‹ Nouveau compendium médical a l'usage des médecins praticiens [electronic resource]Chapitre 22 sur 72 · Y. HÉMOPTYSIE · texte numérisé non relu

Y. HÉMOPTYSIE

Potion hémostatique (Aran).

Eau de laitue, 120 gram.

Extrait de seigle ergoté, 1 Sirop diacode, 40

Une cuillerée toutes les deux heures.

Tisane diurétique (Gendriu).

Décoction de chiendent, 1,000 à 1,500 gram.

Nitrate de pot., 15 à 30 et 45

A prendre par grands verres dans les 24 heures dès le début de la maladie; en continuer l'usage jusqu'à la fin des accidents.

APOPLEXIE des NOUVEAU-NÉS. — Etat de congestion du cerveau et quelquefois même de tout le corps chez l'enfant au moment de sa naissance.

Causes. Dans presque tous les cas cet état est dû à la

pêne apportée au retour du sang foetal par les pressions que supporte le fœtus lors de son passage à travers le bassin ot parla compression du cordon ombilical. L'apoplexie est d'au-

tant plus à craindre que l'accouchement est plus long et difficile.

Symptômes. — L'enfant ne présente aucun signe de respiration ni de circulation ; toutes les fonctions de la vie paraissent suspendues. Le visage est rouge, tuméfié, noirâtre, livide ou violet; le cou et la poitrine sont vergetés, etc. L'enfant peut périr avant de naître ; le plus souvent cependant on le rappelle à la vie.

Traitement. — Aussitôt l'enfant né, il faut se hâter de couper le cordon et laisser couler une certaine quantité de sang. Si ce liquide ne coule pas, c'est que le jeu des fonctions est tout-à-fait suspendu; alors on doit l'exciter au moyen de frictions, du bain un peu chaud, de l'insufflation, etc. (V. Asphyxie.)

araciinoidite. (V. Méningite.]

AUTËIUTE. Inflammation des artères, des artères secondaires particulièrement, car celle de l'aorte a été étudiée sous le nom d'aortite. L'artérite est aiguë ou chronique , partielle ou plus ou moins généralisée.

Causes. — Lésions mécaniques ou traumatiques, ligatures, inflammation clans les tissus voisins, etc. Pour l'artérite chronique : âge avancé, action du seigle ergoté, influences goutteuses, rhumatismales, syphilitiques, etc.

Symptômes. — Dans l'artérite aiguë limitée à un vaisseau de petite dimension, douleur sourde ou vive dans le trajet de l'artère, en imposant quelquefois pour une névralgie; pulsations plus f'orlcs et plus fréquentes. Si l'artère est volumineuse et superficielle , elle donne à l'auscultation la sensation d'un bruissement particulier, dû au frottement de la colonne sanguine contre la tunique interne dépolie. A la palpation, le vaisseau est dur, comme noueux; autour de lui se montre de l'empâtement, de la rougeur Tl se fait dans son intérieur une exsudation de lymphe plastique, une congulation du sang qui l'oblitèrent, d'où cessation de ses battements, picotements, engourdissement, tiraillements, sensation de froid, et mémo gangrène dans les parties où va se distribuer ce même vaisseau artériel. Ces phénomènes locaux s'accom-

pagnent ordinairement d'une réaction générale plus ou moins

marquée.

DmsYartérite chroniqueles symptômes sont obscurs, incertains. On a attribué à cette maladie les incrustations cartila- j gineuses, osseuses, les tacbes jaunes, etc., que présentent les ' artères cbez les vieillards, mais ces altérations sont tout simplement le produit de l'âge.

Durée, tei-minaison.—V-àrténte aiguë marche rapidement; elle se termine par l'oblitération permanente du vaisseau, avec ou sans production de gangrène, ou par le rétablissement du cours du sang dans son intérieur. — La gangrène est plus souvent l'effet des altérations artérielles attribuées à l'artérite chronique [gangrène sênile).

Traitement. — Il faut attaquer vivement l'inflammation, afin de prévenir ses graves effets. Ainsi saignée, sangsues, cataplasmes ou fomentations narcotiques; boissons délayantes. (V. Àortite.)

arthrite. —Inflammation articulaire. On distingue cette inflammation en rhumatismale (V. Rhumatisme articulaire) , en goutteuse (V. Goutte), enfin en celle par cause externe [arthr. traumatique), qui appartient à la chirurgie.

M. Valleix admet une nouvelle forme qu'il appelle arthrite simple et. spontanée, et qui se montre, comme les autres, aiguë ou chronique. Nous emprunterons à cet auteur tout ce que nous allons dire sur cette affection.

ARTHRITE SIMPLE AIGUË. — Inflammation articulaire survenant spontanément, restant fixe dans une ou plusieurs articulations, donnant lieu à une fièvre intense, et laissant pendant un temps toujours assez long des traces de son existence.

Causes. — Peu connues. On peut, à la rigueur, dit M. Valleix, considérer comme des artbrites simples les cas dans lesquels l'inflammation do l'articulation survient dans le cours d'une blennorrhagie, ou à la suite du cathétérisme, comme les chirurgiens, et M. Velpeau en particulier, en citent des exemples.

Symptômes. — Le début est marqué' par du malaise, de la courbature, des frissonnements ; puis vient la douleur locale, qui quelquefois précède les phénomènes généraux. Cette douleur devient rapidement intense; elle s'accompagne de rougeur à la peau et de gonflement prononcé. Le siège de prédilection de cette inflammation paraît être l'épaule. La lièvre devient intense, la chaleur vive ; il y a insomnie, soif, anorexie, etc. Les symptômes se calment, mais la douleur se réveille au moindre mouvement et persiste très longtemps. La maladie a donc en général une longue durée; elle passe quelquefois à Y état chronique, lequel état débute quelquefois aussi d'emblée.

Diagnostic. — On peut facilement confondre l'arthrite spontanée avec le rhumatisme aigu. Dans celui-ci, les symptômes généraux sont proportionnellement moins intenses ; il y a mobilité dans les phénomènes locaux, rétablissement plus prompt des mouvements. Dans celle-là, au contraire, symptômes généraux très prononcés , fixité des phénomènes locaux, grande gène dans les mouvements persistant longtemps.

Traitement. — Antiphlogistiques énergiques : saignées, sangsues, ventouses scarifiées, cataplasmes laudanisés, boissons délayantes et diète. L'opium à l'intérieur est utile pour procurer du calme. Immobilité de l'articulation, le membre étant situé dans la position la plus favorable au rétablissement de ses fonctions. — ■ Sur la lin, vésicatoire , onguent mercuriel, douches de vapeur; imprimer des mouvements méthodiques à l'articulation.

ascite. Hydropisîe du bas-ventre. — Accumulation de sérosité dans le péritoine. Comme l'hydropisie en général (V. ce mot), l'hydropisie péritonéale peut se montrer idiopathique ou symptomatique, active ou passive.

Causes. — Elles diffèrent suivant l'espèce d'ascite, car cette maladie peut être divisée ainsi : 1« ascite par irritation sêcrétoire du péritoine, pouvant être produite par un refroidissement, uno violence extérieure, la suppression d'un flux habituel survenant à La suite des lièvres exanthématiques

1 68 NOUVEAU COMPEND1 L M .

chez les enfants ; 2° ascite par obstacle a la circulation veineuse due aux affections organiques du foie, aux obstructions des viscères du bas-ventre; 3° ascite par modification pathologique des qualités du sang , laquelle modification consiste principalement dans la diminution de l'albumine du sérum, comme clans la maladie de Brigbt, et dans l'état aqueux de ce liquide à la suite de la fièvre intermittente prolongée, des débilitations, etc.

Symptômes. — Le plus évident est l'augmentation de volume du ventre, laquelle, précédée de douleurs dans l'ascite sthénique, est au contraire indolente dans les autres circonstances, au point que les malades ne s'en aperçoivent souvent que lorsqu'elle a acquis un certain degré. Elle commence dans les parties les plus déclives ; puis elle remonte au fur et à mesure que l'épanchement fait des progrès , de telle sorte qu'il arrive un moment où le ventre est très distendu, le diaphragme est refoulé en haut , où les fonctions respiratoires et circulatoires sont plus ou moins troublées. Cette distension est plus ou moins rapide, selon que l'ascite est active ou passive et mécanique ; elle est uniforme , générale, excepté les cas où une phlegmasie péritonéale a formé des adhérences [hydropisie enkystée du bas-ventre).

L'augmentation de volume du ventre se constate à l'oeil : mais le palper découvre l'accumulation de sérosité qui donne lieu à la fluctuation , laquelle n'est évidente, du reste, que dans les cas où le liquide épanché est en quantité assez considérable. Par la percussion, on trouve que la matité du son est surtout prononcée dans les parties déclives, cl qu'elle varie de siège selon le déplacement du liquide dans les différentes positions que l'on fait prendre au malade. Ce mode d'exploration fait reconnaître non-seulement la situation et l'étendue de l'épanchement, mais encore le rapport des organes entre eux. Dans l'ascite ancienne et volumineuse, les veines abdominales superficielles sont très développées et comme variqueuses ; cet état est surtout remarquable dans les cas où la circulation est gênée dans la veine-porte.

Quant aux symptômes généraux, ils sont subordonnés à la Lésion principale et, par conséquent, ne peuvent être exposés

ici. Il suffit de dire qu'ordinairement on remarque dans l'ascite de l'amaigrissement, la sécheresse de la peau, la rareté ries urines, de la fièvre , de la soif.

Marc/te . terminaison. — L'ascite active , idiopathique , se l'orme promptement, et se dissipe de même par résorption ou par un flux abondant d'urines ou de selles liquides; celle par lésion organique ou altération du sang survient lentement et persiste autant que les états morbides; quelquefois cependant, l'épanchement disparaît et se reproduit à plusieurs reprises. La terminaison finit néanmoins par être fatale dans la plupart de ces cas. La mort arrive par consomption, due au progrès de l'altération organique, ou par péritonite aiguë. On a vu la paroi abdominale céder à la distension énorme et donner issue au liquide par des éraillures à la peau. Celles-ci sont plus fréquentes aux jambes lorsque l'hydropisie est générale. (V. Jnasarque.)

Traitement. — L'ascite est-elle due à une irritation péritonéale , il faut recourir aux émollients , à la saignée, aux sangsues sur le ventre ; s'il y avait de véritables accidents péritonéaux, on aurait recours au traitement de la péritonite. — L'ascite symptomatique réclame tout d'abord le traitement delà lésion principale. (V. Hépatite, Néphrite albumineuse.) — L'ascite par atonie, appauvrissement du sang, se dissipe sous l'influence des toniques analeptiques, des martiaux, etc.

Il n'est pas d'hydropisie , pas d'ascite contre laquelle on n'ait employé les diurétiques, les purgatifs et les sudorifiques. Les premiers sont la digitale, la scille, le cainça, les bourgeons de sapin, la pariétaire, le nitrate et l'acétate dépotasse, etc. ; parmi les seconds, nous citerons le colchique, la gomrr.e-gutte , la scammonée , l'huile d'épurge, le sureau (écorce et racine), etc.; les troisièmes enfin, moins usités, sont la bourrache, les bains de vapeur, les fumigations de baies île genièvre. Nous ne ferons que mentionner la /jonction, qui n'est qu'un moyen palliatif, et les injections iodées, qui, dans l'ascite essentielle, ont été suivies de succès. [Oré, Boinet )

Tisane diurétique.

Bourgeons de sapin, 10 gram Eau (infusion), M00 Vin blanc, 250 Nitrate de potasse, 1

Décoction de queues

de cerises, 1,000 gram.

Acétate de potasse, 150 Sirop de pointes d'asperges, 30 Potion diurétique.

Digitale fraîche, 4 gram.

Eau (iufusion), l25 Oxymel scillitique, 16 Sirop d'éther, 30

Autre (Richter) .

Oxymel scillitique, La 120 gram.

:au, j

1,50 cent.

Gomme en poudre, Sirop de miel,

Prendre la dose entière une ou deux fois par jour.

Fomentation diurétique.

Teinture de digit., I 60 gvam.

— de scille, j

Eau, 150

Imbibez une flanelle que vous appliquez sur le ventre et recouvrez d'un taffetas gommé.

Formules purgatives.

(V. Pilules de lk»-nrs, DE Baker, de Bakciat, au Die/. Thér.)

Autres formules.

(V. Htdropisie.)

Solution pour injection.

Eau, 1°° S1™'

Teinture, d'iode, 30 Iodure de potassium, 2

Eau defl.de sureau Acétate de potasse, lo Electuaire diurétique (Fouquier Poudre de caïuea, 4 gra

asphïvie. Apnée, anhêmatosie, mort apparente. -État de mort apparence et imminente résultant de la suspenston des LtL respiratoires. L'explication du phénomène est tltï^Zo^l et n'a pas besoin d'être exposée ,ci, «xtaÏÏ mÏS que Ls les auteurs ne sont pas encore bien daccord sur ce point. ,

Causes - Elles sont toutes occasionnelles et très diverses. Leu Snction a servi de base à plusieurs — des asnWes dont nous formerons six groupes : 1° asph. pa Îbsïàde'à l'introduction de l'air dans les votes moratoires Cession, strangulation , corps étrangers , lésions orgam- COmp:m' . 00 aspb par diminution des surfaces res- SSu - du diaphragme, épanchement dans fa uoiS pneumonie, emphysème, compression du tborax; 301 h P r rmnque de contractions des muscles resjnrl,! - névroses angme de poitrine, paralyse, tétanos, etc.; 4 fasph trTSufation de sana veineux ou manque de îam vmabîe dans les poumons : rétrécissement de 1 onl.ee SrtStottio de l'artère pulmonaire , congesUons pulmo-

naires, certains empoisonnements, choléra, etc.; 6" asph. par manque d'air respirable : submersion, vide; par respiration d'un air impropre à l'hématose : azote , protoxyde d'azote, hydrogène; par respiration d'un gaz- toxique: chlore, ammoniaque; acides sulfureux, carbonique et nitreux , gaz oxyde de carbone, hydrogène carboné, hydrogène sulfuré ; vapeurs du charbon, des mines, des fours à chaux, des fosses d'aisance, etc.

Les asphyxies comprises dans le sixième et dernier genre doivent seules nous occuper.

Symptômes communs. — L'asphyxie se manifeste presque toujours graduellement. D'abord gêne et efforts de respiration, bâillements, pandiculations, vertiges, angoisses, tintements d'oreilles ; puis affaiblissement des sens, des mouvements et perte de connaissance. Battements de cœur inégaux, pouls faible et irrégulier ; teinte violacée de la peau, qui commence par les extrémités; gonflement des veines; respiration embarrassée, faisant entendre à l'auscultation des bruits de râles variés; cessation apparente de la circulation; enfin mort.

Lorsque le malade revient à la vie, on remarque tout d'abord le retour de quelques mouvements obscurs et profonds dans la région précordiale ; mouvements qui se prononcent de plus en plus, deviennent plus réguliers, en même temps que la cyanose se dissipe peu à peu et que la chaleur revient. Alors commence la réaction, pendant laquelle se produisent facilement des congestions, quelquefois même de véritables inflammations du côté des poumons, du cœur ou du cerveau.

Symptômes particuliers. — Nous les noterons en parlant des moyens de traitement à opposer à chaque espèce d'asphyxie.

Diagnostic et pronostic. — Les affections qui pourraient donner le change, si les circonstances dans lesquelles s'est produite l'asphyxie n'étaient pas si évidentes, seraient l'apoplexie, la commotion cérébrale, la syncope. (V. ces mots.) Le pronostic est soumis à l'intensité et à la durée de la cause. U ne faut point se bâter de regarder l'état du malade comme désespéré, parce qu'on a vu des cas où la vie n'est revenue qu'après un temps très long et des soins prolongés,

Traitement. — Il se divise en général et en spécial. - Le traitement de l'asphyxie en général est base sur trois mdxcations fondamentales que voici : . ,

To Soustraire V asphyxié à V action de la cause, ce qui redame des soins et des précautions qui varient nécessairement comme cette cause elle-même. (Voir plus bas.)

S» Rétablir la respiration et la circulation. Pour cela on expose le sujet à l'air libre et on le débarrasse de ses vêtements puis on exerce des pressions sur la poitrine et 1 abdomen alternativement, dans le but de produne artmcie ement des mouvements respiratoires. On emploie surtout nnsÙfflationpulmonaire, faite soit débouche abouche, soit, ce quT est préférable, au moyen du tube laryngien de Chauss er Produit dans le larynx, et du soufflet, avec la precaut. on très importante de ne pousser l'air qu'avec une grande mo- ÏÏZ, pour ne pas produire la rupture des v^icu es pulmonaires, accident presque toujours mortel en paieil cas L élect icité constitue encore une ressource extrême qu 1 «p faut nas négliger. Entre la 8e et la Qe cote, sur la partie SéSdToS ! on enfonce de quelques millimètres jusant attaches du diaphragme, une etfl£ nuis on établit le courant avec une pile de 2o ou 30 couples S cent hn 1/2 de diamètre ; immédiatement après le chal^me se"c ntracte. et il se fait une inspiration. On mter- ™t a ors le cercle pendant que se fait l'expiration, puis on eTtabUt pour une seconde inspiration, et ainsi 6 e suite ti „ font- ms négliger les moyens stimulants, tels que lueon ^nCu - flagellation; moxas; ni les sternutatoires, comme e tabac, l'ammoniaque, l'acide sulfureux dégage V me allumette que l'on faitbrùler sous le ne, dumalade, etc rS lavements salés, irritants, etc.- Revenu à lu,, le suje Pourra Pendre quelques cuillerées d'un vin d'Espagne dune ^^é***. S'U a envie de

30 Combattre les congestions consécutives. Ici commence le PÔie des émollients, des émissions sanguines, etc.

k£«^rr,

une action délétère du gaz. — Même traitement que cidessus.

Asph. par gaz protoxyde d'azote. — Rire inextinguible [gaz hilariant) chez les uns; faiblesse ou stupeur chez les autres. — Même traitement que ci-dessus.

Asph. par le chlore. — Toux, enroûment, vive irritation des bronches et des poumons, hémoptysie. Respiré pur, ce gaz tue en une minute. — Faire respirer avec ménagement le gaz ammoniac.

Asph. par gaz ammoniac. — Inflammation vive des bronches ; introduit pur dans les voies respiratoires, ce gaz fait périr en quelques secondes. — Faire respirer du chlore, de l'acide acétique.

Asph. par gaz acide sulfureux. — Elle produit une toux vive et de la suffocation. — Faire respirer avec prudence de l'ammoniaque.

Asph. par gaz acide carbonique. — C'est l'asphyxie des cuves de raisin, des liquides en fermentation; action toxique comme clans les précédentes. — Traitement général.

Asph. par gaz oxyde de carbone. — Cris, agitation convulsive, abattement, tremblement. — Faire respirer de l'oxygène.

Asph. par l'hydrogène carboné. — Sang altéré, coagulé; mort prompte. — Traitement général.

Asph. par l'hydrogène sulfuré. — Ce gaz décompose le sang, le rend noir, diffluent, non coagulable ; il stupéfie l'économie, et même peut tuer instantanément. — Faire respirer de l'acide hydrosulfurique et du chlore avec prudence.

2« Asph. des égouts. — Elle est produite par les gaz azote, hydrogène sulfuré et acide carbonique agissant isolément ou simultanément.

3° Asph. par les vapeurs du charbon. — C'est la plus commune de toutes. Tout ce que nous avons dit des symptômes et du traitement en général peut lui être applicable. ■ Nous ajouterons, cependant, qu'outre les moyens indiqués, il faut recourir aux allusions froides, qui sont considérées comme le remède par excellence, et qui se pratiquent en projetant sur la lace, la tête ou la poitrine, un verre d'eau fraîche toutes

les deux minutes, jusqu'à ce que le malade, revenant à lui, éprouve de Compilation. Alors on le réchauffe et, dans la réaction, on le saigne. Il faut continuer ses efforts très longtemps, presque jusqu'à la rigidité cadavérique.

4° Asph. des fosses d'aisance. - Elle est due aux gaz acide bydrosulfurique , hydrosulfate d'ammoniaque et azote. Les deux premiers causent l'asphyxie connue sous le nom de plomb qui est caractérisée par une douleur vive a 1 estomac des nausées, des défaillances, des angoisses, du délire, avec' respiration convulsive, écume à la houche, quelquefois cris délire , rire sardonique. - Traitement général, aide du chlore et des chlorures en inspiration pour les gaz délétères. (V '. Empoisonnement .) .

On donne le nom de mitte à l'espèce d'ophthalmie et de coryza à laquelle sont soumis les vidangeurs, et qui est due a l'action du gaz ammoniacal.

50 Asph. par submersion. — Débarrassez le malade de ses vêtements, essuyez-le, réchauffez-le ; nettoyez ses narines, sa bouche • qu'il soit couché sur un plan incliné, et de cote, pour favoriser la sortie des liquides qui obstruent les voies respiratoires. On a proposé de pomper ces liquides, et on a fabriqué des instruments pour cela. Insuffluation d'air dans les poumons, frictions et pressions sur la poitrine. Bain tiède. Le lavement de tabac (feuilles de tabac, 1 à 4 gr.; eau, q. s. est un moyen très vanté dans ce genre d'asphyxie ; quelques-uns le prescrivent à cause de son action narcotique.

6° Asph. par strangulation. — Coupez le lien; tenez la tête élevée; pratiquez une saignée, appliquez des smapismes et recourez. aux moyens déjà indiqués dans le traitement général.

asphyxie des nouveau-nés. - Etat de mort apparente chez l'enfant au moment de sa naissance. Cet état n est pas encore parfaitement expliqué : les uns veulent que ce soit une Simple syncope; les autres pensent qu'il y a plutôt congestion cérébrale. Mais évidemment on confond l'apoplexie avec l'asphyxie.

Causes. - Cette asphyxie dépend du manque de sang au

cerveau, lequel est dû à une hémorrhagie soit de la mère, soit du fœtus, au décollement prématuré du placenta, etc.

Symptômes. — Absence de respiration et de circulation, comme dans la congestion, avec cette différence toutefois crue le visage est pâle ainsi que le reste du corps , que les muscles sont lâches, les membres dans la résolution complète.

Traitement. — Au lieu de faire couler le sang par la section du cordon, il faut lier celui-ci, ou plutôt ne pas le couper, si on a lieu de croire que le placenta n'est pas décollé entièrement. 11 faut exciter l'enfant par des frictions stimulantes, des pressions sur le thorax ; le plonger dans un bain chaud et animé d'une liqueur spiritueuse; employer l'insufflation, l'électricité, et surtout ne pas cesser trop tôt ses soins.

astihie. Asthme nerveux, asthme humide, etc. — Difficulté de respirer se manifestant sous forme intermittente. C'est une dyspnée que l'on croyait presque toujours essentielle autrefois {asthme nerveux), mais qui, le plus souvent au contraire , est symptomatique d'une autre maladie des poumons, du cœur ou des gros vaisseaux. Elle s'expliquerait , suivant la plupart des auteurs , par un resserrement spasmodique des tubes aériens dans l'asthme essentiel , par la perte de l'élasticité des cellules pulmonaires dans l'emphysème pulmonaire. (V. ce mot.)

Causes. — Elles diffèrent suivant la naturede l'affection. Peu connues en général, ce serait une grande susceptibilité des bronches et des nerfs du système respiratoire , mise en jeu par des influences variables et souvent très légères, comme l'air, les odeurs, les variations atmosphériques, une émotion, une contrariété, le séjour loin de sa demeure (Am. Lefèvre). — Quant à l'asthme symptomatique , c'est dans les maladies des bronches, des poumons , du cœur et des gros vaisseaux, qu'il faut en rechercher les causes. Aucune affection ne le produit aussi souvent que X emphysème pulmonaire.

Symptômes. — Invasion précédée quelquefois d'éructations, de pandiculations, de malaise, mais plus souvent subite, au milieu du sommeil. Dans ce dernier cas, réveil on sursaut par une dyspnée qui augmente rapidement d'intensité. Le

malade est inquiet , sa face est pâle ou injectée , sa voix brève et anxieuse, sa respiration bruyante; un sifflement très prononcé se produit à cbaque inspiration , tandis que l'expiration est silencieuse. Il se cramponne aux corps résistants qui sont à sa portée pour augmenter la puissance des muscles respirateurs, demandant de l'air à toute force. Il éprouve un sentiment de resserrement et de strangulation incommode. A l'auscultation rien de bien particulier: râle sibilant, batte ments de cœur peu prononcés ; le pouls est serré, peu développé, à peine fréquent. L'accès se termine par une expectoration épaisse , filante , ou plus aqueuse et très abondante [aslhme humide) ; quelquefois par des urines copieuses.

Marche, pronostic- — L'asthme se produit sous forme d'accès, séparés par des intervalles plus ou moins prolongés dans lesquels la respiration redevient libre. Quelquefois plusieurs accès se suivent de près, constituant une sorte d'attaque qui ne reviendra qu'au bout d'un laps de temps indéterminé. La durée de la maladie est indéfinie. Le pronostic n'a rien d'absolument grave ; mais il faut avoir égard aux lésions organiques dont l'asthme peut dépendre.

Traitement. — Deux indications fondamentales : combattre les accès; les prévenir. — ■ Pour satisfaire aux exigences de la première , placez le malade de manière qu'il ait le tronc relevé , desserrez ses vêtements et donnez un libre accès à l'air. S'il est vigoureux, pléthorique, affecté de quelque maladie du cœur ou du poumon, pratiquez une saignée; dans le cas contraire, c'est inutile. Employez les révulsifs , tels que sinapismes , pédiluves et manuluves sinapisés ; le lavement purgatif, etc. Viennent ensuite les antispasmodiques, les narcotiques sous forme de potions, de pilules ou de fumigations, et quelques remèdes empiriques , tels que la teinture de lobelia inflata, l'infusion de menthe à touilles rondes, les fumigations de nitrate de potasse au moyen d'un papier poreux trempé dans une forte dissolution de ce sel, puis séché et fumé; le chlorure de platine à la dose de 25 millig. à un décigr. par jour (Huss); la cautérisation de la paroi postérieure du pharynx avec un pinceau trempé dans l'ammoniaque,

Lorsque l'accès se calme, que l'expectoration se rétablit, on en favorise le mouvement par les expectorants , les incisifs, comme l'oxymel scillitique, le polygala, le kermès, les pastilles d'ipéca. ; mais ces cas se rapportent principalement à l'emphysème pulmonaire, à la bronchite.

Quant à la prophylaxie , elle consiste à éviter le froid , le vent, les brouillards, les émotions vives; à se tenir le ventre libre, user de temps en temps de quelques légers narcotiques, à éviter les alcooliques, les aliments indigestes, etc.

Potion sédative.

Est. de suc dép. de

belladone, 0,05 cent.

Eau de laitue, 125 gram.

Sirop de Tolu, 30

Une cuillerée toutes les heures.

Asthme, coqueluche.

Autre (Munaret).

Cyanure de potassium, 0,05 à 0,20 cent.

Infusion de violette, 90 gram.

Sirop de gomme.

Une cuillerée toutes les deux

heures.

Autres.

(V. Coqueluche, Névroses.)

Pilules anti-asthmatiques .

Extr. de suc dép. de

belladone, 1 gram. (V. Bronchite, Bronchorree.)

asthme aigu de millar. /isthme des enfants. — Millar a donné le nom d'asthme aigu à toute difliculté de respiration avec des accès de suffocation plus ou moins prononcés. Le mémoire de cet auteur a fort préoccupé les médecins ; mais, tout bien examiné, on est arrivé à cette conclusion que cette prétendue maladie est ou un pseudocroup, ou un spasme de la glotte, ou une angine quelconque. — Quoi qu'il en soit, Millar a établi un traitement basé prncipalement sur les antispasmodiques et les révulsifs.

rouare ue myrrne,

1 aa 1 gram.

— d ipéca., ) °

F. 36 pil. ; — une le matin ,

une à midi, une le soir.

Mélange pour fumer.

Feuilles de datura, |

, > aa part. e».

— de sauge. ) r

On fume en cigarrettes ou avec une pipe. Dose pour chaque pipe, 11 décigr.

Mixture anti-asthm. (Van-Swieten).

Carbon, d'ammoniaque, 15 gram.

Eau dist. de cannel . , |

— de menthe.

Une cuillerée toutes les dix

minutes dans les cas d'asthmes convulsifs.

Formules expectorantes.

aa 60

Potion d'assa fœtida [Millar). j Acétate d'ammoniaque, 38 gram. Assa fœtîda, 8 gram, I Eau de Pouliot, 90

17fi

NOUVEAU COMPEND1UM.

Sirop de sucre, 30gram.

Millar ne tarit pas en éloges sur cette potion.

Lavement (ici.).

Assa fœtida, 4gram.

Jaune d'œuf, n° 1

Décoct. de guimauve, 250

(V. Angine couenneuse, Laryngite steiduleuse, etc.)

ASTHME THYMIQUE. Maladie de Kopp.— Suivant les auteurs allemands et Kopp en particulier, l'hypertrophie du thymus, chez les jeunes enfants, donnerait lieu à des symptômes de suffocation et à des troubles de la circulation et des nerfs sous forme d'accès. Cette maladie a donné lieu à plusieurs discussions parmi les médecins : les uns l'admettent , les autres la rejettent au contraire , prétendant que Kopp a confondu plusieurs affections du larynx ou de la glotte ; aujourd'hui, en France du moins , on pense généralement que l'asthme thymique est identique au spasme de la glotte des Anglais, lequel n'est qu'une forme d'éclampsie.

Ce n'est pas cependant qu'on n'ait trouvé quelquefois le thymus hypertrophié, tantôt causant des accidents, tantôt ne donnant heu à aucun trouble ; mais tout n'est encore qu'incertitude dans cette question.

Symptômes. — Quoi qu'il en soit, l'asthme thymique se déclarerait sous forme d'accès , que feraient naître les cris et les mouvements de l'enfant. Alors , gêne très grande de la respiration, ou respiration entrecoupée et saccadée , lividité de la face , fixité des yeux, convulsions, spasmes, sortie permanente de la langue , contraction des muscles lombricaux des mains; pouls faible, serré, rapide. Au bout de cinq ou six inspirations sifflantes , l'accès est terminé; dans les cas plus intenses, il peut durer jusqu'à deux et trois minutes et plus. La durée totale de la maladie est de trois semaines à vingt mois.

Pronostic. — Extrêmement grave.

Traitement. — Peu de chose à dire sur ce sujet. Saignée, sangsues, ventouses, antispasmodiques, narcotiques, mercuriaux, vésicatoires, etc., tels sont les moyens à employer.

Poudre antispasmodique (Tvopp).

Sucre, 1 Musc, >aa0,003mill.

Acét. de morphine, /

Potion antispasmodique.

Eau de laitue, 60 grain.

Cyanure depotass., 0,03 cent.

Sirop de guimauve, 30 grain.

Unecuill. toutes les 2 heures.

Trois fois par jour.

ATROPHIE PROGRESSIVE DES MUSCLES. — Atrophie

d'un plus ou moins grand nombre de muscles, probablement avec transformation cellulo-graisseuse de la fibre musculaire, se rattachant sans doute à une affection locale des nerfs.

Causes. — Ainsi qu'on le voit, cette maladie est peu connue dans sa nature; l'est-elle davantage dans ses causes? Nullement. D'après les observations, en petit nombre, recueillies par M. Aran , elle se montrerait plus souvent chez l'homme que chez la femme , chez les rhumatisants surtout , après des excès de travail,

Symptômes. — Les membres supérieurs, le droit principalement, sont les premiers affectés ; l'atrophie ne frappe d'abord qu'un seul ou plusieurs muscles , puis elle s'étend. Le membre devient faible , son volume diminue , il finit par perdre tout mouvement, non pas parce qu'il ne peut obéir, comme dans la paralysie , mais parce que la force manque pour répondre à la volonté. Il se manifeste des contractions fibrillaires non douloureuses , quelquefois des crampes, dans les muscles atrophiés. On ne remarque aucun symptôme général.

Marche envahissante ; durée illimitée ; pronostic fâcheux , quoique la vie ne soit pas menacée.

Traitement. —Le galvanisme et l'électricité ont seuls paru être de quelque efficacité, non pour guérir cette affection, qui est au-dessus des ressources de l'art , mais pour en retarder le développement.

balanite. Poslhite, balano-posthUe, chaudepisse-bâ farde, blennorrhagie du gland. — Inflammation catarrhale de la muqueuse du prépuce et du gland. Elle est beaucoup moins fréquente que celle de l'urètre. (V. Blennorrhagie.)

Causes. — En première ligne la contagion; cependant la malpropreté, l'accumulation de la matière sébacée que sécrè-

NOL1 VEAU COMPEN DJ l AI.

tent les follicules de la base du gland chez les individus à prépuce long et étroit, l'irritation produite par les efforts de coït, les manœuvres de la masturbation , déterminent plus souvent cette maladie que le contact du principe contagieux de la blennorrhagie. Citons encore les ulcérations syphilitiques secondaires, outre que l'âcreté du fluide sébacé peut en produire de simples qui deviennent tout à la fois cause et effet de la balanite.

Symptômes. — Il y a plutôt des démangeaisons qu'une véritable douleur. Le gland est un peu luméflé; le prépuce, qui participe à l'inflammation , devient sensible , plus étroit; le phimosis est plus ou moins complet. Il s'écoule des surfaces malades une matière opaline, puis d'un aspect purulent, dont l'abondance est ordinairement considérable. Si le gland peut être découvert, on le trouve rouge avec des excoriations superficielles. Il ne faut pas faire d'effort pour le découvrir, de peur de produire un autre accident, le paraphimosis.

Il y a une balanite partielle caractérisée par de petites vésicules herpétiques agglomérées sur une surface rouge plus ou moins circonscrite , qui paraît être de nature dartreuse. (V. Herpès preputialis.)

Traitement. — M. Ricord le résume ainsi : « Lorsque le gland peut être mis à découvert , que l'inflammation est léigère, de simples lotions avec l'eau blanche, l'interposition d'un linge fin et sec entre le gland et le prépuce, suffisent pour guérir en quelques jours. Quand la maladie est plus intense, que la sécrétion muco-purulenle est abondante, qu'il existe ou non des excoriations, on fait deux fois par jour des lotions avec la solution ci-dessous ; puis on place un linge sec entre le gland et le prépuce. Lorsqu'il existe des ulcérations un peu plus profondes, ou que déjà on a affaire à une hypertrophie des follicules mucipares ( psoro-balanite) , il est souvent nécessaire de cautériser les parties malades avec le nitrate d'argent sec.

« Dans les cas de phymosis et dans les mêmes circonstances présumées, on fait trois ou quatre injections par jour avec les liquides précédemment indiques, ou bien on introduit

entre le gland et le prépuce un crayon de nitrate d'argent, afin de cautériser superficiellement.

« La méthode antiphlogistique et les émollients seuls agissent d'une manière lente et incertaine. Cependant, comme médication accessoire, il est quelquefois utile d'appliquer quelques sangsues clans les régions inguinales ; et s'il y a réaction fébrile, la saignée du bras est indiquée. »

Lorsqu'il existe beaucoup d'éréthisme, on peut faire prendre aux malades , tous les soirs , deux des pilules dont la formule suit.

Solution (Ricord). Pilules sédatives (ici.).

Eau distillée, 200 grain. Camphre, )

Azotate d'argent, 3 Thridaoe, i aa 3gram.

Mucilage, q. s.

F. 20 pilules.

ULENNoniuiAGiE. Gonorrhée; urétrite vénérienne, virulente, catarrhale; écoulement, chaitclepisse, échanffement. — Inflammation de la muqueuse urétrale s'accompagnant d'un écoulement muco-purulent contagieux à l'état aigu. — On n'est point unanime sur sa nature. Pour les uns, c'est une forme de la syphilis; pour d'autres, c'est un virus particulier différent du virus syphilitique qui la produit; enfin, il est des médecins qui ne voient dans cette affection qu'un catarrhe urétral. M. Ricord admet bien uneblennorrhagie syphilitique, mais en ce sens qu'elle est accompagnée d'un chancre spécifique, apparent ou caché (chancre larvé), qui devient le point de départ de tous les accidents de la vérole constitutionnelle. Sans cette complication, il lui refuse la propriété d'engendrer la syphilis, parce qu'elle n'a rien de commun avec cette maladie virulente, le muco-pus qu'elle fournit n'étant point inoculable.

La blennorrhagie, telle qu'on doit la comprendre, se divise de la manière suivante : 1° blennorrhagie due à la contagion, jinais dont le principe contagieux s'épuise tout entier au lieu d'inoculation sans produire les accidents consécutifs du chancre ; 2° blennorrhagie due à des causes externes simples, pouvant n'avoir rien de contagieux (urétrite simple) ; 3" blen-

norrhagie liée à un vice général différent de la syphilis, tel que le rhumatismal, le dartreux, le psorique, pouvant être contagieuse dans certaines circonstances. — Tout ce que nous allons dire se rapporte à la première de ces trois espèces dont la fréquence est incomparablement plus grande, et l'histoire mieux connue. - Au surplus, les trois formes ne pouvant être distinguées l'une de l'autre symptomatiquement, la description leur sera commune. - Nous commencerons par la blennorrhagie chez l'homme; nous étudierons ensuite celle de la femme, puis nous terminerons par la blennorrhée.

BLENNORRHAGIE CHEZ L'HOMME. — Causes. La blennorrhagie syphilitique, selon M. Ricord, ne se contracte que dans des rapports avec une personne affectée tout à la fois d'écoulement contagieux et de chancre vénérien. — La blennorrhagie contagieuse proprement dite (appelée improprement syphilitique par les auteurs) résulte d'un coït impur. — L'urétrite simple est due à des irritations mécaniques ou physiologiques, telles que l'équitation, l'usage des bougies et des sondes dans le canal, la masturbation, les approches sexuelles trop répétées, ou exercées pendant le flux menstruel ou avec une femme affectée de leucorrhée , d'écoulements acres résultant d'un cancer ulcéré de la matrice, etc.— Enfin, on pense que les métastases rhumatismales , goutteuses et catarrhales peuvent donner lieu, en se portant sur la muqueuse urétrale, à un écoulement blennorrhagique, lequel peut résulter encore de l'abus des boissons fermentecs, de la bière en particulier.

Nous ne parlons pas de la température du climat, de la constitution, et de l'âge des sujets, considérés comme prédispositions. Nous terminons en disant que la contagion ai lieu par contact direct, et (pic c'est à ce contact qu'il faut, rapporter les blennorrhagies des yeux, des oreilles, de lanus, etc.

Il résulte de l'exposé des causes qu'une femme peut communiquer la blennorrhagie sans l'avoir. Ces faits ne sont pas communs; mais le principe est rassurant pour le repos des

PATHOLOGIE INTERNE. 183 époux. Une fille vierge peut avoir contracté la maladie dans des rapports incomplets, qui n'ont pas dépassé les grandes lèvres, et peut l'avoir communiquée de même.

Symptômes. — L'incubation est de deux à huit et même quinze jours ; c'est-à-dire que la maladie ne se déclare qu'au bout de ce temps à dater du coït impur, d'abord par une sensation de prurit dans le canal et de picotements au méat, et bientôt par une véritable douleur qui, peu prononcée dans le repos, s'accroît considérablement pendant les érections, l'éjaculation, et surtout l'émission de l'urine, et se fait sentir plus vivement dans la fosse naviculaire que clans le reste du canal, d'où elle s'étend encore quelquefois aux testicules, aux lombes, etc. Le gland est un peu gonflé, rouge surtout vers le méat urinaire, d'où l'on voit s'échapper une matière liquide, d'abord transparente et filante, qui prend bientôt un aspect louche, blanchit, s'épaissit, devient opaque, d'un blanc de lait sale, puis au bout de quelques jours jaunâtre et même verdâtre, nuances qui suivent la progression de l'inflammation. Celle-ci étant très prononcée, le canal de l'urètre est dur, résistant, sensible, outre que la miction est très douloureuse; le jet de l'urine est mince, comme brisé. Pendant l 'érection^ ne cédant pas à la dilatation générale des corps carverneux, l'urètre forme comme une corde qui courbe la verge eu avant [chaudepisse cordée). Quelques phénomènes généraux, tels que fièvre , inappétence, malaise, accompagnent ces symptômes locaux.

La période de décroissance s'annonce par la diminution de la douleur, le retour de la matière de l'écoulement à ses.conditions de couleur primitives.

Complications, durée, pronostic— L'inflammation urétrale peut se propager à la prostate, à la vessie, aux reins, principalement aux testicules. Mise en contact avec la muqueuse oculaire par les doigts, les linges, etc., la matière de l'écoulementdétcrminc une ophthalmie sur-aiguë. (V. Ophth. blennorrhagique.) Quelquefois une arthrite se déclare par une sorte de métastase.— La durée de la maladie est très variable; elle n'est guère moindre de cinq à six semaines ; il y a parfois des recrudescences , des récidives même , dues aux impru-

l8>i NOUVEAU COMPENDIUM.

dences du malade , ou à une métastase rhumatismale. - Le pronostic n'est généralement pas grave ; mais les complications au nombre desquelles on pourrait compter le rétrécissement de l'urètre, peuvent avoir des suites fâcheuses.

Traitement. - Il se divise en abortif et en traitement ordinaire - 1° Trait, abortif. Il repose sur le copahu administré à l'intérieur ou en lavement, s'il n'est pas supporte, et principalement sur les injections. ,

On a eu recours d'abord, comme moyen abortif, aux injections astringentes, qui maintenant sont abandonnées et remplacées par celles au nitrate d'argent. M. Serre employait ce sel à très faible dose ( 0,02 pour 30 gr. d'eau distillée , ; maintenant on suit la méthode de Carmichaél , qui fut adop.ee d'abord par MM. Debeney et Ricord, et qui consiste a porter le nitrate d'argent à 0,50, 0,75 cent, ou même 1 gr. par 30 gr. d'eau. L'injection se fait à l'aide d'une petite seringue en verre et ne doit durer qu'une minute. - Le plus souvent la sécrétion est d'abord beaucoup augmentée, moins épaisse, séro-purulente; mais dans la plupart des cas il s'y mêle du sang II est des cas , plus rares , dans lesquels 1 écoulement cesse après l'injection; tant qu'on n'a pas obtenu ce résultat, on recommence celle-ci; mais le succès est plus certain si on emploie concurremment le copahu ou le cubebe. -

oo Traitement ordinaire. - Lorsque déjà il existe trop d irritation de l'urètre pour avoir recours d'emblée aux injections, on peut encore obtenir des guérisons rapides par 1 emploi seul des antiblcnnorrhagiques à l'intérieur. Mais des que les symptômes d'acuité viennent à se manifester, non-seulement on ne doit plus avoir recours aux injections, mais il faut renoncer même au copahu et au cubebe. Le traitement antiphlogistiqne peut alors être employé dans toute sa rigueur ■ (Ricord) Donc bains, sangsues au périnée, boissons aqueuses abondantes, régime sévère, repos, etc. S'il y a vives douleurs, érection cordée, donnez un peu de camphre; aussitôt la période de déclin arrivée, reprenez le copahu ou le cubebe. Si 1 écoulement ne se tarit pas sous leur influence , recourez de nouveau aux injections d'azotate d'argent, puis aux astringents. Lorsque le fond de l'urètre est enflammé, que la vessie est

PATHOLOGIE INTERNE. I85 atteinte, qu'il existe du ténesme, des besoins fréquents d'uriner, le moyen par excellence consiste dans l'usage d'un quart de lavement froid. Antipblogistiques pour combattre la dysurie ; ne pas se bâter de recourir à la sonde, et l'employer avec ménagement si son usage devient indispensable.— Ouvrez de bonne heure les bubons, les abcès périnéaux, s'ils se mani- . .festent. — « Dans tous les cas, dit Ricord, il n'est jamais nécessaire d'avoir recours à un traitement mercuriel. »

Quand, après les injections, on a obtenu une modification favorable dans la nature de l'écoulement et qu'il ne reste plus qu'un suintement muqueux , cet auteur prescrit trois injections astringentes par jour avec une solution d'acétate de plomb et de sulfate de zinc indiquée à l'art, Blennorrhée.

Injection abortive (Dcbeney).

I Azotate d'argent, 0,60 cent.

I Eau distillée, 30gram.

Faire une injection qui dure une minute au plus ; on la renou- I velle 3 ou 4 fois de deux jours | l'un si l'écoulement reparaît.

Autre (Ricord).

L Azotate d'argent, 0,75 à 1 gram.

Eau distillée, 30

Capsules de Raquin.

Baume de copahu à demi solidifié, enveloppé d'une couche mince de gluten. — 4 à 6 par jour.

Capsules-Motlies.

Copahu pur renfermé dans une | capsule de gélatine. — 10 à 12 par jour.

Potion de Choparl.

(V. Copahu, Dicl. ther.) Copahu solidifié.

Baume de copahu, 500 grain.

Magnésie calcinée, 30

On en donne 8 à 16 et. en bols.

Electuaire antiblennorrhagique.

Copahu, 30 gram.

Cubèbe en poudre, 60

Essence de menthe, 2 gram.

Bonne préparation. — 12 gr.

en 3 prises dans du pain azyme.

Lavement de copahu (Velpeau).

Eau gommée, 180 gram.

B. de copahu, 8, 16, 24 h 30 Jaune d'œuf, n° 1

Ext. aq. d'op., 0,05 à 0,10 cent.

On peut ajouter du camphre.

Règle générale, après la 8e on la 10e prise, sou action devient nulle si elle n'a pas réussi complètement,

Lacement de cubèbe (id.).

Poivre cubèbe, 24 gram.

Eau de guimauve, 180

Pilules camphrées.

Camphre en poudre, l grnm.

Ext. gom. d'opium, 0,25 cent.

Excipient inerte, q. s.

E. 10 pilules. — 1 ii 4 par jour. Le soir, contre les érections douloureuses, la cystite, les accidents de l'empoisonnement par les cantharides.

Injection calmante (Brochet).

Opium pur, 1,25 cent.

Huile d'am. douces, 180 gram.

BLENNORRHAGIE CHEZ LA FEMME. — Vaginite blennorrhagique, catarrhe vaginal. - Inflammation contagieuse de la vulve, du vagin, du col de l'utérus et de l'urètre, provenant de rapports sexuels impurs. Mais ici se présente le problème non résolu de la distinction de la blennorrhagie du simple catarrhe.

Causes. — La contagion, telle est la condition productrice presque unique de la blennorrhagie. Cette maladie a commencé sans doute par être spontanée : par conséquent, on doit admettre la possibilité de ce développement spontané ; mais il n'en est pas moins vrai que les femmes présentent très rarement des écoulements contagieux, si elles n'ont eu commerce avec des hommes infectés.

Symptômes. — L'incubation est comme chez l'homme. Le début est inaperçu , pour ainsi dire , chez les femmes déjà affectées de leucorrhée. Chez celles qui n'avaient aucun écoulement, il se manifeste de la sensibilité , de la chaleur aux parties; bientôt apparaît un écoulement d'abord clair, puis opalin, épais , qui peut devenir très abondant. L'inflammation occupe des sièges différents, soit la vulve, soit le vagin, soit l'urètre, ou toutes ces parties à la fois; elle se borne quelquefois au col de la matrice, et alors elle est facilement méconnue, parce qu'elle cause peu de douleur. Examinée au spéculum, la muqueuse est rouge, injectée, tuméfiée, souvent granulée, quelquefois couverte de plaques qui ressemblent a des surfaces de vésicatoires en pleine suppuration.

Marche, durée, terminaison.- Au bout .le huil à dix jours l'état d'acuité cède, pour être remplacé parla seconde période, qui se confond souvent avec la leucorrhée habituelle, ou mémo qui devient l'occasion du développement de celte dernière affection, laquelle pourra être contagieuse ou ne l'être pas, suivant la prédisposition de l'homme.

Traitement. — On n'emploie point ici les moyens abortifs, d'abord parce que les injections d'azotate d'argent développeraient trop d'inflammation sur des surfaces aussi étendues, ensuite parce que le copahu et le cubebe ne réussissent pas chez la femme comme chez l'homme, à moins que l'uretrite Hennorrhagiquc ne prédomine sur la vaginite , ce qui est

rare. C'est donc aux antiphlogistiques qu'on a recours, aux bains, aux injections émollientes, aux émissions sanguines, etc. On maintient les liquides dans le vagin au moyen d'un tampon de charpie de la longueur du canal, attaché avec un fil qui sort par la vulve, et préalablement imbibe.

Après la période aiguë, on remplace les émollients par les astringents en injections; ces injections sont pratiquées deux fois par jour.

On a proposé et employé avec succès les injections au nitrate d'argent à petite dose, la cautérisation avec ce sel en crayon, les injections de copahu, les injections poussées jusque dans le col de la matrice, lorsque la source de l'écoulement paraît être dans ces parties. Ce dernier moyen n'est pas sans danger, ainsi que l'a démontré Hourmann.

Injection astringente.

Eau, 500 gram.

Acétate de plomb, 15 à 30

Autre.

Eau, 250 gram.

Ext. de ratanbia, 4

Alcool, 2cuill.

Injection de nitrate d'argent.

Nitrate d 'argent, 0 , 5 à 0 , 1 0 décig . Eau distillée, 30 gram.

Injections excitantes et autres.

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