‹ Nouveau compendium médical a l'usage des médecins praticiens [electronic resource]Chapitre 30 sur 72 · POUMON · texte numérisé non relu

POUMON

Boissons adoucissantes, astringentes , pectorales, expectorantes

(V. Mauve, Violette, Capillaire, Lichen, Décoctionblanche, etc.)

Préparations ferrugineuses, tuniques.

(V. Chlorose, Scrofules.)

Formules calmantes, narcotiques.

(V. Pilules de cynoglosse, Opium, Morphine.)

Looch calmant.

Looch simple, 125gram.

Sirop diacode, 30

F.lectuaire de phellandrie (Sandras).

Semences de phellandrie, 1 à 2 grain.

Sirop de sucre, q. s.

A prendre soir et matin.

Potion calmante.

Eau de laitue, 125grani.

Thridace, 0,30 cent.

Sirop d'opium, 30gram.

Par cuillerée de deux en deux heures.

Potion, de digitale (Bayle).

Teinture digitale, 1 grain.

Eau dist. de tilleul, 50 Sirop, 8

A prendre dans la journée.

Augmenter de 10 gouttes chaque

jour jusqu'à 300 gouttes la teinture de digitale.

Poudre slibio-opiacée.

Extr. d'opium en p., 0,ldécig.

Emétique, 0,1 Sucre de lait, 50 gram.

Sucre, 100

Div. en 12 paquets. — 1 le matin et 1 le soir dissous dans un verre d'eau. Phthisie au premier degré , bronchites chroniques.

Poudre contre les sueurs.

Acétate de plomb, 0,30 cent.

Opium, 0,30

F. 12 paquets. — 1 matin et soir.

Pilules d'arjaric blanc (Rayer).

Agaric blanc, 1 gram.

Extr. gom. d'opium, 0,15 cent.

M. pour 6 pilules. — lpuis 2 le soir. Phtbisie pulmonaire accompagnée de sueurs abondantes.

Pilules d'acétate de plomb (Fouquicrj.

Acétate de plomb, 4 gram.

Guimauve en poudre, 4 Sucre, q. s.

F. 36 pilules. — 4 à 5 par jour.

Sueurs et diarrhées colliquaiives.

Cataplasme de ciguc (Trousseau).

Poudre de ciguë, 200gram.

Eau chaude, q. s.

En application sur la poitrine.

Phthisie pulmonaire.

PIQURES DES INSECTES ET DES ARACHNIDES VENI- MEUX. — Parmi les insectes, nous citerons le coiisin, Vabeille, la guêpe, le frelon.

Les piqûres de cousins n'offrent aucun danger, quoiqu'elles soient fort incommodes. — Des lotions d'eau vinaigrée ou d'eau blanche suffisent pour calmer la cuisson.

Les piqûres d'abeilles, de guêpes et de frelons occasionnent une douleur vive, brûlante, avec gonflement, rougeur, malaise général. Quelques piqûres isolées ne produisent rien de grave; mais sont-elles très nombreuses, il survient du gonflement érysipélateux, de la fièvre, des accidents cérébraux; la mort enfin peut en être la conséquence. — Il faut d'abord chercher l'aiguillon si l'insecte l'a laissé dans la petite plaie. Si on L'y voit, on coupe d'abord avec des ciseaux tout ce qui fait saillie, en évitant d'appuyer sur la vésicule qui contient le venin, puis on l'extrait. En tout cas on pratique des lotions d'eau vinaigrée, d'eau de Goulard, d'ammoniaque liquide mitigée, d'eau-de-vie camphrée, d'eau saler, etc. On combat ensuite les symptômes inflammatoires* Parmi les arachnides, nous ne citerons que le scorpion et la tarentule. — La piqûre du scorpion donne lieu à des effets semblables ù ceux produits par le morsure de la vipère, mais

PATHOLOGIE INTERNE. 579 moins intenses, à moins qu'il ne s'agisse du scorpion d'Afrique, qui est venimeux au point de donner la mort en quelques heures. — Même traitement que pour la morsure de la vipère.

La piqûre de la tarentule cause une irritation locale érysipélateuse qui n'a rien de sérieux. Les effets singuliers qu'on lui a attribués ne sont que des Tables.

PLEURÉSIE. — Inflammation de la plèvre. Plusieurs distinctions ont été établies ; mais nous nous attacherons à la suivante, qui est fondamentale : pleurésie aiguë, pleurésie chronique.

PLEURESIE AIGUË. Pleuritis, pleitrite, fluxion de poitrine. — Inflammation de la plèvre parcourant rapidement ses périodes.

Causes. — L'âge adulte, le sexe masculin, l'existence de tubercules dans les poumons et les plèvres, le rhumatisme articulaire, la pleurodynie, telles sont ies prédispositions. Pour les causes occasionnelles, ce sont les refroidissements, l'exposition à un courant d'air, l'ingestion de boissons très froides, les chutes et les grands efforts, les perforations pulmonaires, etc. La pleurésie est assez fréquente ; elle peut régner épidémiquement.

Symptômes. — Tantôt précédé de malaise, de courbature, :1e sensibilité au froid, tantôt au contraire plus brusque et plus rapide, le début est toujours marqué par des frissons plus ou moins intenses suivis bientôt de douleur.

Ainsi, frisson initial et douleur ayant son siège sous l'un 3U l'autre sein, presque toujours vive, pongitive ou lancilante, augmentée par les mouvements, la toux, la percussion ;horaciquc, etc., tels sont les deux premiers symptômes. La îèvre se déclare presque en même temps; le pouls est freinent, dur; la chaleur de la peau intense, etc. Mais d'autres phénomènes d'une grande importance sont à signaler. C'est i'abord une toux fréquente, petite, sèche, puis une gène de la respiration, duc à la douleur au commencement, plus tard à .'épanchoment.

Cet épanchemenl, formé de sérosité mêlée de Qocons albumi-

neux ou de matière purulente coagulable, s'opère au bout de trois ou quatre jours, pour peu que l'inflammation soit intense; souvent il se manifeste beaucoup plus tôt. Dès ce moment, la percussion et l'auscultation fournissent les signes précieux que voici : matité du côté malade, d'abord à la partie postérieure et inférieure, s'étendant ensuite de bas en haut à mesureque l'épanchement fait des progrès, et pouvant varier de siège si le liquide, non circonscrit par de fausses membranes, peut se déplacer suivant les positions du malade. Absence du bruit respiratoire ; dans certains cas, respiration bronchique, mais d'un timbre argentin, et plus éloignée que dans la pneumonie; elle serait même quelquefois caverneuse et ampborique (Monneret). Egophonie, qui disparaît et revient suivant que l'épanchement est très considérable ou est en voie de diminution. Absence complète ou presque complète des vibrations thoraciques dans les points occupés par l'épanchement. Dilatation de la poitrine du côté affecté.

Variétés. — Fondées sur la nature de l'épanchement, sur le siège qu'il occupe, voici les principales: 1° pleurésie sèche. Elle a lieu sans épanchement, et a pour caractère particulier le bruit de frottement pleurétique, lequel ressemble à celui que produiraient deux corps dépolis frottant l'un sur l'autre ; 2° pleurésie hémorrhagique, ou avec épanchement sanguinolent; 3" pleurésie diaphragmalique, dans laquelle la douleur, la gêne de la respiration et la fièvre sont très marquées ; 4° pleurésie interlobaire, qui est très rare, ainsi que 5o la mèdiastine ; 6° la pleurésie simple ou double : dans ce dernier cas la dyspnée est extrême ; 7° enfin la pleurésie plus ou moins étendue, ou limitée par des adhérences qui emprisonnent le liquide épanché.

Marche, durée, terminaison. — La pleurésie a une marche rapide dans laquelle on remarque deux périodes : l'inflammation et la suppuration. Cette dernière est plus longue que la première; elle manque dans les pleurésies sèches adhésives, qui sont rares. La durée de la maladie varie de dix à vingt jours chez les sujets qui guérissent; elle est beaucoup plus longue dans les cas contraires. Sa terminaison est presque toujours favorable lorsqu'elle survient dans le cours d'une

bonne santé, tandis que le pronostic est plus grave quand les malades sont atteints en même temps d'autres affections.

Diagnostic. — La pneumonie, la pleurodynie et l'bydrothorax sont les maladies qui peuvent offrir de la ressemblance avec la pleurésie. En étudiant attentivement les symptômes propres de ces affections, on évitera facilement toute erreur. Ainsi, dans la pneumonie : râles; bronebophonie plus rapprochée de l'oreille et plus forte à mesure que l'on descend ; crachats caractéristiques ; poitrine non dilatée. Dans la pleurodynie, mouvement fébrile faible ou nul; aucun signe à l'auscultation. Dans l'hydrothorax , existence d'une autre maladie dont dépend le double épanchement.

Traitement. — Le repos, le séjour au lit, l'application de cataplasmes émollients, de quelques sangsues, une boisson douce ou légèrement diaphorétique, il n'en faut pas davantage pour la pleurésie légère et très limitée. Dans les cas plus intenses, la saignée devient nécessaire; on la pratique une ou plusieurs fois dans les premières vingt-quatre heures selon les forces du malade et l'élévation du pouls. Les sangsues enlèvent assez promptement le point douloureux. Viennent, comme adjuvants, les cataplasmes émollients, narcotiques; quelques petites doses d'opium pour calmer la toux, etc.

En cas de complication bilieuse, le vomitif est conseillé, quoique, selon M. Chomel, il ne modifie guère l'état des choses. Les symptômes d'embarras gastrique se dissipent peu à peu d'eux-mêmes. Le tartre stibié à haute dose n'a pas été employé depuis Lacnnec.

Le vésicatoire est un moyen auquel tous les praticiens ont recours, les uns dès le début de la maladie, ce qui peut avoir des inconvénients; les autres au moment où les symptômes aigus rétrogradent et où l 'épanchement commence à se résorber. A cette période encore, les diurétiques peuvent être d'une utilité réelle, quoique moins marquée qu'on ne l'a cru : ladigitale surtout est avantageuse en ce qu'elle agit en même temps comme sédative et diurétique. — Les mercuriaux, les antispasmodiques, les toniques, etc., sont à peu près abandonnés.

NOUVEATJ'COMPENDIUM.

Pilules (Cruveilliier).

Calomel, 0,10 cent.

Scille, ' 0,05 Poudre de digitale, 0,025 mill.

Sirop de nerprun, q. s.

Pour 1 pilule. — 1 ou 2 par jour.

Mixture (id.).

Teinture d'aloès, 4 à 8 gram.

Teinture de scille, 20gout.

Teinture de digitale, 20

A prendre le matin h jeun tous les deux ou trois jours.

Tisane diurétique.

Décoct. de chiendent, 550gvarn.

Acétate de potasse, 30 à 60 A prendre dans la journée.

PLEURÉSIE CHRONIQUE. — C'est l'inflammation pleurale qui reste longtemps stationnaire et qui donne lieu à une sorte de fièvre hectique. Son origine varie: 1° elle est primitive; 2° elle succède à la forme aiguë ; 3° elle est secondaire à une affection tuberculeuse de la plèvre ou du poumon.

Causes. — Nous venons de les indiquer en quelque sorte. Celles de la pleurésie aiguë lui sont aussi applicables.

Symptômes. — Douleurs obscures, fugaces, se montrant à des intervalles plus ou moins éloignés ; respiration gênée, dyspnée en rapport avec l'abondance de l'épancbement, qui s'opère petit à petit. Toux sèche ou muqueuse, accompagnée de crachats tuberculeux lorsque la maladie complique la phtbisie. Les signes physiques sont à peu près ceux de la pleurésie aiguë avec épanchement : dilatation du coté aifecté, immobilité des côtes dans l'acte respiratoire ; absence de vi- Dration clans les parois pectorales ; matité étendue ; absence du oruit respiratoire vers la base du poumon ; plus haut, éloignement de ce bruit ; égophonie.

Fièvre lente avec redoublements, dépérissement; pâleur de la face, sécheresse de la peau, œdème plus ou moins général, non constant, ou parfois borné au membre supérieur du côté malade.

Marche, terminaison. — La pleurésie chronique dure de deux ou trois mois à une ou plusieurs années. Souvent sa marche lente est traversée par des exacerbations et des retours à l'état aigu, et dans ces cas la terminaison, qui est presque toujours fatale, a lieu plus tôt. Les progrès de la maigreur, de la faiblesse, de l'oppression, du marasme, annoncent une mort prochaine. La guérison peut cependant s'opérer, soit par la diminution graduelle des symptômes, soit

à la suite d'une expectoration séro -purulente très abondante- La poitrine se rétrécit après la résorption de l'épanchement, phénomène dû à ce que le poumon, ratatiné et enveloppé de fausses membranes, ne pouvant se dilater suffisamment, les parois thoraciques s'en rapprochent pour combler ce vide.

Diagnostic. — Nous croyons inutile de prémunir le lecteur contre la contusion qu'il pourrait faire entre la pneumonie chronique, la phthisie pulmonaire, la splénisation du poumon et la pleurésie chronique.

Traitement. — Sauf les cas où il y a retour plus ou moins marqué vers l'état aigu et où les antiphlogïstiques sont indiqués, le but que poursuit sans cesse le médecin, c'est la résorption de l'épanchement. Pour l'atteindre, il a recours successivement ou simultanément aux diurétiques, aux purgatifs, aux mercuriaux, à la diète, surtout aux vésicatoires et cautères, etc. — La paracenthèse est une ressource extrême que l'on tente dans les cas d'oppression extrême et de menace de mort par asphyxie.

Pi\r:u3rATOSiî. — Accumulation de gaz dans les cavités qui en renferment naturellement, et présence de ces produits gazeux dans des organes qui, dans l'état normal, ne doivent point en contenir. Les pneumatoses constituent tout un ordre de maladies dont voici l'histoire sommaire.

Causes. — Les gaz proviennent de plusieurs sources : 1° du dehors, en pénétrant par les ouvertures naturelles ou accidentelles; 2° d'actions chimico -vitales dans la digestion; 3° d'une fermentation acide ou putride d'humeurs quelconques ; 4° d'une décomposition putride ayant lieu dans un foyer purulent sanguin ou gangréneux; 5° enfln d'une véritable exhalation gazeuse, laquelle dépend ordinairement d'un état nerveux local ou général, de digestions laborieuses ou d'une métastase rhumatismale ou goutteuse, etc.

Symptômes. — Les cavités ou les tissus qui renferment les gaz sont plus ou moins distendus; cette distension peut être énorme, elle est indolente par elle-même, rend un son sonore à la percussion. En vertu de sa légèreté et de son élasticité, le gaz tend à se déplacer, à s'échapper : de là les borbo-

rygmes, le bruit de flot, etc. Le développement exagéré des parties pneumatosées peut réagir mécaniquement et troubler les fonctions voisines, ce qui donne lieu surtout à des palpitations, de la dyspnée, des syncopes, voire même à la mort, comme les herbivores en offrent souvent des exemples. Ordinairement les gaz lorsqu'ils occupent le canal digestif s'échappent par les ouvertures naturelles; ils peuvent disparaître spontanément par une sorte d'absorption. Quelquefois on leur procure une issue par une ponction. En général, le pronostic est peu grave.

Les diverses pneumatoses doivent être étudiées aux mots Flatuosités, Météorisme, Tympaniie, Pneumothorax, Emphysème, Physométrie, etc., auxquels nous renvoyons le lecteur.

Traitement. — 1° Dans les pneumatoses symptomatiques, combattre la cause pathologique ou physico-chimique ; 2° poulies pneumatoses idiopathiques du canal intestinal, employer les émollients ou les toniques, les antispasmodiques ou les calmants, les aromatiques ou les absorbants, suivant les indications. (V. chacune de ces maladies en particulier.)

pneumonie. —Inflammation du parenchyme pulmonaire. On la distingue en aiguë et en chronique.

PNEUMONIE AIGUË. Pleur ■opneumonie, pneumonite, péripneumonie, fluxion de poitrine. - Inflammation pulmonaire parcourant rapidement ses périodes. Elle est primitive on consécutive.

Causes. — Cette maladie, une des plus fréquentes et des plus graves, n'épargne aucun âge, aucune constitution; elle paraît plus fréquente dans le sexe masculin que dans le féminin; chez les enfants et les vieillards que chez les adultes. Les affections catarrhales, les saisons froides et humides y prédisposent, ainsi que l'état fébrile, les fièvres éruptives, la morve, la phthisie, etc. Quant aux causes occasionnelles, ce sont les violences extérieures, les vapeurs irritantes, le froid, la suppression de la sueur, les efforts de voix, etc.; mais leur importance disparaît devant cette assertion de M. Grisolle :

Ce n'est guère que sur un quart des sujets qu'on a pu constater l'action d'une cause occasionnelle, et chez presque tous

ce fut un refroidissement. Chez les autres, on ne peut saisir l'action d'aucune cause excitante. » — La pneumonie peut se montrer sous forme épidémique.

Symptômes. — Il faut nécessairement avoir égard à la forme de la maladie pour en offrir le tableau.

\° Pneumonie primitive. Le début diffère : tantôt les symptômes locaux ouvrent la scène; tantôt ils sont précédés de frissons, de malaise, etc.; tantôt il existe une fièvre assez forte avant qu'on découvre aucune lésion (fièvre péripneumonique des anciens), ou bien enûn l'inflammation pulmonaire débute d'une manière latente. En général cependant il y a frisson, bientôt suivi d'une douleur thoracique plus ou moins vive et limitée, que les mouvements et la toux augmentent. La respiration s'accélère d'autant plus que la phlegmasie est plus étendue et plus profonde.

Une toux plus ou moins fréquente et prononcée, mais rarement quinteuse, se déclare : d'abord sèche, elle détermine bientôt l'expectoration de crachats couleur de rouille, ou de nuances très diverses, depuis celle de marmelade d'abricot jusqu'à la teinte de brique pilée, crachats visqueux, adhérents au vase, dont la quantité est très variable, et qui peuvent manquer d'ailleurs.

La percussion et l'auscultation ne donnent quelquefois aucun résultat au début, Bientôt cependant on constate l'obscurité du son, ou de la matité du côté affecté ; sensation de résistance perçue par le doigt qui percute (Grisolle). Dès le début, la respiration est moins nette, ou bien il y a du râle crépitant, fin, sec, à bulles égales , râle qui bientôt fait place à la respiration bronchique et à la bronchophonie. Mais il faut dire que chez un petit nombre de sujets ces deux derniers phénomènes manquent et qu'il y a absence de bruit respiratoire.

Les symptômes généraux consistent dans une fièvre plus ou moins intense, de la céphalalgie, de la soif, de l'agitation, etc. La face est rouge et animée, quelquefois pâle surtout lorsque la maladie fait des progrès redoutables.

2° Pneumonie consécutive. Dans cette forme le point de côté est plus rare et moins intense. La toux manque rarement, mais est moins violente. Les crachats caractéristiques

ne s'observent que dans un petit nombre de cas. Crépitation

plus grasse et plus humide ; souffle tubaire; fièvre.

3" Pneumonie à formes diverses. On distingue les pneumonies en franches et en anomales. La description ci-dessus s'applique aux premières. Quant aux secondes, voici les principales : 1° pneum. bilieuse, qui s'accompagne d'une teinte jaunâtre de la face et de la langue, d'amertume à la bouche, de plénitude gastrique; 2° pneum. typhoïde ou ataxique, quand il y a faiblesse, adynamie, étourdissements, délire ; 30 pneum. catarrhale, quand elle survient dans le cours d'un catarrhe pulmonaire ou d'une épidémie de grippe; 40 pneum. lobulaire, qui affecte presque exclusivement les enfants et qui est constituée par des noyaux d'hépatisation disséminés dans les poumons; 5° pneum. métastatique, qui ne constitue qu'une complication; 6° enfin pneum. latente, celle dont les signes pathognomoniques manquent.

Marche, durée, terminaison.— La marche de la pneumonie est rapide. Cependant on la divise en trois périodes ou degrés. Le premier degré est caractérisé anatomiquement par un simple engoûment du poumon; le second degré, par Vhépa- Usalion rouge; le troisième, par X hépatisation grise ou infiltration purulente.

Les symptômes que nous avons passés en revue se rapportent aux deux premières périodes. Arrivée dans la deuxième (ou second degré), la maladie se comporte différemment suivant l'issue qu'elle doit avoir. Si la guérison doit s'opérer, tous les symptômes s'amendent, la respiration bronchique diminue et cesse, le râle crépitant (dit de retour) reparaît dans les points qui ont été les derniers envahis, la fièvre tombe, etc. Mais la mort peut survenir dans cette môme période : alors la dyspnée augmente, l'expectoration devient plus difficile; les crachats sont petits, d'un gris sale, ou purulents- gros raie muqueux joint à la bronchophonie, lividité de la face, sueurs visqueuses, fréquence et irrégularité du pouls etc. — La durée de la maladie varie entre sept et vingt jours.' « Le passage du premier au deuxième degré et du deuxième au troisième ne dure ordinairement pas plus (le trois ou quatre jours ; quelquefois il s'accomplit en moins de

temps. ■> —La terminaison a lieu par résolution et retour à la santé, ou parla mort, qui arrive dans le cours du second et du troisième degré,— La maladie passe très rarement à l'état chronique.

Pronostic. — Grave en général , la pneumonie est encore plus à redouter chez les enfants et les vieillards que chez les adultes; chez les femmes que chez les hommes; chez les sujets affaiblis, épuisés ou affectés d'une autre maladie. La forme typhoïde ou ataxique, le troisième degré, les crachats jus cl pruneaux, la diffluence du sang, etc., voilà des circonstances on ne peut plus lâcheuses.

Diagnostic. — Il faudrait une grande inattention ou inexpérience pour confondre la bronchite aiguë, la dilatation des bronches, la pleurésie ou la phlhisie pulmonaire avec la pneumonie.

Traitement. — Les émissions sanguines en constituent la base : tout le monde est d'accord sur ce point. Mais les divergences d'opinions commencent dès qu'il s'agit de déterminer le nombre de saignées à pratiquer. On sait qu'aucun médecin ne les emploie plus largement que M. Bouillaud, dont voici la formule : Premier jour , deux saignées de quatre palettes, une le matin, l'autre le soir; dans l'intervalle, appliquer sur le côté douloureux trente sangsues ou des ventouses scarifiées. — Deuxième jour , saignée de trois à quatre palettes; nouvelle application de sangsues ou de ventouses si la douleur de coté persiste. — Troisième jour, une quatrième saignée si, ce qui n'est pas l'ordinaire, la maladie persiste. — Quatrième jour , cinquième saignée de trois palettes environ; dans le cas où la maladie résiste encore, application d'un large vésicatoire sur le coté malade. — Cinquième, sixième et septième jour, dans les cas les plus ordinaires, la résolution est déclarée et marche rapidement. Cependant, dans les pneumonies très graves, on est quelquefois obligé de pratiquer une sixième, une septième et même une huitième saignée de deux ou trois palettes. M. Bouillaud dit avoir été obligé quelquefois de retirer jusqu'à dix livres de sang, et le succès a couronné ses efforts.

MM. Chomel, Louis, Grisolle, combattent cette pratique

exagérée, bien qu'ils reconnaissent que les saignées abondantes et répétées ont le plus d'influence sur la pneumonie. M. Louis a peu recours aux sangsues, qu'il n'emploie que comme adjuvant. Chez les enfants et les vieillards, il faut être plus sobre d'émissions sanguines, chez les premiers surtout, ainsi que chez les individus affaiblis et déjà malades. Au reste le pouls est généralement un guide assez sûr à qui sait bien l'interroger et le comprendre : sa dépression n'est pas toujours un signe de faiblesse, car souvent il se relève, enchaîné qu'il était, après la première saignée. — Infusions pectorales (mauve, violette, bouillon blanc, etc.); diète, repos, silence, cela va sans dire.

L'efficacité du tartre stibié à haute dose est un fait reconnu depuis les expériences de M. Louis. Ce médicament est employé, du moins en France, concurremment avec la saignée (méthode mixte due à Laennec), plus souvent après l'emploi infructueux ou devenu impossible de la phlébotomie. Le médicament paraît agir non moins efficacement soit qu'il cause de la diarrhée, ou que sa tolérance soit parfaite, bien que toutefois on préfère généralement obtenir cette dernière.

Le kermès à haute dose paraît jouir aussi d'une certaine efficacité, mais on y a peu recours. — Vipécacuanha a été préconisé par Broussonnet, qui affirme avoir vu le pouls se ralentir, se déprimer, les crachats et l'expectoration devenir plus favorables sous son influence. — Beaucoup d'autres substances ont été expérimentées avec des résultats encore douteux : tels sont le calomel, l'iodure de potassium, le nitrate de potasse, l'acétate de plomb, etc.

Il est d'autres moyens plus importants, parce qu'ils s'adressent à des médications spéciales, que nous devons indiquer avant de terminer. C'est l'opium d'abord, à titre de calmant; ce sont les vomitifs et les purgatifs dans les cas de pneumonie bilieuse, où on doit en même temps moins insister sur la saignée; le musc et le camphre, dans les complications typhoïdes etataxiques; le quinquina et le vin lorsqu'd y a atonie; le sulfate de quinine, pour combattre l'intermittence si elle existe; enCn, sur la fin, les vésicaloires, les expectorants, les incisifs, lorsqu'il y a obstruction des bronches, etc.

Potion stibiéc (Louis).

Cinétique, 0,3décig.

înfus. de till. oranger, 1(50 gram.

sirop diaeode, 30

Far cuillerée de deux en deux leures. — Laenncc employait la xiême formule, sauf qu'il remplaçait le sirop diaeode par un sirop simple.

Autre (id.).

Infusion de sureau, 250 gram.

Tartre stibié, 0,30 cent.

Eau distillée de laurier

cerise, 2 à 4 gram.

Sirop diaeode, 35

Par cuillerées. — Si les évaluations produites par la précédente étaient trop abondantes.

Pilules slibiées (Boudet).

Émétique, 3,20 cent.

Extrait d'opium, 0,16

— de laitue, 4 gram.

Gomme arabique, 1,50 cent.

Poudre de guimauve, 1,50

F. 32 pilules à prendre toutes les deux heures, le premier jour à la dose de 2 ou 3, le lendemain à la dose de 5 ou 6. — Pour prévenir l'inflammation pustuleuse de la gorge.

Potion au kermès.

Kermès minéral, 1 gram.

Eau dist. de tilleul, 175 Sirop de fleurs d'or., 30

Par cuillerée. — On a élevé la dose du kermès à 4 gram.

Potion d'ipéca. (Broussonnet).

Ipécacuanha, 1,50 cent, à 3 gram .

Eau bouillante (infu- gram.

sion), 120 à 180

Sirop diaeode, 15 à 30

Par cuillerée.

Looch contro-slimulont.

Looch blanc, 125 gram.

Kermès minéral, 0,3 à 0,9décig.

Polion musquée (Accorinti).

Infusion de valériane, 250 gram.

Musc, 0,60 cent.

Sirop de polygala, 30 gram.

Kermès minéral, 0,20 cent.

Par grande cuillerée dans les 24 heures.

Poudre camphrée (Richter).

Polygala senega, 0,75 cent.

M. F. une poudre; dirisez en 6 paquets; 1 toutes les trois heures.

Potion tonique.

Décocté de quinquina, 150 gram.

Teinture de cannelle, 10 Acétate d'ammoniaque

liquide, 30 Sirop d'écorce d'orange, 30

Par cuillerée dans la pneumonie adynamique.

Poudre.

Camphre en poudre, 2 gram.

Ipécacuanha pulvérisé, 0,65 cent.

Soufre doré d'antimoine, 0,6o Sucre, 2 5 grain.

Divisez en 12 paquets; 1 toutes les deux heures. Pneumonie adynamique.

PNEUMONIE CHRONIQUE. — Cette forme de l'inflammation pulmonaire est extrêmement rare; son existence est même révoquée en doute par beaucoup de praticiens, en tant que considérée comme simple et isolée de la tuberculisation. Elle succède constamment à la pneumonie aiguë.

Voici les symptômes ; mutité, souffle bronchique, broncho-

pbonie ou absence de tout bruit; fièvre, dépérissement, marasme. Les lésions consistent dans l'induration et l'imperméabilité du tissu cellulaire. Pronostic très grave.

Traitement peu étudié : émissions sanguines, quelques narcotiques, vésicatoires, expectorants, etc.

pneumothorax. Accumulation d'air dans la poitrine. — Pneumo-hydrolhorax, quand il existe un épanchement dt liquide en même temps qu'une accumulation de gaz.

Causes. — Le pneumothorax ne peut avoir lieu sans une communication entre les bronches ou l'extérieur et la cavité pleurale, communication produite par la rupture d'un foyer tuberculeux, par une gangrène du poumon, la rupture de quelques vésicules emphysémateuses, ce qui est très rare, ou par une perforation des parois pectorales permettant l'introduction de l'air extérieur par l'ouverture accidentelle.

Symptômes. — Douleur vive et subite, promptement suivie de dyspnée, de suffocation ; dans quelques cas sensation d'un gaz circulant dans la poitrine. Ordinairement il se forme bientôt un épanchement séro-purulent, et alors il y a production de la fluctuation hippocratique, quelquefois avec expectoration très abondante {pneumo-hydrolhorax) .

Le côté du thorax affecté est bombé et dilaté. Son clair, tympanique, selon la quantité d'air accumulé. Diminution ou absence delà respiration; tintement métallique, bourdonnement ampborique. En cas d'épanchement, bruit de fluctuation. En même temps se manifestent les symptômes de la maladie principale. Si l'on incise la plèvre par la paracenthèse ou après la mort, l'air s'échappe avec sifflement.

Pronostic extrêmement grave, non-seulement à cause, du pneumothorax, mais surtout à cause de l'affection primitive du poumon. La mort peut être très prompte.

Traitement. — Les émissions sanguines, les sangsues et les ventouses scarifiées surtout, les narcotiques à hautes doses, les émollients et l'opération de l'empyèmc, tels sont les moyens à employer.

rOLïDirsiE. Hydromanie, diurèse, diabète insipide. — Soif excessive et émission d'urines aqueuses proportionnée à

l'énorme quantité de boissons ingérées. Cette maladie est poulies boissons ce qu'est la boulimie pour les aliments.

Causes. — Rien de positif à énoncer sur ce point. L'affection est d'ailleurs peu commune; elle débute souvent dans l'enfance, tandis que c'est le contraire pour le diabète sucré.

Symptômes. — Soif dévorante, inextinguible, presque continue; désir de boissons acidulés, d'eau rougie; sécheresse au pharynx, sans rougeur; émission fréquente d'urines extrêmement abondantes, claires, limpides, aqueuses, acides ou neutres ne précipitant pas par la chaleur, par l'acide nitrique ni par l'ammoniaque. Du reste, état de santé général assez bon, sauf de la faiblesse, un développement corporel peu actif. — Durée de la maladie indéterminée. — Pronostic non absolument grave.

Traitement. — Il est très incertain, et on en a la preuve dans le grand nombre de moyens qu'on a employés tour-àtour, tels que l'opium, la valériane, les antispasmodiques, les ferrugineux, les toniques, le nitrate de potasse, la poudre de Dower à haute dose, le calomel jusqu'à la salivation, etc.

ponnir.o. — Fants, teigne. — « Inflammation spéciale du cuir chevelu, contagieuse, caractérisée par de petites pustules jaunes, enchâssées dans l'intérieur de la peau, se convertissant de bonne heure en croûtes d'un jaune particulier, déprimées en godets, et tendant spécialement à produire une alopécie permanente. » On a compris plusieurs affections différentes sous le nom de porrigo ou de teigne; tels sont: lo le porrigo larvulis et le granalata, qui sont des impétigo; 2° le porrigo furfurans, qui est un eczéma, un pityriasis ou un lichen;' 3" le porrigo scululata, qui est l'herpès tonsurant, etc.

Causes. — Dos recherches de M. Bazin il résulte que la teigne est produite ou entretenue par la présence d'un végétal parasite, dont le développement serait dû à la malpropreté et surtout à la contagion.

Symptômes — L-' porrigo apparaît au début sous la forme pustuleuse, caractérisée dans la définition; les pustules sont traversées par un cheveu ; la matière qu'elles contiennent se

concrète rapidement et donne lieu à des croûtes caractéristiques, c'est-à-dire qui présentent une dépression centrale ou en godet, une couleur jaune de plus en plus foncée, un diamètre très petit d'abord, lequel va en augmentant, et qui se montrent isolées ou continentes, disséminées ou arrondies selon la forme de l'éruption. Anciennes, ces croûtes se sèchent et tombent au moindre frottement par petites parcelles ; elles exhalent une odeur qui rappelle celle de l'urine de chat, et les cheveux qui les traversent sont rares et lanugineux. Il y a prurit très intense, poux nombreux à la tête, souvent excoriations du cuir chevelu, engorgement des ganglions du cou. La peau est rouge au-dessous des croûtes, dont la chute est promptement suivie de nouvelles pustules. Pas de symptômes généraux ; mais souvent état d'atonie, et de faiblesse du teigneux.

Pronostic. — Leporrigo n'entraîne pas la mort, mais il ne guérit pas spontanément. Le traitement en est long, difficile, et la maladie produit toujours une alopécie incurable.

Diagnostic. — Nous renvoyons le lecteur aux mots Impétigo, Eczéma, Herpès, Pityriasis, pour les caractères différentiels de ces maladies et de la teigne entre elles.

Traitement. — Il est tout extérieur, sauf les cas où la débilité de la constitution réclame les toniques, les ferrugineux, les amers, l'huile de foie de morue.

La condition essentielle du succès paraît consister dans l'épilation : c'est en produisant la chute des cheveux que la calotte guérit : ce moyen est abandonné comme trop douloureux. Les frères Mahon emploient une pommade et une poudre particulières, qui restent encore un secret, pour opérer l'épilation : leur méthode constitue peut-être encore le traitement le plus sûr. M. Bazin se sert d'une pince à mors et arrache les cheveux un à un. — Quant aux topiques, ils ont varié à l'infini : pommades alcalines, soufrées, iodurées; lotions alcalines, acidulées; douches sulfureuses, etc. Nous n'en Cuirions pas si nous voulions les passer tous en revue.

Le traitement institué par M. Bazin, qui considère la teigne comme duc à un végétal parasite, à un champignon, se résume en ceci : 1° nettoyer la tête, la débarrasser de se?

croûtes, couper les cheveux à 2 ou 3 centimètres. Le lendemain, première lotion parasiticide ci-dessous; 2° épilalion à l'aide de pinces à mors, comprenant les parties malades et celles qui les environnent. 3°L'épilation partielle ou générale terminée, on procède à Yimbibilion parasiticide, au moyen de brosses trempées dans la solution indiquée.

Pomnwle alcaline.

Àxonge, 30 grain.

Sous-carbonate de soude, 8

Poudre épilatoire (Imitation de celle deMahon).

Chaux vive, 120gram.

Charbon en poudre, 8

On en jette une pincée dans les cheveux , qui tombent ensuite.

Après leur chute on frictionne avec la pommade suivante.

Pommade épilatoire (pour remplacer celle de Mahon).

Soude du commerce, 0,60 cent.

Chaux éteinte, 4 gram.

Axonge, 120

Autre (Sully).

Axonge, 64 gram.

Huile de cn.de, 45 Essence d'auis, 6gout.

Onctions deux fois par jour.

Lotion parasiticide (Bazin).

Eau ou autre véhicule, 500 gram.

Sublimé, 3 à 5

presbytie. Vue longue. — Etat de la vue qui ne permet de distinguer nettement les objets qu'à une distance plus grande que ne l'exige la vue normale. 1" degré : la vue ne s'exerce bien sur un imprimé en caractères moyens qu'à un pied de distance; 2« degré : elle ne s'exerce qu'à deux pieds; 3e degré : à trois pieds. La vue s'affaiblit à mesure qu'elle devient' plus longue. Cet état est l'opposé de la myopie, et dépend du défaut de réfraction suffisante de l'œil, qui fait que les rayons lumineux ne se réunissent pas assez vite et frappent isolément la rétine. — Les lunettes à verres convexes remédient à cette petite infirmité.

PRIAPISME. — Erection violente, doloureuse et permanente du pénis, sans désir d'exercer l'acte vénérien, ce qui est le contraire du satyriasis.

Causes. — Elles se résument en ce peu de mots : névrose des organes génitaux due, à une irritation des parties constituantes du peins ou d'un organe voisin, tel que la vessie ou la rectum, causée quelquefois par la continence, l'onanisme, les excès de Vénus et de Bacchus,

Symptômes. — Ils sont énoncés dans la définition.

Traitement. — Saignée si le sujet est pléthorique; calmants, réfrigérants, antispasmodiques. Mais avant tout, combattre la cause, c'est-à-dire guérir la cystite, l'affection vermineuse, le prurigo, etc. Potions froides camphrées; orgeat, petit-lait, émulsions ; bains tièdes ; régime doux et froid.

Formulaire.

(V. Nymphomanie, Satyriasis, Spermatorehée, Cystite, etc.)

PRURIGO. — Papules un peu plus larges que celles du lichen, isolées, distinctes, sans changement de couleur à la peau, accompagnées d'un prurit exacerbant, et surmontées accidentellement d'une petite croûte noire centrale due à une gouttelette de sang coagulé.

Cavses. — Malpropreté , misère , excès de toutes sortes, chagrins concentrés. Le prurigo n'est point contagieux.

Symptômes. — Le prurigo se divise en deux variétés suivant le degré, c'est-à-dire que les papules sont petites, peu proéminentes, avec prurit modéré [prurigo mitis), ou bien qu'elles sont plus larges et plus saillantes accompagnées de démangeaisons vives , exacerbantes , comparables quelquefois à la sensation que feraient éprouver des insectes rongeurs [prurigo formicans). Déchirées par les ongles, les papules se présentent le plus souvent couvertes d'une petite croûte noire de sang coagulé. Celles qui n'ont pas été excoriées se résolvent et disparaissent en laissant une légère desquamation.

Le prurigo offre encore d'autres variétés basées sur la considération de l'âge des sujets et du siège de l'affection. Il y a le prurigo senilis, qui quelquefois, chez les vieillards à constitution détériorée, se complique de phthiriase, de poux qui courent sur tout le corps prurigo pedicularis) ; il y a le prurigo podiois, qui se rencontre plus souvent chez l'homme, auquel il cause une démangeaison insupportable autour de l'anus; le prurigo pudendi. (V. Prurit de la vulve.} Dans les circonstances ordinaires, le prurigo siège ordinairement au cou, à la partie externe des membres, au visage, etc.

Durée, pronostic. — Bénin, le prurigo disparait au bout de deux ou trois septénaires par une légère desquamation ; plus

intense, il peut durer très longtemps, toute la vie même, et alors le tissu cutané s'altère profondément, et la fièvre, le marasme peuvent emporter les malades, après des souffrances inouïes.

Traitement. — Au début, boissons délayantes, acidulés ou alcalines; bains frais ; régime doux. M. Cazenave préfère aux bains émollients, gélatineux ou non, les alcalins et les sulfureux. « Ce sont, dit-il, surtout les bains chauds, à température élevée, qui calment le plus promptement les malades. Les bains de mer, les eaux de Néris, de Plombières, etc., seront conseillés avec avantage. Il en est de même des bains et des douches de vapeur aqueuse de 30 à 35 degrés Réaumur. » — Les lotions narcotiques, les pommades au borax, au camphre, au goudron, celles d'Helmérich, etc., sont également fort utiles. — Les bains de sublimé, les fumig;itions mercurielles sont surtout prescrits dans le prurigo pédiculaire et quand l'affection est ancienne et rebelle. Dans ce dernier cas encore, on peut recourir aux préparations arsenicales.

Pom ma de.

iorate ds soude ixonge,

Axonge, Camphre,

Axonge, Goudron,

Aulrt

Autre,

30 gram.

30 gram.

Autres.

(V. Lichen, Eczéma, Gale.)

Lotion [Baroshj.

Iode, 0, 75 cent.

Iodure de potassium, 0,40 cent.

Eau distillée, 150 grain.

F. dissoudre et ajoutez Alcool rectifié, 30 gram.

Appliquer des compresses imprégnées de ce liquide pendant plusieurs heures matin et soir, et dans l'intervalle un grand bain chaque jour.

Autres formules.

(V. Lotions, Bains, Arsenic au Dicl. thér.\

puuuit de la vulve. — Les parties sexuelles de la femme sont fréquemment le siège d'un prurit plus ou moins intense dont la cause consiste tantôt dans la présence du pediculi pubis, tantôt dans une hyperesthtsie de la peau, tantôt et plus souvent dans une affection dartreuse, dans un prurigo surtout. Les organes extérieurs de la génération deviennent le siège d'une irritation permanente, entretenue par le grattage auquel les malades ne peuvent résister, et qui les porte

quelquefois à des pratiques honteuses et même à une sorte de nymphomanie.

Traitement. —Lotions et bains soit émollients, soit narcotiques, tièdes ou frais. Lotions astringentes, alcalines, mercurielles ou gélatino-sulfureuses, unies à l'usage de la limonade nitrique. Emissions sanguines lorsqu'il y a pléthore, réaction. — Contre l'byperesthésie, antispasmodiques, pilules de Méglin, datura stramonium ; sulfate de quinine (20 ou 50 centig.), continué pendant un ou deux septénaires (Cazenavc- i.

Lotion astringente.

Eau, 1 kilog.

Sulfate ac. d'alumine, 4à6gram.

Autre (Lisfranc).

Eau, 125gram.

Nitrate d'argent, 0,2décig.

Amidon, 5gram.

Camphre, 1

Autre (id.).

Eau, 125gram.

Sublimé, 0,2décig.

Amidon, 5gram.

Alun, 1

Autre.

Sulfate de zinc, 4gram.

— d'alumine, 4

Eau distillée, 500

Autre (Trousseauj.

Sublimé, 8gram.

Alcool, q. s. pour dissoudre.

Eau distillée, 32ôgram.

1 à 4 cuillerées à café dans 500 gram. d'eau tiède.

Autres formules, (V. Prukigo, Lichex.)

FSOIUASIS. — Affection chronique de la peau caractérisée par des plaques irrégulières, saillantes, plus ou moins étendues, recouvertes de squames minces, sèches, d'un blanc chatoyant.

Causes. — Intempérance, émotions morales, sentiments concentrés, hérédité ; le plus souvent causes inconnues.

Symptômes. — Voici les caractères des trois variétés que distinguent les auteurs :

1° Psoriasis guttata. Petits points rouges distincts, saillants, qui se recouvrent bientôt d'une mince écaille sèche et blanche ; ces points s'agrandissent, restent isolés, et leurs écailles brillantes et disséminées rappellent des gouttes d'un liquide projetées sur la peau. Quelquefois les plaques sont rapprochées et affectent des formes bizarres [psor. gijrala).

2° Psoriasis diffusa. Surfaces irrégulières rugueuses, se couvrant de squames minces, grisâtres, adhérentes, qui tombent lentement et découvrent des surfaces rugueuses qui de-

viennent écailleuses de nouveau . Cette forme, la plus commune, est plus ou moins étendue. Elle siège surtout aux membres, au voisinage des articulations.

3° Psoriasis inveterata. Ici la maladie fait des progrès, résiste aux traitements. Les squames deviennent plus sèches, la peau s'altère, se gerce plus profondément et en tous sens : il en tombe une poussière farineuse abondante; parfois une sorte d'enveloppe rugueuse, inégale, qui enferme un membre tout entier. Les démangeaisons, qui se montrent dans toutes les formes, sont, dans celle-ci surtout, insupportables.

Le psoriasis est quelquefois limité à une région très circonscrite. Il se montre quelquefois en effetaux paupières, aux lèvres, à la paume de la main, au prépuce, etc., où il affecte des caractères particuliers, que nous n'avons pas besoin de décrire néanmoins.

Marche lente, chronique. — Durée longue, souvent indéterminée. — Pronostic qui n'est sérieux qu'à cause des démangeaisons, des récidives faciles, de l'insuffisance de la thérapeutique.

Traitement. — Il est externe et interne. — 1° Le traitement externe consiste dans l'emploi des bains émollicnts, surtout alcalins ou mercuriels ; dans celui des pommades sulfureuses, alcalines, mercuricllcs, principalement de celles qu1 ont pour base l'iodurc de soufre ou le goudron. — 2" Pour peu que la maladie soit ancienne, il faut joindre à ces moyens le traitement interne, qui est basé sur les purgatifs, les sudorifiques (décoction de Zittmann, rob Laffecteur) , les antimoniaux (pilules de Plummer, etc.), les sulfureux (Eaux-Bonnes), la teinture de cantharides, les préparations arsenicales (solution de Fowler, de Pearson, etc.).

Il est, en outre, certaines substances auxquelles on a attribué une action spéciale : tels sont l'orme pyramidal, le daphné mezéreum, le sous-carbonate d'ammoniaque, etc.

Yormvlaire.

(V. chaque médicament désigné au Dict. thérap.)

1>UKP13UA. — On donne ce nom à des taches hémorrhngiques idiopathiques de la peau. Nous disons idiopulhiques,

parce que plusieurs maladies graves ont pour effet ou épiphénomène des taches analogues qui sont connues sous le nom de pétée hies.

Le purpura se distingue en simple et en hémorrhagique.

PURPURA SIMPLEX. — « Apparition à la peau de plaques d'un rouge variable, peu étendues, ne disparaissant pas sous la pression du doigt, ayant pour caractère principal de n'être pas accompagnées d'hémorrbagies. »

Causes. — Les femmes, les enfants sont surtout atteints de cette affection, dont les causes occasionnelles, généralement de l'ordre des débilitantes, sont néanmoins peu connues.

Symptômes. — Eruptions successives de tacbes d'un rouge livide devenant ensuite jaunâtres, se montrant distinctes, arrondies, du diamètre d'une lentille ; éruptions accompagnées quelquefois de gonflement des parties affectées, et précédées d'un léger mouvement fébrile. Ni chaleur, ni douleur, ni prurit à la peau. La durée de chaque éruption est de huit à quinze jours ; celle de la maladie varie en raison du nombre de ces éruptions.

Diagnostic. — Il y a à distinguer le purpura simplex dis piqûres de puces, des pétéebies et des ecchymoses scorbutiques : la chose est facile.

Traitement. — Si le purpura se montre chez un sujet vigoureux, sanguin, il n'exige que le repos, des boissons rafraîchissantes, des bains frais, une saignée peut-être. Si, au contraire, on a affaire à un vieillard ou à un individu débilité, il faut employer les toniques , les amers , les ferrugineux , le vin vieux.

PURPURA IIEMORRIIAGICA. — Symptômes. — Les taches, dans cette forme, sont plus larges que celles du purpura simplex, plus étendues, moins régulières; on en remarque de semblables sur les diverses muqueuses, par lesquelles se produisent des hémorrbagics plus ou moins abondantes, parfois chroniques, qui épuisent les malades. Déplus, les symptômes généraux sont plus prononcés : malaise, courbature, lièvre, diarrhée ou constipation ; é(at anémique par suite des pertes de sang, ce liquide conservant une proportion de fibrine et de

PATHOLOGIE INTERME. 599

globule très variable. Le pronostic offre de la gravité; le danger vient surtout des hémorrhagies.

Traitement. — H doit être institué d'après les considérations déjà énoncées en parlant du purpura simplex. Seulement il faut ajouter les moyens qu'on oppose aux hémorrhagies en général.

Formulaire.

[Y. IIemorrhagie.)

pustules. Affections pustuleuses. — Quatrième ordre des maladies cutanées |V. Peau) : ce sont de petites affections purulentes qui soulèvent l'épiderme sous forme de boutons blancs, et qui reposent sur une base enflammée. Les affections pustuleuses sont la variole, la vaccine, Vecthyma, Vimpéligo, l'acné, la mentagre et le porrigo. (V. ces mots.)

TYÉLITE. — Nom donné par M. Rayer à l'inflammation des calices et des bassinets, que l'on confondait généralement, avant lui, avec la néphrite.

Causes. — Ce sont les mêmes que pour la néphrite. La maladie peut être spontanée, ou le résultat de l'extension de l'inflammation d'un autre organe, ou enfin, ce qui est beaucoup plus fréquent, la conséquence de la présence de calculs.

Symptômes. — La pyélite se manifeste par les symptômes d'une colique néphrétique ou par ceux d'une néphrite ; mais de plus les urines contiennent du mucus et du pus dans la j pyélite simple ; du sang et des graviers dans la pyélite calcui leuse. Il peut arriver que le liquide urinaire ne descende pas \ dans la vessie, les uretères étant obstrués par un calcul; de là inflammation de la substance rénale, abcès et symptômes j généraux proportionnels.

La pyélite peut se montrer chronique, soit primitivement, ! soit consécutivement à la forme aiguë. Elle donne heu au dépérissement et à la lièvre hectique, indices de la destruction du rein.

Marche, terminaison, pronostic. — La pyélite aiguë parcourt rapidement ses périodes. Les abcès, lorsqu'ils ont lieu, peuvent s'ouvrir à l'extérieur, ou dans le péritoine, et même

bOO NOUVEAU COMPENDIUM.

dans le canal intestinal. Ces cas sont mortels. Simple, la maladie est susceptible, de guérison. La pyélile blennorrliagique, selon M. Rayer, est très rebelle, mais non dangereuse.

Traitement. — C'est celui de la néphrite : émissions sanguines, émollients, bains, diète, repos. Ouvrir l'abcès s'il se montre aux lombes.

RACIHALGIE. — Douleur du raclas. Tel est le sens étymologique de ce mot. Mais cette douleur, ou elle constitue une maladie essentielle, une névralgie pure et simple, ou elle se lie comme symptôme à divers états morbides de la moelle épinière, des vertèbres ou des parties molles. Nous ne la considérons que sous le premier point de vue.

Causes. — La névralgie racbidienne peut se manifester, comme la douleur de tête dans la migraine, sans cause évidente ; mais le plus souvent elle est due aux pertes séminales excessives, aux excès de la masturbation, à l'allaitement chez les femmes faibles et épuisées, etc. : la maladie, dans ces cas, porte le nom de consomption dorsale.

Symptômes. — Douleurs sourdes ou aiguës, d'une nature spéciale et difficile à définir. Si elles sont l'effet d'excès, de pertes séminales, elles s'accompagnent de fourmillements dans les extrémités, d'engourdissements, de faiblesse, de paralysie même, ainsi que des signes d'un état de consomption et de marasme.

Traitement. — Toniques, ferrugineux, frictions stimulantes, cordiaux. Thérapeutique des névralgies s'il y a lieu, ou de la lésion de la moelle épinière, si ses effets se manifestent.

Formulaire.

(V. SrERMATORRHÉE , NÉVRALGIE. |

rachitisme. Rachitis. — Altération des os consistant surtout dans le manque de parties inorganiques, d'où courbures, déviations d'une ou plusieurs parties du squelette, particulièrement du rachis, avec altération de l'économie tout entière.

Causes. — Les prédisposantes sont le jeune âge, le tempél

PATHOLOGIE INTEI^TE. 601

rament lymphatique, la dentition difficile, l'usage de mauvais aliments, l'allaitement artificiel, toutes les causes qui peuvent débiliter la constitution; les déterminantes sont inconnues ou j mieux ne sont autres que celles qui viennent d'être énumérées. Ajoutons seulement que tantôt la formation des sels it calcaires ne suit pas celle de la trame osseuse (rachitisme des I enfants), tantôt ce sont les principes terreux qui disparais- : sent des os après s'y être formés (rachitisme des adultes).

Symptômes. — Presque toujours il y a une période à'inctc- ! balion, consistant en une faiblesse générale, un état de lan- Lgueur, etc., phénomènes qui souvent se manifestent à la i- suite d'une maladie plus ou moins grave ou qui apparaissent j sans avoir été précédés d'un dérangement de la santé. Dans [ce dernier cas pourtant, il y a ou dentition retardée, difficile, ou mauvaise alimentation.

Arrive ensuite la période de déformation, qui commence par la tuméfaction des extrémités articulaires des os, le gonflement des épiphjses, ce qui donne lieu à des espèces de ! nœuds, d'où le nom de nouure; qui se continue par diverses J courbures, torsions des os et par des déformations qui por- •tent principalement sur la colonne vertébrale, la poitrine, le bassin, les membres inférieurs, et qu'il serait trop long de décrire. Il résulte de ces altérations de formes que les organes internes sont plus ou moins gênés dans leurs fonctions, ! sauf le cerveau, dont la boite protectrice ne se déforme pas, quoique la tète soit volumineuse chez les rachitiques.

Marche, terminaison. — Le rachitisme peut avoir une marche aiguë dont la durée est variable, mais qui peut être ! assez rapide pour faire périr le malade. Dans ce cas, celui-ci imaigrit, est en proie à un dévoiement colliquatif; sa peau est ! pâle, ses tissus œdématiés. et ses poumons, son mésentère, sont farcis de tubercules. L'état chronique, si souvent primitif, peut succéder à l'aigu ; dans tous les cas, lorsque la guèrison s'opère, les os ne reprennent [tas leur rectitude; mais ■ ils acquièrent plus de consistance qu'auparavant (période dYburnation .

Diagnostic. — L'ostéomalacie diffère du rachitisme en ce qu'elle ne survient que chez les adultes profondément débi-

lités, qu'elle est le résultat de causes spécifiques, comme le scorbut, la syphilis, le rhumatisme, le vice cancéreux, et qu'elle s'accompagne de douleurs vives et profondes.

Traitement. — Comme il est plus facile de prévenir la ma ladie que de la guérir, il faut surtout insister sur l'hygiène : les toniques, les analeptiques, les ferrugineux, si le sujet est assez âgé pour en supporter l'usage; ies aliments doux, le laitage, ie lait d'une bonne nourrice, selon les cas, chez les jeunes enfants; en tout état de choses, l'insolation, l'habitation des lieux secs, aérés.

Il est des remèdes qui jouissent d'une grande réputation : tels sont les bains sulfureux, les bains iodés, l'iode à l'intérieur, le café de gland, et avant tout peut-être l'huile de foie de morue, sans parler du houblon, de la gentiane, des alcalins, de la rhubarbe, des bains de. mer ou d'eau salée, etc.

Poudre antirachitique. | — de cannelle, 1,25 cent.

Oxyde de fer noir, 1 gram. ! Extrait d'absinthe, q

Rhubarbe en poudre, 1 Sucre, 4

F. des pilules de 0,10. — 3à5 par jour.

Divisez en 25 paquets. — 1 par ; Tisane de Mascagni.

jour, puis 2 et plus, graduelle' ment.

Pilules.

Limaille de fer, 8 gram.

Poudre de gentiane, 2,50 cent.

— de rhubarbe, 1.25

Bicarbonate de potasse, 8 gram.

Eau commune, 1000 Sirop de gomme, 60 Par cuillerées.

Autres formules.

(V. Scrofules.)

hagb. Hydrophobie rabique. — Affection caractérisée par des symptômes nerveux spéciaux, produite par l'inoculation d'un virus qui se développe spontanément chez les animaux, particulièrement chez le chien.

Causes. — Elles sont indiquées dans la définition. Le virus rabique réside dans la salive ou bave de l'animal enragé. Susceptible de se développer spontanément chez certains carnivores sous l'influence de la chaleur, des privations de nourriture, etc., il peut se communiquer ensuite par inoculation (morsure) aux herbivores, à l'homme, et réciproquement. L'homme ne peut être malade de la rage que par l'introduction de ce virus dans la circulation, bien qu'il puisse devenir

hydrophobe sous l'influence d'une imagination frappée et de la peur. (V. Hydrophobie.)

Symptômes. — La rage se développe, dans la plupart des cas, du trentième au quarantième jour après la morsure virulente, quelquefois plus tôt ou plus tard. Voilà pour V incubation. Quant au début, il est précédé de prodromes tels que tristesse, céphalalgie, agitation, spasmes, parfois nausées, et du coté de la blessure, picotements, douleurs, ouverture de la cicatrice ou gonflement des bords de la plaie; mais ces derniers ne sont pas constants. Enfin voici la rage confirmée : horreur des liquides; le malade, à leur aspect, éprouve un sentiment de constriction à la gorge, de la suffocation, plus tard même des convulsions, phénomènes qui sont plus prononcés encore s'il essaie d'en avaler. La vue des corps polis et brillants l'affecte péniblement; il est dans un état d'exaltation extrême; il a du délire, des hallucinations ; tantôt il est furieux et cherche à mordre, tantôt au contraire il est affectueux. On voit se déclarer le satyriasis ou la nymphomanie chez certains sujets, selon le sexe. La constriction pharyngienne va en augmentant; expuition convulsive, hoquet, soif ardente, constipation. Les yeux sont animés, hagards, les pupilles dilatées; le pouls devient petit, serré, très fréquent; l'oppression est extrême ; enfin la mort arrive par asphyxie dans un moment de calme ou d'agitation.

Marche, durée, pronostic. — Les symptômes de la rage offrent des exacerbations ou accès que provoque surtout la vue des liquides et qui vont en augmentant de fréquence et d'intensité. La maladie est de courte durée, puisque l'on ne compte que deux ou trois jours pour les prodromes, et deux à quatre pour la rage confirmée. La mort a lieu constamment.

Traitement. — Il se distingue en préservatif et en curatif. — 1° Le traitement préservatif a pour but de s'opposer à la pénétration du virus dans l'économie par la cautérisation de la blessure, la ligature, l'amputation de la partie si cela est possible, et par l'administration de certains remèdes qui tous ne méritent aucune confiance.

Aussitôt après l'accident, il faut faire couler le sang par la pression, la succion, l'application de ventouses, et laver fié-

604 NOUVEAU COMPKNDIUM.

quemment la plaie. Si l'on manquait d'eau, on prendrait de sa propre urine. Il faut surtout procéder à la cautérisation avec le fer rouge, le chlorure d'antimoine, la potasse caustique, la pâte de Vienne, le nitrate acide de mercure, tous les acides concentrés. Si la partie mordue est de faible volume, comme les doigts, il ne faut pas hésiter à l'amputer pour peu qu'on ne soit pas sûr d'avoir porté le caustique dans toutes lef anfractuosités de la plaie, même après avoir débridé et pratiqué des incisions pour en favoriser la pénétration.

2° Le traitement curatif n'existe pas : la rage confirmée s'est toujours terminée par la mort, malgré l'emploi des mercuriaux, de l'arsenic, de l'ammoniaque, des injections dans les veines, des mille et mille remèdes proposés dans ces derniers temps, et sur lesquels M. Bouchardat a fait un rapport défavorable à l'Académie de médecine. « Si dans quelques cas, a dit le rapporteur, ces remèdes ont pu être utiles en relevant le moral des croyants, ils ont été nuisibles la plupart du temps en retardant ou en empêchant l'usage des moyens rationnels. »

ramollissement du cerveau. Ramollissement blanc, non inflammatoire ou sênile. — Nous avons vu à l'article Encéphalite que le ramollissement inflammatoire forme une maladie parfaitement caractérisée sous le double rapport de ses caractères anatomiques et fonctionnels ; mais de longues discussions se sont élevées sur la question de savoir s'il existe un ramollissement non inflammatoire, admis et indiqué d'abord par M. Rostan. La majorité des pathologistes paraît se rattacher à l'opinion de ce professeur, « d'abord parce que, dans le plus grand nombre des circonstances, il n'existe aucun des signes qui caractérisent cet état (l'inflammation du cerveau); la diminution de contractilité et de la sensibilité, la paralysie, la stupeur, l'inertie de l'intelligence, sont des symptômes infiniment plus fréquents que les phénomènes contraires, c'est-à-dire que la contracture, les douleurs des membres, le délire (Rostan). »

M. le docteur Duparcque a publié, sous le nom de Ramollissement blanc aigu chez- les enfants, cinq observations

desquelles il ressort que cette affection aurait pour causes: une intelligence précoce, des fatigues intellectuelles, des émotions morales profondes ou vives; — pour symptômes: céphalalgie avec somnolence, exaltation des sens et de la sensibilité générale , ralentissement de la circulation, intégrité de l'intelligence; — pour traitement : bains tièdes, affusions froides sur la tête, applications locales d'éther, de chloroforme ; dérivatifs cutanés et intestinaux ; sulfate de quinine en cas d'intermittence.

rétention de la bile. — Obstacle au cours de la bile. Cet état est plutôt un symptôme qu'une maladie ; mais, de même que la rétention d'urine, il mérite un article à part.

Causes. — Présence de calculs dans les canaux biliaires, introduction de vers dans leur cavité; compression par des brides, des tumeurs; adhésion de leurs parois par suite de l'inflammation, ou leur contraction spasmodique, etc.

Symptômes. — Ils varient suivant que l'obstacle est dans le canal hépatique, dans le canal cystique ou dans le canal cholédoque. Dans le premier cas, la bile s'accumule dans le foie; il y a pesanteur, douleur dans l'hypochondrc droit, ictère, vomissements bilieux, décoloration des selles, urines d'un jaune rougeâtre, etc. — Dans le second cas, la bile s'écoule dans l'intestin, mais celle contenue dans la vésicule y reste emprisonnée, et cette vésicule est quelquefois excessivement distendue— Lorsque le canal cholédoque estobstrué, cequi est le plus ordinaire dans la rétention de la bile, celle-ci s'accumule et dans le foie et dans la vésicule. La distension de cette dernière se manifeste par une tumeur située au-dessous du rebord des fausses côtes, arrondie, fluctuante, compressible, donnant lieu à un bruit de collision lorsqu'elle contient des calculs. Matité, douleur; siège variable. La rétention est passagère ou permanente : dans le premier cas il y a presque toujours colique hépatique (V. ce mot); dans le second cas ij survient l'hydropisio de la vésicule, son inflammation ou sa rupture, la mort,

Diagnostic — Assez difficile en lui-rr.cme, il le devient encore davantage étant comparé à celui des abcès de h vési-

cule biliaire et du foie. Dans ces derniers, toutefois, il y a de la réaction, une dureté environnante, une fluctuation plus lente à se manifester, etc.

Traitement. — C'est celui des calculs biliaires pour ce qui a rapport aux moyens de favoriser l'écoulement de la bile. — On a proposé, dans le cas de distension de la vésicule, de déterminer l'écoulement de la bile dans l'intestin à l'aide de pressions méthodiques. On a recours aussi à la ponction avec un trois-quarts très fin.

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