serait possible évidemment ; de même pour la simple congestion pulmonaire, qui est au poumon ce qu'est la congestion cérébrale au cerveau.
Traitement. — Tous les auteurs recommandent de saigner largement, jusqu'à la lipothymie (Laennec). Sangsues en grand nombre à l'anus, révulsifs externes, tels que ventouses, sinapismes, vésicatoires. Laennec a employé le tartre stibié à haute dose, comme dans la pneumonie, mais l'expérience n'a pas encore prononcé sur l'efficacité douteuse de ce moyen. M. Gendrin a proposé les diurétiques actifs, le nitrate de potasse à haute dose. M. Aran a guéri un cas grave et rebelle aux émissions sanguines, au moyen du seigle ergoté. Enfin, vient le traitement de l'hémoptysie.
Formulaire.