SYPHILIS
^ lentigo. Taches de rousseur. — On nomme ainsi les petites taches (V. Macules) d'un jaune fauve qu'on rencontre aux mains, au cou, surtout à la face de certains sujets blonds à peau line, principalement lorsqu'ils s'exposent aux rayons du soleil. Ce n'est point une affection morbide, mais un état congénital qui n'exige aucun traitement. On peut cependant atténuer et même faire disparaître les rousseurs accidentelles au moyen de lotions alumineuses.
lèpre. Dartre êcailleuse, dartre squameuse orbiculaire. — Affection squameuse (V. Squames) caractérisée par des plaques écailleuses, arrondies, à bords élevés et à centre déprimé, sèches, d'un blanc chatoyant.
Causes. — Misère, privations, usage de mauvais aliments, hérédité surtout.
Symptômes. — La lèpre débute par de petits points rouges presque aussitôt recouverts d'une squame légère; la petite élévation s'affaisse et s'élargit en s'arrondissant, en même temps que son centre devient sain ou se déprime davantage. De là formation de disques d'un diamètre d'une pièce de 2 fr. environ, à bords saillants, recouverts de petites écailles minces, d'un blanc chatoyant, sèches, qui tombent et se renouvellent sans cesse, et au-dessous desquelles il y a de la rougeur, tandis qu'au centre la peau est saine. Telle est la lèpre vulgaire. Elle siège ordinairement aux membres, au coude, au genou, au cuir chevelu; elle peut se généraliser, mais la face et les mains en sont toujours exemptes. — Quelquefois la lèpre présente des plaques exactement arrondies [lepra alphoides); dans certains cas les squames ont une coloration noirâtre [lepra nigricansl
468 NOUVEAU COMPErïDIUM.
Marche, durée- — La maladie reste stationnaire pendant des années entières, les squames tombant et se renouvelant sans cesse; ou bien elle disparaît soit spontanément, soit sous l'influence du traitement. Ancienne et confluente, elle revêt la forme grave du psoriasis inveterata. La récidive est facile.
Diagnostic. — On pourrait confondre entre eux la lèpre, le psoriasis et l'herpès circiné : il suffit de comparer leurs descriptions pour éviter l'erreur.
Traitement. — Il ne diffère pour ainsi dire point de celui du pso?-iasis. Disons seulement que M. Rayer dit avoir obtenu de grands succès de l'emploi de la pommade aucalomel, et, lorsque les plaques sont peu nombreuses et très anciennes, de l'application successive de petits vésicatoires volants et de cautérisations avec le nitrate acide de mercure affaibli ou l'acide chlorhydrique. — À l'intérieur, la décoction de tiges de douce amère a été préconisée comme une sorte de spécifique. Les arsenicaux peuvent être employés dans les cas invétérés.
Tisane.
Tiges de d. amère, 30 ii 60 groin.
Eau (décoction), 1000
Pommade.
Calomel, 4 grain.
Axongc, 4 à 15 tions.
20 graro.
grain, par jour en fric-
Aulres formules.
(Psoriasis.)
leucorrhée. Flueurs blanches; perles, écoulements blancs, catarrhe vaginal. — Longtemps on a désigné par ces dénominations tous les écoulements blancs indistinctement qui s'opèrent par les parties sexuelles de la femme ; mais il faut les appliquer spécialement à un écoulement de matière muqueuse, assez- abondant pour incommoder les sujets et sans altération appréciable des organes génifatix, à moins d'établir la plus grande confusion entre la métrite, la vaginite, la blcnnorrbagie vaginale, la vulvite cl la leucorrhée.
Causes. — La leucorrhée proprement dite peut exister à tout âge; cependant elle est plus rare dans la vieillesse^ et, chez les très jeunes filles, il faut la rattacher plutôt à l'inflammation. Le tempérament lymphatique, scrofulcux; la
constitution faible, débilitée; les climats froids et humides, l'usage du café au lait, l'hérédité, etc., prédisposent à cette affection très commune, qui a pour causes occasionnelles l'apparition des règles, l'usage des chaufferettes, etc.
Symptômes. - On a distingué la leucorrhée en active et en passive, par suite de la confusion dont nous avons parlé plus haut. Nous distinguerons les symptômes en locaux et en généraux.
L'écoulement est utérin ou vaginal. Le premier se montre albumineux ou aqueux, un peu transparent dans la moitié des cas où l'orifice du col est tout-à-fait sain; il prend uni aspect purulent à mesure que se manifestent des rougeurs et 1 des érosions sur cette partie. Cette règle admet bon nombre d'exceptions. L'écoulement vaginal est blanc, crémeux ou caséeux, lorsque la muqueuse est pâle ou rosée ; il prend l'aspect purulent lorsque l'inflammation s'empare de cette membrane. Dans les deux cas il produit sur le linge des taches grisâtres, dures, arrondies pour le mucus utérin, larges et mal circonscrites pour le mucus vaginal ; leur couleur verdâtre annonce de l'inflammation.
Quant aux symptômes généraux, ils consistent dans un état de langueur et de pâleur; dans divers troubles soit des
i fonctions digestives, tels que gastralgies, goûts bizarres, anorexie; soit de l'innervation, comme palpitations, irritabi-
• Iité; soit de la menstruation, comme irrégularité, diminution, suppression même des règles, chlorose, etc. Mais hâtons-nous
j de dire que ces divers phénomènes ne se produisent que
; dans les cas où la leucorrhée est abondante et ancienne.
Marche, durée. — La leucorrhée est essentiellement chronique ; elle ne constitue une véritable maladie que du moment qu'elle devient assez abondante pour incommoder les sujets. Mais alors elle se lie le plus souvent à un état idiosyncra-
fsique qui en rend la durée sans limite.
Traitement. — Commençons par écarter les cas où l'écoulement dépend d'une phlcgmasic utéro-vaginale. Donc, quand il s'agit d'une leucorrhée proprement dite, ou passive, comme on disait, il y a -d considérer l'état local et l'état général. Moyens locaux. Ils consistent dans les injections astrin-
470 NOUVEAU < OMPENulUM.
gentes, toniques, balsamiques, irritantes, etc., selon les cas et la gradation des moyens ; la cautérisation du col , lorsque cette partie offre des rougeurs et des érosions, avec le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure ou le cautère actuel.
Moyens généraux. On y a recours lorsque les injections sont insuffisantes, la maladie ancienne et les malades débilitées. Ils se composent des toniques (quinquina , ferrugineux , régime analeptique), des balsamiques (copabu, styrax), de l'iode, du seigle ergoté, etc.
Moyens prophylactiques. Eloignement des causes; séjour à la campagne ; amers ; exercice ; insolation ; nourriture saine, etc.
aa
Gomme Kino, Sulfate de fer, I
F. des pilules de 0.10 cent. — 15 trois fois par jour.
Autres (Colombat).
Gentiane en poudre, 30gram.
Cannelle, 12 Rhubarbe, 12 Oxyde de fer noir, 12 Copahu solidifié, 60 gram.
F. des pilufes de 0,10 cent. — 6 matin et soir.
Autres.
Sabine, 8 grain.
Fer en poudre, 4 Extrait aq. d'aloès, 1,25 cent.
Mucilage, 1,50
F. des pilules de 0,10 cent. — 3 à 4 deux ou trois fois par jour.
Teinture (Pierquin).
Iodure de fer, 8 gram.
Alcool rectifié, 64 Eau pure, 64
15 à 20 gouttes dans la journée dans une infusion de saponaire, de tilleul.
Autres formules.
Extrait de gentiane, ( B I (V. Seigle ergoté.)
lichen. — Eruption populeuse (V. Papules) caractérisée par de très petites élevures, agglomérées, conservant quelque?
Injections astringentes.
Eau, 1000 gram.
Alun, 4 à 8
Autres.
Eau de rivière, 500 gram.
S.-acét. de plomb liq., 30 Alcool à 36°, 25 Autres.
Noix de galle concas., 10 gram.
Racine de bistorte conc, 5 Feuilles de noyer, 15 Eau (décoction), 1000 Autres.
Sulfate de cuivre, 1 gram.
Eau, 400
Une injection matin et soir.
Autre (Pringlc).
Sulfate de zinc, 8 gram.
Aluu calciné, 8 Eau pure, 500 Autres.
(V. Blennorrhagie.)
Prépa rat ions ferrug ineuses.
(V. Chlorose.) Pilules contre (lueurs blanches (Walsh).
Térébont. de Venise, ) aa 8grnm
Ibis la couleur de la peau, le plus souvent se montrant rouges, donnant lieu à une sécrétion séro-purulente, puis à une légère desquamation.
Causes. — Pour les indiquer, il faut répéter ce qui a été dit aux articles Eczéma, Herpès, Impétigo. Le lichen se montre au cou, à la face, à la partie externe des membres, aux organes génitaux.
Symptômes. — Il faut nous conformer à l'ancienne division du lichen en simple, agrius et variétés. — 1° Le lichen simple est aigu ou chronique. Dans le premier cas, éruption de petites papules de la grosseur d'un grain de millet, agglomérées, rouges, causant un vif prurit, suivies, au bout d'un ou deux septénaires, d'une légère desquamation. Rarement prodromes et symptômes généraux. Dans le second cas, l'éruption, au lieu de disparaître, reste stationnaire ou se renouvelle; ce sont des saillies de la couleur de la peau, petites, hérissant la surface cutanée qui s'altère, fournit une exfoliation assez abondante.
2° Lichen ùgrius. Forme ou primitive ou succédant à la première; offrant sur une surface érythémateuse de petites pa-
Ipules rouges, acuminées, causant une chaleur prurigineuse ardente, puis augmentant, s'excoriant à leur sommet et fournissant une humeur qui se concrète en petites croûtes d'un jaune verdâtre, rugueuses, lesquelles donnent lieu à une des-
huarnation qui se reproduit. Prurit insupportable qui jette es malades dans un état nerveux ; la peau s'épaissit, prend
hne teinte jaunâtre.
& Variétés. Ce sont : le lichen piloris, dont le prurit est très
intense; le lichen lividus, qu'on ne rencontre que chez les
[individus affaiblis ; le lichen gyratus, ou formant des espèces le rubans ou des cercles; le circonscriplus, dont les papules sont réunies en groupes ; Yitrticatits, qui a de grosses et larges
oapules; le strophulus, qui, spécial aux cr fonts à la ma-
i-nellc, est ordinairement lié au travail de la dentition {feux de îents); papules plus blanches ou plus rouges que la peau, etc.
Diagnostic. — Etudier et comparer le lichen et ses variétés ivec l'eczéma, l'herpès, le prurigo surtout, pour ne pas les ionfondre.
Traitement. — Dans l'état aigu, émissions sanguines, émollients, bains, narcotiques, boissons acidulés. Dans l'état chronique, bains alcalins, lotions alcalines et mercurielles, pommade au goudron, au calomel ; bains et fumigations de vapeur. Frictions avec l'huile de cade pure (Bzin). Vésicatoires sur le lichen circonscriptus. Dans les cas invétérés, préparations arsenicales. — Le strophulus n'exige que quelques bains et des lotions adoucissantes.
Formulaire.
(V. Prurigo, Eczéma.)
Pommade de cyanure de potassium (Biett.)
Huile d'amandes amères, 8 gram.
Cyanure de potassium, 0,6 dr'cig.
Cérat de Galien, 60 gram.
M. — Lichen et prurigo avec peau sèche etvives démangeaisons.
lienterie — Excrétion de matières fécales liquides, au milieu desquelles se trouvent des aliments mal digérés. Cette dernière condition différencie la lienterie de la diarrhée. Cette maladie, qui se montre presque exclusivement chez les enfants, n'est peut-être jamais idiopathique, c'est-à-dire qu'elle se lie presque toujours aune phlegmasie gastro-intestinale, à des indigestions répétées, à une altération des fluides gastriques, à des ulcérations intestinales par diathèse scrofuleuse ou tuberculeuse, etc. Cependant on prétend que des selles lientériques peuvent être la conséquence d'une simple atonie intestinale. Quoi qu'il en soit, leur existence prolongée a pour conséquence l'amaigrissement, la pâleur, le marasme.
Traitement. — Il ne diffère pas de celui de V entérite lorsque la lienterie est par cause phlegmasique : émollients, opiacés, régime sévère , etc. S'il s'agit d'une affection atonique, au contraire, on aura recours au diascordium, au colombo, au quinquina, aux ferrugineux, etc. , mais on emploiera ces derniers moyens en tâtonnant. — M. Rousseau prescrit, dans 1e lienterie des enfants à la mamelle, le tartrate de potasse et de soude (2 à 5 gram.), la magnésie calcinée dans du lait, l'eai de chaux, le sous-nitrate de bismuth, que M. Monncret administre par cuillerées à café plusieurs fois dans la journée Les opiacés à faillie dose devront néanmoins toujours étn employés avant d'en venir aux autres médications.
Formulaire, (V. Entérite, Diarrhée, Acidite's.)
lumbago. — On entend généralement par cette expression le rhumatisme de la région lombaire, spécialement des masses i musculaires.
! Causes. — Celles du rhumatisme (V. ce mot); les efforts pour soulever un fardeau; l'action de courber le tronc, l'impression du froid humide.
Symptômes. — Début subit ordinairement. La maladie est j aiguë quelquefois, mais plus souvent chronique. Dans le premier cas, douleurs vives, qu'augmente le moindre mouve- » ment et qui obligent le patient à l'immobilité; lièvre, agitation, insomnie. — Dans le lumbago chronique, douleurs moins aiguës, sans réaction générale; mouvements du tronc plus ou moins impossibles, etc.
Diagnostic. — Le lumbago peut être confondu avec la névralgie lombo-abdominale, le rhumatisme articulaire des lombes, maladie rare d'ailleurs; avec l'inflammation de la région lombaire, le tabès dorsalis, la néphrite, etc.
TfiAlTEMENT. — Il doit être antiphlogistique dans l'état laîgu : saignée, sangsues, ventouses scarifiées ; quelques narcotiques à l'intérieur et mieux encore en liniment; laxatif si besoin est. Vers la fin, vésicatoires morphines. — Le lumbago [chronique réclame la série des moyens qu'on oppose au rhumatisme musculaire : topiques calmants ou excitants, douches de vapeur, acuponcture, moxas, etc.
Formulaire.
(V. Rhumatisme, Névralgie.)
LUPUS. Esthiomène, dartre rongeante. —Affection tuber- : :uleuse de la peau (V. Tubercules), caractérisée par des taches j: m des tubercules d'un rouge livide, indolents, d'un volume kariable, qui s'ulcèrent, labourent les tissus et se couvrent de croûtes brunâtres et très adhérentes, lesquelles découvrent le nouvelles ulcérations.
Causes. — Le lupus se montre particulièrement, chez les ujets scrofuleux de seize à vingt-cinq ans, et aftecte spécia-
lcment le nez, la face. Cette maladie n'est d'ailleurs pas com mune, surtout dans les classes aisées de la société.
Symptômes. — Le lupus commence quelquefois par de taches d'un rouge livide, le plus souvent par des proéminen ces tuberculeuses, qui s'étendent et se confondent bientôt Les tubercules peuvent rester longtemps stationnaires, mai ils finissent par s'ulcérer. L'ulcération s'étend tantôt en sur face, tantôt en profondeur. Dans le premier cas, elle envahi les parties voisines, se couvrant de croûtes noirâtres adhé rentes, et offrant une cicatrice à la place où elle existai d'abord. Dans le second cas, elle est accompagnée d'un gon flement plus prononcé, et détruit les parties molles, lescarti lages, produisant des ravages d'autant plus hideux qu'ils or le nez pour siège (lupus exedens). Outre ces deux variété; il y a le lupus avec hypertrophie, dont les tubercules ne s' u cèrent pas au sommet, mais s'élargissent beaucoup à la bas et donnent aux surfaces malades une sorte de bouffissure tri remarquable. Ajoutons encore que quelquefois le lupus r consiste qu'en des taches livides, sans tuméfaction, ni ulct ration, ni croûtes; que ses diverses variétés se combine] souvent chez le même sujet; qu'elles se compliquent encoi d'érysipèle, qu'enfin la maladie n'est point douloureuse qu'elle ne trouble aucunement la santé générale. — Seuli ment, sa durée est très longue, et elle a le fatal privilège < produire des destructions parfois très considérables.
M. Huguier a signalé et décrit une variété de lupus q choisit pour siège la région vulvo-anale.
Traitement. — Il est interne et local. — 1° Traitcmc interne. C'est celui de l'affection scrofuleuse en général. No y renvoyons le lecteur. Disons pourtant que l'huile de foie morue à haute dose (30, 50, 300 à 500 gram. par jour pr gressivement (Emcry), le deuto-iodure de mercure (20 25 millig. jusqu'à 1 cent. (Rayer), méritent une mention pi ticulière, ainsi que l'huile animale de Dippel (5 à 6, 16 25 gouttes), la tisane de Feltz, les préparations arsenicale!
2° Traitement local. C'est le plus important. Il consii dans l'emploi des caustiques (acides, pâtes arsenicales, chl rurc d'or, pâte de chlorure de zinc) ; dans celui des pomm
des résolutives au calomel, à l'iodure de soufre, à l'iodure de mercure.
Pommade.
Iodure de soufre, 1 à 2gram.
Axonge, 30grara.
Autre.
Proto-iodure do mercure, 2gram.
Axonge, 30 Autre.
Deuto-iodure de mère., 1 gram.
Axonga, 30
Mélange (Cazonave).
Bi-iodure de mercure, 15 gram Huile d'amandes douces, 10 Axonge, 5
Mettre avec un pinceau une couche légère sur les parties que l'on veut attaquer.
macules. — Huitième ordre dos maladies cutanées, comprenant les colorations et les décolora/ ions, c'est-à-dire les altérations de couleur dépendant d'une altération du pigment de la peau. (V. Peau.)
MÉLANOSE. — Productions accidentelles dont le caractère essentiel est une coloration noire plus ou moins foncée, se présentant sous quatre formes différentes : soit en masses enkystées ou non enkystées susceptibles de ramollissement , soit à l'état d'infiltration clans les tissus ; soit en couches solides à la surface des muqueuses , soit enfin sous forme liquide.
Causes. — Diathèse spéciale inconnue dans sa nature, comme celle du cancer.
Symptômes. — Aucun qui soit propre à la maladie, à moins que les tumeurs mélaniques ne se rendent visibles et palpables, ce qui est impossible quand la mélanose se développe dans le poumon et le foie, mais constatable lorsqu'elle occupe le tissu cellulaire sous-cutané.
Pronostic. — Il n'y a pas de gravité tant que la matière mélanique n'envahit point les organes importants.
Traitement. — Rien à tenter d'efficace.
Méningite. — Inflammation des méninges. Cette inflammation est simple ou tuberculeuse; bornée aux méninges du cerveau ou à celles du rachis, ou bien enfin comprenant les méninges du cerveau et de la moelle épinicre; de là les quatre divisions que voici : 1° méninçjUe simple, qui est aiguë ou
476 NOUVEAU CÛMPEND1UM.
chronique; 2° méningite tuberculeuse ; 3° méningite spinale; 4° méningite cérébro-spinale, qui est sporadique ou épidcmique.
MÉNINGITE SIMPLE AIGUË. Jrachnoidite , arachnilis, fièore cérébrale, hydrocéphale aiguë. — Inflammation des méninges cérébrales, indépendante de tout état diathésique. Il faut entendre par là surtout l'inflammation de l'arachnoïde et de la pie-mère; car la dure-mère ne s'enflamme jamais, l'on peut dire, qu'à l'occasion d'une maladie des os auxquels elle est accolée. Ajoutons préliminairement que les symptômes formidables de cette maladie sont dus à la phlegmasie diffuse de l'encéphale, produite par celle de ses enveloppes.
Causes. — Comme prédispositions, nous trouvons l'âge de seize à quarante-cinq ans, le sexe masculin, les professions qui exposent aux ardeurs du soleil, les travaux intellectuels, l'abus des alcooliques, les passions tristes, etc. —Pour causes occasionnelles, nous trouvons les violences extérieures, l'insolation, les suppressions de flux, les repercussions, etc. La méningite simple, dépourvue de toute prédisposition tuberculeuse, est moins fréquente qu'on ne le croit. Elle règne quelquefois épidémiquement.
Symptômes. — Encore une distinction à faire : la méningite est primitive ou secondaire. Dans le premier cas elle débute par de la céphalalgie et des vomissements. Cette céphalalgie est intense, avec exacerbations, et persiste jusqu'au coma. Il y a de l'agitation, du délire ; les yeux sont sensibles à la lumière ; les pupilles contractées, mais le plus souvent cependant, surtout à une période plus avancée, elles se montrent dilatées. Fréquemment on observe du strabisme chez les enfants. La sensibilité est tantôt exagérée, tantôt au contraire émoussée. Du côté de la motilité, ce sont des contractions spasmodiques, des convulsions ; et vers la fin, des tremblements et de la carphologie. Face animée d'abord, puis contractée, alternativement pâle et injectée. Langue sèche, constipation ou diarrhée ; vomissements bilieux, fréquents et persistants. Fièvre prononcée ; pouls accéléré, dur, mais dans les derniers temps, petit, irrégulier.
Lorsque la méningite est secondaire, c'est-à-dire lorsqu'elle se développe dans le cours d'une fièvre typhoïde ou d'une rougeole, par exemple, le début est insidieux, inaperçu, car les vomissements manquent souvent, et la céphalalgie est attribuée à l'affection première. On remarque , par exemple, le ralentissement et l'irrégularité de la respiration et du pouls, la pâleur de la face, l'anxiété, puis le délire et les autres symptômes ci-dessus énoncés.
Marche, terminaison, pronostic. — La méningite aiguë parcourt assez rapidement ses périodes, qui sont, suivant les auteurs, au nombre de trois : début, exaltation, collapsus. La mort la termine, dans la grande majorité des cas, du huitième au trentième jour ; elle est inévitable lorsque la maladie est arrivée à la troisième période, au collapsus, lequel est dû à la formation d'un liquide purulent, plus ou moins concret, étendu à la surface de l'arachnoïde et dans les mailles de la pie-mère. Le passage à L'état chronique est rare, mais possible. Le pronostic est donc très grave.
Diagnostic. — La méningite aiguë simple doit être distinguée de la méningite tuberculeuse; il ne faut pas non plus confondre ses symptômes avec ceux de la fièvre typhoïde, où prédomine l'état nerveux ou l'ataxie.
Traitement. — Dès le début, saignées générales copieuses, répétées; sangsues derrière les oreilles, ou aux malléoles chez les très jeunes enfants; ventouses scarifiées. En même temps applications d'un liquide froid, delà glace sur la tète : les réfrigérants doivent être employés sans interruption, car, sans cela, ils favorisent la réaction vers le cerveau ; continués trop longtemps, ils peuvent, d'un autre côté, augmenter le collapsus. — Il faut employer aussi les purgatifs, le calomel particulièrement, qui agit en même temps comme altérant, et dont on seconde cette dernière action par des frictions faites sous l'aisselle ou au cou avec l'onguent mercuncl. — Viennent enGn les révulsifs externes, tels que sinapisme.?, pédiluves irritants, vésicatoires aux mollets ou aux cuisses. Selon M. Valleix, dans la méningite et dans toutes les affections aiguës en général, il faut être plus sobre de ce dernier
moyen, qui a l'inconvénient d'accélérer la marche de la
maladie.
M. Blaud a proposé de comprimer les carotides ; cette compression doit être interrompue de temps à autre, et il faut y revenir lors même que les accidents graves ont disparu.
Diète, boissons adoucissantes, demi-obscurité dans la chambre du malade, silence, emploi d'un oreiller de balle d'avoine, etc.
MÉNINGITE SIMPLE CHRONIQUE. — Cette forme est rare, du moins en tant que considérée sans aliénation mentale. « Les caractères physiologiques de la méningite chronique simple sans aliénation mentale, dit Guersant, sont encore fort peu connus et à peine indiqués dans quelques observations éparses recueillies dans les hôpitaux. L'abattement, la somnolence, les convulsions sont les seuls symptômes cérébraux que j'aie remarqués dans les trois ou quatre cas qui se sont offerts à mon observation; encore faut-il considérer que les sujets de ces observations étaient de jeunes enfants affectés d'entérite chronique et de pneumonie lobulaire, et les seuls symptômes cérébraux que j'aie pu rattacher à la méningite chronique pouvaient tout aussi bien tenir aune simple réaction sympathique de la maladie gastro -intestinale et pulmonaire sur le cerveau, qu'à la lésion matérielle des méninges que nous avons trouvée à l'ouverture des corps. Aussi la maladie n'avait-elle été soupçonnée dans aucun des cas, et n'a-t-elle été reconnue que par la nécropsie. »
Quant à la méningite avec aliénation mentale, nous en dirons un mot à l'article Paralysie générale.
MÉNINGITE TUBERCULEUSE. Tuberculisation des méninges, méningite granuleuse, affection tuberculeuse aiguë de la pie-mère. -^-Troubles cérébraux analogues à ceux de l'inflammation simple des méninges, mais dus au développement de tubercules dans la pic-mère (non dans l'arachnoïde), lesquels siègent surtout clans la scissure de Sylvius, sur les parties moyennes de la base du cerveau et aussi sur les hémisphères, et quelquefois dans la substance cérébrale elle-même.
Causes. — Les prédisposantes sont l'âge de six à dix ans
PATHOLOGIE INTERNE. 479 (quoique l'âge adulte ne soit pas exempt de la maladie), le sexe masculin, la constitution débile, le tempérament lymphatique; les occasionnelles sont, après le développement nécessaire des tubercules, lequel est sous la dépendance du vice tuberculeux, l'insolation, les coups sur la tête, la frayeur, etc.
Symptômes. — Le début s'annonce au milieu d'un état de santé satisfaisant ou bien dans le cours d'une maladie, surtout de la phthisie chez les adultes. Des vomissements, de la tristesse et de la céphalalgie, tels sont les premiers signes qui se manifestent. La céphalalgie est vive, générale ou frontale; il y a constipation, fièvre, assoupissement léger, pâleur et rougeur alternatives de la face, faiblesse marquée; le pouls est tantôt fréquent, tantôt normal; la chaleur est modérée.
Dans la seconde période, le mal de tète se dissipe, mais apparaît un délire tranquille, quelquefois agité, et qui alterne avec de la somnolence. Des convulsions se manifestent, mais elles ont en général moins d'importance que dans la méningite simple aiguë ; la paralysie n'est pas constante , à moins qu'on ne soit vers la fin, où l'ouïe et l'odorat paraissent abolis, où les déjections sont involontaires, la faiblesse extrême, le pouls très fréquent, irrégulier et petit, la respiration inégale; enfin où la prostration, les soubresauts des tendons et lacarphologie annoncent une mort prochaine.
Marche, terminaison . — Les tubercules méningiens peuvent exister pendant longtemps sans révéler leur présence par aucun trouble; mais quand celui-ci commence, sa marche, due à l'inflammation produite par le tubercule, est continue, dans la plupart des cas insidieuse et moins franche que dans la méningite simple. On observe souvent des rémissions, surtout dans l'altération de l'intelligence. La durée moyenne de la maladie est de onze à vingt jours; sa terminaison constante est la mort.
Diagnostic. — Il faut distinguer entre elles la méningite tuberculeuse, la méningite simple aiguë et la fièvre typhoïde. (V. ces mots.)
Traitement.— Rien d'efficace à faire. Recourez dès le début aux émissions sanguines ; mais soyez-en peu prodigue, sous peine de hâter l^s progrès do la tuberculisation Lotion1? et
allusions froides , glace sur la téte. A l'intérieur, le calomel seul ou uni à l'extrait de gentiane, les purgatifs, l'iodure de potassium. Frictions avec l'onguent mercuriel ; vésicatoires, sinapismes ; frictions stibiées sur le cuir chevelu, moxas, sétons, etc.
Poudre altérante.
Calomel, 20 à 40 cent.
Divisez en paquets de 5 cent, à prendre dans la journée.
Solution iodurée (Otterburg).
Eau, ISOgram.
Iodure de potassium, 2
Sirop de cannelle , ) , „ - de fi. d'or., [aa lo«ram-
M. — A prendre à dose rapidement croissante, jusqu'à 8 cuillerées à bouche par jour, dans la 2e période.
MENINGITE SPINALE ou RACHIDIENNE. — Inflammation des méninges de la moelle épinière. Cette maladie est peu commune à l'état simple ou d'isolement.
Causes. — Suivant Ollivier, d'Angers, les individus sujets aux affections rhumatismales paraissent être plus exposés à cette inflammation, qui peut être déterminée aussi, selon Vogel, par la suppression des règles ou des hémorrhoïries fluentes, par des violences extérieures , des efforts, l'extension de la méningite cérébrale.
Symptômes. — D'abord malaise, sentiment de fourmillement dans les membres ; puis douleur en un point du rachis, devenant aiguë, se propageant le long du dos, des lombes et dans les membres inférieurs , s'exaspérant par les mouvements, parfois s'étendant aux autres parties du corps avec élancements. Bientôt exaltation de la sensibilité générale, contractions tétaniques; dans certains cas, raideur des membres, tétanos. Respiration difficile; pouls d'abord régulier, ensuite fréquent, petit, concentré; sueurs abondantes dans les accès,' car la maladie offre souvent des rémissions. ^.
Marche rapide; terminaison mortelle.
Diagnostic. — Il offre de l'intérêt, d'abord sous ce point de vue qu'il est rare que la méningite spinale soit tout-à-fait isolée de la méningite cérébrale. Ensuite, on peut confondre avec elle l'hémorrhagie moniilgéo et la myélite. Ollivier a indiqué les caractères de la méningite vachidienne chronique, aller-
tion très rare dont les symptômes ne diffèrent des susdits que par leur moindre intensité et leur durée plus longue.
Traitement. — Saignées générales et locales répétées ; bains prolongés; opiacés. Plus tard, topicpies irritants, frictions stimulantes.
MÉNINGITE CEREBRO-SPINALE. — Inflammation simultanée des méninges du cerveau et de la moelle épinière. Elle est sporadique ou épidémique.
La méningite cérébro-spinale sporadique trouve son histoire dans le rapprochement et la réunion de l'inflammation simple de l'arachnoïde du cerveau et de celle de la moelle épinière. Par conséquent, aux symptômes cérébraux il faut joindre les convulsions, la raideur, la contracture des muscles du rachis.
La méningite cérébro-spinale épidémique est plus fréquente, et a donné lieu à des travaux importants depuis l'année 1S39, où elle a fait invasion en France et a été signalée par MM. Lefèvre, Tourdes, Chauffart, Corbin, Boudin, etc.
Causes. — Le sexe masculin et l'âge qui comprend les trente premières années y sont le plus exposés ; l'état militaire est aussi une condition prédisposante ; car la maladie s'est presque toujours déclarée dans les régiments, surtout parmi les nouvelles recrues non habituées aux fatigues du métier. La contagion n'a pas été démontrée et n'est pas admise.
Symptômes. — Invasion précédée de prodromes, quelquefois rapide, rarement subite et foudroyante. Céphalalgie, frissons, nausées et vomissements, rachialgie, douleurs dans les membres, vertiges, diarrhée, délire, fièvre, tels sont, par ordre de fréquence, les phénomènes précurseurs.
La maladie se présente sous deux formes : l'inflammatoire et la? ijphoïde et nerveuse, qui sont deux degrés de violence différents. D'abord céphalalgie presque toujours très vive, atroce , occupant un point circonscrit, comme la nuque , te front par exemple, mais devenant générale, persistant ou alternant avec le délire et le coma. Rachialgie plus ou moins étendue, le plus souvent cervicale , moins constante toutefois que la céphalalgie, s'exaspérant par les mouvements, non par la pression. Chez quelques sujets , sensibilité cutanée exa-
gérée, qui se perd vers la fin. Raideur tétanique de la partie postérieure du tronc ; renversement de la tête en arrière, contracture des membres, crampes , tremblements nerveux, etc.
Délire d'une intensité très variable, tantôt facile à dissiper par des questions; tantôt agité, violent, furieux, ordinairement interrompu par des intervalles de calme; quelquefois hallucinations, propension au suicide. Insomnie, somnolence; puis coma , perte de connaissance; face injectée, plus tard pâle et exprimant la stupeur; ouïe dure, tintements d'oreilles ; pupilles tantôt dilatées , tantôt contractées ; vomissements au début ; diarrhée plus tard, selles involontaires vers ia fin ; amaigrissement rapide.
Le pouls est tantôt ralenti, tantôt fréquent, accéléré au début ; la respiration est suspirieuse, entrecoupée, le plus souvent simplement gênée ; palpitations de cœur chez quelques individus. Le sang est rarement couenneux ; les épistaxis se montrent bien moins souvent que dans la fièvre typhoïde. On remarque des taches violacées, noirâtres, ou bien une éruption vésiculeuse ou impétigineuse à la peau.
Marche. — Elle est continue; cependant on signale des exacerbations et un moment d'amélioration qui fait naître des espérances trompeuses. On peut distinguer trois périodes, caractérisées 1° par des symptômes nerveux; 2° par la réaction fébrile ; 3° par l'affaiblissement , l'état typhoïde et le marasme.
Durée, pronostic. — La durée est très variable : la mort peut arriver au bout de vingt-quatre heures , comme la maladie peut se prolonger deux ou trois mois. La mortalité est des quatre cinquièmes. « Si l'issue doit être heureuse , les accidents ne se calment qu'avec lenteur. Une longue et périlleuse convalescence précède le rétablissement de la santé. » Après le rétablissement, on n'observe jamais d'infirmité consécutive.
Diagnostic. — La fièvre typhoïde , la fièvre intermittente pernicieuse et le tétanos sont les maladies qui pourraient être confondues avec la méningite cérébro-spinale. On concevrait l'erreur pour la première, d'autant mieux que, suivant quelques observateurs et M. Boudin en particulier, l'af-
fection dont nous nous occupons ne serait qu'une espèce de typhus [typhus cérébro-spinal) ; et en effet, les lésions anatomiques méningiennes sont souvent très légères.
Traitement. — Le traitement antiphlogistique doit être employé sans retard dans toute son énergie : saignées répétées, sangsues en grand nombre et ventouses scarifiées derrière les oreilles, le long de la colonne vertébrale. Quoique les divers autres moyens n'aient que peu de succès, il ne faut pas en négliger l'emploi : de là mercuriaux à l'intérieur et à l'extérieur, révulsifs externes, etc. On a essayé les vomitifs et les purgatifs, l'opium à dose élevée (20 à 30 centigr. et plus par 24 heures) , le sulfate de quinine, les toniques, le camphre , le musc, l'acétate d'ammoniaque , etc. Inutile de parler des boissons délayantes, delà diète et autres adjuvants. C'est au praticien à doser et à combiner tous ces moyens de traitement suivant les indications qui se présentent.
métrite. — Inflammation de l'utérus. Nous la distinguerons en aiguë simple, en chronique et en puerpérale. Nous établirons des subdivisions dans les deux premières formes.
MÉTRITE SIMPLE AIGUË. — Inflammation utérine aiguë non ulcéreuse ou granuleuse, survenant hors de l'état de grossesse ou des couches. Quelques auteurs la distinguent en muqueuse ou catarrhale et en parenchymateuse.
Causes. — Elles sont peu connues, ou bien indiquées sans preuves, comme l'alimentation échauffante, les violences extérieures, l'abus des injections froides ou irritantes.
Symptômes. — La métrite catarrhale aiguë s'accompagne de douleurs sourdes, gravatives aux lombes, à l'hypogastre, avec sentiment de chaleur, de prurit aux parties génitales, écoulement dont la quantité, l'aspect, la consistance sont très variables, et qui apparaît visqueux, opaque ou jaunâtre, remplissant le museau de tanche, lequel présente ou non des granulations, etc., comme nous le verrons plus loin. Rarejment réaction fébrile. — La métrite parenchymateuse produit plus de douleur, un sentiment de pesanteur sur le fondement, de chaleur dans le vagin, des envies fréquentes d'aller à la garde-robe , parfois une métrorrhagie. La fièvre est plus
marquée que dans la forme précédente, surtout si le péritoine participe à l'inflammation, auquel cas il survient des nausées et des vomissements. Cette affection n'est pas d'ailleurs aussi fréquente qu'on l'a dit ; on a confondu souvent avec elle la congestion utérine.— Pronostic peu grave, à moins de complication de phlegmasie péri-utérine.
Thaitement.— Antiphlogistiquesplus oumoins énergiques; saignées, sangsues, bains, injections émollientes et narcotiques, doux laxatif. Dans les cas compliqués, ce serait le traitement de la métrite puerpérale qui devrait être employé.
^ MÉTRITE CHRONIQUE. — Inflammation à marche lente d'une partie ou de la totalité de l'utérus. Elle peut être aussi catarrhale ou parenchymateuse ; au col, elle peut être constituée par des rougeurs, des érosions, des granulations, des ulcérations, etc., dont nous devons dire un mot.
Causes. — La métrite chronique est le plus souvent primitive, fréquente surtout dans l'âge sexuel, chez les femmes qui ont fait de fausses couches, qui n'ont pas pris assez de précautions après l'accouchement, ou qui abusent du coït, des injections, des emménagogues, des purgatifs aloétiques, etc.
Symptômes. — Ils sont obscurs au début : pesanteur dans le bassin ou au périnée, tiraillements dans les lombes et les aines, quelquefois douleurs plus ou moins aiguës, surtout aux époques menstruelles ; marche et station fatigantes. Écoulement muqueux variable. Par la palpation et le toucher on trouve l'utérus augmenté de volume, plus ou moins descendu, le plus souvent avec antéversion ou rétroversion. Le col seul peut être le siège de tuméfaction, et, examiné au spéculum, il paraît plus ou moins rouge, bosselé ou uni, granulé ou excorié, dur ou ramolli. Cet état ne s'accompagne d'aucune réaction, mais il trouble la santé générale par l'ébranlement du système nerveux, les névralgies, la gastralgie, la dysménorrhée, qu'il entraîne à sa suite.
Les granulations utérines, que les auteurs décrivent à part, consistent en une surface rougeet grenue qui commence à l'orifice du col, s'étend de proche en proche sur le museau de tanche et pénètre à une hauteur variable dans sa cavité.
Outre les symptômes susdits, elles donnent lieu à un écoulement constant d'une matière visqueuse qui sort de l'utérus comme un ruban et s'oppose, dit M. Chomel, à la fécondation. Elles saignent ordinairement avec facilité.
Les érosions du col consistent en une surface rouge, irrégulière, avec légère perte de substance, affectant une seule ou les deux lèvres du museau de tanche, s'accompagnant de douleur par le toucher et le coït, ainsi que d'écoulement, de prurit au fond du vagin, etc. — Quant aux ulcérations simple*, elles sont plus rares. On les trouve ordinairement saignantes, douloureuses au toucher, et s'accompagnant d'un écoulement souvent fort abondant.
Marche, durée, pronostic. — Quelle que soit sa forme, la métrite chronique a une marche lente, une durée très longue, et elle n'a aucune tendance à se terminer spontanément par la guérison. Néanmoins le pronostic n'est pas absolument grave, à moins qu'on n'admette, ce qui n'est pas démontré, que la maladie dégénère en cancer de l'utérus.
Diagnostic- — Suivant M. Duparcque, le diagnostic différentiel de la métrite chronique et de l'induration squirrheuse de l'utérus n'est pas possible. Cependant dans cette dernière affection il y a des bosselures irrégulières au col, qui est plutôt pâle que rouge ; de plus, le cancer utérin commençant donne lien à des pertes sanguines souvent très abondantes et qui se manifestent hors du temps où doivent apparaître les règles, quelquefois même après la cessation complète delà menstruation. C'est là tout ce que nous dirons de cette grave et incurable maladie, qui est d'ailleurs du domaine de la pathologie chirurgicale.
Mais nous devons rappeler et les nombreux et les divers troubles fonctionnels et de sensibilité qui causent les déviations de matrice, et ce fait remarquable que celles-ci ont été longtemps, sont encore souvent confondues, au point de vue des symptômes, avec les engorgements de matrice, dont la fréquence a été singulièrement exagérée par Lisfranc.
Traitement. — Les antiphlogistiqucs sont indiqués tout d'abord pour éteindre l'inflammation ou développer l'organe: saignée, sangsues sur L'hypogastre ou aux cuisses, à l'anus,
et même sur le col de l'utérus (Duparcque) ; bains entiers ou de siège prolongés, injections émollientes ou narcotiques, repos ; régime sévère, continence, etc.— Viennent ensuite les moyens destinés à combattre soit Y engorgement (bains alcalins, bains de mer; eaux de Vicby, de Néris, de Carlsbad; mercuriaux, iodures, ciguë, saponaire; irrigations et douches sur le col ou le bassin) ; soit les granulations et les érosions (injections astringentes et détersives à Talun, à la noix de galle, aux feuilles de noyer; cautérisation par le nitrate d'argent, le nitrate acide de mercure) ; soit les ulcérations simples (cautérisation par les acides, le nitrate d'argent, le cautère actuel) ; soit les déviations concomitantes (ceinture hypogastrique, pessaires, bains de mer) ; soit enfin les douleurs (injections et lavements narcotiques, opium à l'intérieur).— Ajoutons que l'effet de ces moyens est secondé par une médication interne appropriée à l'état de la femme, laquelle consiste en laxatifs pour combattre la constipation, en toniques et ferrugineux contre l'état chlorotique, etc.
Pommades résolutives. Iodure de potassium, 5gram.
(V. Iodure de plomb, de sou- 1 ou 2 cuillerées dans une tasse
fke, de mercure, Dict. Ihér.} de décoction de salsepareille matin
Solution. et soir.
Infusion de saponaire, 500gram.
MÉTRITE PUERPÉRALE. Fièvre puerpérale. — Ces deux dénominations ne sont point synonymes : la première désigne l'inflammation de l'utérus survenant à la suite de l'accouchement, la seconde un état plus général, primitif, dans lequel se manifestent des suppurations dans divers organes, principalement dans le péritoine et le tissu utérin. — Nous séparerons ces deux affections, traitant ici de la première, et de la seconde au mot Péritonite puerpérale.
Causes. — La plus efficace et la plus fréquente est un repos insuffisant après les couches. La difficulté et la longueur de l'accouchement, les manœuvres obstétricales, peuvent aussi la produire, etc.
Symptômes. — La maladie débute ordinairement du dixième au quinzième jour après la délivrance, souvent beaucoup
plus tôt, par de la douleur dans l'hypogastre, des coliques utérines, avec mouvement fébrile. La douleur augmente, est très vive sous la moindre pression. L'utérus augmente de volume et forme une tumeur arrondie, ferme et résistante que l'on sent par la palpation hypogastrique. Les lochies diminuent ou se suppriment, ainsi que la sécrétion laiteuse. Le pouls est plein, large, fréquent; la peau est chaude, halitueuse; anorexie, soif.
Marche, complications, pronostic. — La métrite puerpérale a une marche continue avec des exacerbations. Si elle est simple, sa durée n'est pas longue ; mais souvent elle se complique d'inflammation du péritoine, des annexes de l'utérus ou du tissu cellulaire des fosses iliaques, qui manifeste sa présence par des signes particuliers. La terminaison est la résolution, la suppuration, la gangrène, ou même l'état chronique. Le pronostic n'est très grave qu'en raison de ces complications.
Diagnostic. — Il est facile généralement parlant; mais on peut confondre cette maladie puerpérale avec la fièvre puerpérale proprement dite, si on ne sait distinguer les différences qui séparent ces deux affections sous le rapport de l'époque de l'invasion de la marche, de la succession des symptômes locaux et généraux, etc.
Traitement. — La facilité avec laquelle on se rend maître de la métrite puerpérale démontre encore la différence de cette affection avec la fièvre de même nom. Les moyens à mettre en usage sont tout simplement les saignées générales et locales, les fomentations et les lavements, quelques centigram. d'opium, un laxatif, etc. (V. Péritonite puerpérale.)
iMÉTUOttUHAGiE. Ménorrhagie. — Hémorrhagie de l'utérus dépassant les bornes de l'écoulement menstruel ou se produisant hors de l'époque où celui-ci a lieu. Elle est idiopathique ou symptomatique, active ou passive.
Causes. — La métrorrhagie est extrêmement rare chez les jeunes filles nubiles, plus fréquente surtout au fur et à mesure que l'âge critique approche. Les autres causes prédisposantes n'offrent rien de bien précis. Quant aux causes occa-
sionnelles, ce sont les violences extérieures, l'abus du coït, les émotions vives, l'usage des emménagogues, la présence d'un pessaire, etc. — La métrorrhagie symptomatique dépend de la congestion utérine, delà métrite, d'un polype, d'un fongus, du cancer de matrice. Elle peut aussi être la conséquence d'un état d'anémie, de défibrination du sang (métrorrhagie passive).
Symptômes.— Des prodromes, tels que plénitude, pesanteur, dansle bassin, fatigue, coliques utérines, douleurs vagues, etc., marquent ordinairement le début de l'hémorrhagie, qui apparaît quelquefois inopinément, surtout lorsqu'elle est passive. Tantôt le sang s'échappe tout-à-coup en quantité considérable, tantôt au contraire son abondance augmente peu à peu, mais dans l'un et l'autre cas l'hémorrhagie coïncide avec une époque menstruelle (Ménorrhagie). Le liquide sanguin est plus ou moins rouge, fibrineux, ou pâle et séreux, selon le caractère actif ou passif de la maladie. Les effets de sa perte sont plus ou moins marqués, suivant qu'il est plus ou moins pauvre ou riche. Il sort fluide ou en caillots, selon qu'il est expulsé aussitôt après son exhalation ou qu'il séjourne dans la cavité utérine. Survenant chez une femme pléthorique dont l'utérus est le siège d'une congestion, l'hémorrhagie, si elle est modérée d'ailleurs, peut être salutaire; mais très abondante et durant pendant longtemps, elle débilite, appauvrit le sang, et produit les effets connus des grandes déplétions sanguines, auxquels il faut ajouter des troubles nerveux, une céphalalgie occipitale, etc.; effets qui se manifesteront encore dans le cas d'hémorrhagie utérine interne, c'est-à-dire lorsque le sang est retenu dans l'utérus par un caillot qui en bouche l'orifice ou par le resserrement de celui-ci.
Marche, durée. — Tantôt la métrorrhagie se produit rapidement et disparaît pour ne plus se montrer (cela surtout lorsqu'elle est active), tantôt au contraire elle se reproduit à chaque époque [ménorrhagie] , ou bien, une fois établie, elle cesse et recommence d'une manière fort irrégulière pour durer quelquefois très longtemps. Dans ce dernier cas, il y a à craindre le développement actuel ou prochain du cancer utérin.
Diagnostic — Il ne peut être question de celui de la maladie en elle-même : rien de plus facile que de reconnaître l'hémorrhagie utérine ; mais il s'agit de décider si cette hémorrhagie est active ou passive, et surtout si elle est idiopathique ou symptomatique, car ce point est fort important pour le traitement. Or, pour arriver à ce résultat il faut tenir compte de l'état du sang et du sujet, et surtout procéder à un examen direct par l'emploi du toucher et du spéculum. — Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que nous avons mis hors de cause, dans cet article, la métrorrhagie puerpérale.
Traitement. — Il se compose d'une gradation de moyens de plus en plus actifs, suivant l'abondance et le danger do l'hémorrhagie, outre ceux qu'on dirige contre l'état généra' lorsqu'il s'agit d'une métrorrhagie passive. — Toute perte de sang par l'utérus exige le repos, le calme, un régime non excitant. Pour peu qu'elle devienne inquiétante par son abondance, il faut prescrire, en outre, la position horizontale sur un lit presque dur où le bassin soit maintenu élevé, l'usage d'une boisson froide ou acidulée, des demi-lavements frais. L'hémorrhagie continue-t-elle nonobstant ces précautions, il faut l'attaquer dans sa cause si cela est possible : ainsi on pratiquera une ou plusieurs saignées si elle est active, on appliquera des ventouses, des sinapismes autour du bassin, au dos, pour détourner la fluxion sanguine. Que si cela ne réussit pas encore, on couvre le bas-ventre de topiques froids, glacés ; on injecte dans le vagin un liquide styptique et froid. Enfin, faut-il faire appel à des moyens encore plus héroïques, on cherche à comprimer l'aorte, ou l'on procède au tamponnement.
Tous ces moyens, sauf les émissions sanguines, conviennent dans l'hémorrhagie passive. Ici donc on aura recours aux réfrigérants, aux révulsifs, aux astringents internes et externes, surtout au seigle ergoté, seul ou uni à la poudre de cannelle. On combattra de plus l'anémie ou la chlorose par les ferrugineux et les analeptiques; les douleurs utérines par les lavements laudanisés, l'opium; on retirera les caillots, les fausses membranes qui peuvent obstruer le col, etc. — Nous
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ne parlons pas de divers autres remèdes, tels que la sabine, le nitre à haute dose, l'acétate d'ammoniaque, le suc d'ortie, les vomitifs et les purgatifs, etc., parce que l'expérience n'a pas suffisamment sanctionné leur utilité. Mais nous citerons le perchlorure de fer qui, administré en injection, a procuré des effets remarquables dans des cas où l'hémorrhagie avait résisté à beaucoup d'autres moyens.
Boissons acidulés.
(V. Limonade au Dict. thêr.)
Injection styptique.
Eau d'orge, 50gram.
Vinaigre, 100 à 150
Autre.
Eau de Rabel, lOOgram.
Eau commune, 500
Autre.
Perchlorure de fer, 20 à 30 grain.
Eau, 500
Injections astringentes .
(V. Leucorrhée.)
Poudre astringente opiacée (John).
Alun, 4 grain.
Cannelle, 1,25 cent.
Opium, 0,20
D. en 4 paquets. — 1 toutes les quatre heures.
Potion astringente (Plenk).
Eau de menthe, 120gram.
Teinture de cannelle, 30
Alun, 1,25 cent.
Sirop diacode, 30gram.
2 cuill. à bouche d'heure en heure ou toutes les deux heures.
Autre.
Tannin, l,50gram.
Eaudistilléed'absinthe, 150 Sirop de safran au vin de Malaga, 30
Autre (Hilaenbraud).
Extrait de ratanhia, 4 grain.
Eau de camomille, 180 Elixir acide aromat., 2
2 cuillerées toutes les deux heures.
Mixture (Goupil).
Poudre de seigle ergoté, 4gram.
Sirop simple, 50 Esprit de menthe, 0,10 cent.
Par cuillerées.
Autres formules.
(V. HÉJIORBHÀGIB , Gastiîourhagie, Chlorose.)
migraine. Hémîcranie. — Douleur vive siégeant dans un des cotés de la tète et revenant à des intervalles plus ou moins rapprochés. C'est une affection essentiellement nerveuse , une névralgie cérébrale si l'on veut, qui se montre idiopathique ou sympathique.
Causes. — Prédispositions : sexe féminin , tempérament nerveux, âge de vingt à quarante-cinq ans, hérédité. — Causes occasionnelles : trouble de la digestion, influences de certaines odeurs, émotions morales; troubles de la menstruation; affections utérines; causes inconnues.
Symptômes. — La migraine se manifeste par accès. Ordiîairement des signes prodromiques précèdent ceux-ci : tels [ue malaise, pandiculations , lassitude, divers troubles ner-
eux. Souvent des vomissements accompagnent le début , •aractérisé par une douleur sus-orbitaire qui s'étend à tout m coté de la tète, quelquefois occupe toute cette partie, étant
igué, avec sentiment de tension, battements douloureux, et '.'exaspérant par le mouvement. Les yeux sont sensibles à la umière; nausées, vomissements; pouls normal, etc.
Ces symptômes sont très variables en intensiLé; ils se nontrent intermittents , et les accès sont séparés par des in- .ervalles plus ou moins longs. Chez certaines femmes, les iccès se reproduisent à chaque période menstruelle ; leur lurée est de douze à vingt-quatre heures , celle de la maadie est de plusieurs années. — Pronostic sans gravité.
Diagnostic. — La névralgie et la dermalgie intermittentes le la tète sont les seules maladies qui puissent être prises xmr la migraine.
Traitement. — On a cherché à combattre les accès par les moyens très divers , tels que l'application de compresses j-empées dans l'eau froide, l'eau de Cologne, l'eau vinaigrée, jul'éther; l'infusion de café, les narcotiques , les antispasmodiques, la belladone à l'intérieur et à l'extérieur; les frictions avec le chloroforme, le cyanure de potassium ; le vomitif au début, etc. Quant à la maladie elle-même, c'est à l'hygiène et au traitement des affections dont dépend la migraine qu'il Faut s'adresser pour la combattre. En tout cas , le malade loit , durant l'accès, fuir le bruit, la lumière, les odeurs fortes , le mouvement. Lavements pour éviter les efforts de défécation.
Mixture (Hufeland).
Teinture d'éc. d'orange, 8gvam.
— de castoréum , 4
— d'alocs, 4
M. — <i0 gouttes deux fois par jour dans la migraine hystérique.
Pilules anticéphalnlgiques.
(Broussais).
Ixti'ait iic insq. , ) „ 0 - ,
— de be.llad.,)
— de laitue, 0,50
— d'opium, 0,12
NOUVEAU COMPEND1UM.
Beurre de cacao, 4gram.
F. 30 pilules. — 1 matin et soir.
Solution.
Cyanure de potassium, 0,40 à 0,50 cent.
Alcool, éther ou eau
distillée, 30gram.
Compresses imbibées sur l'endroit douloureux.
Autres.
Extr. de stramouium, 0,5décig.
— d'opium, 0,5 Oxyde de zinc, 8 grain.
F. 40 pilules. — 1 à 8 par jour.
Potion contre la céphalalgie.
Alcoolature d'aconit, 1 gram.
Sirop de sucre, 30 Eau, 100 Alcoolat de cannelle, 10
1 cuillerée de deux en deux, heures.
Pommade (J.-J. Cnzenave).
Chloroforme pur, 12 gram.
Cyanure de potassium, 10 Axonge récente, 60
Cire, q. s. pour obtenir la consistance d'une pommade.
En enduire rapidement les cheveux en tous sens avec gros comme deux œufs de pigeon, et recouvrir la tète d'un bonnet de taffetas ciré.
miliaire. Sueite miliaire. — Affection pyrétique dont le caractère spécial consiste dans une éruption de petites vésicules du volume d'un grain de millet, et qui se montre sporadique ou épidémique.
Causes. — Elles sont fort obscures. Cependant elles ont fait distinguer la miliaire en idiopathique et en symptomatique, selon qu'elle constitue par elle-même toute la maladie ou qu'elle n'existe que comme épiphénomène d'une autre affection plus ou moins grave, telle que l'état puerpéral, la fièvre typhoïde [sudamina). La miliaire proprement dite est donc une sorte de toxicohémie, comme dirait M. Piony, qui règne le plus souvent épidémiqucment et qui est probablement contagieuse dans le foyer d'infection.
Sympfômes. — Début variable, c'est-à-dire tantôt précédé de prodromes (malaise, lassitude, anorexie, etc.), tantôt subit, par des sueurs ou par un frisson initial. Les sueurs sont remarquables par leur abondance et leur continuité : les matelas, le lit tout entier, peuvent en être traversés; elles ont une odeur forte sui generis ; la peau est en même temps le siégd d'une chaleur élevée. Vers le quatrième jour, l'éruption se manifeste, précédée d'une sorte de fourmillement général, et consistant soit en petites taches rouges légèrement saillantes,
TATHOLOGIE INTERNE. 493
tonnant de la rudesse à la peau et au sommet desquelles on iperçoit à la loupe une petite vésicule [miliaire rouge), huit :n vésicules plus apparentes entourées à leur base d'une auéole rouge [miliaire vésiculeuse) , soit à des vésicules entièrement semblables au sudamina qu'on trouve dans plusieurs naladies, particulièrement dans la lièvre typhoïde (miliaire ■/anche). L'éruption a pour siège spécial le tronc et les 'nembres , ses diverses formes se montrentsouvent réunies sur e même sujet. Pendant sa durée, le prurit, les fourmillements .'ontinuent ; il y a céphalalgie, agitation, inquiétude, insomnie, larfois délire, convulsions, ôpistaxis abondante. Du coté des 'oies digestives , soif modérée, souvent état saburral , parfois musées et vomissements, surtout sentiment de constriction louioureuse à l'épigastre; dans certains cas, aphthes, projetions pseudo- membraneuses. Sentiment d'étouffement, 'oppression. Pouls développé et fréquent. Marche, lerminaison. — La suette miliaire a été distinguée n btn'ujup et en grave. Dans le premier cas, les symptômes i-dessus énumérés se montrent moins nombreux ou du moins 'lus légers, sans perturbation, l'éruption se fait bien et se issipe au bout d'un ou deux septénaires en laissant ou non ne légère desquamation. Dans le second cas, la maladie offre ne plus longue durée, une marche moins régulière, des yniptomes adyne.miques ou ataxiques, et lorsque la mort .'en est pas la conséquence, la convalescence est pénible. Kitre ces deux formes, on a reconnu une miliaire rémittente, ni rappellerait une fièvre intermittente avec éruption papu- :use et sueurs, ou qui, sporadique, ne consisterait qu'en une ruption pâle, accompagnée de malaise, d'abattement et d'une igère augmentation du pouls. — La miliaire offre donc trois éi iodes selon les uns : invasion, éruption, desquamation; I uatre suivant d'autres : prodromes, sueurs, éruption, desqua- Mt-io-n, dont une ou deux peuvent manquer sans que la maulie cesse d'être caractérisée.
Complications. — Angine, bronchite, aphthes, entérite.
Pronostic. — ri varie nécessairement suivant la forme bé- 'gne ou gravc ,[,, (a maiajjCi M Foucart; prétend que cette istmction ne repose sur aucun fondement théorique, et que
les cas graves ne deviennent tels que par l'effet d'un mauvais traitement. Cette opinion ne nous paraît point exacte : il est des épidémies où la maladie, bénigne au début, s'aggrave toutà-coup et devient mortelle en peu d'heures. Toutefois, il est certain qu'on a singulièrement exagéré le danger de la miliaire, qui, selon MM. Bourgeois et Foucart, guérit dans presque tous les cas, sous l'influence d'un traitement très simple.
Traitement. — Suivant M. Foucart, les vomitifs (ipécacuanba) doivent en constituer le principal agent. Une fois l'embarras gastrique dissipé, les accidents cessent comme par enchantement. Les jours suivants, cet observateur dirige les purgatifs salins contre la constipation; boissons délayantes froides en petite quantité à la fois ; surtout éviter de surcharger les malades de couvertures.
Les émissions sanguines ne sont employées que dans des cas exceptionnels : M. Foucart les proscrit absolument. Par contre, e vomitif qui lui semble héroïque est rejeté par M. Rayer. D'autres médecins préfèrent à tous ces moyens l'opium, les antispasmodiques ou les révulsifs, etc. ; mais que conclure de tout cela ? C'est que le génie particulier de chaque épidémie ne permet pas d'instituer a priori un traitement qui doive être préféré à l'exclusion de tout autre. Ajoutons que les toniques sont indiqués dans la forme adynamique ou lorsqu'il y a grande faiblesse ; le quinquina dans le cas d'intermittence, etc.
morsures venimeuses. — Nous n' entendons parler que des morsures de la vipère et des serpents venimeux.
MORSURE DE LA VIPÈRE. — L'animal porte son venin dans deux petits réservoirs placés à la base de deux dents de la mâchoire supérieure, dents courbes et mobiles offrant un canal central par lequel il est instillé dans la plaie. Ce venin est plus actif en été qu'au printemps et lorsque la vipère est irritée ou à jeun que dans les circonstances opposées. Néanmoins, on a exagéré beaucoup la gravité des accidents et les dangers à lui attribués.
Sipnplômex. — Douleurs vives dans toute la longueur du membre blessé, qui se tuméfie et devient rouge, livide autour
de la blessure. Fréquence du pouls, angoisses, faiblesse, nausées, vomissements, sueurs froides, syncopes. Au bout de deux ou trois jours, ces symptômes se dissipent et la guêrison a lieu. Dans quelques cas cependant, la mort peut en être la suite.
Traitement. — Appliquer une ligature à un pouce audessus de la blessure; presser celle-ci, la ventouser, verser dedans quelques gouttes d'ammoniaque, ou mieux la cautériser profondément. Puis applications émollientes, embrocations huileuses sur le gonflement. A l'intérieur, infusion aromatique chaude avec addition d'éther ou d'acétate d'ammoniaque; légers cordiaux.
MORSURE DES SERPENTS VENIMEUX . — Ces serpents sont ceux du genre vipère qu'on rencontre dans les contrées tropicales et le serpent à sonnettes. — Le traitement est celui qui vient d'être indiqué. Nous ajouterons seulement que la morsure du serpent à sonnettes donne lieu à des symptômes presque foudroyants et toujours mortels en quelques heures au plus ; qu'il faut dans ce cas agir aussitôt après l'accident en brûlant largement ou plutôt en enlevant les tissus au milieu desquels se trouve la plaie, et même s'il s'agit d'un doigt, d'un orteil, etc., en amputant cette partie.
MOR.VE. — Affection fébrile violente, caractérisée par une sécrétion particulière des narines, avec abcès nombreux, pustules, etc., se transmettant du cheval à l'homme. Elle est aiguë ou chronique.
MORVE AIGUË. — Causes. — Cette affection, qui se développe spontanément chez les chevaux soumis à de trop grandes fatigues et à l'encombrement, se transmet à l'homme, et de celui-ci a son semblable, par contagion directe et peut-être aussi par infection. Les palefreniers y sont naturellement le plus exposés : il suffit que le virus trouve la plus petite écorchure par où il s'introduise pour que la maladie se développe. On croit que les dépouilles des chevaux morveux peut la faire naître.
Symptômes. — L'incubation a une durée variable, qui serait d'une à deux semaines lorsqu'il y a eu infection , de deux à
quatre jours quand la maladie naît de la contagion. Dans h premier cas, le début est annoncé par du malaise, un frissoi prolongé, une prostration extrême, des vomissements, etc. dans le second cas, on voit se manifester de l'inflammation av point où s'est faite l'inoculation , un aspect blafard , sanieu> de la plaie, avec des phénomènes généraux de réaction.
Bientôt douleurs articulaires dans les épaules , les coude.' et les genoux principalement, avec ou sans rougeur à la peau: inflammation érysipélateuse de la face, avec rougeur livide, empâtement des tissus; souvent pareille inflammation aux membres, suivie d'abcès plus ou moins nombreux, sous-cutanés ou intermusculaires, se montrant dans les diverses ré gions du corps , et remplis de pus sanieux et fétide. Apparition de pustules de formes variables , pleines d'un pus jaunâtre parfois mêlé de sang, se montrant surtout à la face, Ulcérations aux muqueuses , dans les fosses nasales , sur 1( voile du palais, à la base des pustules; coryza spécial donnant lieu à un écoulement visqueux , strié de sang , puis purulent [jetage). Escbares gangreneuses se développant aiu points occupés par l'inflammation et les ulcérations. Soif vive ventre météorisé, selles fétides vers la fin ; pouls très fréquent faible, irrégulier, enfin prostration croissante, délire, coma mort.
Pronostic. — Extrêmement grave; presque tous les cai observés se sont terminés par la mort après une durée di trois à vingt-cinq jours.
Diagnostic, — La fièvre typhoïde, la résorption purulente l'érysipèle de la face , voilà les affections qui peuvent rendre ce diagnostic incertain.
Traitement. — On a tout essayé, parce que rienn'a réussi Tout est à faire ici. Disons seulement qu'on a employé tour à-tour les évacuants, les toniques, les narcotiques, le sulfao de quinine, les mercuriaux, les antispasmodiques, etc.
MORVE CHRONIQUE. Morve farcineuse , parce qu'elle succède presque toujours au farcin. (V. ce mot.) — Sa cause uni que est la transmission de la morve ou du farcin des solipôdl à l'homme; mais elle est très rare dans l'espèce humaine
Les symptômes sont moins apparents , plus lents dans leur marche, plus bénins, mais n'en entraînent pas moins la mort.
Traitement. — Cautérisation des ulcères des fosses nasales , injections iodées dans les abcès; iodure de potassium à l'intérieur. Extrait d'aconit, de 5 à 75 centigr. par jour (Decaisne).
muguet. Millet, blanchet, stomatite crémeuse ou pseudomembraneuse, aphthes des nouveau-nés. — Le muguet estime maladie particulièrement caractérisée par une exsudation concrète de la muqueuse buccale , et qui donne, en outre , ordinairement lieu à un grand nombre d'autres symptômes du coté du tube digestif, dont plusieurs autres points peuvent être envahis par la production pseudo-membraneuse (ValJeix). -
Causes. — Le muguet est une maladie de la première enfance, quoiqu'il se manifeste aussi chez les adultes. Il se déclare surtout dans les hôpitaux consacrés aux enfants trouvés, où ceux-ci sont sous l'influence de l'encombrement, de l'allaitement artificiel, d'une mauvaise alimentation , etc.
'Cette affection a été distinguée en idiopaihique , qui serait
■spéciale aux enfants jusqu'à l'âge de deux à trois mois, et eu symptomalique, qui, après cette première période de la vie,
•se montre secondaire ou surajoutée à une maladie préexistante. Le muguet règne le plus souvent sous forme épidémique. Quelques médecins prétendent qu'il est contagieux.
Symptô?nes. — On distingue, dans leur succession, plusieurs phases qui peuvent être désignées par ces mots : invasion, accroissement, collapsus. — L'invasion est quelquefois subite, le plus souvent cependant précédée par un érythème des fesses, de la diarrhée et un mouvement fébrile.
— La maladie une fois déclarée, en voici les symptômes. La bouebe devient chaude, sèche ; les papilles de la langue s'éri-
.gent et rougissent, la succion est difficile. Un ou deux jours après apparaît l'exsudation pseudo-membraneuse sous forme de grains au sommet des papilles, ou de petites masses aux joues , constituée par une matière molle, blanche ou jaunâtre, qui a uni.' grande tendance à se reproduire lorsqu'on l'enlève; il ) a aussi quelquefois de petites ulcérations sur la ligne mé-
498 NOUVEAU COMPEND1UM.
diane du palais et au frein ou au bord de la langue. Borné à la bouche et discret, le muguet ne provoque qu'une faible réaction générale. Mais , ce qui a lieu le plus souvent , il s'étend au pharynx , à l'estomac et même à tout le canal intestinal; il donne lieu à des vomissements , de la diarrhée, du ballonnement du ventre, de la fièvre. Alors aussi l'érythème fait des progrès, il s'étend aux cuisses, au scrotum, aux grandes lèvres, et se complique d'excoriations, d'ulcérations même aux malléoles , aux talons. Le petit malade est agité , pousse des plaintes et des cris ; sa face devient pâle , amaigrie , ridée. — Acette période d'agitation succède un abattement extrême : le pouls perd de sa force, la chaleur de son intensité; il survient même du refroidissement ; la face se grippe davantage, les vomissements et la diarrhée cessent , mais la mort n'en est pas moins proche. Toutefois , ceci ne veut pas dire que le muguet soit toujours aussi grave.
Le muguet des adultes offre anatomiquement les mêmes caractères , sauf qu'il se borne ordinairement à la bouche. Seulement il survient comme complication d'une maladie chronique arrivée à une période avancée , et il constitue alors un phénomène très fâcheux.
Durée, terminaison , pronostic. — La durée du muguet des enfants, très variable, est de sept à trente-cinq jours. Sa terminaison est le plus souvent fâcheuse , du moins dans les hôpitaux; car en ville la maladie est moins grave et d'ailleurs beaucoup moins fréquente. Disons aussi qu'elle se complique assez souvent de pneumonie. Lorsque la guérison doit avoir lieu, la période de collapsus manque.
Diagnostic. — Il sera toujours facile de distinguer entre eux les aphthes, la stomatite couenneuse et le muguet.
Traitement. — M. Blache le divise en prophylactique et en curatif. — Le traitement prophylactique consiste dans l'allaitement naturel , les soins de propreté , une alimentation appropriée à l'état des organes digestifs , etc.
Le traitement curatif se divise à son tour en local et général. Le premier se compose de gargarismes adoucissants, mucilagineux, calmants ou astringents et excitants. Ces deux ordres de topiques sont employés l'un après l'autre, suivant
la période delà maladie, par quelques-uns; d'autres, au contraire, mettent en usage l'un des deux à l'exclusion de l'autre dans toutes les périodes. — Quant au traitement général, il consiste dans l'administration de lavements laudanisés , de boissons adoucissantes, de bains; ou bien dans de légers toniques, s'il y a adynamie ; du sirop d'ipécacuanba à dose vomitive (Trousseau) , du sous-nitrate de bismuth à haute dose (Monneret). La sauge a été recommandée en fomentation, lavement, gargarisme et même boisson.
Gargarisme émollient (1).
Décoct. degnim., ) 1nn Lait, i aa 100 Sram-
Lorsque la bouche est très douloureuse, on y joindra 4 grain, de laudanum de Sydenhara
Gargarisme astringent, Décoct. de guimauve, 200 grain.
Borate de soude, 8 Miel, 30 Autre.
Alun, 2 grain.
Décoction d'orge, 200 Miel rosat, 20
Autre.
Borax, 8 grain.
Eau de sauge, GO Teinture do myrrhe, 3 Miel, 30 Mixture (Trousseau) .
Borax, 10 grain.
Sirop simple, 10 Autre.
Miel rosat, 8 part.
Acide hydrochloriq., 1 ou 2
.Attires.
(V. Angine, Stomatite.)
MYÉLITE. — Inflammation de la moelle épinière. Il faut entendre par là l'inflammation circonscrite, locale, profonde, de la substance propre de ce gros cordon nerveux, non cette phlegmasie diffuse qui accompagne la méningite racbidienne. Elle est aiguë ou chronique.
MYÉLITE A1GUE. — Inflammation de la moelle épinière parcourant rapidement ses périodes, et ayant pour caractères anatomiques, par ordre de succession, l'injection simple, avec légère augmentation de volume et de consistance; le ramollissement à un degré variable et la véritable suppuration.
Causes. — Violences extérieures, exercices forcés, efforts
(1) C'est ii l'aide d'un tampon de linge ou d'un pinceau de charpie bien imbibé qu'on port'1, à plusieurs reprises, le liquide sur les diverses parties de la bouche.
considérables; affections des vertèbres, suppressions d'écoulements habituels, action du froid; onanisme, excès vénériens. Cette maladie est plus rare chez la femme que chez Fhomme.
Symptômes. — Le début est souvent annoncé par des fourmillements et l'engourdissement des doigts et des orteils, avec gêne des mouvements ; quelquefois aussi par des convulsions et des vomissements (Ollivier), par des douleurs clans les parois abdominales (Calmeil). Déjà s'est montrée une douleur fixe en un point du rachis , douleur sans exacerbation marquée, que les mouvements et la pression augmentent.
Aux fourmillements ou à l'engourdissement succède une faiblesse dans les membres, particulièrement dans les jambes, qui va en augmentant jusqu'à la paralysie plus ou moins complète. Celle-ci occupe ordinairement les deux membres inférieurs [paraplégie), quelquefois un seul ou l'un à un degré plus fort que l'autre. Avant qu'elle soit complète, le malade, lorsqu'il marche, détache mal la pointe du pied du sol et bronche fréquemment ; plus tard la progression semble s'effectuer plutôt à l'aide des muscles du bassin que de ceux des jambes, qui fléchissent aussi sous le poids du tronc.
La sensibilité se perd en même temps plus ou moins complètement ; quelquefois elle se montre exaltée au début, ou bien elle reste normale.
Les membres paralysés ont de la raideur, quelquefois sont le siège de douleurs et de contractures. Dans quelques cas rares, on a remarqué l'érection du pénis et l'alcalinité de l'urine. Celle ci est retenue dans la vessie, qui participe à la paralysie; il y a constipation alternant souvent avec diarrhée. Etat fébrile avec ou sans paroxysmes; pouls fréquent, développé, irrégulier, tumultueux (Ollivier).
Les symptômes varient suivant tel ou tel point de la moelle affecté. 1° Myélite du bulbe : trouble des sens, délire furieux, grincement des dents, trismus, respiration et déglutition difficiles, hémiplégie ou paralysie générale, etc. — 2° Myélite cervicale : rigidité clans les muscles du cou et des membres supérieurs; paralysie de ces derniers, dyspnée, symptômes d'angine, etc. — 3" Myélite dorsale : secousses convulsives du tronc, agitation générale; respiration com te, précipités
palpitations, etc. — 4° Myélite lombaire : paralysie des membres inférieurs [paraplégie], s'étendant au rectum, à la vessie, abdominales.
Durée, pronostic. — Le plus souvent, dit Ollivier, la mort survient du troisième au quatrième jour. La maladie peut se prolonger jusqu'au trentième. Le pronostic est des plus graves.
Diagnostic. — L'hémorrbagie de la moelle, la méningite rachidienne et la paraplégie nerveuse sont les seules affections qui peuvent l'embarrasser.
Traitement. — A peu près semblable à celui de la méningite spinale, il repose sur les saignées générales et locales, les ventouses scarifiées, les laxatifs et les topiques émollients et narcotiques, aidés de la diète et des délayants.
MYÉLITE CHRONIQUE. —Inflammation de la moelle à marche lente.
Causes. — Cette forme est beaucoup plus fréquente que l'aiguë. Elle débute donc ainsi le plus souvent de prime abord sous l'influence des violences extérieures, des efforts, des rhumatismes, du mal de Pott, etc.
Symptômes. — D'abord douleur en un point du rachis, suivie de prurit, d'inquiétude dans les membres inférieurs, d'élancements douloureux. Plus tard apparaît la paralysie, qui commence par de l'incertitude dans les mouvements, de la torpeur, etc., lesquelles se dissipent par la marche, puis deviennent permanentes et croissantes. Les membres paralysés offrent de la raideur et de la contracture, mais moins souvent que dans la myélite aiguë, quelquefois des contractions involontaires ; ils ne peuvent pas être portés dans l'extension, tandis que la flexion est parfois possible. Lasensibilité est souvent conservée ou obtuse. La vessie et le rectum ne participent pas toujours à la paralysie. La fièvre est nulle, à moins do complication ; les malades conservent au contraire assez souvent l'appétit et même de la gaité.
La différence de siège de la lésion donne lieu à une manifestation symptomatique différente dans la lésion de la motilité et de ia sensibilité. La paraplégie est l'effet le plus ordinaire.
Durée fort longue, de plus de quinze ans quelquefois. — Pronostic très grave, la mort succédant à l'extension de la paralysie, aux escarrhes gangreneuses, à la rétention d'urine et au marasme, etc.
Traitement.— Il ne diffère pas de celui de la myélite aiguë, sauf l'activité qui doit être moindre. Après l'emploi des antiphlogistiques viennent les moxaset sétons, l'électro-poncture, la strychnine, la teinture de cantharides, le seigle ergoté; puis les bains de mer, les bains sulfureux, les douches de même nature, le massage, l'électricité, etc.
myopie. Vue courte, vue basse. — La distance à laquelle la vue des petits objets s'exerce avec le plus de netteté , et qu'on appelle le point de vision distincte, est en moyenne de 7 à 8 pouces : c'est là l'état normal; en deçà, il y a myopie, au-delà, presbytie.
Causes. — Excès de réfringence ou de longueur du globe oculaire qui fait que l'image se forme avant de frapper la rétine; habitude d'examiner des objets petits; lecture, écriture prolongées, etc.
Symptômes. — Le myope rapproche les objets de ses yeux pour les bien distinguer ; sa pupille est en général dilatée ; il présente un léger strabisme convergent. Il a une écriture fine et préfère lire de petits caractères, ce qui lui est facile à cause de l'agrandissement des angles visuels par suite du rapprochement des objets. Il cligne d'autant plus que le foyer visuel est plus court et la lumière plus éclatante. Son regard est sans expression et baissé, au lieu de se diriger sur la personne qui lui parle et dont il ne peut saisir l'expression physionomique. La myopie est congénitale ou acquise ; elle s'améliore dans l'âge avancé, sans doute par la diminution des humeurs de l'œil.
Traitement. — Il n'est que palliatif; il consiste en l'usage de verres concaves appropriés. On peut améliorer la vue en diminuant peu à peu la force des lunettes et accoutumant les yeux à s'en passer, surtout si on cesse les occupations ou les habitudes qui ont produit la myopie.
népuivalgie:- — Douleur purement nerveuse du rein.
Cette maladie est rare, peut-être même n'existe-elle pas, car on l'a toujours supposée plutôt que démontrée. Ce n'est pas qu'on ne rencontre souvent une douleur lombaire vive, se propageant parfois le long de l'uretère et provoquant des vomissements, etc. ; mais ces symptômes dépendent plus souvent d'une affection calculeuse ou autre que d'un état idiopathique. — En tout cas c'est aux narcotiques, aux antispasmodiques et aux bains qu'il faudrait avoir recours pour la combattre.
néphrite. — Inflammation des reins. Elle se distingue en simple et en albumineuse : dans les deux cas elle se montre aiguë ou chronique. M. Rayer a donné à la néphrite calculeuse le nom de Pyéltie (V. ce mot).
NÉPRHITE SIMPLE AIGUË. Fièvre néphrétique, néphritix. — Inflammation de la substance du. rein indépendamment d'une diathèse, de l'action d'un poison morbide, et parcourant ses périodes dans un laps de temps assez court.
Causes. — Les prédispositions sont le sexe masculin, la vie sédentaire, le coucher sur la plume, l'usage d'aliments succulents, l'hérédité ; mais leur action est douteuse. Les causes occasionnelles consistent dans les violences extérieures, les secousses, contusions et plaies aux lombes ; l'abus des diurétiques, du nitrate de potasse à haute dose notamment; l'action des cantharides, celle du froid humide; les métastases rhumatismales et goutteuses, mais celles-ci déterminent très rarement l'inflammation des reins, à moins que ce ne soit consécutivement à la gravelle urique à laquelle les goutteux sont très sujets.
Les causes les plus fréquentes sont surtout les calculs rénaux, les obstacles si divers au cours de l'urine, les affections de la vessie, la paraplégie, etc. Leur fréquence est telle, en effet, qu'on a presque révoqué en doute la néphrite spontanée, c'est-à-dire née en dehors de leur influence.
Symptômes. — Au début, frisson plus ou moins marqué, souvent nul. Presque aussitôt douleur lombaire d'un seul ou des doux cotés, s'irradiant le long des uretères, jusqu'au testicule et même dans la cuisse; cependant, suivant M. Rayer,
504 NOUVEAU COMPKNDIUM.
lorsque la néphrite est calculeuse, cette douleur se porte vers l'estomac, le foie et l'épaule. Elle a un caractère variable suivant qu'elle est purement inflammatoire ou qu'elle se rapproche de celle de la colique néphrétique. La pression , les mouvements, la toux, les secousses, l'augmentent. Sécrétion urinaire diminuée ou même supprimée : l'urine est plus ou moins rouge, ce qui dépend soit d'une petite quantité de sang mêlé à elle, soit d'un excès de matière colorante; dans ce dernier cas, elle est très riche en acide urique et en urates ; mais ces caractères appartiennent aussi à d'autres affections. Rétraction du testicule, laquelle, notons-le, se produit aussi dans la colique néphrétique et n'a de signification un peu précise, au point de vue du diagnostic de la néphrite, que quand elle existe des deux côtés. Pouls dur, fréquent, élevé; soif vive, anorexie; quelquefois nausées et vomissements, constipation, chaleur et aridité de la peau.
L'appareil symptomatique varie, du reste, suivant qu'il s'agit d'un cas bénin, ou intense, ou avecischurie et phénomènes cérébraux, ou avec symptômes de putridité dus à une sorte de résorption purulente, car la maladie peut se terminer par abcès du rein, lequel s'ouvre et se vide soit dans le colon, soit dans le bassin, soit et plus souvent dans les calices et les uretères.
Durée, pronostic. — La durée est variable, en rapport avec la nature de la cause, la terminaison de la maladie, le séjour plus ou moins prolongé du calcul qui lui a donné naissance. Quant au pronostic, il est peu ou très grave selon que la néphrite se termine par résolution ou par suppuration.
Diaynostic.—W pourrait offrir de la difficulté si on ne savait distinguer la néphrite de la colique néphrétique, de la colique hépatique , du lumbago , de la cystite et de la péritonite partielle.
Traitement. — Saignées générales et locales copieuses et répétées; ventouses scarifiées, bains et cataplasmes émollients; embrocations narcotiques. Boissons émollientcs et délayantes; laxatif ou purgatif s'il y a constipation; boissons gazeuses contre les vomissements ; lavements camphrés et
laudanisés. — Enfin il faut avoir égard aux causes et les combattre s'il y a lieu.
NÉPHRITE SIMPLE CHRONIQUE . — Inflammation des reins indépendante d'une affection calculeuse et parcourant lentement ses périodes. Maladie rare et d'une étude difficile.
Causes. — En dehors des influences calculeuses et des maladies des voies biliaires, etc., la néphrite simple se produit •sous des influences à peu près inconnues. Elle peut succéder à l'aiguë ou à l'action de ses causes.
Symptômes. — Début obscur, douleur peu marquée, sourde, n'étant appréciable souvent que par la pression ; quelquefois plus intense, avec des exacerbations. Urines rares, peu acides, ou même alcalines aumomentdel'émission, troubles, favorables à la production de calculs phosphatiques. Dérangement des digestions, fièvre lente, constipation, sécheresse de la peau; affaiblissement et dépérissement graduel du malade.
Durée très longue ; pronostic fort grave.
Diagnostic. — La néphrite chronique est caractérisée par « des douleurs habituelles dans une des régions rénales ou dans toutes les deux, coïncidant avec une diminution de l'acidité, avec l'état neutre, et surtout avec l'alcalinité de l'urine (qu'il existe ou non une rétention de ce liquide), et un sentiment de faiblesse dans les membres inférieurs (Rayer). »
« Dans la pyélite, il y a constamment sécrétion de pus ou de mucus purulent, et le plus souvent une urine trouble et un dépôt purulent. Dans la néphrite chronique, si l'urine est trouble, cela tient le plus ordinairement à la présence des phosphates en suspension [ici.]. »
Traitement. — Émissions sanguines locales, narcotiques, exutoires sur la région lombaire, repos, régime analeptique, flanelle sur la peau: tels sont les principaux moyens à mettre en usage. M. Rayer a reconnu que le régime animal est préférable au végétal.
NÉPHRITE ALBUMINE USE. Maladie de Bright, dégénérescence granuleuse des reins, albuminurie, etc. — Inflammation rénale présentant comme caractère anatomique un état granulé des reins, et comme symptômes pendant la vie, la pré-
sence d'une quantité notable d'albumine, avec ou sans globules sanguins dans l'urine, une moindre proportion de sels eti de l'urée dans ce liquide; enfin la coïncidence ou le développement ultérieur d'une bydropisie particulière du tissu cellulaire et des membranes séreuses.
Causes. — On les divise en prédisposantes et en occasionnelles. Les hommes sont plus exposés que les femmes à cette maladie, qui est rare d'ailleurs, excepté chez les enfants convalescents de la scarlatine, où elle affecte la forme aiguë. La constitution faible, lymphatique y prédispose, ainsi que l'action de l'humidité et du froid, l'abus des liqueurs spiritueuses, l'onanisme, l'hérédité. Les causes occasionnelles sont les mêmes au surplus ; il faut noter surtout l'impression du froid, principalement dans la convalescence de la scarlatine. Les femmes enceintes présentent souvent des urines albumineuses surtout celles qui sont menacées d'éclampsie.
Symptômes. — Cette maladie, connue depuis peu d'années peut être divisée eu aiguë et en chronique, en ayant égard i la marche des symptômes.
lo Forme aiguë. Douleur dans la région rénale, précédé ou non de frisson suivi de chaleur et de soif.. Cette douleur es très variable en intensité, et d'ailleurs inconstante; elle n'es quelquefois manifeste qu'à une pression un peu forte. L'urim moins abondante que les boissons, est rougeâtre, brune o jaunâtre, ou sanguinolente, d'un aspect louche ou troubl. d'une odeur particulière moins urineuse, d'une acidité cor stante. En l'examinant au microscope, on y voit en susper sion des globules sanguins, des globules muqueux quelqu fois toujours de petites lamelles d'épithélium, éléments qi en forment le dépôt. Mais le caractère le plus importai consiste dans la présence de l'albumine dans ce liquide qi l'on peut toujours démontrer à l'aide de l'acide nitrique ou c calorique, en opérant comme il a été expliqué ailleurs. I même temps que L'albumine se montre abondante, l'urée d minue- elle ne forme plus que la onzième partie durésidu liquide urinaire, tandis que, dans l'état sain, elle en constifl la moitié (Tlcinges). .
Il survient une infiltration séreuse du tissu cellulaire q
PATHOLOGIE INTERNE. 507 B commence par les membres inférieurs, quelquefois par la
lace
puis s'étend successivement à tout le corps. L'anasarque étant complète, l'hydropisie gagne les cavités séreuses. Dans certains cas pourtant, il n'y a qu'un œdème qui se porte d'un point à un autre.
Le sang tiré de la vessie est couenneux ; son sérum est plus diffluent, moins riche en albumine et moins dense; d'où, suivant M. Andral, son exhalation plus facile et la formation :1e l'hydropisie. — Il se manifeste de la fièvre, de la chaleur 2t delà sécheresse à la peau, de l'anorexie et de la soif, etc.
2» Forme chronique. Début obscur, insidieux, inaperçu ilors même que depuis longtemps déjà les urines sont albùmineuses. Cela veut dire quela douleur est nulle ou du moins 3eu appréciable. L'urine est pfde, louche et même trouble, l'une odeur fade, mousseuse et donnant par l'insufflation des julles larges; elle contient peu de sels, encore moins d'urée lans les cas avancés, mais par contre beaucoup d'albumine.
L'œdème, l'anasarque, les épanchements séreux, se forment )lus ou moins tard après le début, mais plus lentement que lans la forme aiguë. L'analyse chimique a démontré dans e liquide épanché la présence de l'urée.
Le sang est très séreux ; sa partie aqueuse est peu dense, )auvre en sels et en albumine; ses globules rouges sont moins lombreux; il contient de l'urée; sa fibrine n'est pas diminuée, quelquefois an contraire elle parait augmentée; enfin, l se montre couenneux.
Troubles généraux peu marqués : diminution de l'appétit, eu de soif, absence de fièvre, mais cessation de la transpiation cutanée, dyspnée habituelle. Des accidents cérébraux, ivisés en cinq formes par M. Lasègue, peuvent se déclarer : s consisteraient en des attaques plus ou moins soudaines de tupeur, de convulsions, de coma ou d'amaurose, à forme inîrmittente continue ou passagère, presque toujours suivies e mort. L'amaurosc est un phénomène qui a été signalé par I. Landouzy, mais qui paraît très rare. Marche, dune, terminaison. — La néphrite albumineuse igue a une marche quelquefois rapide : la. diminution de albumine dans l'urine et la réapparition des caractères pro-
près de ce liquide en indiquent la cessation. Mais les altérations urinaires et l'infiltration séreuse subissent souvent plusieurs variations dans le cours de l'affection. La terminaison est ordinairement heureuse ; quelquefois cependant surviennent des complications du côté du cerveau ou de la poitrine qui enlèvent les malades.
Quant à la néphrite albuminurique à forme chronique, sa durée varie de plusieurs mois à plusieurs années, et sa terminaison est presque toujours fatale. Les récidives sont fréquentes.
Diagnostic. — Il est des anasarques ordinaires et diverses maladies, telles que fièvres intermittentes, exanthèmes fébriles, fièvre typhoïde, bronchite, pleuropneumonie, etc., qui s'accompagnent quelquefois d'urines albumineuses; mais ce symptôme n'est que' passager. La néphrite simple ne peut être confondue avec la maladie de Bright, si on considère qu'elle ne donne pas lieu à l'hydropisie, qu'elle s'accompagne de réaction fébrile, de rétraction des testicules, etc. L'urine albumineuse de la maladie de Bright ne doit pas être confondue avec Y urine purulente de la néphrite aiguë, avec l'arme atbumîno-sctnguine de l'hématurie, ni avec les urines chyleuses qui contiennent de la matière grasse et présentent une couche d'aspect crémeux à leur surface.
Traitement. — Dans la forme aiguë, émissions sanguines générales et locales, ventouses scarifiées aux lombes, boissons adoucissantes et nitrées. On combat l'hydropisie par les purgatifs tels que le jalap, la gomme gutte, l'huile de ricin. On recommande aussi les bains, de petites doses d'opium, l'usage de la flanelle sur tout le corps, le lait pour toute nourriture.
Forme chronique. Les émissions sanguines sont peu utiles ; néanmoins on y aura recours s'il y a des symptômes d'acuité; les ventouses scarifiées sont très employées dans tout état d& choses. — Les diurétiques, la digitale et la crème de tartre ont été recommandés ; mais on doute encore de leur utilité. Qu'est-ce qui est utile, hélas ! dans cette maladie ! Est-ce le raifort sauvage, la busserole, l'infusion de Heurs de genêt, que l'on a vantés? Est-ce la teinture de cantlmrides (30 à 50
gouttes par jour), l'acide nitrique (2 à 4 grain.)? Sont-ce les nercuriaux, les ferrugineux, les vomitifs, les diaphorétiques, ies bains de vapeur, etc. ! Car on a tout essayé. Ajoutons que es cautères, moxas, sétons à la région rénale, sont indiqués; |ue les purgatifs, tels que le calomel, l'huile d'épurge, Faloès, es eaux de Sedlitz, de Pullna, etc., sont dirigés contre l'hy- [ropisie; qu'enfin le régime doit être fortifiant et les soins kygicniques continus.
Tisane de genêt (Rayer), pleurs de genêt, lôgram.
Cau (infusion), 500 incre ou sirop, q. s.
Tisane de busserole (Bright).
pusserole, 2à4gram.
ilau (décoction), 500 ; lucre ou sirop, q. s.
. Tisane de raifort (Rayer), iaifort sauvage récent, SOgrani.
lau (infusion), 1000 drop antiscorbutique, 100
Par petites tasses.
Mixture (Christison).
lau dis t il. de cannelle, 1 cuil. à tué. .'eint. dedigitale, 10, 15 ou20 gt.
A prendre 3 fois par jour.
Autre (Rayer).
Enmlsion ou lait d'am., 30 grain.
Teint, decantharides, 4 h 12gout. M. — A prendre par cuillerées.
Potion avec I aride nitrique (Haussen).
Potion gomm., 150 à 250 grain.
Acide nitrique, 4 à 5
A prendre dans les 24 heures.
Pilules purgatives (Martin Solon).
Aloès,
Gomme gutte, Extrait d'ellébore, 0,05 Résine de jalap, 0,10
Pour 1 pilule. — 2 ou 3 semblables par jour.
Autres formules purgatives.
(V. Hyuropisie.)
aa 0,05 cent.
névralgie. — « La névralgie consiste dans une douleur ilus ou moins violente ayant son siège sur le trajet d'un nerf t disséminée par points circonscrits : véritables foyers dou- )ureux d'où partent, par intervalles variables, des élancements ou d'autres douleurs analogues, et dans lesquels la ression, convenablement exercée, est plus ou moins douloueuse (Valleix). »
La névralgie n'est donc qu'une simple lésion de la sensibité nerveuse, sans lésion matérielle appréciable des nerfs. ..es portions du système nerveux les plus sensitives en soufrent le plus; le système ganglionnaire n'en est point exempt, Puisqu'il existe des névralgies viscérales auxquelles on a Lonné le nom de viscéralgies.
Cames. — Affections très fréquentes, les névralgies se dé-
veloppent particulièrement de vingt à cinquante ans, chez'l les sujets nerveux, sous l'influence du froid, de l'humidité, des variations atmosphériques, quelquefois sans cause appréciable (névr. idiopatliiqv.es). Il y en a qui dépendent de violences extérieures , de plaies , de compression et d'altération ; organiques des nerfs ou des organes voisins, de l'abus du; mercure, de la syphilis, de l'anémie et de la chlorose (névr.. symptomatiques); d'autres enfin se rattachent à la souffrance d'un organe plus ou moins éloigné, comme la névralgie intercostale , par exemple , qui dépend souvent d'une affection dematrice, etc. (névr. sympathiques).
Symptômes. — Ce qui suit s'applique aux névralgies con- sidérées en masse : c'est un tableau général tracé pour éviter des répétitions dans l'histoire particulière de chaque névralgie.
La douleur, dit M. Valleix, est le principal et presque l'unique symptôme de la névralgie. Il importe de distinguer la i douleur spontanée de la douleur à la pression. La premièreest continue ou intermittente. Cette dernière est de beaucoup la plus fréquente ; elle se montre sous forme d'élancements , . de déchirements, de piqûres, se reproduisant à des intervalles l variables; élancements aigus, partant de foyers fixes et suivant le trajet des filets nerveux affectés, quelquefois se portant d'un i point à un autre. Si l'on presse avec l'extrémité d'un ou de plusieurs doigts , dit M. Valleix , en suivant le trajet du nerf malade , on trouve un ou plusieurs points sur lesquels cette pression cause une douleur véritable, souvent fort vive, mais dont l'acuité varie suivant l'instant où l'on pratique cette pression. Les points douloureux sont plus ou moins nombreux et circonscrits , etc.
La douleur est réveillée ou exaspérée par les mouvements de la partie , par la marche dans la sciatique, la mastication dans la névralgie trifacialc, etc.; par le contact des corps chauds ou froids. Les organes qui reçoivent les nerfs affectés sont le siège de troubles fonctionnels, tels que contractions musculaires involontaires, ou sécrétion plus abondante de salive, de mucus, de larmes, etc.
Les névralgies oflrcntdes paroxysmes souvent très violents;
jlles se montrent aussi fréquemment sous forme d'accès périodiques , à type quotidien ou tierce, etc. , comme la fièvre intermittente, sauf que les stades ne sont pas tranchés, ce jui a fait donner à ces névralgies le nom de fièvres larvées. Elles ne s'accompagnent pas de mouvement fébrile , à moins de complication. Cependant la violence de la douleur cause l'insomnie, l'anorexie , des nausées, etc.
Durée. — Elle est extrêmement variable : la névralgie peut disparaître spontanément au bout de quelques jours , comme elle peut se prolonger plusieurs années avec des rémissions plus ou moins complètes.
Pronostic. — Sans gravité par elles-mêmes , les névralgies constituent cependant un état sérieux par leur opiniâtreté et les douleurs qu'elles font endurer.
Diagnostic. — On confond souvent les douleurs névralgiques avec les rhumatismales. Dans celles-ci, il y a d'ordinaire sensation de froid à la peau, et les douleurs, qui manquent de foyers d'émergence, sont diffuses dans les parties fibreuses et musculaires au lieu de suivre les cordons et filets nerveux. Tl faut distinguer aussi la névrite, les névromes et les douleurs lancinantes du cancer de la névralgie proprement dite.
Traitement. — Nous ne ferons qu'énumérer les nombreux moyens qu'on oppose aux névralgies en général, car plus bas nous indiquerons le traitement qui convient plus spécialement à chaque névralgie étudiée isolément.
Moyens locaux. Parmi eux nous trouvons les sangsues, les ventouses scarifiées, les topiques opiacés de toutes sortes, les frictions avec l'éther acétique, l'essence de térébenthine, le chloroforme, etc.; mais surtout les vésicatoires saupoudrés de 0,05 à 0,10 cent, de morphine; l'inoculation de ce sel stupéfiant, délayé avec un peu d'eau et porté sous l'épidémie au moyen de la lancette (Lafargue) ; les vésicatoires volants multipliés ; la cautérisation transcurrente par le fer rouge, moyen d'une efficacité réelle mais qui effraie les malades; la cautérisation avec le nitrate d'argent fondu promené à plusieurs reprises sur les points douloureux, après qu'il a été préalablement mouillé; l'électricité, l'acupuncture , le massage, l'application de l'aimant, etc.
NOUVEAU COMPEND1UM.
Les moyens généraux consistent dans la saignée , l'administration interne des opiacés , du chloroforme , de l'essence de térébenthine, des pilules de Méglin , de la belladone , de l'aconit , du sulfate de quinine lorsqu'il y a périodicité , des ferrugineux lorsqu'il y a appauvrissement du sang ou chlorose , etc.
Division des névralgies. — Les névralgies ont été divisées en cérébrales (migraine, céphalalgie] , en spinales (myélalgie, tétanos), en celles des nerfs (névralgies proprement dites), en celles des dernières ramifications nerveuses (dermalgie), enfin en névralgies ganglionnaires (angine de poitrine , viscéralgies, etc.). — Nous ne devons nous occuper que des névralgies des nerfs et de leurs divisions dernières.
Ces névralgies se divisent elles-mêmes en huit espèces ayant pour siège les principaux nerfs du corps, plus en deux autres qui sont la névralgie générale et la névralgie du derme. Etudions-les successivement en commençant par les nerfs situés plus supérieurement.
NÉVRALGIE TRIFACIALE. Tic douloureux, prosopalgie .— Affection douloureuse du nerf trifacial et de ses divisions.
Causes. — Ce sont toutes celles attribuées aux névralgies en général (V. p. 510). Cette maladie est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes ; elle paraît se rattacher souvent à quelque trouble de la menstruation , d'autres fois à des suppressions , à des métastases rhumatismales ou goutteuses.
Symptômes. — Douleur spontanée, fixe et contusive ou ayant le caractère d'élancements , disséminée par points : le point sus-orbilaire , à la sortie du nerf frontal; le point pa/pébral, sur la paupière supérieure ; le point sous-orbitaire à la sortie du nerf de ce nom ; le point malaire au bord inférieur de cet os; le point temporal ; le point mentonnier, à la sortie du nerf de ce nom; le point pariétal, aux environs de la basse pariétale. La pression détermine une douleur très vive dans ces points, d'où partent les élanceme ni s qui s'irradient, dans les parties voisines, mais qui ne sont jamais douloureux tous en même temps. — La névralgie détermine
quelquefois delà photophobie, du larmoiement, de l'injection xmjonctivale , un sécrétion nasale, des bourdonnements d'o- ■eilles, des spasmes et des tremblements des muscles de la ace [tic douloureux). Pas de fièvre, ni troubles digestifs mar- [ués.
Dans la névralgie maxillaire inférieure, la douleur se maîifeste surtout dans la houppe nerveuse qui sort par le trou nentonnier, ou bien dans les dents, le menton, les parties situées au devant de l'oreille. — La maladie est caractérisée par les accès qui reviennent à des intervalles irréguliers, très variables du reste, accès dont la durée n'a rien de fixe non plus. La terminaison et le pronostic sont ceux des névralgies ?n général.
Diagnostic. — Si le nerf facial était susceptible de névralgie, J serait difficile de décider lequel du trifacial ou de lui serait affecté; mais il n'en est rien, car, suivant M. Valleix, si on 1 cru le contraire, c'est qu'on avait pris des névralgies cervicoiccipitales pour des faciales. La migraine, le coryza très intense, le clou /njstérique, Yodontalgie, seront facilement disingués de la névralgie tri faciale.
Traitement. — Aucune névralgie n'a autant exercé la pa- ;ience et le génie du thérapeutiste que celle dont il est question, parce qu'aucune n'est plus fréquente ni plus dououreuse et tenace. Aussi bien ce traitement, étant très imloortant, sera-t-il suivi d'un formulaire général, auquel nous I renverrons en nous occupant successivement des autres né- I vralgies.
i Les moyens à employer sont ceux qui ont été déjà indi- ;i [Liés (page 511). Il est assez difficile de faire un choix, puisque l:ous ont paru se suppléer avec avantage et échouer. Cepennlant c'est aux sangsues, aux ventouses scarifiées, aux vcsL- ) patoires multiples avec ou sans morphine, aux raies de feu, a aux narcotiques à l'extérieur, et, à l'intérieur, aux pilules de
Méglin et à l'électricité qu'il faut accorder la préférence.
Il peut y avoir des indications toutes particulières à remi plir, telles que d'arracher une ou plusieurs dents cariées, d'ad- Iministrer soit le sulfate de quinine comme antipériodique, soit
un évacuant s'il y a embarras gastrique, soit le carbonate
de fer en cas de chlorose ; enfin, de combattre le Vice rhuma tismal, goutteux ou syphilitique, etc.
Uniment calmant. | Teinture d'opium, 4gram Huile d'olives, 30
Autre.
Baume tranquille, 60 gram.
Laudanum de Syden., 8
Pommade sédative.
Cyanure de potassium, 1 à 2 décig.
Axonge, 30 gram.
Gros comme une noisette en frictions.
Autre.
Axonge, 30 gram.
Extrait de belladone, 5
Autre (Lasanna).
Atropine, 0,15 cent.
Alcool à 36o, q. s.
Axonge, 12 gram.
Frictions avec gros comme un pois toutes les trois heures.
Autre pour panser les vésicatoires.
Hydrochlorate de morphine, 0,05 à 0,10 cent.
Axonge ou cérat, 10 à 15 gram.
Solution mercurielle (Fleischmann).
Sublimé corrosif, 0,20 cent.
Eau distillée, 30 gram.
Appliquer des compresses trempées dans cette solution.
Pilules de Méglin.
Extrait de jusquiame, 2gram.
— de valériane, 2 Oxyde de zinc, 2
F. s. a. 36 pilules. — 1 matin et soir d'abord, puis on double la dose tous les jours jusqu'à production de légers vertig s.
Pilules antinévralgiques (Trousseau).
Extrait de stramoine, 0,5 décig.
— d'opium, 0,5
Oxyde de zinc, 8 gram
F. s. a. 40 pilules. — De 1 à £ par jour, et augmenter jusqu'J production de troubles de la vue.
Autres (Devay). Valérianate de zinc, 1 gram Gomme adragante, 2
F. 12 pilules. — 1 matin et soir; augmenter.
Autres (Tournié).
Valérianate de zinc, 0,30 cent.
Extrait de jusquiame, 0,15
— d'opium, 0,08 Conserve de roses, q. s.
F. 6 pilules. — 2 ou 3 à trois heures d'intervalle l'une de l'antre. Renouveler cette dose le len-.
demain.
A utres (Marchai, de Calvij.
Sulfate de quinine, 0,80 cent.
Extrait de valériane, 1 gram.
— aq. d'opium, 0.20 cent.
Poudre de feuilles\
d'oranger,) aa 1 grain.
— de cannelle,)
Sirop de belladone, q. s.
F. 30 pilules. — 1 toutes les heures.
Autres.
Chlorhydrate de morphine, 0,1 décig
Thridace, 0,4
Poudre de guimauve, q. s.
F. s. a. 8 pilules. — 1 ou î
chaque soir.
(V. Migraine, NiivnosE?, Rntr
MATISM12 CUnOMyUE-)
NEVRALGIE CERVICO - OCCIPITALE. — Affection douloureuse des branches postérieures des quatre premières paires cervicales. Cette névralgie , lorsqu'elle s'étend vers l'oreille, qu'elle se porte vers la l'ace et qu'elle contourne la tête par
■ l'intermédiaire des nerfs occipital et frontal, est prise le plus souvent pour celle du nerf facial, laquelle cependant n'existe pas en réalité, ce dernier nerf étant moteur et non sensitif.
Les causes et symptômes de cette affection se trouvent implicitement indiqués dans l'histoire générale des névralgies. , La douleur est disséminée sur la partie postérieure de la tête et du cou, et même sur l'épaule; mais le point le plus constant de sa manifestation se trouve entre l'apophyse mastoïde et les premières vertèbres cervicales.
Traitement. — Il se compose des vésicatoires volants, des pilules de Méglin, de la cautérisation transcurrente, du sulfate de quinine, etc. « De tous ces moyens, dit M. Valleix, c'est encore le vésicatoire volant multiplié qui a eu le plus souvent d'heureux effets ; c'est aussi celui que je recommande le plus particulièrement. J'ajoute que la cautérisation transcurrente est encore plus efficace. »
NÉVRALGIE CERYICO-BRACIIIALE. — Cette névralgie se divise en radiale, cubitale, musculo- cutanée et médiane. I Les élancements se portent ordinairement de l'extrémité su- •I périeure du membre jusqu'à l'extrémité inférieure, en suivant j le trajet des nerfs. De tous les points douloureux, ceux qui 1 sont le mieux circonscrits sont généralement les points cubi- I to-carpien et radio-carpien.
La névralgie cubitale est la plus fréquente de toutes les I variétés sus-nommées : la douleur se fait sentir dans les deux j derniers doigts de la main. Dans la radiale, c'est le pouce I qui est principalement douloureux et engourdi.
Traitement. — Celui delà névralgie cervico-occipitale est
■ entièrement applicable ici. Ajoutons seulement que M. Martinet a employé ici avec succès l'huile essentielle de téré-
p benthine.
Névralgie DORSO-1NTERC0STALE. Névralgie intercos- I taie, névralgie thoracique, etc. — Cette affection est très Pré-
quente. Elle se montre plus souvent chez les femmes que chez les hommes; chez les premières elle coïncide ordinairement avec un trouble quelconque de la menstruation. Le zona est une de ses causes, ainsi que, dans certains cas, la phthisie pulmonaire, la gastralgie, une maladie de l'utérus ou de ses annexes.
La douleur est quelquefois continue et sourde, mais le plus souvent intermittente, avec des élancements qui se portent du dos vers l'épigastre ou la région précordiale. La pression la réveille et l'exaspère, même dans l'intervalle des accès : 1° au point postérieur, près de la sortie du nerf par le trou de conjugaison ; 2o au point latéral, vers la partie moyenne de l'espace intercostal ; 3° au point antérieur, un peu en dehors du sternum. Comme ces points sont très limités, pour les trouver il faut les chercher avec soin (Valleix).
La douleur est provoquée aussi par les efforts de toux, les grandes inspirations, les mouvements du bras et du tronc un peu étendus.
" La durée ne présente rien de particulier, non plus que la terminaison. Les choses se passent dans cette névralgie comme dans toutes les autres. Parfois elle prend un caractère chronique, et devient très rebelle à tous les traitements. »
Diagnostic. — Il est plusieurs maladies qui offrent, sous le-rapport de la douleur, quelque ressemblance avec la névralgie intercostale : telles sont la pleurodynie, la pleurésie sèche, l'angine de poitrine, certaines affections de la moelle épinière, la carie vertébrale.
Traitement. — Sangsues dans l'état aigu, ventouses scarifiées, mais surtout vésicatoires volants multipliés, avec ou sans morphine ; cautérisation transcurrente dans les cas rebelles.
NÉVRALGIE LOMBO-ABDOMINALE. — Les nerfs envahis sont les premières paires lombaires, et surtout la première. Tantôt l'affcclion n'occupe que les branches postérieures, tantôt elle gagne les branches antérieures, et, dans ce dernier cas, il y a une différence dans la forme de l'affection,
suivant que la douleur se borne en avant à l'hypogastre ou qu'elle descend jusqu'au testicule ou à la grande lèvre.
La névralgie iliu-scrotale n'est qu'une variété de celle que nous étudions. Suivant M. Valleix, à l'ouvrage duquel nous empruntons presque tout notre article sur les névralgies, la maladie connue sous le nom de testicule douloureux est due à l'extension de la douleur lombo-abdominale. Les filets nerveux peuvent devenir douloureux jusque dans l'utérus, de là la névralgie utérine, c'est-à-dire la névralgie lombo-abdominale dont le point douloureux se trouve au col utérin.
Diagnostic. — Ne pas confondre le lumbago, le tour de reins, le rhumatisme de la paroi antérieure de l'abdomen, l'inflammat on ou le cancer de l'utérus et la colique néphrétique, avec la névralgie lombo-abdominale.
Traitement. — Il ne diffère pas de celui des névralgies précédentes. La. névralgie utérine peut cependant exiger des moyens à part, tels que la cautérisation du col avec le fer rougi à blanc, la section du col (Malgaignc), etc.
NEVRALGIE CRURALE. Névralgie, fémoro-prétibiale. — On peut confondre son histoire dans celle de la sciatique.
NÉVRALGIE SCIATIQUE. — V. Sciatique.
NÉVRALGIE MULTIPLE ET ERRATIQUE. — M. Valleix entend par névralgie multiple la simultanéité de douleurs nerveuses dans plusieurs parties, soit qu'elles s'y propagent par voie de contiguité ou par l'effet d'une sorte de diathèse névralgique. — Par névralgie erratique, il faut entendre cet état dans lequel une névralgie, disparaissant après avoir duré quelques jours, est suivie d'une autre affectant un autre point, ot ainsi de suite. Ces douleurs nerveuses n'ont pour ainsi dire jamais la même intensité que les névralgies à siège oien déterminé dont nous avons parlé jusqu'à présent.
NÉVRALGIE GÉNÉRALE. — Affection caractérisée par de nombreux points douloureux à la pression sur la surface du corps, par les autres phénomènes de la névralgie le long de plusieurs nerfs, et par des symptômes cérébraux, tels que les
étourdissements, les vertiges, le tremblement, l'abattement des forces (Valleix).
Cette maladie est rare; ses causes sont peu connues. — Quant aux symptômes, ils consistent dans divers points douloureux disséminés, d'où partent des élancements qui varient d'un jour à l'autre ; dans l'affaiblissement des membres, avec tremblements, certains phénomènes cérébraux, quelquefois insensibilité cutanée, etc. La durée est indéterminée ; le pronostic sans gravité.
Diagnostic. — On peut confondre cette maladie avec le delirium tremens, c'est même très facile; avec les affections chroniques du cerveau, la paralysie des aliénés, l'intoxication saturnine et le tremblement mercuriel.
Traitement. — La cautérisation transcurrente atteignant à peu près tous les points douloureux qui existent, voilà le meilleur et le seul remède à opposer à la névralgie générale.
NÉVRALGIE DE LA PEAU. — Il en a été question déjà sous le titre de Dermalgie. (V. ce mot.)
névrite. Névrilite, névrilémite. — Inflammation des nerfs et du névrilème. Elle est idiopathique ou symptomatique : dans le premier cas, très rare.
Causes. — Action du froid, de l'humidité, suppression d'une hémorrhagie habituelle; accouchement récent, selon Dugès, pour la névrite des rameaux cruraux. Contusions, piqûres, déchirures et ligatures des nerfs.
Symptômes. — Ici comme dans la névralgie, la douleur est le principal phénomène : elle est spontanée ou provoqué», accompagnée d'engourdissement de la partie où se distribue le nerf affecté, quelquefois de paralysie, et, lorsque le nerf est superficiel, de rougeur le long de son trajet, qui se dessine encore parfois en une sorte de cordon dur. Il existe un mouvement fébrile, de la céphalalgie, de l'anorexie, ce qui manque dans la névralgie.
Diagnostic. — Il est facile de confondre la névrite avec la névralgie, l'artérite et la phlébite, quoiqu'il y ait des différences sensibles dans les symptômes et les effets de ces diverses affections.
Traitement. — Sangsues, ventouses, embrocations huileuses et narcotiques. Sur la fin, vésicatoires volants.
NÉVROSES. Maladies nerveuses. — On donne ce nom à une grande classe de maladies caractérisées par des troubles nerveux variables à l'infini, selon la portion du système nerveux affectée et les cause-, troubles qui ne se rattachent le plus souvent à aucune lésion matérielle appréciable, mais qui se produisent en vertu d'une surexcitation particulière à laquelle on a donné le nom d'irritation nerveuse.
Ces mots, le plus souvent, indiquent qu'il est des névroses dépendantes d'altérations d'organes, c'est-à-dire symptomatiques, par opposition aux premières qui sont idiopatbiques. Il serait à désirer qu'on ne pût désigner sous le titre de névroses que de simples troubles fonctionnels, sans lésions matérielles; mais le secret des phénomènes vitaux s'oppose à cette précision. Au surplus une névrose pure peut donner lieu à des états pathologiques consécutifs; et si l'on veut- aller an fond des choses, on peut voir que tous les actes vitaux anormaux sont nécessairement précédés d'une sorte de névrose ou de trouble nerveux, car l'innervarion doit toujours être influencée la première.
Nous venons de reconnaître des névroses idiopathirjues et des névroses sijmplomatiques : il faut admettre aussi les névroses sympathiques d'une maladie viscérale. Ces trois espèces peuvent se montrer dans toute névrose soit du cerveau, soit de la moelle épinière, soit des nerfs cérébro-rachidiens, soit enfin du système ganglionnaire.
Or voici la classification de ces affections :
lo Névroses cérébrales. Affectant les sens: migraine, diplopic, héméralopie, nyctalopie, amaurose, surdité, paracousie, tintouin. — Affectant le mouvement : convulsions, chorée, crampes, hystérie. — Affectant l'intelligence : manie, monomanie, démence, hypochondrie, somnambulisme, insomnie, etc. — Affectant les penchants : satyriasis, nymphomanie. — Affectant plusieurs de ces fonctions à la fois : épilepsic, catalepsie, hydrophobie.
Névroses rachidiennes : chorée, tétanos, paralysie saturnine.
Névroses des nerfs : névralgies, lesquelles diffèrent des névroses proprement dites en ce qu'elles se caractérisent par une lésion de la sensibilité nerveuse, par de la douleur plutôt que par une lésion fonctionnelle.
Névroses ganglionnaires : toutes les viscéralgies, la fièvre intermittente, l'angine de poitrine, la coqueluche, l'asthme, la syncope, les coliques nerveuses, choléra.
Causes. — Elles ont leurs sources dans la constitution nerveuse, l'imagination, les affections morales. Quelques-unes dépendent d'une altération du sang, soit simple, soit spécifique; d'autres sont provoquées sympathiquement par des maladies plus ou moins éloignées, etc.
Symptômes. — Les caractères les plus remarquables des névroses sont : « d'être de longue durée, peu dangereuses, intermittentes, apyrétiques, difficilement curables, d'offrir un appareil de symptômes ordinairementeffrayants en apparence, de causer des souffrances très violentes qui feraient croire à l'existence d'une affection très grave, et de laisser après la mort peu ou point d'altérations sensibles dans les organes qui en sont le siège (Georget). »
Traitement. — Il se compose : 1° de moyens moraux [distractions, consolations, culture des sciences et des arts, etc.] ; 2° de moyens hygiéniques (exercice modéré, voyages, air de la campagne, régime peu excitant, éloignement des causes, etc.); 3° moyens pharmaceutiques (antispasmodiques, calmants, etc.).
Formulaire.
(V. chaque névrose en particulier.)
nyctalopie. — Etat de la vue qui ne s'exerce bien que par un demi-jour ou pendant la nuit. Cette affection est ou idiopathique, résultant d'une névrose oculaire, ou symplomatique de taches cornéalcs, d'opacités du centre pupillaire ne permettant l'introduction des rayons lumineux que quand la pupille se dilate suffisamment, ce qui a lieu en tffet dans l'absence de toute lumière vive.
Traitement. — La nyctalopic est le plus souvent l'effet sympathique d'un embarras gastrique, auquel il faut obvier, ou la conséquence de maladies oculaires dont il importe de faire disparaître toutes les traces, si cela se peut.
NYMPHOMANIE. Fureur utérine. — Désir ardent, irrésistible, de l'union sexuelle chez la femme. C'est une névrose encéphalo-utérine avec altération de l'intelligence, ou mieux une variété de l'aliénation mentale dont l'histoire se rapporte à cette dernière, et que les auteurs se dispensent de décrire à part.
Causes. — Constitution ardente, imagination vive et nourrie de lectures lascives, privation des plaisirs vénériens. La nymphomanie peut être produite aussi par des lésions physiques des organes génitaux, par le prurit de la vulve, la présence d'oxyures dans cette partie, certaines formes de métrite chronique, etc.
Symptômes. — La nymphomane, dominée par sa tendance immodérée au coït, perd toute pudeur; elle manifeste les désirs qui la dominent par des paroles, des poses indécentes; elle provoque l'homme par des gestes, des prières et même des menaces, s'il résiste. C'est de la folie pure, du délire qui roule sur tout ce qui rappelle les idées les plus lubriques. Il se développe plus tard des accès de fureur, de la fièvre, etc., et l'on a vu la maladie se terminer à la manière d'une fièvre pernicieuse.
Traitement. — Si l'on suppose une irritation du cervelet, affusions froides sur cette partie, sangsues aux oreilles, pédiluves sinapisés, etc. Soupçonne-t-on plutôt une affection utérine : injections narcotiques, bains, etc. En même temps, remèdes généraux, tels que émulsions camphrées, lupuhn ; distractions, occupations sérieuses. On a conseillé le mariage; mais, outre que ce moyen n'est pas sûr, est- il prudent de marier une aliénée?
OEDÈME. — Tuméfaction pâteuse et indolente due à une infiltration de sérosité dans les mailles du tissu cellulaire. C'est une hydropisie du tissu cellulaire, qui diffère de l'anasarque en ce qu'elle est partielle, circonscrite, tandis que
cette dernière est générale ou du moins très étendue. L'œdème se distingue en sous-cutané, sous-muqueux, sous-séreux et parenchymaieux, selon le siège du tissu affecté; en actif et passif, suivant la nature de la cause. — Nous l'étudierons d'abord d'une manière générale, puis spécialement aux extrémités inférieures à la glotte, au poumon et chez les nouveau-nés.
Causes. — Elles sont les mêmes que dans l'anasarque et d'hydropisie. L'œdème dépend, en effet, soit d'un état d'atonie locale du tissu cellulaire occasionnant une diminution d'action des vaisseaux absorbants, soit d'une irritation déterminant un surcroît d'exhalation séreuse ; d'autres fois, il se rattache à un état de débilité générale, de cachexie, à l'anémie, etc.; ou bien encore il dépend d'un obstacle à la circulation artérielle, veineuse ou lymphatique (V. Hydropisie).
Symptômes. — C'est une tuméfaction indolente, pâteuse, avec décoloration de la peau, sur laquelle la pression du doigt reste longtemps conservée. Ces caractères ne sont visibles toutefois que dans l'œdème sous-cutané, lequel s'accompagne d'un peu de sensibilité lorsqu'il est actif ou dû à l'irritation. — L'œdème sous-muqueux et le sous-séreux sont difficilement reconnaissables pendant la vie. — L'œdème parenchymateux donne lieu à des troubles fonctionnels qui varient selon les usages et l'importance de l'organe qui en est le siège.
Traitement. — Les généralités sur ce point sont peu instructives. Après avoir dit qu'il faut s'appliquer à combattre la cause, puis l'infiltration, au moyen des diurétiques, de la position convenable, de la compression, des purgatifs, nous devons renvoyer à chaque œdème en particulier. — Nous dirons un mot ci-dessous de l'œdème des membres inférieurs, de Yœdèrne de. la glotte et de Yœdème pulmonaire.
G^DÈME DES EXTRÉMITÉS INFÉRIEURES. — C'est le plus fréquent de beaucoup.
Causes. — Atonie locale ou générale, faiblesse due aux maladies longues (œdème de la convalescence) ; -obstacles au cours du sang artériel (maladies du cœur), au retour du sang
veineux (anévrismes , grossesse, etc.); état d'anémie, cachexie, etc.
Symptômes. — Nous les avons indiques plus haut. La tuméfaction pâteuse et indolente occupe le pied, la région malléolaire, et remonte plus ou moins haut. Elle se dissipe en partie ou même totalement dans la position horizontale pour reparaître dès que la position verticale ou assise est prise. Les deux membres sont le siège de l'œdème, à moins que celui-ci ne dépende d'une cause mécanique ou organique qui n'existe que dans un seul.
Traitement. — Position convenable qui favorise la circulation veineuse; frictions avec le vin aromatique, l'eau de Cologne, ou mieux encore avec les teintures de scille et de digitale. Compression au moyen d'un bandage roulé méthodiquement appliqué.
Fumigation de genièwe.
Genièvre concassé, 250gram.
Ou les met dans une bassinoire garnie de charbons ardents et on La passe entre les draps.
Frictions diurétiques.
Teinture de di lu taie, i , .
■?,, ' aa part. ("s.
— de salle, \ 1
œdème de LA glotte. Laryngite œdémateuse, séro-pttrulente, sous-muqueuse, angine aqueuse. — M. Yalleix définit cette maladie : « une affection dans laquelle, à la suite d'une inflammation peu intense, de la formation d'un abcès, ou bien de l'inflammation des bords d'un ulcère récent ou ancien, les replis muqueux du larynx s'infiltrent de sérosité mêlée ou non de pus, obstruent l'ouverture de la glotte et donnent lieu aux symptômes de l'asphyxie. »
Causes. — • Le plus souvent l'œdème de la glotte est dû à une angine survenue dans le cours ou dans la convalcsccncc d'une affection soit, aiguë, soit chronique, mais bien plus fréquemment aigue.
Plus rarement il est la terminaison d'une laryngite chronique, presque toujours ulcéreuse, soit que cette laryngite ait apparu dans le cours de la phthisie pulmonaire, s<nt, ce
umt gai ions de benjoin.
Benjoin pulvérulent, 15 grain.
Ou le -.erse sur des charbons ard -nts et l'on recueille des vapeurs avec une étoffe de laine, avec laquelle on l'ait des frictions.
Autres formules.
(Y. HïDftOI'ISlE.}
qui est bien plus rare, qu'elle se soit développée primitivement.
» Dans un nombre limité de cas, une angine laryngée, survenue dans le cours de la santé, peut donner lieu à l'œdème de la glotte.
« Il est au moins douteux qu'il existe un œdème de la glotte purement passif (Valleix). »
Symptômes. — Début rarement subit; douleur au larynx; déglutition gênée ou impossible, voix altérée ; respiration difficile, souvent avec ronflement guttural dans l'inspiration; toux, expectoration variable, glaireuse, striée ou purulente, selon l'état pathologique du larynx ; quelquefois l'épiglotte est tuméfiée, corrodée, ulcérée.
La dyspnée est le caractère principal ; elle survient généralement par exacerbations pendant lesquelles l'orthopnée est parfois extrême, la face livide, l'asphyxie imminente. Ces accès sont violents, irréguliers, et se produisent dès le début lorsque l'œdème de la glotte est due à une inflammation aiguë ; dans le cas contraire, ils surviennent à des époques plus éloignées.
Pronostic. — Très grave. Les malades succombent épuisés, asphyxiés lentement, ou bien à une plus prompte mort au milieu d'un accès. Plus l'inflammation laryngienne estintense, plus le pronostic est sérieux : voilà la règle.
Diagnostic. — Voici les maladies qui peuvent en imposer pour l'œdème de la glotte : laryngite simple aiguë, pseudocroup , croup , astbme , abcès de la paroi postérieure du pharynx. Mais des accès de suffocation survenant à la suite ou dans le cours d'une affection du larynx aiguë ou chronique devront toujours faire diagnostiquer la maladie en question.
Traitement. — Saignée générale, sangsues, révulsifs externes, évacuants, insufflation de poudres astringentes, telle que celle d'alun (2 à 4 gram. répétés trois ou quatre fois par jour), cautérisation par la solution de nitrate d'argent (1 gr. pour 20 d'eau) ; incision, scarification et déchirure du bourrelet œdémateux : tels sont les moyens mis en usage. Pour dernière ressource on pratique la laryngo-trachéotomie.
ŒDÈME DU POUMON. — Infiltration de sérosité dans le tissu pulmonaire, portée au point de rendre le poumon moins perméable à l'air.
Causes. — Cet œdème survient chez les hydropiques, dans les cachexies très avancées, surtout à la fin des pneumonies après un décubitus dorsal très prononcé, et dans les cas où la vitalité est épuisée; languissante, chez les vieillards par exemple.
Symptômes.— -Ils sont assez obscurs, parce que les phénomènes d'auscultation et de percussion appartiennent aussi à d'autres affections pulmonaires. Gêne de la respiration, matité du son, obscurité ou absence du bruit respiratoire, quelquefois râle humide, mais absence de fièvre, de crachats rouilles et des signes d'un épanchement pleurétique.
Relativement au pronostic, l'œdème du poumon se présente sous trois formes : 1° dyspnée légère se terminant favorablement après un temps plus on moins long; 2e dyspnée intense ayant pour terminaison la mort; 3° dyspnée subite et extrême occasionnant la mort par asphyxie dans un laps de temps très court (œdème aigu).
Traitement. —Il faut avoir égard à l'état général et à l'état local, c'est-à-dire à la cause et à l'effet. Dans le premier cas, saignée s'il y a état pléthorique, maladie du cœur; toniques, ferrugineux, contre la faiblesse, l'appauvrissement du sang; diurétiques et purgatifs pour combattre l'hydropisie. Dans le second cas, balsamiques, expectorants, oxymel simple ou scillitique, pilules de Morton, toniques, vésicatoires.
Formulaire.
(V. BnoscniTE chronique, llRONciioRRiin;, ITydropisie.)
Polion incisive. Gomme ammoniaque, 4gram.
Oxymel scillitique, 30 gram.
Eau dist. d'hvsope,) ,0- , , Sa» 125
— do menthe, \
Par cuillerée contre l'œdème du poumon.
ŒDÈME DES NOUVEAU-NÉS — OEdème compacte, endurcissement (tu tissu cellulaire, sclérème, asphyxie lente. — Œdème plus ou moins étendu, avec une sorte d'endurcissement des tissus, stase du sang veineux, torpeur générale.
Les causes de celte affection sont la faiblesse de naissance, le froid, le manque de soins, etc.
Symptômes. — Le gonflement œdémateux se manifeste, dans les deux ou trois premiers jours qui suivent la naissance, très rarement plus tard, aux membres inférieurs d'abord, puis aux supérieurs, à la face et au tronc. L'enfant paraît bouffi ; les parties affectées conservent peu l'empreinte du doigt. La peau a une couleur violette due à la stase du sang ; plus tard la face devient jaune. Il y a refroidissement du corps, ralentissement de la circulation, faiblesse du pouls et delà respiration, mais pas de fréquence ; engourdissement des sensations et des mouvements. Dans les cas très graves, il se fait un écoulement de salive écumeuse par la bouche, ou de sérosité sanguinolente par le nez. — Marche rapide, durée courte en général. Souvent complication de pneumonie qui hâte la mort.
Diagnostic, — Il faut distinguer l'œdème des nouveau-nés de Y endurcissement adipeux et du sclérème. Nous dirons un mot de cette dernière affection. (V. Sclérème.) Quant à la seconde, elle diffère de l'œdème en ce qu'elle est secondaire et ordinairement un symptôme de l'agonie ; en ce que la peau est blanche au lieu d'être violette et qu'elle reçoit difficilement l'empreinte du doigt, qui s'efface ensuite lentement.
Traitement. — Frictions avec des liqueurs spiritueuses ou aromatiques; bain à une température élevéee, vésicatoires aux jambes ; tenir le petit malade très chaudement. La plupart des auteurs conseillent, lorsque l'enfant n'est pas trop faible, l'application de deux à quatre sangsues à la base de la poitrine, dans le but de déterminer une déplétion sanguine. On a aussi employé le bain de vapeur, les cordiaux à l'intérieur, etc.
oesopiiagismk. Dysphagie nerveuse, spasme de /'œsophage. — L'œsophagisme consiste dans une constriction plus ou moins complète et durabledu canal pharyngo-œsophagien, et pouvant ou produire une dysphagie absolue, ou empêcher seulement la déglutition des corps soit solides, soit liquides (Mondière).
Causes. — Ce sont les affections morales , les passions
violentes, l'hystérie, la peur d'avoir été mordu par un chien enragé (œsoph. idiopathique) ; l'inflammation de l'œsophage, l'ingestion de substances acres, l'hydrophobie (œsoph. symptomatique.)
Symptômes. — L'œsophagisme idiopathique se manifeste subitement pendant le repas. Si le spasme a son siège à la partie supérieure du canal œsophagien, les aliments sont rejetés aussitôt qu'introduits ; s'il existe plus bas, le bol alimentaire s'arrête dans ce point ou est rejeté par un mouvement antipéristaltique. Le malade éprouve une sensation de constriction, d'un corps étranger ou d'ime boule dans le cou. Souvent il y a hoquet, altération de la voix, suffocation, et ces phénomènes sont augmentés sous les influences les plus opposées.
Marche irrégulière; durée variable; pronostic favorable, à moins que la maladie ne soit symptomatique d'une affection œsophagienne qui doit alors attirer toute l'attention.
Traitement. — C'est naturellement celui des affections nerveuses pour l'œsophagisme idiopathique qui nous occupe spécialement : donc, antispasmodiques et narcotiques employés à l'intérieur et à l'extérieur. Citons, parmi les premiers , le camphre, l'assa fœtida, le castoréum, le musc , le succin, la liqueur anodine d'Hoffmann; parmi les seconds , l'opium, la jusquiame, la belladone, et surtout la morphine par la méthode endermique. — On a encore mis en usage les frictions mercurielles, la strychnine à l'intérieur, l'électricité, les boissons froides , les fumigations sèches et balsamiques au benjoin, à la myrrhe; dans quelques cas, les émissions sanguines locales , les sangsues à l'anus pour rappeler les menstrues ou les hémorrhoïdes supprimées; enfin le cathétérisme de l'œsophage avec des sondes enduites d'extrait de belladone, etc.
Il va sans dire que quand la déglutition est impossible, il faut administrer les médicaments en lavement.
Julep camphré. I Mélange.
Camphre, 0,30cent. Teint, de castoréum,! „
... ' ' „ .. .. , ; aa 2gram.
Miel de sureau, 4ogram. — d assa lœlida, ) °
Eau de mélisse, 1B0 1 Esprit do corne de cerf, 1
M. — 15 à 20 gouttes de deux i — de camphre, 1 gram. eu deux heures dans une tasse ' Extrait d'opium, 0,05 cent, d'infusion de camomille. Rob de sureau, q. s.
Poudre antispasmodique, F- 12 hols ! — 2 toutes les six
Gomme ar. pulvér., 20 gram. neures- Oxyde blanc de zinc, 1 Lavement (J. Frank).
Poudre de valériane, 0,50 cent. Infus. de camomille, 200 gram.
F. des paquets de 0,30 cent. Assa fœtida, 2 — 3 par jour. I Jaune d'œuf, n° 1.
Pilules antispasmodiques. Autres formules.
Poudre de castoréum, 5 gram. I (V. Convulsions.)
oesoph agite. Inflammation de l'œsophage. On la distingue en simple, couenneuse et ulcéreuse, en aiguë et chronique. Voici les principaux traits de chacune de ces variétés.
ŒSOPHAGITE SIMPLE AIGUË. Angine œsophagienne. — Elle est superficielle ou profonde, mais du reste assez rare surtout à l'état d'isolement.
Causes. — Elles sont presque toujours directes ou traumatiques. Telles sont les substances acres et corrosives, l'abus du mercure, de l'émétique , de l'iode; les blessures; le passage de corps volumineux. La maladie peut accompagner la variole, la pharyngite, l'angine couenneuse.
Symptômes. — Les deux principaux consistent dans la douleur et la gêne de la déglutition. La première est plus ou moins étendue , sourde ou aiguë , siégeant derrière le sternum ou le long de l'épine dorsale ; la seconde se fait sentir plus ou moins bas , selon le siège de l'inflammation; elle est quelquefois si prononcée et le passage des aliments est si douloureux , que ceux-ci et les boissons sont rejetés par une contraction rapide de l'œsophage. M. Mondière pense même qu'il peut survenir de l'hydrophobie, un véritable spasme du canal œsophagien. Il y a chaleur, agitation, fréquence et dureté du pouls, soif d'autant plus vive que la déglutition des boissons est très douloureuse et souvent impossible. On a parlé encore du hoquet comme symptôme de l'œsophagite.
Terminaison. — Elle a lieu par résolution, abcès et gangrène. — L'abcès est précédé de symptômes inflammatoires très intenses , quelquefois de troubles cérébraux , de convul-
sions violentes. La douleur est fixe et circonscrite. Il peut irriver que, située supérieurement , la collection purulente comprime le larynx et donne lieu aux accidents de l'œdème le la glotte. — Quant à la gangrène, elle s'accompagne de •etitesse du pouls, de prostration, de fétidité de l'haleine.
Pronostic. — Il n'est grave que dans les cas d'abcès et de gangrène. Encore faut-il distinguer : d'ordinaire l'abcès se ride et tout se termine heureusement, tandis que la mort suit a mortification des parties enflammées.
Traitement. — Emissions sanguines générales copieuses; sangsues en grand nombre sur les parties latérales du cou. Cataplasmes émollients, liniments huileux et opiacés; boissons adoucissantes. Pédiluves sinapisés; lavements purgatifs. Bains prolongés pour remplacer les boissons, lorsque celles-ci ie peuvent être avalées. Diète, repos au lit, silence.
On conseille de provoquer la rupture de l'abcès , en cas l'accidents graves, au moyen d'une bougie en cire façonnée m olive à son extrémité , avec laquelle on explore l'œso- Dhage. Rien de bon à faire lorsqu'il y a gangrène.
ŒSOPHAGITE SIMPLE CHRONIQUE. — Cette forme est très :*are, à moins qu'on ne lui rapporte les rétrécissements et le cancer de l'œsophage , lequel ne dépend pas toujours de l'inflammation, tant s'en faut.
Symptômes. — Douleur sourde, persistante, siégeant vers la partie inférieure du cou. Gène de la déglutition, souvent rejet des aliments. Troubles de la digestion, faiblesse, dépérissement.
L'œsophagite se termine presque toujours par le développement d'une lésion organique, d'un rétrécissement fibreux ou squirrheux du canal œsophagien, lequel , toutefois, doit être considéré comme' affection spéciale pouvant se développer sans inflammation préalable bien caractérisée.
Quoi qu'il en soit, le rétrécissement de fœsopliage produit une gêne plutôt qu'une douleur; plus tard, une difficulté de la déglutition, puis le rejet des aliments. Souvent du gargouillement se fait entendre au moment du passage de ceuxci dans le point rélréci. Avec cela . découragement, dépéris-
530 NOUVEAU COMPEND1UM.
sèment, marasme, qui dépendent plus souvent peut-être de la nature cancéreuse de la lésion que du manque d'alimentation.
Le cancer de l'œsophage donne lieu à des symptômes à peu près semblables. Seulement, dans une période avancée, il survient des vomissements de liquides ou d'aliments qui ont séjourné plus ou moins dans le canal , au-dessus de l'obstacle à la déglutition, puis se développe la cachexie cancéreuse.
Diagnostic — Il est facile de reconnaître, à ces symptômes, soit l'inflammation simple chronique, soit le rétrécissement simple ou cancéreux de l'œsophage. Le cathétérisme de ce canal peut encore révéler non-seulement l'existence , mais encore le siège de la lésion. Il ne faut pas confondre avec les maladies en question la constriction spasmodique de l'œsopbage. (V. OEsophagisme.)
Pronostic. — Constamment fatal, après un temps très variable du reste.
Traitement. — C'est celui de l'œsophagite aiguë , sauf l'activité, pour l'inflammation simple. — Le rétrécissement simple réclame la dilatation , la cautérisation , les scarifications, l'œsophagotomie, pour lesquelles nous renvoyons aux traités de médecine opératoire.
Quant au traitement du cancer œsophagien , il est encore plus inefficace : la ciguë , les mercuriaux , les cautères ou moxas, etc. , n'ont procuré aucune guérison. Pour retardel les progrès du rétrécissement et pour nourrir le malade , il faut recourir à la sonde œsophagienne.
ŒSOPHAGITE PSEUDO-MEMBRANEUSE. — Cette maladie, toujours consécutive à la pharyngite de même espèce , ne que mérite pas une description à part.
ŒSOPHAGITE ULCÉREUSE. — Cette affection, peu connue, est très rare à l'état primitif, car les ulcérations dépendent presque toujours d'un état cachectique, cancéreux , syphilitiou tuberculeux.
Les symptômes sont les mêmes que ceux de l'œsophagite simnlc ; seulement les douleurs sont plus vives dans l'acte
e la déglutition; il y a des vomissements de matières glnieuses diversement colorées.
Traitement. — Inconnu. Avant tout, combattre l'état géléral.
oniTHALMlE. — Mot générique qui désignait toutes les aflammations isolées ou combinées des parties constituantes e l'œil et même des paupières, et qui ne se, prend aetuelleaent que pour exprimer l'inflammation simultanée ou succesive de plusieurs tissus de l'organe de la vision; la phlcgmaie isolée de chacun d'eux étant étudiée à part, et recevant un tom particulier, voyez Conjonctivite, Kératite, Iritis, etc. Les iphthalmies se divisent en franches et. en spécifiques.
Ophlhalmie franche. — On appelle ainsi celle qui survient hcz un individu sain , et qui n'est due qu'à des causes exernes, non diathésiques.
Cette ophtbalmie doit être rare, car, pour qu'elle ait ce cachet de franchise qui doit la caractériser, il faut que l'inlividu qu'elle affecte ne soit sous l'influence d'aucune prédisposition maladive, d'aucun vice, d'aucune diatbèse, et mémo m'il n'ait aucun tempérament prédominant. Or, c'est ce qui l'existé peut-être pas. Au surplus, son histoire se trouve mplicitement dans celle de la conjonctivite, de la bléphariie, le X iritis et de la. kératite.
Ophthalmies spécifiques. — Ce sont celles qui, survenant :hez des sujets soumis actuellement à l'influence d'un vice constitutionnel, sont modifiées d'une manière spéciale par ce vice de la constitution.
Ici naissent les difficultés et les dissidences d'opinions. En effet, trois opinions différentes viennent ici se combattre. l°Les uns avec les anciens, et c'est le plus grand nombre, cherchent dans l'état général des sujets l'explication des diverses formes que peuvent revêtir les ophthalmies, et assignent à ces maladies des caractères particuliers qu'ils attribuent à l'influence de cette cause générale, et, un nom qui rappelle cette même causequi, pour eux, à tort ou à raison, est. une cause spécifique. 2" D'autres, et M. Siebel m particulier, à l'exemple de Béer, prétendent aue, d'après les seuls caractères anatomo-
pathologiques de telle ou telle ophthalmie, l'on peut remonter à la cause générale, soupçonnée ou non, sous l'influence de i laquelle est actuellement le sujet qui porte l'ophthalmie ; en I d'autres termes, que l'on peut fonder la distinction des espèces d'après les caractères anatomo-pathologiques qui leur sont . particuliers. 3° Enfin, arrive l'opinion de M. Velpeau, qui ne • voit, lui, dans les divers caractères physiques des ophthalmiesj qu'un des résultats de l'inflammation , laquelle inflammation, se comportant différemment, comme chacun sait, dans les divers tissus imprime aux maladies des yeux des caractères anatomo-pathologiques différents, suivant que telle ou telle partie de l'œil est prise. M. Velpeau ne nie pas qu'une consti- • tution scrofuleuse , rhumatisante ou autre , ne puisse influer sur les inflammations oculaires, ne puisse même les compliquer ; mais il ne se passe rien de plus aux yeux qu'il ne se passerait dans toute autre maladie de l'organisme, et il n'y a pas là de quoi appliquer le nom de spécifique. D'ailleurs, on ne croit plus à la spécificité (prise dans la rigueur du mot) ni des scrofules , ni des rhumatismes , ni du scorbut , etc. Les • maladies vraiment spécifiques, qui ont été accolées aux ophthalmies, sont la rougeole, la scarlatine, la variole, la gale et la syphilis. Mais, entre toutes, il n'y a que la dernière qui donne lieu à une ophthalmie spécifique, parce qu'elle lui communique des caractères spécifiques tranchés, que le mercure seul fait disparaître. Les autres, au contraire, compliquent les ophthalmies, ou en sont compliquées ; mais il n'y a entre elles et ces mêmes ophthalmies- aucun rapport direct, nécessaire, ni de causalité, ni de traitement.
Les ophtbalmologistes reconnaissent une foule d'espèces à' ophthalmies prétendues spécifiques, qui deviennent encore bien plus nombreuses que leurs combinaisons entre elles. Nous allons dire quelques mots de chacune d'elles, prises isolément, en mettant en regard les deux opinions les plus opposées, colle de M. Siebel et celle de M. Velpeau. Les opinions de ce dernier étant déjà comprises, quant à la question de spécificité, nous n'aurons que peu de chose à ajouter.
OPHTHALMIE ABDOMINALE. V. Ophthalmie veineuse.
PATHOLOGIE INTERNE. 533 OPHTHALMIE ARTHRITIQUE. V. Ophthalmie veineuse. OPHTHALMIE CACHECTIQUE. On ne la décrit plus.
OPHTHALMIE CAT ARRH ALE . — Causes. — L'action du froid, dos brouillards et de l'humidité, chez les individus lymphatiques, serait sa cause spéciale.
Symptômes. — Ce sont ceux de la conjonctivite simple et mieux de la granuleuse. Lorsque la maladie est très intense, elle constitue l'ophthalmie blennorrhagique à laquelle, suivant M. Sichel, il faut rapporter celle des enfants et celle d'Egypte. (V. Conjonctivites purulentes.) Il y a souvent en môme temps d'autres affections catarrhales, telles que coryza, bronchite, etc.
Traitement. — Il se compose des indications suivantes : « 1° indication antiphlogistique qui, le plus souvent, est remplie par l'action répercussive des collyres astringents ; 2° indication résultant de la suppression momentanée de la transpiration cutanée, indication à laquelle répond l'usage des sudorifiques ; 3° lorsque l'ophthalmie est rebelle àce traitement, déplacement de l'irritation sécrétive sur d'autres parties du système muqueux (purgatifs), ou sur la peau (vésicatoires). » (Sichel, Traité de l'ophthalmie; Tableau synoptique.)
Opinion de M. J elpeau.— M. Velpeau s'en tient au simple titre de conjonctivite simple ou granuleuse , au lieu d'ophthalmie catarrhalc, attendu que toute inflammation peut être produite par un refroidissement comme par toutes autres causes non spécifiques, et que cette inflammation, une fois établie, ne change pas ses caractères, parce que c'est plutôt telle cause que telle autre qui l'a produite.
OPHTHALMIE DARTREUSE. V. Ophthalmie psorique.
OPHTHALMIE ÉRYSIPÉLATEUSE. — « Elle a son siège dans la conjonctivite oculaire et dans le tissu cellulaire sous-conjonctival. Le tissu cellulaire intra-orbitairc et celui des paupières peuvent, en même temps que la conjonctive, être le siège du gonflement érysipélateux. » (Siebel, Traité de V ophthalmie, Tableau synoptique.) Causes. —•> Refroidissement exerçant son inûuencc sur des
personnes d'un tempérament bilieux; quelquefois origine épi'
démique (Id., loc. cit.)
Stjmplômes. — Injection confluente de la conjonctive, qui est gonflée, rouge-jaunâtre, comme relâchée; qui se plisse facilement, présente l'aspect d'une membrane infiltrée, et, dans certains cas, des vésicules. La sécrétion muqueuse est peu augmentée ; il n'y^a ni épiphora, ni photo phobie, ni trouble de la vision. La maladie se termine par résolution ou par œdème de la conjonctive.
Traitement.—» 1° Indication antiphlogistique remplie
par l'administration d'un vomitif ou d'un purgatif ; cette indication est secondée par l'usage de légers sudorifiques. 2° Indication topique, emploi de compresses simples ou de sachets aromatiques sur les paupières. » (Siebel, loc. cil.)
Opinion de M. Felpeau.— L'ophthalmie érysipélateuse, pour cet auteur, n'est qu'une conjonctivite oculo-palpébrale, ou bien un érythème cutané des paupières.
OPHTHALMIE DES FEMMES EN COUCHES. — M. Siebel lui donne pour siège tout à la fois la conjonctive et les autres membranes de l'œil. Il prétend que cet organe peut se remplir de lait.
Opinion de M- Felpeau. — C'est une conjonctivite oculopalpébrale avec tendance à l'ophthalmie : les caractères particuliers qu'elle offre sont dus à la surabondance des liquides blancs qui diminuent chez les femmes en couches.
OPHTHALMIE HÉMORRHOIDALE. V. Ophi liai mie veineuse.
OPHTHALMIE MENSTRUELLE. V. Ophthalmie veineuse.
OPHTHALMIE RHUMATISMALE. — La sclérotique est l<ï! tissu principalement affecté. L'inflammation de cette membrane paraît s'étendre d'une part à la conjonctive et , dautre part, à la cornée, au feuillet séreux de l'iris et à d'autres tissus fibro-séreux de l'œil et de ses dépendances. » (Siebel, loc. cit.)
Causes. — « Abaissement subit de la température qui agit sur les tissus fibro-séreux de l'œil (Ibid.)
Symptômes. — La sclérotique présente » une zone vascu- Inirc composée de vaisseaux d'un rose carmin, droits, dispo-
ses parallèlement, qui commencent au point où la sclérotique se réunit à la cornée, s'éloignent de cette dernière membrane m devenant de plus en plus déliés, et se terminent enfin à. une liane à peu près de la circonférence cornéale. » ([bld.) Quelques pointes de ces vaisseaux dépassent souvent le bord :1e la cornée pour former un petit cercle sur les confins de :ette membrane. Celle-ci en se prenant (qu'il y ait ou non îxistencedu petit cercle indiqué) offre très souvent une phlyc- ;ène suivie d'une ulcération superficielle, etc. L'iritis a pour caractère remarquable ici de donner à la pupille une forme perpendiculairement ovalaire. Douleurs, pbotopbobie violentes. Souvent, en même temps, affections rhumatismales sur d'autres organes.
Traitement. — « 1° Indication antiphlogistique ; émissions générales et locales, usage des mercuriaux, révulsion superficielle. 2° Indication antirbumatique, remplie par l'emploi de préparations antimoniales, le colchique, etc. 3« Révulsion énergique établie sur la peau dans le cas de récidives fréquentes. » (Siebel, loc. cit.)
Opinion de M. Velpecm. — » L'ophthalmie rhumatismale est une iritis simple, quand il y a dans la sclérotique une zone vasculairc, radiée autour de la cornée, sans larmoiement ni pbotopbobie intense. Lorsqu'au contraire ces deux derniers symptômes sont très prononcés, il y a kératite et mémo kératite ulcéreuse. » [Manuel pratique des maladies des yeux, par M. Jeanselme.)
« L'ophtbalmie rhumatismale ne réclame pas d'autres médications que celles que nous avons indiquées en traitant de la kératite et de l'iritis. » [Loc. cil.)
OPIITIIALMIE MORBILLEUSE ET SCAPLATINEUSE. — « L'ophthalmie qui précède ou accompagne les éruptions morbilleuses ou scarlatincuses n'est qu'une simple conjonctivite catarrbale, ou, si l'irritation s'étend à la sclérotique, une ophthalmie catarrbo-rhumatismalc. » (Siebel, toc. cit.)
Opinion de M. Velpeau. — » L'ophthalmie morbillcuse n'est qu'une conjonctivite oculaire, tandis que l'ophthalmie
scarlatineuse devient assez souvent une kératite, et même une kératite ulcéreuse. » {Loc. cit.)
OPHTHALMIE SCORBUTIQUE. — Elle n'existe même pas pour ceux qui lui ont donné ce nom.
OPHTHALMIE SCEOFULEUSE. — « La conjonctive scléroticale est le tissu d'élection où se fixe l'ophthalmie scrofuleuse, mais elle peut affecter en même temps la sclérotique, la cornée, l'iris et la choroïde, surtout lorsqu'elle se complique. •> (Sichel, Tableau synoptique.)
Causes. — Ce sont les causes générales des affections lymphatiques.
Symptômes. — Injection de la conjonctive : elle est partielle et composée d'un petit nombre de vaisseaux presque parallèles entre eux, réunis en faisceaux ou en paquets, et elle occupe, dans la majorité des cas, la partie de la conjonctive qui avoisineles commissures des paupières. Les vaisseaux se terminent brusquement près du bord de la cornée. La sclérotique n'est affectée que dans le cas de complication d'ophthalmie rhumatismale. Il y a kératite avec un épanchement interlamellaire qui souvent soulève les feuillets superficiels en forme de pustule (ophthalmie rhumato-scrofuleuse] ; d'autres fois l'injection conjonctivale se continue sur le feuillet muqueux de la cornée sous forme fasciculaire encore (ophthalmie catarrho-scrofuleuse). L'iritis et la cboro'idite, lorsqu'elles existent, n'offrent rien de particulier. La sécrétion muqueuse n'est pas augmentée si la maladie est simple, de même qu'il n'y a pas de douleur ni de photophobie; mais ces cas de non-complication aucune sont rares.
Traitement. — « 1° Indication antiphlogïstique, remplie par les émissions sanguines, les purgatifs, les mcrcuriaux et les révulsifs dermatiques. 2° Indication antilymphatique qui' réclame l'emploi des purgatifs, des mercuriaux, des antimoniaux, des préparations d'iode et de baryte, des alcalins, des toniques et surtout des mesures propres à mettre le malade1 dans des conditions extérieures contraires à celles qui favorisent le développement des affections scrofuleuscs. » (Sichel, loc. cit.)
Opinion de M. Felpeau. — « L'ophthalraie scrofuleuse est une conjonctivite soit partielle, soit angulaire, soit papu- .euse, lorsque cette prétendue ophthalmie spécifique n'est iccompagnée ni de photophobie, ni de larmoiement, ni de blépharo-spasme. Toutes les fois, au contraire, qu'on observe :es symptômes, on peut être sûr qu'il s'agit d'une kératite ou d'une iritis; mais principalement d'une kératite ulcéreuse. » [Loc. cit.)
« Le traitement des ophthalmies dites scrofuleuses est le même que celui de la conjonctivite, de la kératite ou de l'iitis, et doit par conséquent varier selon le tissu enflammé, au lieu d'être administré d'une manière générale d'après un
principe qui manque de base Doit-on conclure de là que
la constitution lymphatique du sujet, ou, si on aime mieux, la maladie scrofuleuse, ne mérite aucune attention de la part du chirurgien ! Ce n'est pas là l'opinion de M. Velpeau. Ce chirurgien pense, au contraire, qu'on doit diriger vers ce but toutes les ressources de l'art ; mais il est convaincu qu'avant tout, il faut faire disparaître l'ophthalmie, et que pour obtenir ce résultat ce serait en vain qu'on aurait recours à l'iode, à la baryte, à l'antimoine, aux alcalins et à toutes les autres médications réputées antiscrofuleuses. » (Jeanselme, loc. cit.)
OPHTHALMIE SYPHILITIQUE. — Celle-ci est véritablement spécifique; aussi tout le monde est-il d'accord. (V. Iritis syphilitique.)
OPHTHALMIE VARIOLEUSE. — Elle siège dans la peau des paupières et dans toutes les parties de la conjonctive. « Pustules qui se développent dans les différentes parties de la conjonctive : ces pustules sont petites, jaunâtres et élevées audessus du niveau de la peau ; injection intense des membranes externes. La sclérotique est le siège d'une injection très vive. Des pustules se développent sur la cornée... L'iris peut être affecté secondairement. L'ophthalmie varioleusc peut se propager aux tissus les plus profonds de l'œil et par conséquent à la choroïde..... La sensibilité à la lumière est très grande, des larmes brûlantes s'écoulent de la fente des paupières.... -
(Sichel, Tableau synoptique.) Toutes les conséquences de ces inflammations peuvent avoir lieu.
Traitement. — « La prophylaxie consiste à détourner l'éruption varioleuse de l'organe de la vision par des moyens topiques répercussifs, par l'emploi local de la pommade mercurielle sur les paupières, par les révulsifs et enfin par la méthode ectrotique.
" L'ophthalmie varioleuse doit être combattue par les moyens antiphlogistiques, joints à des moyens qui diminuent la tension des paupières, tels que des liquides émollients appliqués sur les paupières. » (Sichel, loc. cit.)
Opinion de M- Velpeau. — « L'ophthalmie varioleuse est' tantôt une blépharite, tantôt une conjonctivite, tantôt une' kératite; quelquefois même elle peut comprendre ces trois
phlegmasies à la fois Cautériser les pustules du bord
libre des paupières ou de la conjonctivite oculaire dans l'ophthalmie dite varioleuse...» [Loc. cit.]
OPHTHALMIE VEINEUSE. — Elle comprend l'ophthalmie arthritique et l'ophthalmie abdominale, selon M. Sichel. « Le système veineux en général, et particulièrement celui de la veine porte, peuvent être le siège de certains désordres, qui tantôt restent fixés dans le centre de la circulation veineuse abdominale, et ne se manifestent que par un trouble des fonctions des organes de l'abdomen, et tantôt entraînent à leur, suite un état pathologique dans le système fibro-séreux, qu'on a désigné sous le nom de goutte ou arthritis... L'arthritis ou la goutte, comme nous l'entendons avec les anciens, dénote une affection du système fibro-séreux, caractérisée par la coïncidence ou la concomitance d'un groupe particulier de symptômes qui ont leur siège dans le système circulatoire veineux du bas-ventre... Nous rencontrons ces symptômes, compris sous le nom commun de pléthore abdominale , sur des individus doués d'une prédisposition particulière, et c'esli dans ce sens que nous admettons chez eux l'existence d'une diathèse ou d'une habitude... L'expérience démontre que les individus doués de cette prédisposition particulière que nous désignons sous le nom d'habitude veineuse, lorsqu'ils arrivent
î l'âge de quarante ou cinquante ans, ont besoin, pour que eur santé ne soit pas troublée, de l'expulsion de certaines ma-
iières carbonisées dont leur sang veineux abonde La crise
normale et physiologique , qui est le partage des femmes, depuis l'âge critique, est analogue à la crise pathologique
m'on appelle hémorrhoïdes > (Siebel, Traité des ophthal-
mies.)
M. Sichel pense donc que lorsque ces crises sont troublées, orsque l'économie ne se débarrasse plus de ces matières caraonisées par le flux hémorrhoïdal, ou par les urines (phosphates calcaires), ou par le flux menstruel, la congestion s'établit dans des organes d'un ordre plus élevé, et entre autres dans l'œil, d'où l'ophthalmie veineuse, à laquelle se rapportent, comme nous venons de le voir, les ophthalmies arthritique, abdominale, menstruelle et hémorrhoïdale.
«L'opthalmieveineuse affecte simultanément les tissus fibroséreux et vasculaires de l'œil. Elle se localise, par conséquent, dans la conjonctive, la sclérotique, la cornée, l'iris, et principalement dans la choroïde, dont la congestion ou l'inflammation coexiste toujours avec les symptômes pblegmasiqucs des autres membranes sus-nommées. » (Id., Tableau synoptique.)
Les principaux caractères sont ceux-ci : dans la variété arthritique, « on voit dans la sclérotique une zone de vaisseaux, d'un carmin un peu plus foncé que dans la sclérotique rhumatismale ; ils commencent à deux ou trois lignes de distance du bord de la cornée, et se rendent vers cette dernière, d'abord en direction parallèle et rectiligne; avant de l'atteindre, ils se bifurquent, et s'anastomosent les uns avec, les autres par leurs bouts voisins de leur circonférence cornéale. Ces vaisseaux, au lieu de franchir un peu la circonférence cornéale, commeeela alieudans la sclérotique rhumatismale, en sont au contraire constamment séparés par un cercle bleuâtre, partiel ou total, qu'ils ne dépassent point, et au bord duquel ils disparaissent ou pénètrent dans l'intérieur de l'œil. » Outre cette injection caractéristique, la variété abdominale (hémorrhoïdale et menespausique) montre que .< des rameaux vasculaires isolés, d'un calibre très considérable (comparativement aux
injections ordinaires), évidemment variqueux, d'un pourpre foncé et presque bleu rampent avec des flexuosités nombreuses et presque angulaires, jusqu'à la cornée dont ils n'atteignent cependant pas la périphérie [injection abdominale) »
Dans l'opbthalmie veineuse, l'iritis, outre ses divers caractères, fait « que la pupille est dilatée, immobile, ou perpendiculairement ovale, ou bien cette ouverture est resserrée et irrégulière, à cause d'adhérences, etc »
La choro'idite se trahit par l'injection abdominale dont les vaisseaux s'anastomosent avec ceux des corps ciliaires et de la choroïde. Elle « se manifeste, en outre, par la présence du cercle veineux autour de la cornée, par les altérations de l'iris et les changements dans la forme de la pupille, et surtout par l'apparence glaucomateuse du fond de l'œil.... » (Id., loc. cit.)
Traitement. — 1° Indication antiphlogistique, aidée des
narcotiques internes et externes 2° Indication tendant à
régulariser la circulation veineuse (saignées révulsives, aloètiques; sulfureux, emménagogues, anti-arthritiques. Exutoires vers le déclin de la maladie).
Opinion de M. Velpeau. — <• Les ophthalmies menstruelle, abdominale, hémorrhoïdale et veineuse sont des nuances de la choroïdite ou de l'iritis, ou des accompagnements de quelque autre affection profonde de l'œil.
« Les symptômes de l'ophthalmie arthritique ne se rapportent pas toujours à la même espèce de phlegmasie : ainsi le mucus écumeux appartient à la blépharite glanduleuse diphthéritique ; le cercle gris qui entoure la cornée et la zone radiée de la sclérotique sont les symptômes de l'iritis; l'état bleuâtre de la sclérotique et variqueux de la conjonctive indique une maladie de la choroïde
» Envisagée sous le point de vue anatomique, l'ophthalmid arthritique, qui, ainsi que je l'ai dit, n'est, en général, qu'une choroïdite ou une iritis, ou l'indice d'une affection profonde de l'œil, ne réclame pas d'autres médications que celles que nous avons indiquées en traitant de ces différentes maladies. » (Jcanselme, loc. cil.)
oreillons. Ourles. --- On donne ce nom à un gonflement le la région parotidienne et sous-maxillaire, mal circonscrit , t accompagné quelquefois d'un mouvement fébrile.
Cause*. — Le jeune âge, les saisons variables, les temps 'oids et humides, le séjour dans des lieux sombres et privés 'air sont favorables au développement de cette maladie, qui e manifeste fréquemment sous forme épidémique , et à lauelle on a voulu attribuer à tort un caractère contagieux.
Symptômes. — Gonflement de la région parotidienne, avec ouleur, dureté, un peu de ptyalisme, gêne dans les mouveîents de la mâchoire, sans changement de couleur à la peau, u moins au début et dans les cas légers. S'd débute d'un eul coté, le gonflement se montre bientôt du côté opposé, s'é- ?nd plus ou moins , et peut rendre les traits méconnaissables, 'ans ces cas plus graves , des frissons, un mouvement férile, ont ordinairement ouvert la scène. La peau devient aaude, l'urine sédimenteuse.
Assez fréquemment on observe, dans le cours de cette madie , un gonflement des testicules qui tantôt fait cesser celui 2rs les parotides, tantôt marche sans modifier ce dernier; îez les femmes, c'est aux grandes lèvres, parfois aux maelles que se montre une tuméfaction de cette nature. Durée, terminaison. — Au bout de trois ou quatre jours, résolution commence; quelquefois il y a métastase sur les sticules ou les grandes lèvres , comme il vient d'être dit l'on prétend même que cette métastase peut se faire sur le irveau, le poumon, et causer la mort.
Diagnostic. — Les oreillons ne doivent pas être confondus ■ec l'inflammation de la glande parotide {parotidite) , avec ngorgement des ganglions sous-maxillaires {adénite sovsaxillaire), ou les tumeurs scrofuleuses du cou (scrofules.) Traitement. — Tenir le malade au lit ou au moins à la ambre; préserver la partie gonflée du froid; prescrire une isson légèrement diaphonique, cela suffit dans les cas léts. S'il y avait réaction prononcée , douleur, etc., on pratilerait une saignée chez l'adulte. Il est bon de tenir le ventre ire aii moyen de lavements ou d'un laxatif. Vomitif, dans cas d'embarras gastrique. — S'il survenait une métastase
542 NOUVEAU COMPEND1UM
sur le cerveau, il faudrait appliquer un vésicatoire sur le ^
siège primitif du gonflement.
OT VLGIE. - Douleur d'oreille. C'est une névralgie tout simplement, lorsque l'affection est idiopathique ; mais il fauti dire que, dans l'immense majorité des cas, c'est un symptôme, de l'otite. La douleur occupe, soit le pavillon de 1 oreille,soit le conduit auditif ou une partie plus profonde; elle estlancinante, très vive , parfois atroce. Dans ce dernier cas , il. s'agit plutôt d'une otite aiguë interne.
Traitement. — Injections calmantes ou narcotiques ; fu| migations de même nature; sangsues, ventouses scarifiées ai l'apophyse mastoïde, puis vésicatoires, etc. En un mot, ti alternent soit de la névralgie, soit de Y otite (V. ces mots), soi. vant les cas.
OTITE. - Inflammation de l'oreille. Bornée à la mu-, queuse du conduit auditif externe, c'est Votite externe; occrô pantla caisse, les parties profondes, c'est Yolite interne. Dan* les deux cas, la maladie est aiguë ou chronique.
OTITE EXTERNE AIGUË. Catarrhe de l'oreille. — Causes ; action du froid humide, introduction de corps étrangers , d£ substances irritantes.
Symptômes. - D'abord sensation d'un corps étranger , d< sifflement et de douleur prurigineuse dans l'oreille; retend sèment douloureux des mouvements de la mâchoire; duieU de l'ouïe avec ou sans bourdonnements ou sifflements^ muqueuse du conduit externe se montre rouge, boursoufflee sèche, couverte de petits boutons qui grossissent et se remplissent d'une humeur séro-purulente, laquelle s écoule jaunâtre ou verdatre, parfois fétide. En môme temps malaise anxiété, insomnie, fièvre. d Pronostic. - Favorable, quoique la suppurat.on, les ulec rations de la muqueuse soient susceptibles de se prolonger Traitement. - Injections émollientes, catap'asmes ma.n tenus sur l'oreille. Si la douleur est vive, injections calmai* et narcotiques, introduction dans le conduit auditif d un 1 ou donnet de coton enveloppant quelques grains de «impn
PATHOLOGIE INTERNE. 543 ard] ; bains de pieds , laxatif. 11 est quelquefois nécessaire •.ppliquer des sangsues à l'apophyse mastoïde. L'écoule- ?nt étant établi , il faut revenir aux injections émollientes.
OTITE INTERNE AIGUË. — Causes. - Comme pour le ca-
,-rbe de l'oreille, action du froid humide, mais agissant sur h sujets prédisposés. Propagation de l'inflammation du coni it auditif externe aux parties profondes de l'oreille. Cette
iladie est le plus souvent consécutive à la fièvre typhoïde, à i variole, au vice scrofuleux, etc.
Symptômes. — Douleur profonde, continue, très vive, avec
icerbations; sensation de plénitude dans la cavité du tymli, surdité; réaction générale, insomnie, agitation, parfois i >re et même convulsions. Ces graves accidents cessent dès
• le pus, emprisonné dans la caisse, s'échappe soit par le
iduit auditif, après avoir perforé la membrane du tympan,
: par la trompe d'Eustache.
n Terminaison. — Tantôt la suppuration se tarit peu à peu g la guérison s'opère sans laisser de traces; d'autres fois, au
fiaire, l'inflammation produit le ramollissement des car- Sges, des ostéites profondes ou même se propage aux
mbranes du cerveau, d'où accidents graves dont le moindi e | la surdité.
B^raitement. — Il doit être essentiellement antiphlogistique pnergique au début. Si on n'a pu s'opposer à la suppuraxi î , on essaiera de provoquer l'écoulement du pus par la $ npe, au moyen de fumigations et de gargarismes émolts. Si on ne réussit pas et que les douleurs soient intolé- ,5 les, les accidents cérébraux menaçants, il faut se hâter de l:er la cloison tympanique. « Il est des cas, dit M. Velpeau, «la caisse renferme, au lieu du pus liquide, une matière ï-isse, concrète et adhérente aux parois de la cavité, en rte qu'il faut l'aller chercher avec un stylet, ou bien la dé- ] ;r avec des injections poussées avec force. » La situation l'onde du foyer favorisant le séjour et l'accumulation du f) , l'abcès, au lieu de se détergor, se convertit souvent en ; de, d'où otorrhéc interminable, entretenue encore par l'alr|' tiondes parois osseuses. Contre cet état, injections émoi-
g44 NOUVEAU COMPEND1UM.
lientes, pais rendu» détersives, astringentes et excitantes,
suivanl l'état des choses; traitement de l'état diathesxque.
OTITE CHRONIQUE. Otorrhée. - Causes. - Souvent consécutive à Toute aigu,, elle est aussi ^uem^ pnmU, et presque toujours alors sous la dépendance d une diathesc dartreuse ou scrofuleuse.
Symptôme. -Deux formes à considérer.-!' Forme sèche, et douleurs par intervalle dans le conduii aSSterne. Aspect rosé de la muqueuse a sence e e crétion cérumineuse, ou conversion de celle-ci en «ou» blanchâtres qui succèdent les unes aux autres. Gene, emba 'as SensibiUté dans l'oreille, tout cela s'exaspeant sous 1 m fluènee du froid, de l'humidité, des écarts de régime.
2 FoZe humide. Boursoufflement de la muqueuse, ecou leLt variable en quantité, en couleur et^atu e « écoulement peut détruire la membrane du tympan et se prc , à la caisse en enflammant toutes les parties profond e produisant des caries, des suppurations sameuses, fétide c rlle de louïe. L'écoulement peut, sous 1 influence d o d d un traitement mal approprié, se supprimer et eau, de inflammations métastatiques sur les yeux, les parc >de ? ♦■-La mu- le cerveau lui-même, œ qui est bien pl. 105 Dats ious s e s, on reconnaît que la membrane tyr gvave. Dan toutes ch,constance que le raala,
Pan^l orUr e 'ah par l'oreille en expirant fortement, Œ 2ïL nasales étant hermétiquement fennecs Traitement. — Après l'extinction des symptômes mflar Jtohïï ^urez aux injections détersives et astringent* ™ v^toirc derrière l'oreille, au séton même. Ceci sapp nue à l'otite externe.
' mns ï'olorrhêe interne,» un autre point essentiel, M Ve peau, est d'entretenu, un passage libre et continu Luit de la suppuration. C'est surtout après une suppress nctoulcmentque se montrent les compilons du cote tveau On evra, en pareil cas, répéter les injections ém ^ciaub^Boiderlatromped'EuBtacheet e conâ ' ud S our enlever les amas de pus ou autres qu, pcoi
oucher les conduits. On devra également, si l'obstruction lent d'un boursouflement aigu des membranes, faire dispaaître le gonflement par des cataplasmes, quelques sangsues, es bains de pieds. Enfin, si la suppuration dépend d'une autre ause, il faut opérer une dérivation ailleurs. »
ovaiute. — Inflammation de l'ovaire. Elle est aiguë ou hronique.
Causes. — Elles sont des plus obscures. Ce seraient les ifbrtsde la menstruation, la suppression des règles, les coups, butes et plaies, l'extension d'une métro-vaginite. C'est surrat l'état puerpéral, etc.
Symptômes. — Lovante aiguë se caractérise par une dou- :ur vive, spontanée, rendue plus intense par la pression, se îanifestant dans la région iliaque et s'irradiant dans les lom- ^s et même la cuisse correspondante ; douleur qui s'accomigne d'une tumeur assez résistante, dont le siège, la forme tic volume sont variables. En même temps, symptômes génétux plus ou moins marqués, infiniment plus intenses lorsque
maladie est symptomatique d'une métro-péritonite puerpéde. La tumeur peut causer une constipation opiniâtre par la mipression qu'elle exerce.
Qunnt à l'ovarite chronique, elle donne lieu à une douleur mrde. à une tuméfaction presque indolente, et on lui attribue s diverses dégénérescences de l'ovaire, telles que concré- Dns calcaires, cartilagineuses ou osseuses, kystes, corps Dreux, cancer, etc.
Terminaison , pronostic. — L'ovarite aiguë simple se terme rarement par suppuration, tandis que c'est le contraire rsqu'elle est puerpérale. La première est peu sérieuse, la ■condc est beaucoup plus grave.
Diagnostic. - Il est d'autant plus facile de confondre l'ovate avec le phlegmon de la fosse iliaque que souvent elle -'vient la cause «le ce dernier. Cependant on distinguera la •emière, avant la suppuratioi , à la forme de la tumeur, qui it ovoïde et circonscrite, .'i celte particularité qu'il existe un itervalle entre cette tumeur et l'os iliaque, intervalle qu'on observe jamais dans les abcès.
Traitement. — Saignée, sangsues, applications émollientes;;| laxatifs ou purgatifs légers pour combattre la constipation.— jl Dans l'état chronique, frictions mercurielles, fondants, vésicaj toires, etc. (V. Phlegmon de la fosse iliaque.}
ozène. Punaisie. — Exhalation d'une odeur fétide pa H les fosses nasales. Cette définition, qui ne préjuge rien sur 1; | nature de la maladie, doit être préférée à toute autre basée suJ les caractères des lésions, lesquelles sont très variables.
Causes. — En effet, l'ozène dépend soit d'ulcérations scro j fuleuses, dartreuses ou syphilitiques de la membrane pituil taire, soit de carie de nécrose des os du nez, soit d'ulcérationrJ spéciales et persistantes, soit, enfin, d'une sécrétion particu j Hère, d'une odeur puante sui generis. Cette dernière espèo d'ozène, qu'on peut appeler idiopathique, essentielle, est kl seule dont il est question dans cet article, attendu qui l'ozène symptomatique a été étudié sous le nom de coryzd ulcéreux.
S/jmplômes.— L'ozène essentielle n'offre qu'un seul signe la fétidité de l'haleine. Mais il faut s'assurer si cette puanteu; n'est pas inhérente à quelque état pathologique des fosser nasales. Du reste cette ozène est la plus rebelle.
Traitement. — Aux mots Coryza chronique et Coryza ulcéreux fétide, on trouvera l'indication des moyens à opposa à l'ozène symptomatique ou diathésique. jNous n'avons qu'i faire connaître ici ceux à l'aide desquels on peut espère, pallier la maladie, c'est-à-dire masquer ou annihiler la puan-' tour de l'haleine. Or, aux articles précités, les formules proposées peuvent être employées dans ce but, ainsi que lessui-i vantes :
Mrlanç/c contre l'ozène. Eau chlorurée.
ISaud'angéliquo, ) Eau pure, ,!5grïïj
— <le roses, aa 60gram. Chlor. decbauxhquidc, l/2cuillj
— de Meurs d'or. , ) 2 injections par jour. On ajoute, si l'on veut, une
composition mcrcuriello.
PALPITATIONS NERVEUSES DU COEUR. — Ce titre est h définition de la maladie. C'est-à-dire que ce sont des batte
nents do cœur existant sans lésions apparentes de cet organe it en dehors de la chlorose et des anémies.
Causes. — Emotions morales vives, affections nerveuses, ipasmodiques ou hystériques; hypochondrie, aménorrhée, lueurs blanches, etc.
Symptômes. — Augmentation d'impulsion et de fréquence les battements normaux du cœur, avec sonorité plus grande les bruits, soulèvement de la région précordiale, quelquefois éger bruit de souffle, malaise, sentiment d'étouffement, et de léfaillance, absence de toute matité anormale, de tout sympôme d'affection organique du cœur ou d'altération du sang. )n parle d'une douleur précordiale, qui sans doute est due s une névralgie intercostale concomitante. Urines claires, têtues, etc.
Marche et durée très variables. — Pronostic sans gravité.
Traitement. — Calmants et antispasmodiques; préparaions de digitale ; eau de laurier cerise. Vésicatoire volant en •as de douleurs précordialcs.
PANCRÉATITE.— Inflammation du pancréas. Elle est aiguë u chronique : celle-ci très rare.
Causes. — Elles sont fort obscures. Ce seraient les inflammations de l'estomac et du duodénum, les fièvres continues raves, la phlébite générale ; le plus souvent l'emploi du nercure.
Symptômes. — Ceux de la forme aiguë sont une douleur ixe et profonde à la région épigastrique, s'étendant à l'hypohondre droit; une sensation de chaleur dans le même point; me diarrhée comme salivaire. Inappétence, vomissements, aunissc légère. Terminaison par résolution, suppuration ou tat chronique.
Forme chronique. Salivation continuelle, éructations d'un iquide filant cl jaunâtre; constipation ou diarrhée alternati- 'cment, la diarrhée composée de matières semblables au iquide rendu par la bouche. (Mondière.)
Traitement.— Antiphlogistiques, émollients et calmants. S'il y a eu usage des mercunaux et qu'on observe de la sali-
vation, on emploiera les boissons acidulés, les gargarismes
alunés ou borates, de doux minoratifs.
La forme chronique réclame à peu près le même traitement que la gastralgie (V. ce mot], qui se confond peutêtre souvent avec elle.
Potion (Mondière).
Acide hydrochlorique, 30 grain.
Mucilage de gomme ar., 60 Eau de ciunamomum {sine vino), 150
Teinture thébaïque, 0,60 cent.
Sucre blanc, q- 5
Continuer le remède en renfor çant les doses.
PAPULES. — Cinquième ordre des maladies cutanées. (V. Peau.) — Petites élevures pleines, sans changement de couleur de la peau, quelquefois pourtant d'un rouge peu foncé, déterminant un prurit plus ou moins intense. Les affections papuleuses sont le lichen et le prurigo. (V. ces mots.)
paralysie. — Diminution ou abolition soit du mouvement, soit de la sensibilité, soit de ces deux ordres de fonctions.
La paralysie ne frappe que des parties soumises à l'action nerveuse du cerveau , de la moelle épinière ou des nerfs qui en émanent. Le système ganglionnaire, à cause de sa profondeur qui le soustrait aux causes morbiGques, à cause de son indépendance en quelque sorte, et surtout parce qu'il fournit une quantité innombrable de (ilets nerveux qui se suppléent les uns les autres, ne permet pas que les viscères auxquels il ko distribue tombent en paralysie.
Il est cependant des circonstances dans lesquelles on voit les organes soumis à l'influence nerveuse ganglionnaire offrir des symptômes analogues à ceux des paralysies : ces circonstances sont les troubles nerveux plus ou moins graves qu'on connaît sous le nom générique de nérroscs.
Les paralysies peuvent se diviser en idiopathiques et en symptomatiques. - Les paralysies idiopnthiques sont celles qui se manifestent au milieu d'un trouble nerveux plus ou moins profond, et qui accompagnenl certaines névroses oïl les constituent, comme dans {'hystérie, Vépilepsie, la catalepsie, Yextase, Y intoxication saturnine, l'épuisomenl P«ï
vcès vénériens, le rhumatisme. Leur durée étant passaère comme la cause qui les produit, leur pronostic est peu 'rave en général.
Les paralysies symptomatiques, au contraire, sont celles ui se rattachent à des lésions organiques plus ou moins tendues et irréparables des centres nerveux ou des nerfs, et ui par conséquent sont durables comme ces lésions et graves omme elles. Les apoplexies du cerveau, de la moelle épiniére t de leurs membranes; les productions pathologiques de cet irgane, les plaies, les maladies de toutes sortes qui peuvent Itérer la substance nerveuse, voilà les causes de ces paraysies, qui sont complètes ou incomplètes suivant que le mouvement et le sentiment sont abolis à la fois, ou (pie l'un survit t la perte de l'autre, soudaines ou lentes selon la rapidité ivec laquelle s'est produite la lésion.
Traitement. — Abstraction faite de la lésion matérielle, à aquelle on oppose un traitement particulier, qui ne peut être >xposéici, et qui doit marcher le premier, le phénomène paralysie réclame l'emploi de deux ordres de moyens :
1° Moyens externes. Ils comprennent les hdetions stimulantes, es bains sulfureux, les douches d'eaux thermales ou alcaines, l'urtication, les vésicatoires volants, cautères, moxas, le galvanisme et l'électricité.
2° Moyens internes. Ils se composent de l'huile essentielle de térébenthine, des toniques, des tétaniques [brucine, noix vomique, strychnine), du seigle ergoté; des antispasmodiques (musc, castoréum, assafœtida) pour la paralysie idiopathique.
I Pilules de strychnine [Magendie).
(Strychnine pure, 0,1 décig.
M Conserve de roses, 2 gram.
F. 21 pilules. — 1 à 2 soir et t matin.
Autres.
i Strychnine, 0,05 cent,
'l Ethiops martial, Sgram.
i Sucre. 10 grain.
M. ttdiv. en (j paquets. — l le matin et le soir.
Pilules de noir vomique (Fouquier).
Ext. alcool. '1 ' iioixvom., 4 grain.
Poudre de guimauve, q. s.
F. 36 pilule-. — 1 à 2 et jusquà 9 par jour.
/ Haies d'iodure de strychnine.
Iodure d'iodhyd. de
stryclminc, <><:5 cWc,&
Conserve de roses, q. s.
F. 24 pilules. — 1 chaque jour.
\ \ .vcr |u ,|„. Action moins
vénéneuse et plus persistante que la strychnine.
Pommade de strychn, (Sandras).
Strychnine, lgram.
Axonge, 30
En frictions sur les membres paralysés.
Frictions stimulantes (Magendie).
Teint, de noix vomique, 40gram.
Ammoniaque, 10 gram.
M. — Pour frictions. Paralysies partielles.
Pilules de brucine (Briclieteau).
Brucine pure, 0,3décig.
Conserve de roses, 2 gram.
F. 24 piiules. — 1 le matin et 1 le soir.
parotidite. — Les maladies delà région parotidienne : sont plutôt chirurgicales que médicales. Il existe cependant' trois variétés d'inflammation de la parotide que nous devons • signaler.
1° Inflammation phlegmoneuse. Elle paraît avoir son siège dans le tissu filamenteux qui unit les lobules de la glande, et qui se termine le plus souvent par suppuration, laquelle est difïuse, difficile à se réunir en foyer à cause de la disposition serrée des éléments qui unissent et enveloppent les granulations parotidiennes, et à laquelle on doit donner issue de bonne heure par la ponction.
2° Oreillons. Autre espèce d'inflammation parotidienne dont il a été parlé ailleurs.
3° Parotides. Elles consistent dans un gonflement des glandes de ce nom, survenu sous l'influence d'une cause générale, ou dans le cours des maladies de mauvaise nature, (fièvres adynamiques, ataxiques et pestilentielles), soit comme symptôme -rave et d'un fâcheux- augure (parotides acritiques), soit au contraire, mais plus rarement, comme phénomène critique favorable (parotides critiques
pu au (classification des maladies de la). — Voici le tableau de la classification de Willan , modifiée par Biett et n-énéralement adoptée , bien que M. Baumes en ait proposé une autre basée sur la considération dos causes, qu'il divise en internes et en externes. Cette classification, qui, dans les premières éditions de l'ouvrage de MM. Cozenave et Schedel, comprenait quinze ordres, n'en présente plus que douze aujourd'hui .
Ordre Ier. — Exanthèmes : érythème, érysipèle, roséole, rougeole,
scarlatine, urticaire.
'Ordre ii. — Vésicules : miliaire, varicelle, eczéma, herpès, gale, ; Ordre m. — Bulles : peniphigus, rupia. Ordre iv. — Pustules : variole, vaccine, cctliyma, impétigo, acné,
mentagre, porrigo.
Ordre v. — Papules : lichen, prurigo.
3 Ordre vi. — Squames : lèpre, psoriasis, pityriasis , ichthyose, pellagre.
I Ordre vit. Tubercules : éléphantiasis des Grecs, molluscuni,
frambeesia, bouton d'Alep, kéloïde.
i Ordre vin. — Macules : teinte bronzée, éphélides, ncevi , albinisme,
vitiligo.
i Ordre ix. — Lupus.
î Ordre x. — Purpura, î Ordre xi. — Éléphantiasis des Arabes, i Ordre su. — Syphilides,
Si nous rangeons parmi les maladies cutanées les fièvres éruptiyes, la pellagre, etc., ce n'est pas que nous considérions la lésion visible i de la peau comme étant la principale dans ces affections générales ] et complexes; mais c'est pour nous conformer à l'usage établi.
PELLAGRE. — « On désigne sous le nom de pellagre, dissent MM. Cazenave et Schedel, une diathèse particulière de S l'économie, dont les caractères patbognomoniques sont des ! lésions fonctionnelles variées, tant des voies digestives que B de l'axe cérébro-spinal, et la desquamation, couleur chocolat plus ou moins foncée, de l'épiderme des parties exposées aux B rayons du soleil du printemps, desquamation assez souvent B précédée d'un érythème plus ou moins vif, mais toujours |( éphémère et cessant dès que les parties sont soustraites aux ! rayons solaires. Très variables sous le point de vue de leur | intensité, les signes caractéristiques de la pellagre ne le sont I pas moins sous celui de leur apparition, se montrant tantôt Q isolés et tantôt réunis , débutant par les voies digestives ou I par le système nerveux- »
Cette définition sera toute la description que nous donnei rons de cette affection rare d'ailleurs, dont le pronostic est extrêmement grave et le traitement inconnu. Ajoutons seulement que la pellagre paraît duc à l'usage habituel du maïs, d'aliments malsains, indigestes, à la misère, etc. , et qu'elle est endémique dans le Milanais, le royaume Lomlmrdo-Vé-
nitien , la province de Côme, les Asturies , qu'enfin on l'observe aussi quelquefois en France , dans les Landes , l'Aude, la Gironde, depuis qu'on y fait usage de farine de maïs, au dire de M. Roussel.
pemphigus. Pompholix. — Développement d'un plus ou moins grand nombre de bulles sur des surfaces rouges et enflammées; soulèvements épidermiques qui renferment une sérosité limpide, puis jaunâtre, laquelle donne lieu à des croûtes peu épaisses ou à des excoriations superficielles suivies d'une empreinte assez persistante.
Causes. — Misère, veilles prolongées, constitution délabrée, habitation des lieux bas et humides, troubles généraux du système nerveux , ardeurs du soleil, intempérance, etc.
Symptômes. — Nous devons distinguer le pemphigus en aigu, en chronique et en celui des nouveau-nés. 1° Pemph. aigu. D'abord malaise, prurit à l'endroit où va se faire l'éruption, soif, anorexie, frissons, etc. Après ces prodromes, dont la durée est de deux ou trois jours, apparaissent de petites taches circulaires d'un rose vif, qui s'élargissent et au centre desquelles l'épidémie se soulève et forme des bulles du volume d'une noisette au plus, mais qui en se confondant donnent lieu parfois à de vastes ampoules. Vers le quatrième jour, le liquide épanché se trouble, la bulle se flétrit, se rompt, et apparaissent des excoriations , ou bien l'épiderme se dessèche en lamelles minces. M. Cazenave décrit un pemphigus qu'il appelle successif, dans lequel on peut voir la maladie à tous les états : taches, bulles, excoriations et croûtes.
2° Pemphigus chronique. Celte forme est la plus commune de beaucoup. Pas de prodromes; larges huiles de la gros-.' ir d'une noix et au-dessus , mollasses , remplies d'une sérosité citrine, parfois sanguinolente, et se rompant au bout de sept à huit heures pour mettre à découvert des excoriations suivies de croûtes minces et brunâtres. A cette éruption huileuse en succède une seconde, puis une troisième, et ainsi de suite, affectant chacune la même marche. Le pompholix solilarius, constitué par une seule bulle, Appartient à la forme chronique comme à l'aiguë. Dans le premier cas, il se ren-
contre le plus souvent aux membres inférieurs, surtout chez , les vieillards. Le pemphigus chronique est donc successif, mais parfois les bulles se renouvellent si fréquemment que la maladie semble permanente et continue. Line autre forme est appelée foliacée, parce qu'elle se couvre de croûtes lamelleuses semblables à des pelures de pâtisserie feuilletée; une autre, ■prurigineuse, parce qu'elle se complique de papules de prurigo.
3° Pemphigus des nouveau-nés. Les ailleurs ont décrit un pemphigus infantilis qui ne diffère pas de celui des adultes; mais il en est un autre tout spécial et de nature syphilitique qui a pour siège de prédilection la paume des mains, la plante des pieds, dont les bulles, entourées d'une aréole violacée , <: contiennent un liquide séro-purulent.
Durée, pronostic. — Le pemphigus dure d'un à trois septénaires; le chronique, de plusieurs mois à plusieurs années; : celui des nouveau-nés est le plus souvent mortel. Le pronostic est également grave dans la forme chronique.
Diagnostic. — Le rupia et l'ecthyma pourraient en imposer pour un pemphigus. Ils s'en distinguent, le premier par des ; bulles rares suivies de véritables ulcérations et de croûtes dures et épaisses, le second par le caractère pustuleux de l'éi ruption et la petitesse relative des boutons.
Traitement. — 1° Pemph. aigu .-boissons délayantes, repos et diète. Préserver les bulles de tout frottement, faire f que l'épiderme soulevé reste appliqué sur les surfaces, panser i les ulcérations avec un linge fenêtre enduit de cérat. — Pemph. chronique. Bains, topiques émollients et anodins i lorsqu'il y a douleur. La maladie se reproduit-elle sans cesse, : cataplasmes saupoudrés de quinquina et de charbon, ou i bien pondre d'amidon avec laquelle on saupoudre les surfaces I excoriées (Cazenavc). En même temps, amers, ferrugineux, toniques.
PÉRICAUDITK. — Inflammation du péricarde. Cette maladie, dont la connaissance ne remonte pas à plus d un quart de siècle, doit être étudiée séparément sous sa forme aiguë i et sa ferme chronique.
PÉRICARDITE A1GUE. — Inflammation de la membrane externe du cœur parcourant rapidement ses périodes.
Causes. — La péricardite est plus commune chez l'homme que chez la femme, de dix-sept à vingt ans qu'aux autres âges, en hiver qu'en été. Les affections du cœur y prédisposent singulièrement; cependant cette maladie n'est pas très fréquente. Quant aux causes occasionnelles, ce sont les refroidissements, la suppression de la sueur, d'un flux habituel, la répercussion d'exanthèmes, les efforts et travaux excessifs, et surtout le rhumatisme articulaire aigu, qui, selon M. Bouillaud, se compliquerait dans la moitié des cas au moins, soit de péricardite, soit d'endocardite.
Symptômes. — Les premiers qui se manifestent sont delà douleur, de la gêne à la région précordiale, différents troubles dans les battements du cœur. Ce début, souvent très rapide, est pourtant sans frissons prononcés. La douleur varie beaucoup par son intensité, son étendue; la toux, le mouvement, le décubitus sur le côté gauche, les palpitations même l'exaspèrent. Ces palpitations se montrent sous forme d'accès, résultent de battements du cœur tumultueux, irréguliers, dont l'intensité peut du reste être masquée par 1 epanchement qui s'opère bientôt dans la cavité de la membrane séreuse, et qui donne lieu aux symptômes que voici. D'abord la région précordiale offre une voussure plus ou moins sensible. Par la percussion, on y constate une matité piriforme; par l'auscultation, l'absence du bruit respiratoire, l'affaiblissement ctleloignement des bruits du cœur, enfin le bruit de frotti ment péricardique, produit soit par le frottement des .Unix feuillets séreux à L'état de sécheresse, avant la formation de l'épanchement, soit plutôt, par celui de fausses membranes rugueuses, lequel paraît très superficiel et se montre plus fort au premier temps des battements du cœur qu'au second.
La péricardite aiguë s'accompagne de fièvre, de céphalalgie, d'anorexie, etc. Le sommeil est fréquemment troublé par des réveils en 'sursaut, des accès de palpitations et de dyspnée. Parfois lipothymies.
Marche, durer, pronostic — La maladie peut se terminer très promptement parla mort : dans ee cas. suivant M. Louis,
le pouls est irrégulier, intermittent. Cependant sa durée peut être de quinze à vingt-cinq jours, et son pronostic favorable, en ce sens que la mort n'en est pas la conséquence directe; mais alors il reste souvent des adhérences entre le cœur et le péricarde qui amènent plus tard des troubles sérieux. La péricardite aiguë est très grave lorsqu'elle est compliquée d'affections chroniques.
Diagnostic. — La pleurésie et la plcurodynie sont les seules maladies avec lesquelles la péricardite puisse être confondue. Dans la première, point de voussure, matité h la partie postérieure, bruits du cœur voisins de l'oreille, respiration bronchique en arrière. Dans la seconde, point de matité, bruits du cœur voisins de l'oreille, bruit respiratoire normal.
Traitement. — Tout le monde est d'accord sur ce point qu'il faut recourir promptement aux émissions sanguines et les pratiquer largement. Saignées générales répétées, sangsues en grand nombre, ventouses scarifiées. En même temps digitale, diurétiques (nitrate et acétate dépotasse à haute dose); purgatifs hydragogues (aloès, scammonée, gommegutte, jalap); mercuriaux (calomel, pilules bleues, onguent napolitain en frictions). Enfin, sur la fin, quand il n'y a plus de fièvre, vésicatoires volants.
Mixture (Hopej .
Teint, dedidtale.l , - . „A
, . . )aa 15 a 20 rrt.
— do j usquiame, \
Inf. de tilleul édulcoré, 30gram.
A prendre trois ou quatre fois par jour.
Pilules purgatives (id.).
Extrait de coloquinte, lOgram.
Scille, 12
F. 100 pilules. — 1 matin et soir, augmenter d'une pilule tous
les deux jours jusqu'à la dose de 7 ou 8.
Pilules bleues (id.).
Calomel, 75 à 120 cent.
Opium, 9 à 15 cent.
M. F. 6 pilules. — 2 le malin,
au milieu do la journée et le soir.
Tisane diurétique.
Tartrnte acidulé de potasse, 5 à 6 gram .
Eau simple, 500
Sirop des 5 racines, 45
PÉRICARDITE CHRONIQUE. — Cette (orme succède à la première, ou bien elle su montre primitive, c'est-à-dire chronique dès le début.
Causes. — L'inflammation chronique du péricarde se lie ordinairement à quelque affection du cœur, à la production
de la matière tuberculeuse dans le tissu sous-séreux, comme cela se remarque pour celle du péritoine, de la plèvre, des méninges.
Symptômes. — Douleur peu marquée , souvent nulle; mais matité très étendue, faiblesse très grande de l'impulsion du cœur. Bruit de frottement, irrégularité du pouls. Pâleur, bouffissure de la face, infiltration des membres. Réaction fébrile peu marquée, en rapport pourtant avec l'acuité de l'inflammation.
Pronostic. — La gravité du mal est moins imminente que dans l'état aigu, et cependant plus réelle ; c'est-à-dire que la terminaison par la mort est plus fréquente, môme en fa.sant abstraction des cas où il y a tubercules, maladies du cœur, qui sont toujours mortels.
Diagnostic. - Il repose sur les mêmes signes que celui de la péricardite aiguë. Il faut prendre garde toutefois aux symptômes qui peuvent appartenir à une affection concomitante du cœur, à une pleurésie chronique.
Traitement. — H consiste dans la combinaison des frictions mercurielles, des purgatifs et des diurétiques avec les vésicatoires, les sétons et moxas. Les frictions sèches, les lmiments stimulants, les bains alcalins et sulfureux, les amers et les toniques sont préférés par M. Gendrin. Repos régime doux. Quelquefois il faut soutenu les forces des malades pendant le travail de résorption.
péritonite —Inflammation du péritoine. Elle se présente sous plusieurs formes; nous les réduirons à quatre : 1» péritonite algue; 2° péritonite chronique; 3° péritonite puerpérale; A" péritonite des nouveau-nés.
PÉRITONITE AIGUË. — On donne ce nom à l'inflammation du péritoine qui parcourt rapidement ses diverses périodes.
Causes —Tous les âges sont exposés à cette maladie, qui, toutefois, très rarement simple et spontanée, se produit presque toujours au contraire consécutivement a la propaga ion d'une inflammation voisine au péritoine, a une perforation intestinale, à un coup, une blessure, etc. Ainsi donc, si un refroidissement subit, une suppression ou une rétrocession,
une métastase rhumatismale ou goutteuse, les excès véné- ' riens, la masturbation, l'ingestion de boissons froides, peu- ' vent donner lieu à la péritonite, il arrive bien plus souvent | que cette maladie est l'effet d'une affection du foie, de l'intestin, de l'utérus, etc., ou la conséquence de plaies abdominales pénétrantes, de violences extérieures, de production de tubercules dans le tissu sous-péritonéal. La péritonite | spontanée est encore niée par quelques médecins. Nous croyons en avoir vu un cas bien tranché, quoique l'autopsie n'ait pas été faite, dans la personne de M. Persil fils aîné, député du Gers, qui en présenta tous les symptômes et y succomba, en ! 184.0, sans qu'on pût lui attribuer d'autre cause que l'impression du froid au sortir d'un spectacle.
Symptômes. — Pour en présenter le tableau, il faut les étudier dans la péritonite spontanée, dans celle par extension de l'inflammation et dans celle par perforation ou rupture. Nous répétons qu'il n'est pas question en ce moment de la | péritonite puerpérale.
1° Péritonite spontanée. Douleur brusque ou précédée de • coliques, de malaise, circonscrite d'abord, puis s'étendant à tout l'abdomen. Elle est vive, augmentée par la pression, les mouvements, le changement de position, quelquefois par le poids seul des couvertures du lit. Le ventre se tend, se tuj méfie, devient rénitent, phénomène dû à un développement i de gaz intestinaux et à l'accumulation d'un liquide séro-purulent et de fausses membranes dans la cavité péritonéale. En I même temps se manifestent des nausées, des vomissements I bilieux qui vont en augmentant de fréquence et exaspèrent la I douleur abdominale par les secousses qu'ils provoquent. Il y I a de la constipation, une soif intense, de la difficulté à uriner. I La peau est sèche ; la l'ace exprime une vive souffrance ; il y I a de l'agitation, parfois du délire. Assez fréquent et dur l au commencement, le pouls s'affaiblit, devient misérable vers I la On, en même temps que la prostration et le coma appai missent.
2° Péritonite par extension de l'inflammation. Cette forme > est ordinairement circonsci ite et se déclare dans le cours d'une ' maladie antérieure dont on a pu suivre la marche. Si elle naîl
en même temps que cette maladie, le diagnostic peut en être rendu difficile; cependant la douleur dominera, et les symptômes généraux seront plus prononcés. D'ailleurs, soit qu'elle reste partielle, soit qu'elle se généralise, cette péritonite donne lieu à moins de vomissements et est bientôt accompagnée d'un épanchement qui produit le bruit de frottement ou de cuir neuf perçu par l'auscultation, avec tuméfaction du ventre et rénitence intestinale.
3° Péritonite par perforation ou par rupture. C'est celle due à l'épanchement d'un liquide quelconque (pus, urine, bile, sang, matières alimentaires, matières stercorales, etc.) dans le péritoine, et qui présente une marche sur-aiguë. La douleur est subite, excessive, exaspérée par la pression, et s'étend rapidement à tout l'abdomen. La tuméfaction du ventre est prompte, considérable. Vomissements, face grippée, urines rares, constipation , etc. Conservation de l'intelligence au milieu des plus atroces souffrances.
Durée, terminaison, pronostic. — Il faut encore distinguer les cas. La durée la plus courte appartient à la péritonite par perforation et surtout par rupture. La plus longue est celle de la péritonite partielle. La terminaison de la péritonite générale est presque toujours la mort. La péritonite partielle est moins grave. C'est dans cette forme surtout que se produisent des adhérences qui peuvent gêner le jeu des organes, étrangler les intestins , les fixer par un ou plusieurs points aux organes voisins, etc.
Diagnostic. — Il peut être obscur pour les péritonites partielles ; cependant on remarquera une douleur plus intense, plus superficielle, plus sensible à la pression, avec météorisme, mouvement fébrile plus prononcé, etc., à l'endroit primitivement affecté. Quant aux péritonites générales, s'il est des maladies qui puissent les simuler, ce sont la métrite, les coliques utérines, les coliques hépatiques et néphrétiques, le rhumatisme des parois de l'abdomen, la névralgie lomboabdominalc, à l'histoire desquelles nous renvoyons le lectetil pour l'appréciation des signes différentiels.
TRAITEMENT. — Il doit être essentiellement antiphlogistique. Saignée générale répétée deux, trois et quatre fois, selon
la force du sujet et du pouls. En même temps, sangsues en grand nombre (20, 40, 80) sur l'abdomen. Bains tièdes prolongés, fomentations émollientes et narcotiques, lavements de même nature.
Il faut savoir s'arrêter cependant dans l'emploi des émissions sanguines; car, lorsque la suppuration s'est établie, les forces se dépriment rapidement. On y substitue alors les mercuriaux, surtout les onctions avec l'onguent napolitain; d'autres emploient en même temps le calomel à l'intérieur, seul ou uni à de petites doses d'opium. On s'efforce de combattre, malheureusement sans beaucoup de succès, les vomissements au moyen de l'opium et des antivomitifs ; à la constipation , on oppose les lavements laxatifs, l'huile de ricin. Les vomitifs ont été conseillés, ainsi que l'opium à haute dose et d'autres remèdes encore que nous retrouverons dans le traitement de la péritonite puerpérale. Enfin, le large vésicatoire a été employé par quelques médecins dans la péritonite générale ou partielle arrivée à la dernière période. — Repos, diète, boissons émulsionnées, limonades faibles, etc.
PÉRITONITE CHRONIQUE. — Suivant M. Valleix, on doit la définir ainsi : affection du péritoine donnant lieu, dans tout le cours de sa durée, à des symptômes inflammatoires dont la marche est lente et continue. Par conséquent, la forme qui succède à l'inflammation aiguë du péritoine doit être considérée comme une terminaison de cette inflammation plutôt que comme une maladie distincte.
Causes. — Si nous maintenons la distinction que nous venons de faire, la péritonite chronique n'est plus que le résultat de l'affection tuberculeuse péritonéale. Cependant elle peut naître aussi, mais très rarement, de l'inflammation d'un organe voisin et des autres causes de la péritonite aiguë.
Symptômes. — Il y a encore ici à distinguer plusieurs formes de la maladie.
1" Péritonite tuberculeuse. Elle survient exclusivement chez les plithisiques. Ses symptômes sont peu prononcés : douleur abdominale peu vive, s'exaspérant par la pression; augmentation de volume du ventre; plus tard, fluctuation et météo-
risme. Après avoir augmenté pendant quelque temps, dit M. Louis, la fluctuation diminue, puis disparaît entièrement, andis que le météorisme persiste. Nausées et vomissements rares, si ce n'est lorsqu'une péritonite aiguë vient compliquer l'état déjà si pénible des malades. Quelquefois le ventre est indolent ; il y a ordinairement constipation. Il faut ajouter à ces symptômes ceux de la phthisie pulmonaire.
2° Péritonite générale aiguë à son début, et devenue ensuite chronique. Elle présente des phénomènes semblables à ceux de la péritonite tuberculeuse, sauf que les symptômes pectoraux manquent; et puis d'ailleurs, à une époque antérieure, il a existé des symptômes aigus limités à un point du ventre au début de la maladie.
3° Péritonite chronique partielle. Douleur locale et tuméfaction du ventre; signes de la lésion organique à marche chronique qui lui a donné naissance.
Durée, terminaison-, pronostic. — La durée de la péritonite chronique est très variable ; sa terminaison ordinaire est la mort, laquelle est due soit au passage de la maladie à l'état aigu, soit à l'épuisement progressif, soit à une perforation intestinale. On a vu, chez des phthisiques, les symptômes de la péritonite disparaître, laissant ceux de la poitrine continuer leur marche. Le pronostic est donc très grave.
Traitement. — Au début, s'il y a des douleurs un peu vives, de la réaction, il faut recourir aux sangsues sur le ventre, aux fomentations émollientes et calmantes, aux cataplasmes. Les bains, les lavements, l'opium, sont d'utiles moyens à employer, ce dernier surtout pour calmer la diarrhée, les coliques, la toux des phthisiques. MM. Trousseau et Pidoux ont conseillé les cataplasmes de ciguë (deux tiers de poudre de cia'në pour un tiers de farine de graine de lin). Repos absolu, diète lactée ; parfois quelques légers toniques pour soutenir les forces du malade.
Lorsque la douleur et la fièvre ont disparu, on a recours aux fomentations aromatiques, aux frictions iodurées ou mercurielles modérées, aux bains d'eaux minérales, aux vé^icatoires, aux frictions irritantes, etc.
PÉRITONITE PUERPÉRALE. Fièvre puerpérale, métropéritonite des femmes en couches. — En s'en tenant au sens propre de ce titre, il doit s'agir d'une inflammation péritonéale ou métro-péritonéale survenant chez la femme qui vient d'accoucher; mais si on s'attache plus particulièrement au mot fièvre puerpérale, par lequel nous aurions dû peut-être désigner la maladie en question, celle-ci doit être définie : une affection générale aiguë, fébrile, donnant lieu à des lésions anatomiques variables, qui consistent le plus souvent toutefois en suppurations dans les veines utérines, le péritoine et ailleurs.
Causes. — Accouchement long et difficile, manœuvres obstétricales, refroidissement, défaut de propreté, surtout encombrement des femmes dans les maisons d'accouchements, à la Maternité par exemple, où la maladie se montre si souvent épidémique et même contagieuse par infection, caractères qu'elle revêt aussi dans les villes. On signale encore une infinité d'autres causes, la plupart débilitantes, mais dont l'influence n'est pas bien démontrée.
Symptômes. — Ils sont très variables sous le rapport de l'intensité, ce qui a motivé des distinctions qui ne reposent que sur des différences de degrés. Voici les plus constants. Un frisson ouvre la scène ; il est variable en intensité et en durée. Déjà douleur dans l'bypogastre, s'étendant dans l'abdomen, qui se météorise ; vomissements bilieux, verdâtres, plus ou moins répétés; constipation ou diarrhée. Le pouls est l„ tit, concentré pendant le frisson; il se relève quand lachaloui se rétablit, mais toujours il est très fréquent. Il y a céphalalgie. La sécrétion laiteuse et les lochies se sont supprimées. La Tare est grippée, les yeux enfoncés, les narines sèches. L-. prostration se déclare ; souvent même elle s'annonce dès le début, et dans ce cas le pouls ne se lève pas; chez quelques femmes, stupeur, état typhoïde des plus marqués avec pétéchics, délire.
La fièvre puerpérale se présente sous plusieurs formes, fini sont : la forme inflammatoire, caractérisée par une réaction plus prononcée, des douleurs abdominales plus intenses et parlant une phlegmasic métro-péritonéale moins éloignée
du type simple; la forme bilieuse ou muqueuse avec enduit limoneux de la langue, fièvre et douleurs moins intenses ; la forme typhoïde, qui correspond à la description ci-dessus ; la forme foudroyante, dont la marche est très rapide ; la forme secondaire, qui, selon M. Lasserre, débuterait comme une fièvre de lait ordinaire pour devenir de plus en plus intense, enfin Informe intermittente, niée par la plupart des auteurs, et dont j'ai eu occasion d'observer un cas très remarquable que j'ai publié dans le Journal des connaissances médicochirurgicales, année 1843, page 12.
Marche, pronostic— La maladie complexe qui nous occupe a une marche essentiellement aiguë. On y distingue deux périodes dites de réaction et de collapsus; mais dans les cas" graves, cette dernière se manifeste dès le début, et, quoique les douleurs et la fièvre se soient montrées peu intenses, les désordres n'en sont pas moins très remarquables, consistant en des suppurations dans la matrice et ses vaisseaux, dans le péritoine, les ovaires, le tissu cellulaire du bassin, etc. Le pronostic est d'une gravité épouvantable.
Diagnostic. — La péritonite, la métrite, la métropéritonite et la fièvre puerpérale proprement dite, c'est-à-dire cette fièvre grave des nouvelles accouchées, qui n'est pas toujours accompagnée de lésions matérielles évidentes, offrent des points de ressemblance et des différences que nous ne pouvons rappeler ici. Nous renvoyons donc à l'histoire de chacune de ces maladies.
Traitement. — Les nntiphlogistiques, les saignées et les sangsues ne sont utiles que dans la forme inflammatoire et dès le début : encore faut-il être réserve dans leur emploi de crainte de faire tomber le pouls et de favoriser le collapsus au lieu d'amener la résolution de l'inflammation. Les vomitifs ont paru très avantngcux toutes les fois qu'il s'agissait de la forme bilieuse. L'ipécacuanha a même été proposé comme une sorte de spécifique au début des accidents puerpéraux. Mais il faut agir promptement et énergiquement ; aussi bien doit-on employer en même temps que les moyens ci-dessus, les frictions mercuriellcs sur le ventre, le calomcl à l'intérieur contrôla constipation, l'opium contre les vomissements et les
douleurs aiguës. Plus tard, lorsque le ventre est météorisé, l'épanchement formé, on peut recourir aux frict ons avec l'huile de camomille camphrée, à quelque potion cordiale, etc. Nous ne parlons pas d'une foule d'autres moyens, tels que les bains de vapeur, l'essence de térébenthine, le carbonate de potasse, l'iodure de potassium, etc., qui n'ont lias pour eux la sanction d'une expérience assez prolongée. Le sulfate de quinine est indiqué dans la forme intermittente : je l'ai employé en vain dans le cas dont j'ai parlé, et qui s'est comporté absolument comme une fièvre pernicieuse.
La prophylaxie est d'une importance capitale : il faut entourer la femme nouvellement accouchée de soins, de prévenances; entretenir la propreté, l'aération de la pièce où elle couche. En cas d'épidémie, il faut disséminer les malades, fuir le foyer d'infection, etc. M. Teissicr prétend que l'alcoolature d'aconit peut agir non-seulement comme moyen préservatif, mais encore comme curatif.
Mélange (Dubreuilh). que tasse de tisane. Traitement
Alcoolatnre d'aconit, 6 gram. curatif et prophylaxie de la fièvre Sirop de sucre, 130 gram. puerpérale.
1 cuillerée à bouche dans cha-
PÉRITONITE DES NOUVEAU-NÉS. — La plupart des auteurs la révoquent en doute, du moins considérée comme maladie primitive, idiopathique. Cependant Dugès, MM. Rilliet et Barthez en ont fourni des exemples. Cette maladie serait causée par le froid, le manque de soins; elle donnerait lieu à de la constipation, des coliques, du ballonnement du ventre, delaGèvrc, etc., et il serait facile delà méconnaître en croyant à l'existence de simples tranchées.
Quant à la péritonite secondaire, elle serait plus fréquente, duc à l'érysipèle du tronc; à la phlébite ombilicale, à diverses lésions abdominales.
peste. Typhus d'Orient, fièvre pestilentielle, fièvre aclénoméningée.— Maladie fébrile, contagieuse, due à certains miasmes, caractérisée par des troubles nerveux, des bubons, des pétéebics, un état particulier du sang.
Causes. — L'Egypte, la Syrie, la Turquie, sont encore le
berceau de la peste, où elle résulte de l'habitation sur des terrains marécageux, de l'encombrement, de la misère, de l'action d'un air chaud et humide et d'exhalaisons de matières animales et végétales en putréfaction, etc. La peste est sporadique ou épidémique. Cette dernière est transmissible, contagieuse, dans les foyers d'infection. Les marchandises, selon toute apparence, ne la transportent pas.
Symptômes. — L'incubation ne dépasse pas huit jours. Le début de la maladie s'annonce tantôt par des symptômes locaux, tantôt par des phénomènes généraux. Dans le premier cas, apparition de petites taches à la peau, semblables à des piqûres de puce et cuisantes, qui s'agrandissent, deviennent violacées et se couvrent de vésicules. Arrivées au diamètre de 2 à 3 centimètres , des symptômes fébriles se déclarent ; alors ou les taches se transforment en eschares qui tombent, ou bien d'autres accidents graves surgissent, tels que bubons, fièvre, abattement. — Dans le second cas, frissons, céphalalgie, lassitude générale, vertiges, étourdissements , anxiété, tristesse, face abattue, yeux rouges et hagards ; chaleur sèche ; respiration accélérée; douleurs dans les lombes, les aines. Ces symptômes sont loin de se montrer réunis. Ils peuvent être suivis de mort avant l'apparition des phénomènes locaux, qui sont les charbons, les bubons, les pétéchies. Ceux-ci s'accompagnent d'une aggravation des premiers : chaleur âcre, yeux brillants, fréquence du pouls, rêvasseries, délire; sécheresse de la langue, soubresauts des tendons, sueur visqueuse, mort.
Marche, pronostic. — La peste parcourt ses périodes très promptement; elle peut se terminer en vingt-quatre heures par la mort; mais en moyenne elle dure cinq ou six jours : cela dépend de l'intensité de l'épidémie. Dans les cas de guérison, la convalescence est longue et souvent pénible.
Traitement. — Il est à faire, car aucun moyen parmi tous ceux qui ont été préconisés ne mérite confiance. On a employé les saignées, bien que le sang soit diflluent et ne se montre jamais couenneux ; d'autres préfèrent les vomitifs; d'autres le sulfate de quinine, le quinquina, sans parler de l'opium, du phosphore, du haschich, etc., qui ont été essayés.
I] faut ouvrir les bubons de bonne heure, panser les charbons avec le vin aromatique, la poudre de quinquina.
L'isolement est le moyen préservatif le plus efficace. Quant à ce qui concerne l'hygiène publique et la question des quarantaines, nous n'avons pas à nous en occuper.
pharyngite. — Inflammation du pharynx. Elle se présente sous plusieurs formes suivant qu'elle est superficielle (V. Angine gutturale), qu'elle a pour caractère le plus remarquable le gonflement des amygdales (V. Amygdalite), ou qu'elle occupe les parties les plus reculées du pharynx [pharyngite profonde). Il y a encore les pharyngites pultacées, gangreneuses, malignes, qui ont été étudiées sous le nom i'angines ; enfin il y a la pharyngite syphilitique, dont nous dirons un mot dans l'article Syphilis.
Pour le moment, il n'est question que de la pharyngite profonde- Or, cette maladie reconnaît les mêmes causes que l'angine gutturale; elle se développe aussi dans le cours d'une autre maladie, notamment des fièvres graves.
Symptômes. — Ils sont aussi à peu près les mêmes (pie dans l'angine gutturale ; la paroi postérieure du pharynx paraît rouge, sèche, luisante, plus tard couverte d'un enduit muqueux adhérent et visqueux; déglutition plus douloureuse que difficile; voix peu altérée. Point de symptômes généraux.
Marche, terminaison. — La pharyngite profonde simple se comporte encore ici comme l'inflammation superficielle. Lorsqu'elle survient dans les affections fébriles elle est susceptible de se terminer par suppuration ; l'abcès se forme derrière le pharynx, et tantôt le pus reste fixé à la paroi postérieure de ce canal, tantôt il fuse vers la poitrine, ou bien enfin il peut se porter vers la partie supérieure du larynx et comprimer la glotte.
TRAITEMENT. — La pharyngite profonde simple se traite comme les angines catarrhalcs. C'est à l'aide de l'insufflation et des gargarismes que les topiques astringents seront appliqués. — La pharyngite suppuréc exige un traitement plus actif, dont les antiphlogistiqucs forment la base. Il faut donner
issue au pus dès qu'on reconnaît la fluctuation, parce que l'abcès peut occasionner les plus graves accidents. Après l'opération, emploi de gargarismes émollients et détersifs.
pnLÉBlTE. Infection, résorption ou fièvre purulente. — Le mot phlébite ne désigne que l'inflammation des veines; les autres dénominations expriment les accidents qui en sont la conséquence. La phlébite se distingue en superficielle et en profonde, selon qu'elle occupe les veines superficielles ou celles situées plus profondément; en externe et interne selon les tuniques des vaisseaux envahis par l'inflammation; en adhésive et en suppurative, etc.
Causes— Elles sont pour ainsi dire toutes externes, comme les contusions, les déchirures, la section, l'excision, la ligature des veines; les plaies enflammées, les mauvais pansements, l'absorption de principes irritants ou délétères; la saignée, les blessures anatomiques. La solution de continuité des os, surtout lorsqu'elle communique avec l'air extérieur, donne lieu facilement à la phlébite des veines de ces parties I et à l'infection purulente. La phlébite peut aussi se développer à l'occasion d'un érysipèle phlegmoneux ou non, sans qu'il y
ait plaie externe. On sait qu'elle est fréquente dans les veines !
utérines après la parturition. Enfin l'on prétend qu'elle peut
être spontanée.
Symptômes. — Ils se distinguent en locaux et en généraux,
et leur ensemble varie suivant que la phlébite est simple ou
suppurative.
1" Phlébite simple ou adhésive. Douleur sourde sur le trajet du vaisseaux affecté, augmentant par la pression, raccompagnant bientôt de dureté, de gonflement des parties environnantes. La veine, si elle est superficielle, forme comme un cordon dur, noueux, qui s.' dessine en bosselures, avec traînée rouge moins prononcée que dans l'angioleucite. S il y a une plaie pour poitfi de départ, on en trouve 1rs bords enflam. més la suppuration séreuse. - Pou «le phénomènes généraux dans quelques cas; dans d'autres, au contraire, fièvre, agitation, insomnie. Cependant les symptômes qui caractérisent l'infection purulente manquent, attendu que celle-ci nu
pas lieu, le premier effet de l'inflammation étant d'oblitérer le vaisseau par la formation d'un caillot sanguin qui se solidifie et adhère aux parois, et qui, en interrompant la circulation, a aussi pour effet de déterminer l'œdème des parties situées au-delà du point enflammé.
2° Phlébite suppurai ire. Dans cette forme, qui est beaucoup plus fréquente, la douleur est plus vive, le gonflement plus marqué, douloureux, les mouvements du membre plus difficiles. Il se forme à la suite de la saignée de petits abcès sur les cotés de la veine enflammée ; l'abcès se montre à l'endroit même ou très près de la piqûre; ou bien la cavité de la veine en est elle-même le foyer; mais si la phlébite est profonde, les symptômes focaux sont souvent obscurs, et la maladie ne se révèle que par les accidents de l'infection. — Quant aux symptômes généraux, ils sont plus marqués que dans le cas précédent : nous ne parlons bien entendu que de ceux qui dépendent de l'inflammation.
3° Résorption ou infection purulente. Ses symptômes se montrent sous un aspect plus effrayant. Le premier qui ouvre la scène est un frisson violent et prolongé, ou des frissons répétés, en même temps que la plaie en traitement prend un mauvais aspect, que le pus devient sanieux et peu abondant, etc. Au froid succède la chaleur, avec ou sans sueurs; [a langue se sèche et devient noire, les dents se couvrent de fuliginosités, le teint devient terreux. Souvent on observe des vomissements, des selles fétides, du météorisme; presque toujours de l'agitation, du délire, la dépression des forces, puis la petitesse et la concentration du pouls, la prostration, le coma et la mort.
Maintenant, que le pus soit entraîné en nature dans le torrent circulatoire et déposé dans les organes parenchymateux pour former ces abcès plus ou moins nombreux qu'on trouve après la mort dans le foie, les poumons, les articulations, les muscles; que ces abcès soient plutôt le produit d'une inflammation de ces mêmes organes, causée par quelques parties du pus mêlé au sang; ou bien enfin que ces collections de pus si* rapportent, selon M. Tcissier, à une dialhèse purulente plutôt qu'à une inflammation des veines qu'on n'auraitpas
toujours retrouvée dans ces cas, peu nous importe : ces ques
tions n'ont aucun intérêt pratique.
Marche, pronostic — La phlébite est toujours aiguë. Sa forme adhésive n'est pas grave ; seulement les effets de l'oblitération du tronc veineux persistent tant que la circulation n'est pas rétablie. La phlébite suppurative offre deux périodes , l'inflammatoire et l'adynamique : il n'est pas toujours facile de déterminer le passage de l'une à l'autre. Son pronostic est extrêmement grave.
Traitement. — Il est des plus simples dans la phlébite adhésive .-quelques sangsues, des applications émollientes, le repos , cela suffit. Les effets de cette maladie réclament les moyens dont nous parlerons à l'article Phlegmatia alba chiens.
La phlébite suppurative réclame un traitement infiniment plus actif dont le double but est : 1° de vaincre l'inflammation pour éviter la suppuration ; 2° de s'opposer à la résorption purulente et de combattre ses effets. — Donc au début, saignées copieuses, sangsues en très grand nombre, ventouses l scarifiées, applications émollientes et narcotiques. On conseille de pratiquer les saignées locales entre le point enflammé eti l'organe central de la circulation. — La suppuration s'étantt opérée, il importe d'ouvrir promptement l'abcès. Pour éviter que le pus soit résorbé, on a eu recours à la compression de la veine, à sa section, à sa cautérisation par le fer rouge; mais ces moyens n'ont pas encore reçu la sanction d'une expérience suffisante.
L'infection purulente une fois déclarée, aucun des traitements employés n'a encore été couronné de succès. Nous nous bornerons donc à mentionner les vomitifs, les purgatifs, les diurétiques, le quinquina, l'acétate d'ammoniaque, l'arnica, le tarte stibié à dose contro-stimulante, et comme moyens ayant joui d'une vertu presque spécifique, la douce amère et l'alcoolature d'aconit, qui tour-à-tour ont été proposés, essayés et abandonnés.
Tisane stimulante. I Eau (macération d'une
Rndne de tmrclane, 30 grain. I heure), ™°
Sirop sudorifique, 20 gram.
Esprit de Mindererus, 30
Potion Ionique.
Quinquina en poudre , 1 0 gram .
Décoct. de quinquina, 120 gram.
Teinture de quinquina, 30 Sirop de sucre, 20
M. — A prendre par cuillerée.
piilegmatia alca dolens. Œdème des nouvelles accouchées. — Gonflement œdémateux d'un ou des deux membres inférieurs, accompagné de douleur, et spécial aux femmes nouvellement accouchées. Une définition plus exacte, quant à l'énoncé des symptômes , serait trop longue ; basée sur la nature de la maladie, elle est peut-être impossible. Cependant la plupart des auteurs croient qu'il s'agit d'une phlébite , d'autres d'une simple oblitération des veines. On sait que, pour les anciens , c'était un dépôt laiteux.
Causes. — On ne sait rien de précis à ce sujet : on accuse les manœuvres obstétricales, l'impression du froid, les écarts de régime, l'état inflammatoire préexistant soit de la matrice, soit de ses annexes, etc., de causer cette maladie, qui ne serait pas exclusive à la femme et au membre inférieur, puisqu'elle a été observée chez l'homme et au bras.
Symptômes. — Vers le cinquième jour de la délivrance , ou même plus tard , sentiment d'engourdissement, de douleur dans le bassin, précédé ou non de frisson initial. Cette douleur sourde ou aiguë, plus ou moins bornée ou étendue, suit généralement le trajet des vaisseaux cruraux; elle est ( exaspérée par la pression et les mouvements ; ces derniers deviennent même impossibles. Le membre devient le siège d'un gonflement ordinairement considérable , qui se déclare entre le point douloureux et les dernières ramifications veineuse ■ il s'étend de haut en bas, la peau étant d'un blanc mat, mêlé quelquefois de bandes rougeâtres le long des vaisseaux, et il est accompagné d'une sorte de cordon dur, noueux, formé par ces vaisseaux enflammés et pleins de sang coagule. En même temps réaction fébrile, affaissement des mamelles si elles étaient gonflées, suppression des lochies.
Marche, terminaison, pronostic. - La phlegmatia alba lol.-ns a une marche continue; on .y observe deux périodes, qui appartient à ln phlébite et qu, est rapide; 1 autre,
l'une
570 NOUVEAU COMPEND1UM.
consécutive , due aux effets de l'oblitération des veines , et dont la durée ne peut être déterminée. La maladie se termine par résolution , quelquefois par abcès dans le membre ou dans le bassin, ce qui est beaucoup plus grave ; on l'a vue passer d'un membre à l'autre, et ces métastases ne sont pas sans dépendre de causes spéciales encore indéterminées; enfin elle peut se compliquer d'érysipèle, de gangrène, d'infection purulente , et même après la guérison , l'oblitération des veines peut persister et entretenir des infiltrations cbroniques. Le pronostic est donc sérieux, parfois très grave.
Traitement. — Il faut d'abord songer aux antipblogistiques et aux moyens de combattre la pblébite. Outre cela, on retirera de très bons effets des vomitifs ou des purgatifs, surtout des premiers; on aura recours aux frictions mercurielles, et plus tard au vésicatoire, à la compression, aux résolutifs, aux diurétiques (digitale , nitrate de potasse) pour combattre les infiltrations. — Il importe de placer le membre sur un plan incliné pour favoriser la circulation collatérale , d'ouvrir les abcès aussitôt que formés , etc.
PHLEGMON DE LA FOSSE ILIAQUE. — Inflammation du tissu cellulaire du petit bassin ou de la fosse iliaque. Les tumeurs inflammatoires de ces régions sont ou primitives, ou consécutives soit à des perforations de cavités naturelles ou artificielles contenant un liquide, soit à l'extension d'une inflammation d'un organe voisin. Il n'est question ici que des premières.
Causes. — Cette maladie se développe spécialement chez les nouvelles accouchées, du troisième au dixième jour après l'accouchement, principalement chez les primipares. Elle est aussi assez fréquente dans les autres circonstances de la vie, surtout chez l'homme, et ses causes sont alors le froid, les écarts de régime, les excès, les chutes et violences extérieures.
Symptômes. — Douleur plus ou moins sourde, gravative ou aiguë, spontanée; mais surtout extrême à la pression et dans les secousses du tronc. Tumeur rénitente, mal limitée, sans bosselures, occupant toute une fosse iliaque sans laisser d'intervalle entre elle et l'os des îles, se montrant immobile. Tantôt cette tumeur se résout peu à peu et disparaît lentement;
tantôt et plus souvent elle se ramollit, suppure. Dans ce dernier cas, ou le pus tend à se faire jour par l'hypogastre, ou il fait saillie du coté du vagin, ou enfin il donne lieu à de la fluctuation ici et là en même temps. Il y a naturellement de la fièvre, de l'anorexie, de l'anxiété, quelquefois des vomissements bilieux, ordinairement de la constipation.
Terminaison, pronostic. — La suppuration formée, l'abcès peut s'ouvrir dans le cœcum, dans l'S iliaque, dans la vessie, dans l'utérus, dans le péritoine; mais surtout dans le vagin, et plus souvent encore au debors par les parois abdominales. Le pronostic est toujours très grave, mais cependant les chances favorables sont beaucoup plus nombreuses dans les deux derniers modes de terminaison. Cette gravité tient au danger de l'épanchement dans le péritoine.
Diagnostic. — De toutes les tumeurs dont les fosses iliaques sont le siège, dit M. Grisolle, les tumeurs slercorales sont celles qu'on confond le plus souvent avec les inflammations pblegmoneuses; mais ces inflammations sont unies, les stercorales bosselées; les premières sont douloureuses, les secondes indolentes, etc.
Traitement. — Emissions sanguines générales et locales, applications émollicntes, laxatif, etc. Le point important et délicat est d'ouvrir l'abcès. C'est au-dessus de l'arcade cru-, raie et parallèlement à elle qu'il faut ordinairement plonger le bistouri. Si l'abcès était profond, il faudrait diviser couche par couche. Il faudrait que la tumeur fit une saillie très évidente dans le vagin pour qu'on se décidât à pratiquer la ponction. — Suivent les précautions pour favoriser l'écoulement du pus, telles que position, mèches, injections, etc.
niTiiisiE PULaiONAinE. Elisie, consom />/ ion , tuberculisaiion, tabès. — On désignait autrefois parle mut phthisie tout amaigrissement, tout état de consomption qu'elle qu'en lut la cause. Aujourd'hui il ne s'applique plus qu'aux effets du développement des tubercules dans les poumons.
Tubercules. — Etudions-les d'abord comme production morbide. Ce sont de petits corps arrondis de forme, de couleur,
572 NOUVEAU GOMPENDIUM.
de consistance et de volume variables selon la période à laquelle ils sont parvenus.
Ire période. La matière tuberculeuse se présente sous forme de granulations miliaires, d'une couleur grise, qui, plus ou moins nombreuses, isolées ou infiltrées dans les tissus, vont en augmentant de volume, occupent particulièrement le sommet du poumon qu'elles criblent ou farcissent en quelque orte, et présentent plus tard dans leur centre un point jaune et opaque qui les envabit peu à peu et les transforme en tubercule vrai.
2e période. En grossissant, les tubercules se confondent et forment des masses qui compriment, irritent le tissu pulmonaire. Ils restent stationnâmes pendant un temps très variable, puis ils se ramollissent du centre à la circonférence et du sommet du poumon à la base ; et lorsque ce ramollissement est complet, la matière qui les compose se présente sous forme d'une bouillie épaisse et jaunâtre qui constitue des foyers purulents, auxquels on a donné le nom de comiques.
3« période. Cette matière tuberculeuse ne tarde pas à être expulsée par les broncbes; il reste alors dans les poumons une ou plusieurs cavités ou cavernes, excavations, dont les parois sont plus ou moins résistantes, selon leur ancienneté, et qui sont tapissées intérieurement par une fausse membrane muqueuse qui fournit, par une sorte de sécrétion, la plus grande partie du liquide expectoré. Autour d'elles le tissu pulmonaire est induré, infiltré de matière tuberculeuse à l'état de granulation ou de ramollissement, et imperméable à l'air. Dans les cas anciens, les poumons sont collés aux parois thoraciques par des speudo-membranes très denses qui font adhérer les deux plèvres.
Dirons-nous que chez les phthisiqucs on trouve quelquefois des ulcérations dans la trachée, dans le larynx, l'œsophage, les intestins; que les ganglions mésentériques sont parfois parsemés de matière tuberculeuse; que le foie suint souvent la transformation graisseuse; que des tubercules miliaires se développent aussi, dans certains cas, dans les séreuses, comme la pie-mère, les plèvres, le péritoine, etcî Ajoutons enfin que les concrétions cartilagineuses, enlacées, que Ion
trouve chez les vieillards [phth. calculeuse de Laennec), no paraissent être qu'une transformation du tubercule, qui, au lieu de se ramollir, s'est concrète.
Symptômes. — Trois périodes à considérer : le début, l'état de crudité des tubercules, l'état de ramollissement.
lo Début. Ordinairement lent et insidieux, il s'annonce par une petite toux sèche, de l'essoufflement, de l'amaigrissement, parfois des sueurs nocturnes. Ou bien c'est une hémoptysie qui ouvre la scène; mais déjà la deuxième période est commencée.
2U Période de crudité. Toux plus prononcée, sèche d'abord, mais bientôt accompagnée de crachats clairs et mousseux, s'exaspérant la nuit, provoquant de la dyspnée lorsqu'elle est qùintcuse, et parfois même le vomissement. Cette dyspnée va en augmentant , mais elle n'est pas constante à cette période. Les crachats, d'abord clairs, séreux, deviennent plus épais, opaques, moins aérés. La douleur pectorale n'est pas un symptôme constant, ni de valeur. L'hémoptysie peut aussi manquer: cependant ce phénomène est plus commun dans cette période que dans la suivante} et très variable en intensité et sous le rapport des époques de sa manifestation. A la percussion , son plus obscur dans les régions sus et sous-claviculaires d'un seul ou des deux cotés. A l'auscultation, le début de la maladie est marqué par une certaine dureté du bruit respiratoire [bruit râpeux, froissement pulmonaire); plus tard, (ai entend du râle crépitant, quelques craquements, une légère bronchophonie. Amaigrissement, faiblesse générale, décoloration de la peau , sueurs nocturnes. Mouvement de fièvre, mais qui manque souvent à cette période.
30 Période de ramollissement. Toux plus fréquente, difficile, plus humide cependant, quinteuse pendant la nuit surtout, et causant l'insomnie. Crachats moins aérés, opaques, verdâtres, stucs de lignes jaunes qui disparaissent plus tard. \lors ils se montrent homogènes, lourds, de forme arrondie, na-eant dans un liquide clair; plus tard, enfin, ils forment une sorte de purée, souillée ou non de sang. Augmentation des douleurs de poitrine, surtout de la dyspnée et de 1 oppression- mais fréquence moindre de l'hémoptysie
Le ramollissement des tubercules donne lieu à des phénomènes de percussion et d'auscultation très remarquables. Le son est obscur, mat sous les clavicules. On entend des craquements et du râle crépitant d'abord ; plus tard du râle plus gros, puis du gargouillement, de la pectoriloquie, la respiration caverneuse et le tintement métallique, suivant les progrès de l'ulcération, l'état pathologique du poumon, ainsi que nous l'avons expliqué ailleurs. (V. Auscultation.)
Dans cette période la fièvre est constante ; elle est marquée par des exacerbations précédées de frissons irréguliers, et elle donne aux autres symptômes une impulsion proportionnée à son intensité. En même temps, perte de l'appétit, diarrhée d'abord passagère, puis plus fréquente et, enfin, continue et colliquative, due alors à des ulcérations intesti- } nales de nature tuberculeuse.
Chez les femmes, les règles se sont supprimées à une époque de la maladie très variable. Suivant M. Louis, les fonctions génitales chez l'homme sont affaiblies, au lieu d'être exaltées, comme on l'a dit et répété jusqu'à nous. — Il est d'autres symptômes que nous négligeons vu leur faible importance : tels sont la dépression sous-claviculaire , l'immobilité des côtes de cette région, les ongles hippocratiques. Nous omettons aussi de parler des pneumonies lobulaires intercurrentes, des méningites et péritonites tuberculeuses , de la pbtbisie laryngée, etc., dont il a été ou sera question ailleurs.
Marche, durée, terminaison, pronostic — La pbtbisie pulmonaire est le plus souvent lente dans sa marcbe. Il n'est pas rare de voir survenir dans son cours des améliorations notables ; mais, tôt ou tard, le mal reprend le dessus et quelquefois il parcourt ses périodes si rapidement qu'il semble que les deux premières ont manqué \phthisie aiguë). La lièvre est toujours le signe d'une marcbe plus accélérée. La durée est donc très variable. La terminaison a presque toujours lieu par la mort; celle-ci arrive par consomption, au milieu de la parfaite connaissance des malades. Pronostic des plus graves.
Diagnostic— Le catarrhe pulmonaire et la dilatation des bronches sont les seules affections qu'il soit possible de confondre avec la pbtbisie pulmonaire. Rappelons leurs caractères
Dans la première , expectoration muqueuse, pas de sueurs nocturnes, pas d'hémoptysies, pas de dépérissement notable; son normal sous les clavicules, etc. Dans la seconde, dépérissement peu marqué malgré l'ancienneté de la maladie , point de sueurs nocturnes, pas d'hémoptysies, pas de devoiement habituel ; quelquefois pas de matité.
Causes. — Les unes, prédisposantes, sont l'âge de vingt à quarante ans, le sexe féminin, une constitution faillie, l'étroitesse de la poitrine, l'habitation dans les lieux bas et humides, une alimentation insuffisante et mauvaise, les excès vénériens, la masturbation, la répétition des catarrhes pulmonaires, enGn, l'hérédité. Mais combien peu sont fondées la plupart du temps les assertions des médecins qui attachent de l'importance à ces causes ! — Quant aux causes déterminantes, ce seraient les refroidissements, les inflammations de poitrine, la grossesse, les fièvres graves, quoique M. Boudin défende l'antagonisme de ces affections et de la phthisie. Au surplus, toutes ces causes généralement doivent être considérées comme impropres à engendrer la maladie, si le principe, le germe ou la prédisposition n'en existe pas chez les individus.
Traitement. — Les causes de tuberculisation que nous pouvons apprécier étant insuffisantes pour produire la maladie sans le concours de la prédisposition, il faudrait, pour pouvoir agir efficacement, savoir d'abord ce en quoi consiste celle-ci, cette inconnue qui déjoue toutes nos explications étiologiques. On est donc tout d'abord arrêté.
Mais, puisque nos connaissances ne vont pas jusque-là. tirons parti de celles que nous possédons et analysons-les. Or, que voyons-nous dans l'étiologie de la phthisie 1 Deux éléments : l'un débilitant, portant son action primitivement sur le sang sans doute; l'autre stimulant, agissant directement sur l'excitabilité pulmonaire. Par conséquent, deux ordres de moyens à employer : les uns toniques, excitants; les autres adoucissants, émollients et calmants. Malheureusement leur emploi simultané est difficile, presque impossible, bien qu'il soit indiqué, I.- premier par l'état général, le second par l'état local, parce qu'ils se repoussent et sont incompatibles.
Ainsi , par exemple, les toniques sont indiqués pour amé-
liorer la constitution des tuberculeux, enrichir leur sang, fortifier leurs organes ; mais lorsqu'il existe de la fièvre , de l'irritation, aux poumons, des hémoptysies , ces moyens sont souvent plus nuisibles qu'utiles et sont avantageusement remplaces par les émollients, qui , au contraire , ne tendent qu'à aggraver l'état général. Il faut pourtant agir!
Parmi les toniques, figurent au premier rang les viandes rôties, le vin vieux, l'exercice, les frictions, l'habitation saine, aérée et exposée au midi, l'huile de foie de morue, les ferrugineux, les sulfureux, etc.
Quant aux émollients et aux calmants, ce sont les petites saignées au début, les boissons adoucissantes, les potions gommeuses, le sirop diacode, les opiacés, etc.
Puis viennent certains moyens propres à combattre quelques symptômes déterminés , tels que les expectorants , les astringents, le sulfate de quinine, l'agaric, l'opium et ses composés, la digitale, etc.
Enfin nous citerons les principaux remèdes empiriques qui ont été préconisés : les fumigations chlorurées, l'iode, la vapeur de goudron, la créosote, les balsamiques, le tartre stibié à doses réfractées , les sels alcalins , le nitrate d'argent , le phellandre, la ciguë, l'aconit, etc. — Nous nous arrêtons, car la seule nomenclature des moyens qui ont été essayés prendrait un long espace que nous pouvons mieux utiliser.
Nous empruntons à l'ouvrage de M. Valleix les ordonnances suivantes, telles qu'elles s'y trouvent formulées :
lro ORDONNANCE.
l'hthisie pulmonaire peu avancée, avec toux et oppression considérables.
1° Pour tisane, infusion de H ours de tussilage édulcorée avec lo sirop de capillaire.
2° Tous les soirs une pilule do 0,03 h, 0,05 cent, d'extrait thôbaïque.
3° Appliquer sur lo sternum et entre les deux épaules , s'il existo quelque douleur, un em-
plâtre de poix de Bourgogne ou de diachylon.
4° Régime doux et léger.
2e ORDONNANCE.
Phthisit compliquée à une phlegmasie intercurrente.
1° Infusion de fleurs de mauve et de capillaire édulcorée avec le sirop de gomme.
2» Saignée de 200 à300grnni.
qu'on répétera s'il est nécessaire, mais avec beaucoup de réserve, ou bien 10 à 12 sangsues sur les
parois de la poitrine; chez les enfants, 2 il 6 sangsues suivant l'âge.
3° De deux en deux heures une cuillerée de la potion suivante :
Tartre stibî-1, 0,10 cent.
Eau .le fleurs d'or., lOOgram.
Sirop diacode, 10 — simple, 125 4° Dicte, repos au lit.
3e ORDONNANCE.
Phlhisie à la seconde période, avec sueurs abondantes.
1° Décoction de lichen d'Islande édulcorée avec parties égales de sirop scillitique et de sirop simple.
2° Matin et soir prendre un des paquets suivants :
Acétate de plomb, 0,50 cent.
Opium, 0,50 cent.
Sucre, 2gram.
Divisez en 20 paquets. — Oubien administrez l'agaric blanc ainsi qu'il suit :
Agaric blanc en pond., 2gram.
Sucre blanc pulvérisé, 4
Divisez en 10 paquets dont on prendra de 2 à 8 ou 10 par jour.
On devra s'arrêter si le médicament provoque des selles trop abondantes.
3° Maintenir le malade dans une température douce. Régime ut supra.
4e ORDONNANCE.
Phlhisie avec diarrhée colliquative.
1° Eau de riz édulcorée avec le sirop de coing.
2° Matin et soir un lavement avec une décoction de graine de lin et 10 a 15 gouttes de laudanum de Sydenham, Chez les enfants, la dose de laudanum sera de 2 à 6 gouttes suivant l'âge.
3° Prendre par cuillerée dans la journée la pot:on suivante :
In fus. de roses rouges, 130gram.
Teinture de cachou, 5 Sirop de coing, 35
4° Diète; ne permettre, lorsque la diarrhée est médiocrement abondante, qu'un ou deux potages au riz par jour.
Juleps, looehs, potions.
(V. ces mots au Dict. thér.)
Formules expectorantes.
(V. Bronchite, Œdème du