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IV. Colique hépatique, Névralgie, etc

Pilules (Monter).

Térébenthine de Venise, 2 gram. 1 .

Savon médicinal, 12 - Bicarb. de potasse cr,,t. , 2 gram.

Extrait de réglisse, 12 I Teint, de cannelle, j M 1

F des pilules de 0,10 cent. — ! — de vamlle, I 10 à 15 matin et. soir.-Pour di- Sirop do sucre, J?8"™" minuer l'abondance de la sécré- Eau, IOO« tion urinaire dans le cas où l'on Gravelle, calculs d acide uncraint la distension du rein, et que.

ï ■., ,i;c,i.ivniir,< loi l Poudre alcaline.

aussi pour taire aisparanre n-a

concrétions urinaires. Bicarbonate de soude, 2 grain.

Tisane conlre la gravelle. Sucre en poudre, 6

Décoction de lin, 1000 gram. Trois ou quatre fois cette dosa

c V (50 dans du pain si chanter, lorsqu il

Sirop de sucre, ou riîpupnance pour les boissoi s

Bicarbonate de soude, 2 | y a rcpufcr i

* i,„ «ov tnsses alcalines abondantes.

A prendre pai iassi.s.

Autre (Robiquet).

I Autre.

Bicarbonate de soude Bicarbonate de soude. 1 00 gram.

erjst 1 h 8 gram, Acide tartnque pul., ou

Sucre en poudre, 200

11. et conservez dans un bocal Louché 1 cuill. à bouche de ce mélange dans un verre d'eau qu'on boit pendant l'effervescence, 2 ou 3 fois par jour. Ce moyen peut remplacer la potion de Rivière.

Mixture (Lhéritier) .

Acide benzoïque, 1 gram.

Phosphate de soude, 8 gram.

Eau distillée, 125 Sirop de sucre, 30

En 4 fois dans la journée. — Selon M. Lhéritier, les hippurates formés dans l'urine sont solubles, tandis que les urates et phosphates ne le sont pas.

CALCULS VÉSICAUX OU URIN AIRES. — Ces concrétions, qui peuvent acquérir un volume considérable, ont, le plus souvent, pour point de départ, pour noyau, un gravier non i expulsé. Étant du domaine de la chirurgie , elles ne doivent | pas nous occuper.

Nous dirons seulement l°que huit substances, en se combinant diversement, paraissent les former; ce sont l'acide inique, l'urate d'ammoniaque, le phosphate de chaux, la silice, l'oxyde cystique, l'oxyde xantique; 2o qu'ils sont simples, binaires ou tertiaires, etc., suivant qu'une seule ou deux ou trois de ces substances entrent dans leur composition.

Ajoutons qu'ils manifestent leur présence, ces calculs, par l'obstacle ou les troubles qu'ils apportent à l'émission des urines ; par des phénomènes sympathiques, comme la démangeaison du gland, etc. ; par de l'irritation vésicale, de l'hématurie, enfin par le choc qu'ils font éprouver lorsqu'on explore le réservoir de l'urine au moyen du cathéter.

CANCER. Carcinôme, squirrhe, etc. —Suivant M. And rai, u toutes les lésions, soit de nutrition, soit de sécrétion, arrivées à ce terme où on les voit se terminer par une ulcération qui étend de plus en plusses ravages, soit en superficie, soit en profondeur, voilà le cancer. » Sa nature est inconnue ; par conséquent, on ne peut le définir qu'en exposant ses symptômes. Après le cancer considéré en général, nous dirons un mot du cancer de l'encéphale, de l'estomac, du foie, des reins, de l'utérus.

Éliologie— -Les prédispositions seraient, suivant les auteurs, le sexe féminin, l'âge mûr et la vieillesse, le tempérament bilioso-nerveux , l'hérédité surtout. Les causes essentielles

consisteraient dans les violences extérieures, les coups, chutes, les irritations répétées , mais avant tout dans la diathèse, cette mystérieuse prédisposition qui, selon les uns, existerait naturellement et primitivement chez l'individu, selon d'autres, au contraire, ne serait que l'effet de la maladie elle-même ou d'une sorte d'infection cancéreuse.

Caractères anatomiques. — Soumis au scalpel seulement, le cancer se présente sous deux états différents, le squirrhe et l'encéphaloïde, auxquels on doit rattacher plusieurs variétés. — 1° Squirrhe. Il est constitué principalement par une matière albumineuse qui, par sa couleur et sa consistance, ressemble à la couenne du lard , et qui est logée dans des interstices formés par du tissu fibreux, lequel circonscrit des sortes d'alvéoles ou est disposé par bandes divergentes : de là les comparaisons du tissu squirrbeux avec celui du marron, du navet , de la corne , etc. Le squirrhe fait entendre sous l'instrument un cri particulier, à moins qu'il ne soit passé à la période de ramollissement. Ce ramollissement apparaît d'abord sur les points culminants ; car, d'abord peu étendu et libre , le squirrhe s'étend , devient adhérent ; il se boursouffle, se ramollit, s'ulcère et présente l'aspect de fongosités bleuâtres, blafardes ou livides, qui fournissent au moindre attouchement un liquide sanieux, fétide, acre, et des hémorrhagies plus ou moins abondantes. Au squirrhe se rapportent aussi les ulcères qui, simples d'abord, dégénèrent ensuite, ou ceux qui de prime abord s'accompagnent d'induration squirrbeusc des bords et du fond.

2° Encéphalo'ï'de ou tissu cérébriforme. — Il est composé d'une trame celluleusc, et d'une substance blanchâtre, laiteuse, cérébriforme, logée dans ses aréoles, plus de vaisseaux sanguins. Ce dernier caractère distingue essentiellement cette forme du cancer de la première. Le tissu encéphaloïde a aussi une période de crudité et une de ramollissement ■ En le raclant avec le dos du scalpel, on en exprime un liquide d'aspect laiteux, ramolli; il offre une mollesse pâteuse, parfois même une sorte de fluctuation. Il envahit facilement les veines, les absorbe, les fait disparaître, mais les artères, au contraire, résistent à son envahissement, et sa vascularisaf ion est due

à ce dernier ordre de vaisseaux. C'est à l'encéphaloïde qu'il faut rapporter ces énormes tumeurs cancéreuses qu'on rencontre quelquefois , ainsi que les altérations auxquelles on a donné le nom de fongus hématodes, de cancer arêolaire, de cancer -mélanose, de cancer colloïde, etc. Caractères microscopiques. — Il résulterait des recherches ' de M. Lcbert que ce qui distingue essentiellement le tissu cancéreux de toutes les autres productions morbides, c'est le globule cancéreux. Ce globule, plus connu maintenant sous le nom de cellule cancéreuse, aurait 0,018 à 0,03 m. de diamètre; il est arrondi, ovoïde, renfermant un noyau de 0,0075 à 0,02, lequel contient lui-même ou des grumeaux irréguliers ou des nucléoles au nombre de 1 à 5, variant entre 0,0025 et 0,0033. Il résulte d'une discussion académique qui a eu un grand retentissement que la cellule cancéreuse n'existe pas dans tous les cancers, et qu'on la rencontre quelquefois dans des productions morbides qui n'ont rien de cancéreux, en sorte qu'elle ne constitue nullement le caractère spécifique du cancer, comme l'ont avancé les micrographes.

Symptomatologie. — Le cancer se présente au début sous forme d'une tumeur dure, bosselée, circonscrite ou diffuse, sans changement de couleur à la peau, qu'elle soulève. Il fait éprouver peu de douleurs pendant la période de crudité. Mais bientôt la tumeur se ramollit et des douleurs lancinantes se font sentir, augmentant en raison des progrès du mal et offrant des exacerbations. Les ganglions lymphatiques environnants sont engorgés, les parties voisines œdématiées, etc. C'est à ce moment qu'on remarque les progrès du dépérissement, et les signes de la diathèse cancéreuse, tels que sécheresse, teinte jaune paille de la peau, face bouffie, yeux ternes, pupille dilatée; plus ceux de la fièvre hectique, comme amaigrissement, diarrhée, petitesse et fréquence du pouls frissons irréguliers alternant avec de petites sueurs. Enfin I la peau s'enflamme, la tumeur s'ulcère {cancer ulcéré). Les ] bords de cet ulcère sont durs, inégaux; sa surface est coui verte de végétations que rien ne peut détruire, est humectée dunichor acre, fétide; dans la période avancée, les vaisseaux eux-mêmes, corrodés, détruits par le mal, laissent

échapper du sang, d'où hémorrhagies plus ou moins graves.

Les cancers des organes creux tendent à l'ulcération comme les cancers sous-cutanés ; c'est du coté de la membrane interne ou muqueuse que s'opère l'ulcération, qui fait aussi des progrès et perfore quelquefois l'organe envahi.

Marche, durée, pronostic. — Le cancer a une marche tantôt lente, tantôt rapide, mais toujours progressive. Une perd jamais rien de ce qu'il a acquis : dès qu'une tumeur paraît diminuer rie volume, il Y a presque certitude qu'elle n'est pas cancéreuse. La durée est indéterminée, généralement plus longue pour le squirrhe que pour l'encéphaloïde. A l'état de crudité et n'affectant pas un organe important, le squirrhe peut ne pas troubler la santé ; mais lorsqu'il se ramollit il n'en est plus de môme. Alors la cachexie commence, qui fait des progrès rapides pendant la courte période d'ulcération. L'encéphaloïde et ses variétés sont les formes les plus graves. Il a pour caractère spécial de se manifester simultanément dans plusieurs endroits à la fois, et de repulluler à peu près inévitablement après son extirpation, non pas précisément au même lieu, mais dans des parties internes ou externes plus ou moins éloignées du siège primitif. La récidive se fait tantôt avant le travail de cicatrisation, tantôt après et au bout d'un temps qui n'a rien de fixe. La mort arrive par hectisie avec ou sans fièvre, ou à la suite d'une hémorrhagie, ou par la suspension des fonctions de l'organe envahi.

Traitement. — L'art étant impuissant, il est à peine utile de parler des moyens qu'on a proposés. Leur nombre est immense et leur mode d'action empirique la plupart du temps.

lo Moyens externes. Dès le début, antjphlogistiques pour combattre l'irritation et l'engorgement. On a recommande de répéter plusieurs fois la saignée locale ; mais ce moyen est plus nuisible qu'utile lorsque le cancer est confirmé. Alors on a recours aux pommades et emplâtres résolutifs, à la compression (Récamior); ou bien on procède aux cautérisations répétées à l'aide des poudres arsenicales, de la pâte de A icnne, du chlorure de zinc. etc. Lorsqu'on a échoué dans la destruc-

tion du cancer par les caustiques ou l'opération, il ne reste plus que la faible ressource des palliatifs, tels que l'opium, de bonnes conditions hygiéniques, des pansements convenables avec des décoctions émollientes, l'eau de chaux, les chlorures étendus d'eau, la décoction de quinquina, etc., suivant l'état de l'ulcère.

2o Moyens internes. L'extrait de ciguë à dose progressivement croissante a été vanté par Storck. On a encore préconisé l'hydriodate de potasse, les arsenicaux (solution de Fowler, de Pearson), les mercuriaux, le fer, l'aconit, l'iode, les sels de cuivre, de baryte, la créosote, etc. De tous ces moyens les martiaux seuls peuvent être utiles pour retarder les progrès de la cachexie. L'opium est toujours le calmant obligé.

Poudre de réglisse, q. s.

F. 36 pilules. — 1 ou 2 pour calmer les douleurs cancéreuses.

Pilules cl iodure d'arsenic.

Iodure d'arsenic, 0,05cent.

Extrait de ciguë, l,2décig.

F. 10 pilules. — 1 toutes les 8 heures.

Emplâtre sédatif et fondant.

Emplâtre de Vigo c. m. , 4 part.

Extrait de belladone, 1 Sur les engorgements squirrheux.

(V. Arsenic, Emplâtres, Liqueur, Pate, au Dict. thér.)

CANCER DU CERVEAU. — Il se présente sous forme de tumeurs de volume très variable , irrégulières , occupant le cerveau ou le cervelet.

Causes. — Cette affection, d'ailleurs rare, a été rattachée à l'encéphalite chronique , mais cette opinion ne s'appuie sur aucune preuve convaincante.

Symptômes. — Ils se résument ainsi : céphalalgie; paralysie variable, occupant tantôt un membre, tantôt une moitié du Oirps, souvent incomplète; perte de la vue, de l'ouïe ;

Pilules de Storck.

Ext. de suc non dépuré de ciguë, 4gram.

Poud. de f. de ciguë, q. s.

F. des pilules de 0,10 cent. —

1 à 4 par jour.

Pilules de ciguë iodurées.

Ext. de suc non dépuré de ciguë, 4 grain.

Iodure de 1er, 15 Poudre de guimauve, q. s.

Pilules de jusquiame et ci'jue.

Ext. de suc dép. de)

jusquiame, j aa lgram.

— de ciguë, (

2U NOUVEAU COMPEND1UM.

convulsion, accès épileptiformes ; rarement lésion de la sensibilité; trouble de l'intelligence, hébétude. ■ Marche lente ; affection parfois latente. — Durée qui varie de un à trois et quatre ans. — Terminaison constamment fatale.

Traitement. — Entièrement palliatif.

CANCER DE L'ESTOMAC, — V. Gastrite chronique. CANCER DU FOIE. — Il existe sous forme de masses disséminées; plus rarement il occupe une portion plus ou moins étendue d'un lobe. Le foie cancéré est plus volumineux ou plus petit, quelquefois môme comme atrophié, etc.

Symptômes. — Sentiment de pesanteur à l'épigastre; anorexie, digestion pénible, amaigrissement; oppressions; douleurs lancinantes au foie qui , débordant les fausses côtes , présente une surface bosselée. Plus tard , vomissements ,. souvent diarrhée, etc. Du reste, rien de variable comme les symptômes de cette affection dans laquelle on observe ordinairement l'ictère et un certain degré d'ascite. Traitement. — Il n'est que palliatif.

CANCER DES REINS. — La dégénérescence encéphaloïde est plus fréquente que le squirrhe dans le rein ; mais cet organe est moins souvent affecté de cancer que le foie, et surtout que l'estomac.

Symptômes. — Douleurs vives aux lombes ; hématuries plus ou moins fréquentes , avec odeur fétide du sang. Très développé, le rein forme une tumeur dure, bosselée dans le flanc au-dessous du bord costal. Anorexie, amaigrissement ; diarrhée, vomissements; infiltration des extrémités duc à la cachexie cancéreuse ou à l'obstruction de la veine cave par

des caillots.

Traitement. — Il n'est que palliatif.

CANCER DE L'UTÉRUS. — V. Mélrite chronique.

CARDIïE. Cardilis, et comme conséquence ramollissement, abcè-sduemr.— Inflammation du cœur, c'est-à-dire inflammation du tissu propre de col organe; maladie rare en tant que considérée comme isolée de l'endocardite.

Causes.— Peu connues. Elles consisteraient clans les affections fébriles et en particulier le rhumatisme articulaire.

Symptômes. — Ils sont vagues : ce sont la douleur et la rratité du son dans la région précordiale , la disposition aux syncopes, la dyspnée excessive ; mais principalement, comme signe offrant quelque certitude , la faiblesse des pulsations f jointe aux battements tumultueux et irréguliers du cœur. Marche rapide; terminaison par suppuration (abcès du cœur), par ramollissement , par induration , par anévrisme : partiel ou rupture; dans tous ces cas, comme résultat final, la mort au bout d'un ou deux septénaires au plus.

TeAjtement. — Si on reconnaissait la maladie, il faudrait recourir aux antiphlogistiques énergiques malgré la faiblesse apparente du sujet. Saignées, sangsues, ventouses scarifiées; en même temps digitale, opiacés, calomel; à l'extérieur vésicatoires, sétons, cautères.

carreau. Tubercules du mésentère, écrouelles mésentcriques. — Le carreau est la tuberculisation du mésentère, mais tuberculisation avec tumeurs considérables donnant lieu I à un développement marqué du ventre. Envisagée ainsi, cette i maladie est assez rare , tandis qu'autrefois on croyait la rej connaître chez tous les enfants qui présentaient le ventre développé avec amaigrissement des membres.

Causes. — Le carreau se développe ordinairement entre la cinquième et la dixième année, sous l'influence de la tuberculisation générale. Il ne se produit pas comme conséquence i des ulcérations intestinales. Les anciens faisaient, dans sa production, jouer un grand rôle à l'usage d'un mauvais lait, l d'une nourriture grossière, aux causes des scrofules; et en effet, pour eux le carreau était le plus souvent de nature scro- I fuleuse.

Symptômes. — Ils sont peu nombreux : nous parlons de ceux du carreau vrai, tuberculeux. La maladie est indolente i ou douloureuse. Dans le premier cas , développement du I ventre ; à la palpation sensation de tumeurs plus ou moins grosses siégeant principalement le long de la colonne vertébrale et autour de l'ombilic, dures, bosselées, indolentes.

Dans le second cas, ces tumeurs sont sensibles à la pression, mais cela est très rare. Du reste, rien de notable du coté du tube digestif : quelquefois cependant dilatation des veines du ventre, épanchement péritonéal léger, anasarque , phénomènes dus à la compression des gros troncs veineux abdominaux.

Quant aux symptômes généraux , ils consistent en toux , j vomissements, diarrhée, amaigrissement, lesquels sont considérés comme effets de l'affection primitive , qui est ordinairement la phthisie pulmonaire. Ce qui confirme cette opinion, en effet, c'est que certains enfants conservent longtemps une assez belle santé, bien qu'ils portent de volumineux tuberculess mésentériques.

Marche chronique ; durée indéterminée ; terminaison par la mort due à la phthisie tuberculeuse.

Diagnostic. — Le développement du ventre est de nature j diverse. E est beaucoup d'enfants qui ont le ventre volumi-J neux par une disposition naturelle, par l'effet d'une sorte de relâchement du canal intestinal, dû à l'usage d'aliments gros-j siers ou de crudités , comme cela se voit dans les campagnes-^ surtout : ces enfants n'ont pas le carreau; ils sont pâles , i faibles, quoiqu'ayant parfois un appétit vorace, mais ils guérissent généralement par les seuls progrès de l'âge. Chez.: d'autres, le développement du ventre succède à une entérite; : les glandes du mésentère sont engorgées, mais non tuberculeuses , et l'on reconnaît la nature de la maladie à la sensibilité du ventre, à la sécheresse de la peau, au mouvementfébrile, à la diarrhée, etc. (V. Entérite.) Les autres maladies, que l'on pourrait confondre avec le carreau sont la péritonite' chronique, les tumeurs du loie, de la rate, etc. ; mais le diagnostic ne pourra être difficile avec de l'attention.

TRAITEMENT. — Puisque le carreau n'est que consécutif àj une affection tuberculeuse générale, à la phthisie pulmonaire notamment, c'est le traitemen< de celle-ci qu'il faut mettre en usage. Que si le vice scrofuleux joue le principal rôle, c'est aie combattre qu'il faut s'appliquer. — On a conseillé dans les cas d'atonie une foule de remèdes , tels que le café de gland, l'extrait de pissenlit, les bains de malt , les lerrugi-

neux. Les symptômes d'entérite appelleraient un traitement opposé.

Formulaire, V. Phthisik pulmonaire, Scrofules.)

Poudre de Fordyce.

Tnrtrate de potasse et de

soude, 0,50 cent.

Rhubarbeen poudre, 0,30 cent.

Eu une seule dose tous les matins.

Pilules toniques.

Sous-carbonate de fer, 0,10 cent .

Rhubarbe en poudre, 0,05 Sirop cle quinquina, q. s.

Pour 1 pilule. — 2 à 4 par jour.

Mixture conlre le carreau (Baumes).

Extrait do ciguë, 0,10 cent.

— de quinquina, 0,15 Acétate de potasse, 0,50

Inf. de feuil. de pensée, 90 grain.

3 cuillerées par jour pour un enfant de 2 ans.

Autre (Hufeland).

Extrait de quinquina, 1,50 cent.

— de pissenlit, 4gram Terre foliée de tartre, 2 Eau de fenouil. 30 Sirop de rhubarbe, 30

1 cuillerée à café 4 ois par jour.

catalepsie. Contemplation , extase. — Suspension de l'exercice des sens, de la sensibilité et de l'intelligence, revenant par accès dans lesquels les muscles de la vie de relation reçoivent et gardent tous les degrés de contraction qu'on leur donne. C'est une névrose cérébrale tout-à-fait apyrétique.

Causes. — Constitution nerveuse développée, passion de l'amour, méditations profondes, contemplation, frayeur, etc. On cite encore les troubles de la digestion , de la menstruation; les vers intestinaux , etc. La catalepsie complique souvent, comme cause ou comme effet , l'hypochondrie , le somnambulisme. Les deux sexes y sont exposés.

Symptômes. — L'attaque est le plus souvent précédée de signes précurseurs, tels que céphalalgie, engourdissement de l'intelligence et des sens, loquacité, crampes, palpitations , syncopes, etc. , lesquels varient à l'infini. Lorsque la catalepsie est complète, l'intelligence est tout-à-fait abolie, l'œil Bxe et insensible à la lumière; les muscles restent dans le degré de contraction où les a surpris l'attaque; la circulation est lente , faible ; le pouls normal, ainsi que la respiration.

On a cité des cas où le trouble de l'action musculaire caractéristique a existé sans lésion de l'intelligence (catal. incomplète); d'autres dans lesquels un seul membre ou un

côté du corps était frappé de catalepsie ; d'autres où il suffisait d'un ordre pour faire cesser l'immobilité, etc.

Marche, terminaison, pronostic. — La catalepsie est intermittente , comme l'hystérie , avec laquelle elle a beaucoup de rapports. Le retour des attaques est très irrégulier. Après, l'accès, dont la durée peut varier depuis quelques heures : jusqu'à plusieurs jours, les malades sont abattus, conservent! un peu de stupeur, de la céphalalgie; mais bientôt la santé, la plus parfaite revient. La terminaison est assez souvent favorable. La catalepsie n'est jamais mortelle par elle-même.

Traitement. — C'est celui des névroses en général. Pendant! l'attaque, saignée s'il y a pléthore, ou signe de congestion au cerveau; affusions froides , ventouses sèches , vésicatoires , moxas, électricité, etc.

Dans les intervalles des accès , comme moyens préventifs: ou curatifs, antispasmodiques (valérianate de zinc, 1 gr. a. 1 gr. 50 en 8 prises dans les 24 heures) , bains froids , bains: de mer , affusions froides ; purgatifs et vomitifs , ferrugineux et toniques, suivant qu'il y a embarras gastrique, chlorose, etc.

Formulaire.

(V. Hystérie, Épilepsie.)

CÉRÉbrite. (V. Encéphalite-)

CIïlouose. Pâles couleurs. — Cette maladie est caractérisée physiologiquement par une pâleur de la face, des trou^ bles variés des fonctions de la circulation , de la digestion et de l'innervation, et anatomiquement par une diminution des globules du sang. On l'a crue longtemps spéciale aux femmes,et on la rattachait à un trouble fonctionnel de l'utérus ; maifct il n'est pas très rare de l'observer aussi dans le sexe mascu-j lin, où elle ne diffère pour ainsi dire pas de l'anémie.

Causes. — Les prédisposantes sont le sexe féminin, 1 age de l'adolescence et de la puberté , des habitudes de mollesse,' le célibat, la grossesse, qui trompe tant de femmes et même des médecins sur les véritables causes des palpitations et des étourd.sscments qu'éprouve la femme. Quant aux causes

PATHOLOGIE INTERNE. 21fl

jccasionnelles , ce seraient l'aménorrhée , un amour contrarié , toutes les circonstances dans lesquelles se produit l'anémie, etc.

Symptômes. — Le début est lent, insensible. C'est d'abord an peu de pâleur à la peau, un état de langueur. Plus tard, le teint de la face devient d'un pâle jaunâtre tirant sur le rerdâtre; il est quelquefois normal, ce dont il faut être prévenu. Les lèvres sont décolorées, le regard languissant , les •issus un peu bouffis, mais avec une sorte de demi-transparence qui se distingue de l'aspect terreux qu'on remarque Itans les cachexies. Il y a de l'essoufflement, des palpitations;

l'auscultation , les carotides et autres grosses artères font ntendre un bruit de souffle , de diable, qui correspond à la dastole artérielle; on en perçoit un autre, appelé double ou ontinu, qui paraît siéger dans les veines (Monneret). Ces bruits feraient dus à l'état séreux du sang et à la rapidité de la cirulation.

Mais les symptômes les plus remarquables consistent dans uvers troubles nerveux, tels que céphalalgie, névralgies, asomnie ; et , du côté des fonctions digestives , gastralgies , >ica , malacia , avec constipation souvent très opiniâtre. Il lut noter aussi des troubles cérébraux, la tristesse , la mémcolie, la manie elle-même; dans quelques cas, la parafe de la face , la paraplégie (Sandras). Quant à la mens- •uation , elle est toujours plus ou moins irrégulicre ou jiminuée, quelquefois tout-à-fait supprimée. Cependant il eut se faire que les règles coulent plus abondamment qu'a- Unt la chlorose, et cela à cause de l'état séreux du sang. Ces ;-is ne seraient même pas rares , d'après M. Trousseau.

Durée, terminaison, pronostic — La chlorose a une durée •idéterminée; elle peut cesser spontanément chez les jeunes 'lies dont les progrès de l'âge améliorent l'état menstruel, bandonnée à elle-même , elle peut s'aggraver, amener des ifiltrations considérables , des hydropisies. Néanmoins , le -onostic n'est pas grave, parce que le traitement est généilement efficace. On a vu pourtant des malades être em- )rtées par une mort subite.

Traitement. — Il est peu de maladies où la thérapeutique

22n NOUVEAU COMPENDIUM.

réussisse aussi bien que dans la chlorose, parce que les fer ruineux en sont pour ainsi dire le remède spécifique. Aval que leur action fût connue, on employait une foule de moyen aujourd'hui tombés dans l'oubli. On associe le fer à l'opmn à la digitale, àl'aloès, àl'assa fœtida, au seigle ergoté, selo que l'on veut attaquer en même temps l'éréthisme nervem les palpitations , la constipation , les troubles nerveux , 1 ménorrhagie, etc. ; mais le plus souvent ce prédeux mcdicf ment est administré seul , sous la forme qui favorise le pli son assimilation. Or, ces principales préparations sont les p: Iules de Vallet, de Blaud ; les pastilles de citrate , de lacta de fer; la limaille de fer porphyrisée ; le fer réduit par l'hj drogène ; le carbonate et le sulfate de fer; le carbonate ferre manganeux, etc.

Il importe en même temps de placer la chlorotique dai des conditions hygiéniques et morales aussi favorables qi possible. Régime analeptique ; exercice , distractions ; ban de mer, etc."— Dans la chlorose mènorrhagique , on adm nistrera les ferrugineux dans l'intervalle des règles , et pei dant celles-ci ou un peu avant, le seigle ergoté.

oxyde peu soluble dans les acid de l'estomac. — 2 à 12 par jou

Pastilles au /aifale de fer Laetata de protoxyde

de fer, 25 gra

Essence de menthe, 1 sucre, 500 Eaudistil. de menthe, q. s.

F. s. a. des past. de 50 cei — De il à 12 par jour. Forr agréable et rendant le fer tr assimilable.

Pilules de Blaud.

Sulfate de fer, 16gram.

Carbonate de potasse, 16 Poudre de réglisse, j Gomme adragante, / q. s.

Sirop simple, /

M. et fuites 38 pilules. — 2 à 12 par jour progressivement.

Pilules de Vallet.

Sulfatede fercrist. pur, 580 grain.

Cavbonatedesoudepur, 500

Miel, 300 Sirop de sucre, q-

Ces pilules différent des précédentes en ce que le carbonate de soude remplace le carbonate de potasse et que les substances médicamenteuses sont enveloppées de sirop et de miel, afin d'éviter la transformation du proto-carbonate de fer en carbonate de per

Pastilles au citrate de fer.

Citrate de fer, Acide citrique, Essence de citron.

Sucre, Eau,

F. s. a. des past. de 0,50 ce.

— 4 à <; et plus progressiveme-

10 gra; 0,40 cen, 1,60

Pilules de carbonate ferro-manga-

wux (Petrequin).

Suif, ferreux crist. pur, 75gram. ■ — mangan. crist. pur, 25 Carbon, de soude crist., 120 | Miel fin, 60 j Eau, q. s.

F. des pilules de 0,20 cent. — ! 2 à 4 par jour.

Pilules ferrugineuses aloétiques.

(Andral).

Aloès, 0,10 cent.

Sulfate de fer, 0,10

P. s. a. 1 pilule. — 2à6 semblables par jour.

Eau ferrugineuse (Mialhe).

Eau, 625 gram,

Citrate ferrique sec, 1 Acide citrique, 4 Bicarbonate de soude, 5

Ajoutez d'abord le sel de fer et l'acide citrique ; puis le bicarbonate de soude; bouchez immédiatement.

Eau ferrée gazeuse extemporanèe.

Bicarbonate de soude, 15 gram.

Acide tartrique, 25 Sulfate de fer pur, 15 gram.

Sucre, 30

Conservez dans un flacon bien bouché. — Prendre, deux ou trois fois par jour, une cuillerée à café de cette poudre, qu'on introduit dans un verre d'eau sucrée, où elle produit une effervescence.

Autre (Quenne ville).

Poudre ferrugineuse ayant pour base un sel double de fer uni a.

un purgatif salin, le tartrate de soude, propre à combattre la constipation.

Pilules de fer et de digitale (id.).

Poudre de digitale, 0,60 cent.

Limaille de fer, 2 gram.

Thridace, 2 Miel, q. s.

F. s. a. 35 pilules. — 3 à 12 par jour progressivement.

CIIOLÉra-MORBUS. — Ce mot, qui signifie improprement /lux de bile, est appliqué à deux affections distinctes, sinon par leurs symptômes primitifs, du moins par leurs causes et leur gravité, le choléra sporadique et le choléra épidémique.

CHOLÉRA SPORADIQUE. — Vomissements répétés , intenses, survenant brusquement ou après un court malaise , accompagnés ou promptement suivis de déjections alvines abondantes, etc.

Causes. — Les unes agissent sur l'ensemble de l'économie, telles sont les vicissitudes atmosphériques , les grandes chaleurs, les affections morales vives, etc.; d'autres portent leur action sur le canal digestif, comme les boissons froides, glacées , les éméto-catbartiqucs , l'ingestion de certaines sub- : stances vénéneuses, etc.

; Symptômes. — Le début est ordinairement subit et noc- [ turne ; quelquefois cependant il y a des phénomènes d'indigestion précurseurs. Douleur épipastrique intense, nausées,

éructations suivies bientôt de vomissements aqueux mêlés de bile , devenant ensuite entièrement bilieux. En même, temps coliques, selles abondantes, fétides, acres, verdâtres ou noirâtres ; crampes aux mollets et aux pieds , rarement plu? étendues; dureté et rétraction des parois abdominales. Soil ardente , langue sècbe , sentiment d'ardeur dans la gorge Pouls faible, filiforme, accéléré; voix affaiblie ou même aphonie; refroidissement, anxiété, prostration, amaigrisse-j ment profond ; lipothymies, syncopes, mort.

Marche, terminaison, pronostic. — Le choléra sporadique parcourt rapidement ses périodes; sa durée est de quelques heures ordinairement, après quoi les malades reviennent à 1e santé ou succombent. La mort est l'exception cependant. Le pronostic n'est point très grave, par conséquent , à moins que la maladie ne survienne dans le cours d'une autre affection.

Diagnostic. — Il sera toujours facile de distinguer le choléra sporadique des autres maladies gastro-intestinales, même, de l'indigestion, de l'empoisonnement et du choléra asiatique auquel elle ressemble le plus.

Traitement. — Variant suivant les idées dominantes suil la nature de la maladie , ce traitement a été basé tour-à-toui sur les antiphlogistiques , les vomitifs, les purgatifs, les toniques et les excitants. Il ne faut adopter aucune méthode exclusive, mais les combiner suivant les cas.

Lorsque le choléra est peu intense, on prescrit une infusionj aromatique chaude de tilleul, de feuilles d'oranger ou de ca-t momille, additionnée ou non d'opium; des frictions sur les> membres avec le baume de Fioraventi , l'eau de Cologne ou de lavande, pour rappeler la chaleur et calmer les crampes; des cataplasmes sinapisés ; des cmhrocations sur l'abdomenl avec des liniments sédatifs ou stimulants ; des lavements lau-i danisés. Aux vomissements opiniâtres on oppose la glace à l'intérieur donnée, par petits fragments, l'eau de Seltz, la po-> tion de Rivière, le vésicatoirc sur l'épigastre.

On peut encore employer le bain, les antispasmodiques et d'autres moyens encore, tels (pie l'acétate de plomb, le cnlomel, etc. ; mais ces remèdes sont d'une utilité secondaire. En

toute circonstance la diète, le calme physique et moral sont de nécessité.

Nous n'avons pas parlé de la réaction, qui présente beaucoup moins d'importance que dans le choléra épidémique.

CHOLÉRA ÉPIDÉMIQUE. Choléra asiatique, parce qu'il est originaire de l'Inde où il est endémique; psorentérie, à cause du développement des follicules isolés qui font paraître l'intestin couvert de boutons. — Vomissements abondants, selles fréquentes de matières aqueuses semblables à une décoction de riz, crampes, refroidissement, teinte violacée de la peau, suppression des urines, pouls insensible, excavation des yeux.

Causes. — Les habitations malsaines, l'encombrement, la privation des choses de première nécessité, les excès de tous genres prédisposent au choléra-morbus, dont les causes occasionnelles sont les excès alcooliques, l'usage de substances indigestes, de boissons froides, glacées, la peur de la maladie; mais avant tout l'influence de la constitution épidémique, et, suivant beaucoup d'observateurs, la contagion.

Symptômes. — On distingue trois périodes. Ire période {début). Le plus souvent se manifestent des prodromes, consistant en diarrhée, coliques, perte de l'appétit; mais ces troubles digestifs peuvent ne pas appartenir au choléra, bien que celui-ci leur succède, de même qu'ils peuvent être nés sous l'influence épidémique et cependant ne pas être suivis d'accidents plus graves. Le choléra commence réellement du moment où se déclarent les vomissements, les selles, les coliques, et les autres phénomènes énoncés dans la définition. Quelquefois les vomissements manquent, dans d'autres circonstances plus rares ce sont les évacuations alvines.

2e période [état cija nique ou algide]. — La diarrhée est très fréquente (10, 15, à 20 et 30 selles dans les 24 heures); ces selles sont composées de matières blanchâtres, aqueuses, mêlées de flocons albumineux, d'une odeur fécale peu marquée. Elles s'accompagnent, mais pas constamment, de coliques et de crampes. Celles-ci sont parfois très violentes, occupant un ou plusieurs membres, ou même l'abdomen. Les vomisse-

224 NOLVKAU COMPENDIUM.

mérita marquent le début de cette période ; plus tard ils sont moins fréquents. Des douleurs se font sentir à l'épigastre, dans le ventre; l'urine est diminuée ou même supprimée, surtout lorsque le refroidissement est très marqué. La peau a une teinte bleuâtre due au trouble profond de la circulation et de l'hématose surtout, car le sang est noir, dépourvu de sérum ; l'haleine est froide, la voix éteinte. Les yeux sont excavés, la face profondément altérée. Une soif ardente dévore le malade, qui ne peut la satisfaire à cause des vomissements.

3e période [réaction]. — La période précédente ne se terminant pas par la mort, les symptômes s'améliorent, le pouls reparaît, se relève, la chaleur revient, les évacuations cessent, la respiration devient plus facile, en un mot la guérison s'opère tantôt d'une manière calme, régulière, tantôt au contraire après avoir traversé d'autres phénomènes dits de réaction. Ces phénomènes offrent plus ou moins de gravité et, d'après leur physionomie, ont été divisés en inflammatoires, adynamiques, ataxiques ou comateux. A la petitesse du pouls, au refroidissement de la peau succèdent la chaleur, la fièvre, la céphalalgie, quelquefois le délire, la sécheresse de la langue, etc., symptômes qui, à leur tour, font place au calme ou se terminent par la mort.

Marche, durée, terminaison. — Le choléra marche rapidement ; on le divise en léger et en intense suivant la gravité des symptômes. Sa durée varie entre quelques heures (choléra foudroyant) et deux ou trois jours. La mort est la terminaison la plus fréquente : elle survient dans toutes les périodes, mais plus souvent, encore dans la période algide. La convalescence est difficile, longue, menacée de rechutes ou de troubles intestinaux qui peuvent persister pendant plusieurs mois. La maladie se termine assez fréquemment par des crises; rarement on observe des métastases.

Traitement. — Il n'existe ni spécifique ni méthode exclusive de traitement du choléra-morbus. Tout est incertain, insuffisant, ce qui rend la prophylaxie de la plus grande importance.

1° Traitement de la cliolérine. — La diarrhée qui précède le choléra ou qui se manifeste dans le cours d'une épidémie

cholérique exige le repos, la diète, l'eau de riz pour boisson et quelques petits lavements amidonnés et laudanisés. On peut aussi conseiller de prendre matin et soir 3 à 5 gouttes de Sydenbam dans une tasse d'eau de tilleul, et ce pendant tout le temps que dure la diarrhée et même l'épidémie, s'il s'agit de personnes dont les fonctions digestivcs se troublent facilement. — Quelques médecins ont conseillé les vomitifs et les purgatifs, l'ipécacuanha, qui a été regardé comme le spécifique de la cholérine, l'eau de Sedlitz dont l'action purgative est suivie de constipation ; mais il est plus prudent de ne pas recourir à ces moyens. — M. Monneret administre le sous-nitrate de bismuth à haute dose : 20 à 30 grammes aux enfants, •50 à 60 grammes aux adultes.

2" Traitement du choléra confirmé. Il faut distinguer les périodes.— Période a/gide. L'indication fondamentale est de rappeler la chaleur, de ranimer la circulation, d'arrêter les évacuations. Pour cela, on a employé les excitants internes (acétate d'ammoniaque, punch, vin chaud, infusions aromatiques, essence de menthe, arnica, café) ; les narcotiques (opium, laudanum en potion et en lavement) ; les toniques astringents ; les antispasmodiques (éther, castoréum, teinture de valériane) ; les vomitifs et les purgatifs (ipécacuanha, sulfate de soude) ; l'eau froide, la glace et une foule d'autres moyens, tels que le nitrate d'argent, la noix vomique, le chloroforme. En même temps, on a recours à la médication stimulante externe , consistant en frictions sèches ou avec des fers à repasser préalablement chauffés, etc.; en bains chauds, en liniments excitants, sinapismes, vésicatoires, etc. Un long vésicatoire appliqué sur le rachis paraît avoir réussi plusieurs fois à M. Ch. Masson.

Période de réaction. Après avoir provoqué la réaction, on est obligé de la modérer lorsqu'elle est trop intense. Alors commence le rôle des antiphlogistiques, tels que saignée générale, sangsues sur l'épigastre, boissons douces, etr. On combat les symptômes particuliers, la céphalalgie , le délire ou l'état typhoïde, par les moyens appropriés.

En résumé, le traitement auquel on doit accorder le plus de confiance doit consister dans l'emploi combiné de l'opium;

des excitants internes et externes, des antivomitifs et des antispasmodiques, — Prophylaxie : combattre la diarrhée prodromique ; éloignement de toute espèce d'excès; fuir l'épidémie,

lre ordonnance :

1° Infusion de menthe ou de camomille édulcorée avec le sirop de fleurs d'oranger ;

2° Malin et soir un Lavement avec 1 gr. de laudanum de Sydenham ;

3° Frictions sur les membres avec le baume, de Fioraventi, l'eau de Cologne ;

4° Prendre par cuillerées une potion ainsi composée :

Infusion de tilleul, 120gram.

Ether snlfurique, 1 Sirop diacodc, 30

2e ordonnance pour un cas grave où le pouls est insensible :

lo Punch pour boisson-, 2° Frictions irritantes, vésicatoire rachidien , siuapismes promenés ;

3° Emploi de l' électro-galvanisme.

Dans les deux cas, on peut recourir à la glace à l'intérieur par petits fragments, ou à la potion de Rivière, aux eaux gazeuses pour calmer les vomissements.

Enfin, voici quelques autres formules qu'on pourra essayer à l'exemple de leurs auteurs.

Potion (Andral).

Potion gommeuse, 120 gram.

Acétate d'ammoniaque , 4 Sulfate de quinine, 0,75 cent.

Ether sulfurique, 20 iront.

Camphre, lgrarn.

Potion stimulante (Stromeyer).

Liq. ammon. anb':e, , Teint, de valériane éth.,)aap. ég.

Huile de ment, poivrée,)

Potion antispasmodique iSchœfer).

Teint, de ca>toreum, 1 — de valériane éth.,| Esp. de corne de eerf)aa4gram.

succiné, l Teinture d'opium,

Potion au chloroforme (Brady).

Huile de ricin, 12 gram.

Chloroforme, Ggout.

Teinture d'opium, 20 Eau de menthe, 45 gram.

A prendre en 3 fois tous les quarts d'heure.

Fomentation (Wonns).

Alcool camphré, 150 gram,

Ammon. liquide, 12 à 25 Infusion d'arnica, 100 Chlorhydrate d'amm., 45

On applique une flanelle imbibée de ce mélange sur la tête préalablement rasée pour rendre la réaction plus facile et moins grave.

CHORr.rc. Danse de Saint-Guy, de Saint-JFist. — Contractions musculaires involontaires dos muscles du corps, particulièrement de ceux des membres, se manifestant à des intervalles variables et donnant lieu à des mouvements dèsordonnés et bizarres. Celle affection est de la classe des névroses, et aurait pour siège, selon M. Bouilland, le cervelet.

Causes. — La chorée se montre le plus souvent chez les jeunes filles de dix à quinze ans ; c'est plus rarement qu'on l'observe avant et surtout après cet âge. M. H. Roger en a remarqué un cas chez une femme de plus de soixante ans. Les jeunes garçons n'en sont pas exempts, quoiqu'ils en montrent peu d'exemples. Le rhumatisme, l'habitation dans un lieu bas et humide, l'hérédité, selon quelques-uns, seraient encore des causes prédisposantes. — Quant aux causes occasionnelles, ce sont la frayeur, la jalousie, la masturbation, la suppression des règles, les coups sur la tête , l'irritation du cervelet , la présence de vers dans le canal intestinal, et, répétons-le, le rhumatisme articulaire, avec lequel, suivant M. Sée, la chorée coïnciderait dans la majorité des cas (chorée rhumatismale).

Symptômes. — Ils sont quelquefois précédés de signes prodromiques, consistant en du malaise, une certaine irritabilité, des troubles digestifs; plus souvent le début a lieu par des fourmillements dans les membres qui vont être envahis ; bientôt se manifeste la perturbation des mouvements, soit dans un seul ou dans les deux membres supérieurs, soit dans un seul doigt, ou, au contraire, dans tout le corps. Dans ce dernier cas, qui est le plus rare d'ailleurs (chorée générale), les contractions spasmodiques des muscles sont très variables et bizarres, quelquefois peu marquées ; ailleurs déterminant : 1° aux membres supérieurs , des mouvements alternatifs et involontaires de flexion, d'extension, d'adduction et d'abduction, qui causent de la mi\ resse, de l'hésitation; 2" aux membres inférieurs, une démarche singulière, un sautillement irrégulier, une progression difficile et incertaine ; 3o à la face, des grimaces, une sorte de rire sardonique ou de spasme cynique; 4°. à la langue et au larynx, une sorte de bégaiement, •d'aboiement, etc.; 5" au tronc, une agitation presque continuelle du corps. — La chorée partielle ne diffère de celle dont jnous venons d'indiquer les signes qu'en ce qu'elle n'occupe, non pas qu'une seule partie (c'est plus rare encore que la chorée générale), mais qu'un seul côté du corps, le plus souvent le gauche, ou les deux membres supérieurs, etc. Les mouvements choréiques ^epsont pendant le sommeil,

228 NOUVEAU COMPEND1UM.

pour se montrer immédiatement après le réveil ; ils augmentent d'intensité lorsque les malades s'aperçoivent qu'on les observe, ou lorsqu'elles ont des émotions. On a remarqué chez quelques-unes certain degré d'affaiblissement de l'intelligence. Jamais de Oèvre, à moins de complication.

Marche continue et progressive, quelquefois intermittente. Durée variable, de trente à quarante jours en moyenne. Terminaison heureuse dans l'immense majorité des cas , mais pourtant mortelle une fois sur douze ou quinze environ : la mort a lieu par syncope ou par asphyxie. Récidives fréquentes. .

Traitement. — Les moyens thérapeutiques dirigés contre la chorée forment une longue liste que nous devons abréger. Pour mettre de l'ordre dans cette énumération, nous les diviserons en internes et en externes. — 1° Moyens internes ou généraux. Les émissions sanguines ont été préconisées , mais on y a peu recours, si ce n'est comme moyen de répondre à des indications spéciales. On emploie plus souvent les purgatifs, les antispasmodiques, les narcotiques et surtout les ferrugineux. Le tartre stibié à haute dose, le nitrate d'argent, l'arsenic, l'éther, l'huile de térébenthine, le narcisse des prés le cuivre ammoniacal, l'iode et la noix vomique ont leurs partisans. La noix vomique notamment a été mise en usage p :i MM. Cazenave, Lejeune, Trousseau. Mais ce dernier emploie de préférence le sulfate de strychnine en sirop, et regarde ce médicament comme héroïque.

2° Moyens externes. Au premier rang , nous placerons les bains sulfureux , qui , aidés do la gymnastique , ont procuré les plus beaux résultats à M. Blachc. Les bains froids, les affusions froides, les bains de mer , les bains par surpris.' ci d'ondée, sont également réputés efficaces. Viennent ensu te les irritants cutanés, l'électricité, etc.

Maintenant, pour fixer l'attention du praticien sur les remèdes qui paraissent mériter le plus de confiance, nous .lirons que ïopium, les bains sulfureux et la gymnastique, les bains froids, les ferrugineux et la stryclmine dan- les i rebelles et graves méritent la préférence. Mais la cl < ne serait-elle pas une affection, comme la coqueluche, qui ten-

drait à se terminer naturellement par la guérison vers le soixantième jour, nonobstant les divers traitements bons ou mauvais?

Pilulesde noix romiV/uefNieumaiin).

Assa fœtida, 6,25 cent.

Iî!xt. de noix vomique, 1 ,25

F. des pilules de 0,05 cent. — 6 à 10 par jour.

Pilules de strychnine (Forger).

Strychnine, 0,05 cent.

Extrait de réglisse, 1 gram.

F. 16 pilules. — 1 matin et soir.

Augmenter.

Sirop de sulfate de strychnine (Trousseau).

Sirop contenant 0,05 cent, de sulfate pour 100 gram. de sirop de sucre. — 1 cuillerée toutes les heures et demie jusqu'à production de raideur. Alors on suspend le sirop pour le reprendre le lendemain, et ainsi de suite jusqu'à la guérison.

Pilules purgatives.

Aloès, ] Scammonée , > aapart. ég.

Calomel, )

M. F. s. a. des pilules de 0,15 c.

— 1 toutes les trois heures , en alternant avec la potion suivante :

Potion slibiée.

Tartre stibié, 0,30 cent.

Inf. de feuill. d'orang., 125 gram.

Sirop de sucre, 30

1 cuillerée toutes les deux heures.

Teinture d'atropine.

Atropine, 1 grain.

Alcool à 85°, 100 1 à 10 gouttes en potion.

Pilules (Mérat).

Ext. aq. d'opium, 1,50 cent.

Camphre en p. , 2,50 Nitrate d'argent, 0,15 Sirop simple, q. s.

F. s. a. 50 pilules. — 1 puis 2 par jour.

Préparations bclladonées.

(V. Belladone et Atropine au Dict. Hier.).

Formules ferrugineuses.

(V. Chlorose.)

CnUTE DU UECTUM CHEZ LES ENFANTS. — PlOCldence

de la muqueuse rectale , et même de la membrane propre de l'intestin à travers l'anus Cette afïection est très fréquente chez les enfants.

Cotises. — Elles sont différentes de celles qui président à la chute du rectum chez les adultes : chez ces derniers , ce sont les efforts de défécation et de miction, la constipation, les hémorrhoïdes , etc. ; chez les enfants , ce sont les défécations très fréquentes, comme dans l'entérite et la dyssenterie; c'est la faiblesse do la constitution, et en dernier résultat, la diminution de la contractilité du sphincter anal.

Symptômes. — Paraissant pour la première fois, la tumeur, formée par le renversement du rectum, est peu volumineuse

et rentre d'elle-même dès que les efforts de défécation, les épreintes , ont cessé. Plus tard , il faut exercer une légère pression pour la réduire; plus tard enfin, elle est presque permanente. De là irritation locale , suintement habituel , menace d'étranglement. Elle affecte une forme globuleuse et présente des plis rayonnants du centre à la circonférence.

Traitement. — Il est plutôt chirurgical que médical. Envisagé sous ce second point de vue, il a pour but de combattre la diarrhée , la constipation ou l'atonie générale par les moyens appropriés. Les toniques sont aussi employés localement : ils consistent en demi-bains froids , en applications de compresses imbibées de vin aromatique, ou de tout autre liquide astringent, tel que la décoction d'écorce de chêne, les solutions d'alun, de sulfate de fer.

Pour restituer au sphincter sa contractilité perdue, M. Duchaussoy propose l'emploi de la strychnine et de l'électricité , aidées, s'il le faut, de la cautérisation par le procédé de M. Guersant.

CHOROidite. — Inflammation de la choroïde. Elle se montre rarement isolée, surtout à l'état aigu, où elle se confond avec la rétinite et l'iritis. (V. ces mots.) Ses causes sont toutes celles des inflammations oculaires. Certains auteurs font jouer, dans sa production, un grand rôle à la goutte et aux fonctions de la veine porte et des veines hémorrhoïdales. (V. Ophthalmie veineuse.)

Symptômes. — Contraction de la pupille; refoulement de l'iris en avant ; cercle livide autour de la cornée , photophobie et larmoiement; de plus , douleurs orbitaircs profondes, obscurcissement de l'humeur aqueuse; quelquefois teinte rougeâtre, sanguinolente de cette humeur, altération de la vue; phénomènes généraux. Dans la choroïdite chronique, la sclérotique s'amincit en même temps que la choroïde s'épaissit, et l'on peut juger des caractères physiques de la membrane malade par le changement de couleur du blanc de l'œil.

Traitement. — Antiphlogistiques énergiques : sangsues

à l'anus , saignée ; frictions mercurielles belladonées , purgatifs aloétiques, etc.

cirrhose. Etat granuleux du foie. — Maladie du foie caractérisée par l'hypertrophie de la substance jaune, en même temps que la substance rouge s'atrophie, d'où il résulte que l'organe offre l'aspect de la cire, que sa couleur est d'un jaune foncé , avec diminution de son volume.

Causes. — Elles sont peu connues. Ce seraient les affections du cœur , l'emphysème pulmonaire par la gêne qu'il produit dans la circulation, les affections morales vives, etc.

Symptômes. — Le début est souvent latent, ou bien une douleur sourde se fait sentir dans la région du foie. Ce viscère commence par augmenter de volume , et ce n'est que plus tard qu'il se rapetisse : c'est ce que la percussion constate aisément. Il n'y a pas d'ictère, mais une coloration particulière de la peau tirant sur le jaunâtre-terreux. Le phénomène le plus important et le plus constant est l'ascite , qui s'accompagne d'une dilatation des veines superficielles du ventre. Il survient de l'amaigrissement, de l'œdème aux membres inférieurs. L'appétit ne se perd cependant qu'assez lard, puis se manifestent souvent des éructations , des vomissements, du dévoiement. Les urines sont d'une couleur jaune orangé foncée, ou rougeâtres, fortement acides ; la peau est très sèche, sans la moindre moiteur.

Marche , pronostic. — La cirrhose a une marche lente et une forme chronique , quoique M. Becquerel lui ait reconnu une forme aiguë dans quelques cas rares. La durée est de plusieurs mois. La mort est la terminaison inévitable.

Traitement. — La gravité du pronostic fait prévoir l'inutilité de la thérapeutique. On a recours naturellement à tous les moyens que réclame \' hépatite chronique (V. ce mot), tels que sangsues, diurétiques, purgatifs, fondants, vésicatoire et cautères, eaux alcalines, etc. Les pilules bleues (V. ce mot au Dict. thér.) ont. été employées avec quelque succès par M. Monnerct à la dose altérante de une à cinq par jour.

colique. — -Expression générique qui désigne toute douleur abdominale, ayant pour caractères d'être exacerbante et

mobile. Envisagées sous ce point de vue général, les coliques sont de natures très différentes et non moins nombreuses. Mais nous ne parlerons ici que des coliques dites de cuivre, de Madrid, de plomb, et de celles des en foula à la mamelle, renvoyant, pour les autres, aux mots Calculs, Entéralgie, Gastralgie, Hystérie, Iléus, Métrite, Néphrite, etc.

COLIQUE DE CUIVRE. — Diarrhée , nausées , vomissements , douleurs exacerbantes, et fièvre, dus à l'absorption du cuivre à l'état moléculaire , et se montrant quelquefois chez les fondeurs , les tourneurs et tous ceux qui travaillent ce métal. Cette maladie n'a rien de spécial, suivant MM. Chevallier et Boys de Loury ; c'est tout simplemenfune inflammation intestinale qui réclame les émollients et les opiacés.

COLIQUE DE MADRID. Colique végétale , colique d'Espagne, colique nerveuse, colique sèche, etc. — Cette affection est caractérisée par des coliques très violentes , avec une profonde anxiété , des vomituritions et une constipation opiniâtre. En quoi consiste-t-elle ï est-ce une intoxication, une inflammation ou une névrose 1 On pense généralement qu'elle est de nature purement nerveuse. Pour M. Segond, c'est une névralgie du grand sympathique ; pour M. Valleix , c'est une forme de gastro-entéralgie.

Causes. — La principale serait l'action brusque d'un vent frais sur la peau et les grandes variations de température , comme cela se remarque en Espagne , au Sénégal, etc. Les hommes sont presque exclusivement attaqués de cette maladie, qui est encore attribuée au mauvais cidre , aux vins blancs du Poitou [colique de Poitou), etc.

Symptômes. — D'abord douleurs sourdes ou sentiment de malaise dans la région abdominale; abattement général, sensation de froid aux extrémités , rareté des fèces , tristesse. Après quelques jours de ces prodromes les coliques se déclarent intenses, tantôt moins fortes cependant, tantôt atroces, revenant à des intervalles variables, généralement courts. Le ventre n'est pas douloureux à la pression ; les malades le compriment même quelquefois pour se soulager, quoiqu'il soit le plus souvent rétracté, aplati. 11 y a une constipation

absolue; l'appétit est perdu, la langue sale; des crampes se manifestent souvent aux extrémités, la face est grippée, avec teinte ictérique. Le pouls est très lent, la respiration difficile ; hoquet , vomissements ; rareté des urines ; paralysies partielles; délire, coma, tel est le tableau symptomatologique de cette maladie, qui ressemble d'une manière surprenante à la colique saturnine. j

Marche , durée , pronostic. — La colique végétale est une maladie continue, avec exacerbations et rémissions; celles-ci sont quelquefois trompeuses en ce qu'elles font croire à une convalescence qui n'est qu'illusoire. Sa durée est variable La terminaison ordinaire est la guérison qu'annonce le retour des selles et des urines, puis la diminution des douleurs abdominales.

Traitement. — Si la colique végétale et la colique minérale ou de plomb offrent les mêmes symptômes, leur traitement est aussi identique. Les motifs de distinguer ces deux maladies ne reposent donc que sur leurs causes, qui sont encore mal appréciées pour la colique de Madrid. — On emploie donc contre cette affection les purgatifs et les vomitifs , les bains, les révulsifs externes, les boissons tempérantes, etc.

COLIQUE DE PLOMB. Colique saturnine, des peintres; colique minérale. — Névralgie des organes digestifs et urinaires produite par l'absorption du plomb à l'état moléculaire dans l'économie. Cette absorption donne Heu à plusieurs ordres de phénomènes dont la colique, c'est-à-dire les douleurs de ventre et la constipation , est le plus fréquent , bien qu'elle n'accompagne pas nécessairement l'intoxication saturnine.

Causes. — La condition essentielle de la colique de plomb réside dans l'absorption des molécules de ce métal par les muqueuses et par la peau. Cette absorption est favorisée par une température élevée, les écarts de régime, la malpropreté, l'état de constipation habituelle, la circonstance d'avoir été pris déjà de la maladie. Les ouvriers des fabriques de blanc de céruse, de minium, sont le plus souvent et le plus fortement atteints de la colique saturnine, qui se voit encore l'ré-

quemment chez les peintres en bâtiment , les broyeurs de couleurs.

Symptômes. — Les phénomènes à étudier peuvent se diviser de la manière suivante : prodromes, colique, arthralgie, paralysie, cncéphalopathie.

Prodromes. « La colique de plomb, dit M. Grisolle, peut débuter d'une manière brusque, mais le plus souvent elle a des prodromes qui sont tous les phénomènes d'intoxication décrits, auxquels se joignent bientôt des douleurs clans les membres, l'inappétence, du malaise et la difficulté des évacuations ; les selles sont rares, les matières excrétées sont noires, rouillées. Ajoutons qu'on remarque quekpiefois une teinte ictérique de la peau, et que les malades ressentent une saveur sucrée. »

Colique. Douleur de ventre vive, exacerbante, siégeant à l'ombilic le plus souvent, mais s'irradiant vers les lombes, les parties génitales. Elle est si violente dans certains cas que le malade pousse des cris, se roule dans son lit, prend les positions les plus bizarres, présentant une face grippée, des yeux caves, etc. La pression abdominale calme plutôt ces douleurs qu'elle ne les exespère. Le ventre est plus ou moins rétracté, ce qui paraît dû à une contraction spasmodique des muscles droits. En même temps il existe une constipation absolue ; parfois le malade éprouve la sensation trompeuse du besoin de la défécation et se livre à des efforts considérables et infructueux. Dans la plupart des cas se manifestent des nausées et des vomissements de matières vertes, porracées et visqueuses. La sécrétion urinaire est diminuée; chez quelques malades la miction est douloureuse, accompagnée de ténesme. Ajoutons , pour compléter ce tableau, la rétraction des testicules, les crampes, la pâleur de la face l'anorexie, l'absence de fièvre.

Arthralgie. L'arthralgic saturnine est aux organes do relation ce qu'est la colique aux organes de nutrition. Ce mode d'intoxication par le plomb se caractérise par des douleurs des membres sans trajet déterminé, diminuées par la pression, augmentées par les mouvements, et offrant des exacerbations plus ou moins marquées comme celles des né-

vraïgies. Des crampes, des spasmes, la rigidité des muscles des parties affectées les accompagnent principalement au moment des accès. Pas de fièvre, rien d'apparent à la peau.

Paralysie saturnine. Rarement primitive, elle est presque toujours au contraire précédée de la colique et de l'arthralgie. Elle est peu souvent générale et complète , mais plutôt bornée à un système de muscles, ou même circonscrite a un seul faisceau musculaire, principalement aux membres supérieurs. Presque toujours la paralysie est bornée aux muscles extenseurs, le plus souvent à ceux du poignet et des doigts, qui sont fléchis.

La sensibilité est presque toujours intacte dans les membres paralysés, mais dans quelques cas assez rares, les parties privées de mouvement sont également insensibles. La paralysie de la sensibilité, que M. Tanquerel a appelée anesthêsie saturnine, peut n'atteindre que la peau ; ou bien elle affecte aussi les parties profondes, quelquefois les organes des sens, d'où amaurose, surdité, etc.

Encéphalopathie saturnine. Les accidents cérébraux saturnins se présentent sous trois formes : délirante, convulsive, comateuse. Ils se déclarent tantôt subitement, tantôt au contraire après avoir été procédés de céphalalgie, de vertiges, de douleurs et de fourmillements dans les membres, de troubles dans les sens, etc. — Le délire est simple et calme ou furieux, continu ou avec des paroxysmes. Il se dissipe ou se termine par la forme comateuse ; quelques sujets meurent subitement, d'autres se donnent la mort. — La forme convulsive a reçu le nom d'épileptique; l'attaque s'accompagne ou nom de convulsions, et n'est pas suivie immédiatement du rétablissement des fonctions. La mort arrive souvent par asphyxie ou subitement. — La forme comateuse succède fréquemment aux deux précédentes ; on observe une somnolence profonde, la vue est abolie, etc., et ces phénomènes durent de deux à six jours.

Marche, durée, pronostic. — Il faut distinguer la forme de l'affection. La colique peut être guérie en trois ou quatre jours si elle est bien traitée; abandonnée à elle-même, sa durée est indéterminée. Les rechutes sont faciles après un traitement

incomplet ; les récidives très fréquentes chez ceux qui s'expo sent trop tôt aux influences morbifères des émanations plombiques. Simple, sans phénomènes cérébraux, cette maladie n'est pas grave. — L'arthralgie elle-même ne doit pas inspirer de craintes sérieuses, quoique les rechutes et récidives soient fréquentes. — La paralysie, d'une marche lente, d'une durée illimitée, est grave au contraire, bien que par elle-même elle ne compromette pas les jours du malade. L'anesthésie saturnine est plus mobile et disparaît plus facilement. — L'encéphalopathie a une marche irrégulière, insidieuse, une durée variable ; elle est presque toujours mortelle, surtout dans la forme comateuse.

Traitement. — Les distinctions symptomatiques que nous venons d'établir en nécessitent de thérapeutiques : 1° Commençons par la colique saturnine. Plusieurs méthodes de traitement sont proposées : la plus célèbre est celle dite de la Charité. Ce traitement célèbre dure sept jours.

Premier jour :

Lacement purgatif. Lavement anodin.

Feuilles de séné, 15 grain, j jju;le jc noiXi ISOgram.

Eau (décoction], 1000 y;n rouge, 360

Sulfate de soude, 15 j eu.e adn,injstré iQ h0ir,

Vin éraétique, 120 j aiusi que le bol suivant.

Em 1,6 casse- Bol calmant.

Casse en bâton con-

cassée 60 gram. - Tlieriaque. 4 a 6 grain.

Eau (décoction), 1000 - Opium. 0.05 à 0,07 cent.

Emétique, 0,15 cent, j

Sel d'Epsom, 30 gram. I

Deuxième jour :

Eau ben«e. j Eau (1 li.de décoct.), 2000 grain.

Tartre stibié, 0,30 cent, j Ajoutez une décoction légère de

Eau tiède, 240 Bram- Sassafras, 30 gram.

On la prend le matin; le reste R(J(rli8gei ' 15 '

du iour la tisane suivante : ' . ,

uu A cinq heures du soir, le lart-

Tisane sudoriflque simple. \ )Mnt purgatif ; — à 8 heures, le Ga'iac, j bol calmant.

Squine, \ aa 30 gnim.

Salsepareille, I

Troisième jour

Tisane sudorifique.

Tisane sudorifique

simple n" 1000 gram.

Séné, 30

Faite? bouillir légèrement et passez. Deux verres le matin.

Dans la journée, tisane sudorifique, A quatre heures, lavement purgatif .

A six heures, lacement anodin.

A huit heures, bol calmant.

Quatrième jour :

Purgatif des peintres.

Follicules de séné, 8 gram.

Eau, 240

Réduisez par l'éhullition à 180 gram. Ajoutez :

Sel de Glnuber, 30 gram.

4 grain.

Jalap en poudre, Sirop de Nerprun,

A prendre le matin.

Dans la journée, tisane sudorifique A cinq heures, lavement anodin, A huit heures, bol calmant.

Cinquième jour :

La tisane sudorifique laxative. | A six heures, lavement anodin.

A quatre heures, lavement purgatif. I A huit heures, bol calmant.

Sixième jour :

Reprendre le traitement du quatrième jour.

Septième jour :

Reprendre le traitement du cinquième jour : clans la journée , Usant sudorifique simple.

Ce fameux traitement est efficace sans aucun doute ; mais on peut obtenir le même résultat à l'aide d'une thérapeutique moins compliquée. Ainsi on peut supprimer la tisane sudorifique, qui fatigue les malades, et remplacer la potion purgative par tout autre évacuant actif. Par exemple, l'huile de croton tiglium, soit seule en pilule ou dans du sirop, soit mêlée à de l'huile de ricin, sera d'une action plus sûre que les préparations ci-dessus. Selon M. Tanquerel, le meilleur mode de l'administrer, c'est de la donner à la dose d'une goutte dans une cuillerée de tisane dès la première visite ; on renouvelle cette dose huit heures après, s'il n'y a pas eu d'effet. Puis on recommence le lendemain et le surlendemain. On favorise l'action évacuante par des lavements purgatifs; le soir, on donne de 5 à 10 centigr. d'opium pour favoriser le sommeil.

NOUVEAU COMPENDim.

M. Grisolle conseille, s'il y a des symptômes saburraux, de commencer par un

Eméto-catharlique.

Tartre stibié, 0,10 ou 0,15 cent. I Sulfate de soude,

1 5 grain .

Quoique le traitement de la colique de plomb par les évacuants soit sûr et prompt , on a essayé d'autres moyens qui, bien que vantés par les parties intéressées, ont dû tomber dans l'oubli. Parmi eux, nous citerons la limonade sulfurique prô • née par M. Gendrin, et qui aurait pour eiïet de transformer les molécules saturnines en sulfate de plomb insoluble :

Limonade sulfurique.

Acide sulfurique, 4 à 8 gram.

Eau, 1000

Sirop ou sucre, 60 gram.

A prendre dans la journée.

L'alun a été employé par Kapeler.

Alun,

Potion alumineuse.

4 à 8 et 12 gram. I Potion gommeuse,

250 gram.

On a encore conseillé les boissons chargées d'hydrogène sî<//wre'(Lalouette) ; la noix vomique;\ç persulfure de /i?7-(Sandras) ; le chloroforme à l'intérieur et en applications (Aran) ; Y opium à dose progressivement croissante (Bricheteau) ; enlin les antiphlogîstiques, tels que sangsues, topiques émollients. bains et même saignée.

2° Traitement de Varthralgie. « Les bains sulfureux donnés tous les jours, pendant sept ou huit jours ou plus, si le cas l'exige, sont, d'après l'expérience, un des moyens auxquels on doit avoir le plus de confiance. »

Viodure de potassium a une très grande efficacité contre l'intoxication saturnine, d'après les expériences de MM. Guillot et Melsens. M. Valleix, qui l'a expérimenté aussi, dit qu'on ne saurait trop engager les praticiens à le mettre en usage.

3° Traitement de la paralysie saturnine. Tl comprend les frictions excitantes, les bains sulfureux, les bains de mer, les révulsifs externes, et surtout l'électricité, le galvanisme et

l'usage interne de la strychnine, depuis 7 ou Smilligr. jusqu'à 5, 6 ou 7 centigr. par jour, en augmentant progressivement.

4° Traitement de ïencéphalopalhie. Ici peu de chose à faire : la saignée, les sangsues, les applications froides sur la tête, sont inutiles, sinon dangereuses. Un large vésicatoire sur tout le cuir chevelu peut être utile dans la forme comateuse. M. Rayer, en désespoir de cause, a fini par s'en tenir à la méthode expeetante , et il aurait vu, sur trente-quatre malades, un seul cas de mort !

Terminons ce long article par quelques autres formules purgatives.

aa 24 décip;.

Pilules purgatives (Rayer).

Jalap en poudre, Scammonée en p.

Sirop simple, q, s.

F. 12 pilules. — 2 à 6 par jour.

Mixture purgative.

Huile de croton, lgoutt.

Jaune d'œuf,

Eau de menthe, 30 grain.

Sirop de fleurs d'or. , 30 En une fois le matin.

Potion purgative (Bossu).

Eau de menthe, 100 grain,

Scammonée pulv. .

Résine de jalap, Eau de fl. d'or., Huile de croton, 2goutt.

Sirop dechicoréecomp. , 40 gram.

F. s. a. — Par cuillerées lorsque les autres purgatifs restent sans effet.

aa 0,25 cent.

4 gram .

COLIQUES DES ENFANTS A LA MAMELLE. Tranchées. - Les nourrissons sont souvent tourmentés par des coliques surtout dans les six premiers mois de leur existence. — Le? causes qui les produisent sont, aussitôt après la naissance, l'évacuation ou la rétention dumœconium,les acidités, les fia tuosités; plus tard, un mauvais régime, l'usage d'aliments grossiers, etc.

Symptômes. — L'enfant est agité, pousse des cris, ne dort pas. L'agitation peut aller jusqu'aux spasmes, aux convulsions. Il y a constipation ou diarrhée. La constipation se présente le plus souvent : elle coïnciderait avec les flatuosités : tandis que la diarrhée serait plutôt la complication des acidités.

Traitement. — Le nouveau -né est rarement exempt de tranchées pendant qu'il évacue le mœconium : s'il se salit bien, on peut rester inactif. Dans le cas contraire, on lui fera

2w nouveau compendium.

prendre de l'eau d'orge miellée, un peu de sirop de fleurs de pécher ou de roses pâles. Si les coliques augmentent on persistent, on peut recourir aux bains, aux fomentations émollientes, au sirop de lactucarium. Il faut surveiller le régime de la nourrice, changer la nourriture de l'enfant, si elle ne convient pas ; enfin combattre la diarrhée, les acidités, etc.

Formulaire.

fV. Acidités, Diarrhée. Constipation, Flatuosités.)

colite. Diarrhée, dyssenterie. — Inflammation du colon. Elle est rarement isolée de l'entérite, quoique Broussais l'en ait distinguée : aussi plusieurs auteurs ne la décrivent-ils pas à part , et la sous-entendent par l'expression <¥e?i(érocolite.

Cames. — Abus des aliments excitants et des alcooliques: action du froid humide, suppression de la sueur; rétrocessions d'exanthèmes, métastases goutteuses et rhumatismales. La colite est aiguë ou chronique; dans le premier cas, elle se développe souvent sous l'influence de causes épidémiques et constitue la dyssenterie; dans le second cas, elle succède ordinairement à l'état aigu, mais elle est aussi primitive dans certains états de cachexie tuberculeuse ou cancéreuse.

Symptômes. — Pour en prendre une parfaite connaissance, il faut étudier ceux de l'entérite, de la diarrhée et de la dys senterie, maladies auxquelles nous renvoyons le lecteur. Cependant , nous caractériserons la colite proprement dite en disant : dans l'état aigu, douleur dans le bas-ventre, surtout aux flancs; coliques et évacuations alvines plus ou moins abondantes et fréquentes; chaleur à la peau, mouvement fébrile, soif, inappétence, etc. — Dans l'état chronique , douleurs sourdes, parfois même nulles; bnrborygmes, fréquence et liquidité des selles ; peau aride, chaude, excepté lorsque l'affection naît d'un état cachectique, où, au contraire, les sueurs deviennent abondantes en même temps que la diarrhée est colliquative; appétit nul, altération des traits, amaigrissement, etc.

Traitement. — Il faut distinguer la forme et le degré de

la maladie. — 1» Dans la colite aiguë, repos, diète, boissons gommsuses, demi-lavements émollients , avec ou sans addition d'opium et d'amidon; cataplasmes sur le ventre, etc. S'il y a réaction fébrile, vives douleurs, on appliquera des sangsues sur la région abdominale douloureuse ou bien à l'anus ; les sujets robustes pourront même être saignés.

2° Dans la colite chronique, régime doux, boissons émollientes ; flanelle sur la peau, ventouses sèches; légers opiacés et astringents (riz, sirop de coings, diascordium, conserve de roses, extrait de ratanhia, alun, tannin, nitrate d'argent, etc.). Pour régime, crèmes de riz, gelées, œufs frais, poissons frits, viandes blanches, etc. Il arrive un moment où, l'atonie remplaçant l'inflammation, les toniques et les analeptiques, qui avaient jusque-là aggravé les symptômes, réussissent parfaitement.

3° La colite cachectique se montre rebelle à tous les moyens, parce que la muqueuse de l'intestin est ulcérée.

Forma lairc.

(V. Entérite, Diarrhée, Dyssenterie.i

conjonctivite. Ophthalmie. — Inflammation delà conjonctive. Cette maladie offre des différences essentielles quant à ses causes et à ses symptômes, sinon quant à son siège, selon qu'elle est catarrhale ou purulente, ou bien, si l'on veut, qu'elle est simple ou spécifique. A la conjonctivite simple se rapportent les variétés catarrhalcs, populeuses et granuleuses; à la conjonctivite spécifique appartiennent celles des nouveau-nés , blennorrhagiques et purulentes. On peut aussi y rattacher les inflammations érupfwes de la muqueuse oculaire.

CONJONCTIVITE CATARRHALE. Ophthalmie catarrhale. —C'est la forme la plus fréquente et la plus bénigne de l'inflammation de la conjonctive oculaire. Nous disons oculaire, parce que la conjonctivite palpébrale a été étudiée sous le titre de blépharite.

Causes. — Une constitution molle, lymphatique, l'habitation dans des lieux bas, humides et froids, telles sont les

242 NOUVEAU COMPEND1UM.

prédispositions a cette maladie, qui se produit sous l'influence des travaux de cabinet, sous l'action des poussières et gaz irritants, des violences extérieures, des opérations chirurgicales sur les yeux, etc.

Svmvlômes. - Une sensation de démangeaison, de cuisson de picotements ou de grains de sable, se manifeste dans l'œil; sensation due à l'injection delà muqueuse qui se montre plus ou moins rouge , surtout vers le point ou elle nasse du globe oculaire aux paupières, et dont les petits vaisseaux s'entrecroisent à l'infini, formant un plan mobi e sur la sclérotique. Mais plus on se rapproche de la coince plus le volume et la mobilité de ces vaisseaux diminuent I se ait une sécrétion muqueuse d'aspect et de quantité variables Tantôt le mucus est clair, transparent, et alors le plus souvent acre corrosif; tantôt au contraire plus épais et trouble cotant les paupières pendant la nuit. Il y a absence de pbotophobie, à moins de complication de kératite, d mtis, etc., et la vision n'est pas troublée.

Variétés - La conjonctivite peut être sans sécrétion muqueuse (conj. simple, sèche); lorsque la conjonctive secrète abondamment , c'est la conjonctivite catarrhalc a laquelle se rapporte plus spécialement les lignes ci-dessus. L inflammation peut être limitée, bornée à l'un des angles de 1 ce. a 1-ext erne, par exemple (conj. angulaire), ou elle se manifeste par une plaque rouge, triangulaire, à base dirigée vers loi - Le, qui devient souvent le point de départ d'un ptérygion. Enfin il y a la conjonctivite avec chemosis.

Le chémosis est un gonflement ou épaississement conjonctive! dû soit à la violence de l'inflammation [chemosis in/lainnàtoire), soit à une sorte de boursouflement œdémateux des Ussus muqueux et sous-muqueux , survenant dans le cours ou à la suite de la conjonctivite [chémosis œdémateux). Dans le premier cas, la muqueuse oculaire est épaisse, dune couleur vineuse, n'offrant plus de vascularisation ni de transparence. Ainsi tuméfiée , elle se dessine en robe autour d a cornée qu'elle encadre d'une sorte de bourrelet, lequel il cache parfois entièrement. Dans le second cas, la conjonct.ve

PATHOLOGIE INTERNE. 243 épaissie, œdémateuse, est molle, d'un jaune-paille, et les douleurs, la tension, sont infiniment moins prononcées.

Terminaison , pronostic. — - La conjonctivite franche et aiguë, dont la cause a cessé d'agir, se termine rapidement. Il n'en est pas de même lorsqu'elle est sous une influence diathésique et à l'état chronique. Favorable dans le premier cas le pronostic sera plus réservé dans le second, car l'inflammation pourra s'étendre à la cornée et abolir les fonctions de l'œil.

Traitement. — Lorsqu'il s'agit d'une inflammation aiguë très légère , des lotions émollientes avec l'eau de guimauve , de plantain, de mélilot, peuvent suffire. Mais pour peu qu'il en soit autrement , il faudra en venir bientôt aux collyres astringents, ou même débuter par eux. M. Velpeau préfère ici , comme dans la blépharite, le collyre au nitrate d'argent. Si la conjonctivite est intense, on doit faire précéder l'emploi des topiques par la saignée ou l'application de sangsues aux tempes, par un ou deux laxatifs ou purgatifs.

H faut insister davantage sur ces derniers moyens , ainsi que sur les vésicatoires, les précautions hygiéniques et les collyres astringents , lorsqu'on a affaire à une inflammation conjonctivale chronique. Il faut surtout enlever les causes ; parmi celles-ci ce sont quelquefois des vaisseaux noueux ] variqueux , que l'on doit extirper en les saisissant avec des pinces fines et les excisant , ou en en opérant la section au moyen d'une aiguille à cataracte glissée sous eux, etc.

Le chémosis exige un traitement plus actif. Est-il inflam, matoire, saignée répétée, sangsues en grand nombre aux tempes ou aux oreilles, ventouses scarifiées ; on peut même faire des scarifications sur la conjonctivite elle-même, ou mieux y appliquer une ou deux sangsues. L'inflammation ayant perdu de son acuité, M. Velpeau pratique une ou deux cautérisations légères avec le nitrate d'argent, et il continue par l'emploi des collyres astringents, de celui au nitrate d'argent en particulier, qui ne tarde pas à amener la guérison. Les purgatifs et les vésicatoires ne doivent inspirer que peu de confiance. — Dans le chémosis œdémateux, ces derniers moyens sont, au contraire, les plus efficaces; on insistera

244 NOUVEAU COMPENDIDM.

donc sur les purgatifs, le calomel, les révulsifs cutanés. Toutefois, les collyres ci-dessus deviennent nécessaires pour terminer la guérison qui , il faut en être prévenu, est plus difficile à obtenir que dans la forme précédente.

On traitera la conjonctivite partielle comme la simple inflammation conjonctivale , en ayant soin seulement que les topiques n'agissent que sur les parties enflammées.

fois par jour l'œil avec ce collyre.

Formulaire.

(V. les divers Collyres, p. 190).

Collyre au nitrate d'argent.

Eau distillée, 30 grain.

Nitrate d'argent, 0,20 cent.

Collyre au sublimé.

Deutoehl. de mercure, 0,20 cent.

Eau distillée, 125gram.

Le malade lotioime 12 à 30

Pilules purgatives (Rogucttuj.

Extrait de semence de

colchique, 0,15 cent.

— de coloquinte, 0,15 Calomel, 0.60

F. 6 pilules. — 1 de demiheure en demi-heure.

CONJONCTIVITE PAPULEUSE. — Cette inflammation n'est ordinairement qu'une forme de la conjonctivite aiguë , ou l'une de ses terminaisons. La muqueuse oculaire , comme nous l'avons vu d'ailleurs dans la blépbarite granuleuse, présente un aspect mamelonné , de petits gonflements partiels circonscrits, dépourvus de toute ulcération, qui font éprouver la sensation de graviers dans l'œil et entretiennent une irritation perpétuelle sous l'influence des mouvements palpébraux. Cette maladie est d'ailleurs fort difficile à guérir.

Traitement. — On peut tout essayer ici : émissions sanguines, vésicatoires , ventouses, purgatifs, collyres de toute nature; mais ce qui réussit le mieux encore, c'est la cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent.

CONJONCTIVITE GRANULEUSE. — L'inflammation occupe plus spécialement les follicules muqueux, de même que dans la blépbarite granuleuse. Cette forme succède à la conjonctivite catarrbale intense ou à l'opbthalmie purulente. La muqueuse oculaire se montre parsemée de granulations trèi petites, tantôt agglomérées, tantôt séparées, et elle revêt ; la longue un aspect velouté. La maladie affecte une marchi chronique. La sécrétion muqueuse est plus ou moins pro

noncée, mais il n'y a ni photophobie ni épiphora, à moins do complication de kératite, d'iritis, d'inflammation profonde en un mot. Durée longue, indéterminée; guérison difficile à obtenir.

Traitement. — Nous éviterons des répétitions inutiles en renvoyant au traitement de la blépharite granuleuse. (Voy. p. 1S9.) Disons cependant que la cautérisation est moins souvent nécessaire ici qu'à la paupière , et que les collyres doivent être rendus plus actifs. Il n'est pas nécessaire d'ajouter qu'on aurait tort de négliger les moyens indirects tant externes qu'internes.

CONJONCTIVITE PURULENTE DES NOUVEAU - NÉS. — Ophthalmie des nouveau-nés. — Inflammation conjonctivale avec sécrétion purulente , ayant une marche rapide , une grande gravité et un caractère contagieux.

Causes. — Les enfants sont sujets, dans les cinq ou six jours de leur naissance, à cette inflammation de l'œil dont la cause occasionnelle la plus fréquente est le froid, un courant d'air, et qui peut régner épidémiquement , étant d'ailleurs contagieuse par le contact du produit sécrété. On a cru longtemps qu'elle était due à la syphilis , au contact de l'humeur blennorrhagique ou leucorrhéique au moment du passage de la tête à travers les voies génitales ; mais cette cause est certainement la plus rare.

Symptômes. — La maladie débute ordinairement pendant la mut et deux ou trois jours après la naissance, par un léger gonflement de la paupière supérieure , avec un peu d'injection à la muqueuse et de rougeur à la peau. Bientôt un écoulement se produit ; il est d'abord peu abondant, séreux , incolore ; mais il ne tarde pas k devenir plus consistant et d'un jaune tirant sur le verdâtre. La conjonctive devient rouge, très enflammée, ainsi que les paupières qui sont gonflées, comme œdémateuses. Si l'on veut soulever la supérieure , la muqueuse qui la double fait bemie. L'écoulement présente l'aspect du pus; sa quantité augmente, et il inonde quelquefois toute la partie supérieure de la face. La muqueuse est très injectée, épaissie, avec chémosis; si celle du globe ocu-

taire est prise, tous les phénomènes augmentent d'intensité : la cornée se prend et l'œil se perd, comme dans les formes de la maladie ci-après.

Terminaison, pronostic. — Sur 209 cas , on a observé la résolution 135 fois, dans les diverses périodes de la maladie. Les 75 autres malades ont été atteints de kératite , dont les suites ont été très variables , mais telles pourtant qu'il n'y a que 15 enfants qui ont perdu les fonctions de l'œil. A l'égard du pronostic, il est difficile de se prononcer en présence des divergences d'opinions qui se sont produites et des faits à l'appui. On est forcé d'admettre l'intervention de certaines conditions inconnues qui font que tantôt la maladie se montre toujours grave , tantôt au contraire qu'elle n'a rien de malin. Du reste , il faut tenir compte des altérations produites dans la cornée. (V. Kératite.)

Traitement. — Il se distingue en curatif et en prophylactique. — Le premier doit être conduit avec énergie et sans perte de temps. Cependant lorsque, chez les nouveau-nés, l'inflammation se montre légère, bornée à la paupière, des soins de propreté, des lotions émollientes avec l'eau de mauve, le lait de la mère, etc., peuvent suffire. On peut joindre à ces précautions des collyres faiblement astringents. Mais si la maladie est plus intense, il y a lieu de recourir, dès le début, à l'application d'une ou plusieurs sangsues aux tempes suivant l'âge du sujet, et aux collyres astringents. Toutefois, ces moyens ne suffisent plus lorsque la purulence est établie. Alors il faut recourir de suite au collyre de nitrate d'argent à haute dose, qui est le seul capable de juguler l'inflammation. Il y a des praticiens qui préfèrent cautériser la muqueuse palpébrale avec la pierre infernale, lorsque cela peut se faire.

Solution de sublimé (Roosbvoeck).

Eau distillée, 250g:ram.

Sublimé, 0,05 cent.

Applications fréquentes de compresses imbibées, pour arrêter l'inflammation.

Collyres astringents.

'V Sulfate Zinc, de Cuivre )

Collyre au nitrate d'argent (ici.).

Eau distillée, 30gram.

Nit. d'argent, 0,50 cent. i\ 1 grain.

Instiller 3 ou 4 gouttes dans l'œil 3 ou 4 fois par jour. On peut appliquer un peu d'huile sur lu cornée pour la préserver, avant d'employer le collyre.

PATHOLOGIE INTERNE. 247 CONJONCTIVITE PURULENTE D'ÉGYPTE. Ophthalmie d'É gypte, des armées; ophthalmo-blennorrhée. — C'est l'ophthalmie purulente qui se remarque surtout dans les grandes agglomérations d'individus, dans les armées, les camps, lefvaisseaux, etc., et dont l'histoire ne date que de l'expédition des Français en Égypte.

Causes. — Elles consistent dans des influences atmosphériques particulières, peu connues dans leur nature, mais au développement desquelles concourent l'encombrement, les privations , le manque de précautions hygiéniques. Cette maladie, endémique en Égypte, règne souvent épidémiquement et se transmet par contagion directe ou même infectieuse.

Symptômes. — D'abord sensation de prurit, de gravier dans l'œil, avec sécheresse; puis agglutination des paupières, qui paraissent gonflées et dont la muqueuse est vivement injectée. Au bout de quelques heures, sécrétion d'un liquide ténu et acre. L'écoulement devient pl us abondant, visqueux, opaque ; il y a épiphora. Bientôt cet écoulement prend tout-à-fait l'aspect purulent; il s'écoule en abondance sur la joue dès qu'on cherche à soulever la paupière, dont la muqueuse est très tuméfiée, comme infiltrée. Jusque-là la maladie n'est que palpébrale. Elle peut ne pas se propager davantage, diminuer et guérir. Mais, le ppis souvent, la muqueuse oculaire s'entreprend, devient rouge , tuméfiée, avec chémosis (V. p. 2412), lequel est parfois tellement développé qu'il cache la cornée ou ne la laisse voir qu'au fond d'une ouverture étroite. Il y a photophobie, spasme des paupières, épiphora. La sécrétion purulente est considérable; elle prend quelquefois l'aspect membraneux en séjournant entre les paupières. La conjonctive devient granuleuse ; on l'a vue exhaler du sang. Les symptômes généraux consistent dans des douleurs orbitaires parfois excessives, de l'agitation, de la fièvre, du délire.

Terminaison, d urée, pronostic .—La conjonctivite purulente, même au degré où nous venons de la décrire, peut se terminer par résolution; mais il est fréquent de la voir produire diverses altérations de la cornée (V. Kératite), notamment l'infiltration purulente, la rupture et partant la fonte de l'œil , et cela dans l'espace de quelques heures. L'inflammation, bornée

à un seul œil ordinairement, passe facilement à l'autre organe. A l'état sporadique, la maladie n'est pas très grave; mais il n'en est plus de même lorsqu'elle se montre épidémique. Les récidives sont faciles et, en général, favorisées par l'état granuleux qui succède à l'inflammation aiguë.

Traitement. — 11 doit être prompt, actif, hardi. Au début, émissions sanguines générales et locales copieuses. Il est des praticiens qui préfèrent scarifier seulement la conjonctive; mais l'excision n'est pas facile à pratiquer à cause du spasme des paupières. M. Velpeau emploie, concurremment avec les saignées, le nitrate d'argent à haute dose en collyre, de plus le copahu et le cuhèbe. Selon cet éminent praticien, ces deux derniers moyens sont avantageux, même lorsque l'ophthalmie ne résulte pas d'un écoulement urétral. Les émétiques et les purgatifs, que recommandent d'autres médecins, peuvent certainement aider au succès du traitement que préfère M. Velpeau.

Collyre (Velpeau).

Eau distillée, 30 gram.

Nitrate d'argent, 1

On peut porter la dose de nitrate à 2 et même 3 gram . — Instiller 2 ou 3 lois par jour, après

avoir préalablement lavé l'œil grande eau pour le nettoyer de touttts ses souillures.

aa part.

Autre iClot. Bey).

Sulfate d'alumine Sulfate de zinc.

Eau, q. s. (pour être saturée).

Selon l'auteur, quelques gouues de ce collyre versées daus l'œil, à quelque période que ce soit de la maladie , l'arrêtent av-.'c voie promptitude étonnante.

CONJONCTIVITE BLENNORRHAGIQUE. Ophthalmie gonorrhéique. — Cette ophthalmie se manifeste soit chez les sujets qui ont actuellement une blennorrhagie, soit chez ceux dont les yeux ont été mis en contact avec le muco-pus blennorrha gique d'une autre personne. Et ce qui arrive pour la conjonc- il tive peut se produire, suivant Desruelles, aux muqueuses a auditive, olfactive, buccale.

Causes. — Pour expliquer le développement de la maladie (pli nous occupe, on a invoqué le concours de l'inoculation et de la métastase ou la sympathie. Les avis sont partîmes sur ! ces deux points, mais l'inoculation compte le plus de partisans, quoique M. Vidal se soit éloigné d'eux dans ces derniers • temps. On a remarque que les hommes sont p!"S exposés que

les femmes à l'ophthalmie blennorrhagique , qui se manifesterait le plus souvent vers la fin de l'urétrite contagieuse.

Symptômes. — Leur description serait la répétition, poui ainsi dire, de celle de l'ophthalmie des armées. Nous ajouterons seulement qu'ici la marche est plus rapide, les accident? beaucoup plus graves , la perte de l'œil plus probable. Lorsqu'il est donné de pouvoir suivre le travail destructeur de la cornée, ce qui est difficile, on voit cette membrane présentant d'abord une couleur grise, blanchâtre, et s'infiltrant. Elle se couvre d'une matière pulpeuse, si le cbémosis ne l'a pas ensevelie tout-à-fait ; elle passe à la purulence, à l'ulcération, puis se perfore, et l'œil se vide. On a cru remarquer, dit M. Velpeau, que quand le muco-pus est peu abondant, blanchâtre, crémeux et moins irritant, la cornée court de plus grands dangers que dans les cas contraires.

Pronostic. — Il est extrêmement grave. Mais une fois l'état aigu passé, si la cornée reprend ses caractères normaux, on a bien moins à craindre la récidive que quand il s'agit des autres ophthalmies purulentes.

Traitement.— Il est soumis aux préceptes posés plus haut, préceptes qu'il faut suivre dans leurs conséquences les plus rigoureuses. Ainsi, saignées répétées coup sur coup, jusqu'à la syncope (Velpeau), sangsues nombreuses aux oreilles, aux tempes et même sur la conjonctive. Collyre au nitrate d'argent à haute dose. Certains praticiens veulent qu'on fasse des incisions rayonnées à la muqueuse oculaire ; d'autres qu'on l'excise, qu'on l'ébarbe, pour la cautériser ensuite, ou bien qu'on opère cette cautérisation directe sans autre formalité. II est bon d'opérer une dérivation sur le canal intestinal au moyen des purgatifs; quelques-uns veulent administrer le calomel jusqu'à la salivation; mais le moyen est-il assez expéditif ? Non, sans doute, et nous en dirons autant de la pratique qui consiste à rappeler l'écoulement urétral en introduisant dans le canal une bougie imprégnée de la matière blennorrhagique d'un autre individu.

Formulaire.

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