‹ Nouveau compendium médical a l'usage des médecins praticiens [electronic resource]Chapitre 33 sur 72 · SUINTEMENT DES OREILLES CIÏEZ LES ENFANTS · texte numérisé non relu

SUINTEMENT DES OREILLES CIÏEZ LES ENFANTS

Chacun connaît ces petites excoriations qui se forment chez les enfants blonds et lymphatiques surtout, et qui fournissent une humeur séreuse en quantité variable. Ce suintement s'accompagne ordinairement d'un engorgement des glandes lymphatiques du cou, lequel diminue peu à peu avec l'écoulement, disparaît en même temps que lui, quelquefois cependant persiste chez les sujets scrofuleux, ou bien encore passe à l'état d'irritation inflammatoire, lorsque, par l'effet du froid ou d'un mauvais traitement, les excoriations se sèchent trop brusquement.

Traitement. — Pansements quotidiens avec une feuille de poirée ou un morceau de toile fine de lessive, enduite de beurre fais. S'il y a suppression brusque du suintement, il faut le rappeler au moyen d'applications émollientes, duvésicatoire même. S'il en résultait des accidents cérébraux, il faudrait les combattre.

SURDITÉ. — Diminution ou abolition du sens de l'ouïe. Elle est congénitale ou acquise. Il n'est question que de cette dernière, où plusieurs distinctions doivent être établies, d'après les causes.

Causes. — En effet, il y aune surdité symptomalique , due li l'inflammation, à l'ulcération, aux caries de l'oreille interne, à l'obstruction ou à l'oblitération de la trompe d'Eustache ou du conduit auditif externe; il y a une surdité idiopathique, produite parla paralysie du nerf de l'audition, par des troubles nerveux profonds, certaines névroses, etc. ; une surdité consécutive aux fièvres, aux maladies du cerveau, aux métastases, aux angines, etc.

Symptômes. — La faiblesse ou la perte de l'ouïe, voilà ce qui caractérise la maladie. Mais il faut apprécier le degré de surdité et déterminer sa cause pathologique. Ces deux points, le dernier surtout, offrent des difficultés. Parmi les sourds, les uns entendent encore la parole, d'autres ne saisissent plus que le son vocal sans distinguer la prononciation; ceux-ci ne

perçoivent que les sons, ceux-là que les bruits. Dans la surdité complète, ni le bruit ni le son ne sont entendus. On apprécie le degré de cette infirmité en approchant une montre de l'oreille et en modifiant la distance suivant que les battements sont encore entendus ou cessent de l'être, ou bien en parlant à voix basse d'abord, puis à voix progressivement plus élevée; mais il faut supposer que le malade n'ait aucun intérêt à tromper.

Pour apprécier la cause, on doit remonter aux antécédents. On s'assure que la trompe est libre ou obstruée, en faisant faire au malade une forte expiration, la bouche et les fosses nasales étant fermées : s'il sent l'air pénétrer dans la caisse et venir repousser en quelque sorte la membrane du tympan, le canal est libre; dans le cas contraire, ce canal s'oppose au passage de l'air. Il est assez facile d'inspecter le conduit auditif externe en le dilatant avec les mains, ou mieux à l'aide du spéculum auris, etc., etc.

Durée, pronostic. — La surdité est toujours difficile à guérir, sinon impossible. Il faut excepter pourtant les cas où elle survient dans le cours d'une maladie grave comme symptôme d'une adynamie profonde, ou bien encore lorsqu'elle accompagne une affection nerveuse plus ou moins intense, pourvu que les organes de l'ouïe ne soient pas le siège de lésions matérielles profondes.

Traitement. — La surdité idiopatbique ou paralytique réclame les révulsifs cutanés, les purgatifs, les injections excitantes dans le conduit externe, les fumigations éthérées ou balsamiques dirigées dans ce conduit ou dans la trompe, l'électricité, etc. On a tenté la perforation du tympan, sans résultat satisfaisant ; on a employé les purgatifs et les vomitifs.

Mais la surdité peut dépendre de causes matérielles qu'il est possible de faire disparaître. Ainsi le cérumen accumulé dans le conduit auditif externe peut être la source de l'accident : il faut l'enlever avec le cure-oreille, après avoir eu soin de le ramollir par une injection d'eau savonneuse; s'il va inflammation chronique de la gorge, du pharynx, des amygdales, il faut la combattre par les gargarismes astringents. , La trompe est-elle engouée par du mucus, c'est le cas de

prescrire une bonne hygiène, l'habitation de pays chauds, de pratiquer le cathétérisme de ce canal, avec ou sans insufflation d'air au moyen du soufflet en caoutchouc de M. Delcau, avec ou sans injections, etc. Que s'il s'agit enfin d'une otite interne, d'une carie des os du crâne, etc., c'est aux sangsues, aux purgatifs, puis aux vésicatoires, etc., qu'il faut recourir. On rappelle les évacuations supprimées, les maladies rétrocédées ; on détruit le virus syphilitique s'il y a lieu; on combat l'état nerveux général; en un mot, on poursuit la cause et on l'attaque partout où l'on croit la rencontrer.

syncope. Défaillance, lipothymie, évanouissement. — Suspension momentanée de la respiration et de la circulation avec perte du sentiment et du mouvement. Cette définition s'applique à la syncope complète, qui est une mort apparente ; mais on sait qu'elle comporte plusieurs degrés, désignés par la synonymie dont nous faisons suivre le titre principal.

Causes. — La syncope est due à une interruption de l'action cérébrale, causée par des émotions vives, certaines odeurs; par une douleur vive, une digestion difficile; par un trouble de la circulation, une perte sanguine trop considérable. L'épuisement, les affections débilitantes, le sexe féminin, le tempérament nerveux, la grossesse, y prédisposent. Elle peut survenir chez les femmes en couches: M. Robert en cite trois exemples qui furent mortels ; j'en ai vu un semblable chez une femme nouvellement accouebée et dont la matrice ne parut point être le siège d'une hémorrhagie abondante.

Symptômes. — Dans la syncope, la respiration et la circulation ne sont pas entièrement abolies, sans doute, quoiqu'elles paraissent l'être; dans la simple défaillance, elles s'exercent encore sensiblement. L'accident se produit tout-à-coup, ou bien il est précédé de faiblesse générale, de trouble de la vue, etc. Sa durée est d'une minute, ou moins. Il peut se produire plusieurs syncopes consécutives. Le pronostic n'est pas grave; cependant l'accident doit être évité chez les femmes enceintes, à cause du fœtus, dont il compromet l'existence.

Traitement. -Ha pour but de ranimer la circulation, de faire que le cerveau reçoive le sang nécessaire à sa stimulation. Donc, il faut coucher le sujet horizontalement, desserrer ses vêtements, l'exposer à l'air libre ou renouvelé, le frictionner, lui passer sous le nez des odeurs pénétrantes, projeter sur' sa figure quelques gouttes d'eau froide, etc. — Eloigner ou combattre les causes.

syphilis. Mal américain, napolitain, espagnol, vulgairement vérole, maladie vénérienne. — Maladie spécifique, multiforme, produite par un virus particulier qui, étant appliqué sur une partie du corps où il peut être absorbe, exerce d'abord une action locale, produit une altération déterminée au point où il a été inoculé, et plus tard une action générale, une sorte d'empoisonnement de l'économie.

Voici un sujet difficile à traiter dans le court espace qu'il nous est donné de lui consacrer, difficile et par sa nature complexe, ses formes variées, et par les divergences d'opinions qu'il soulève. Dans ce dédale, nous devons nous servir d'un fil conducteur, et nous le demanderons à M. Ricord. Cet auteur nous servira donc de guide ; cependant nous n'oserions dire en parlant de ses doctrines en syphiliographie : Voilà la vérité, parce que, bien qu'elles nous paraissent non moins fondées en principe qu'ingénieuses en théorie, nous devons faire plier notre opinion devant celle des nombreux auteurs qui les combattent et les repoussent, tels que MM. Cazenave, Vidal de Cassis, Velpeau, Baumes, etc.

M Ricord divise les symptômes qui se présentent aux diverses époques de la maladie en : ^primitifs : 2" successifs ou intermédiaires ; 3» secondaires ; 4<> tertiaires. Nous suivrons cette division; puis, après l'étude de ces groupes de symptômes, nous parlerons de la syphilis des nouveau-nes. Mais avant d'aborder le côté pratique de ce sujet complexe, jetons un coup d'œil rapide sur la syphilis considérée m général, sur ses causes, ses symptômes et son traitement.

Causes. — Le virus syphilitique existe indubitablement. Les uns pensent que les anciens n'en étaient pas exempts, les autres, en plus grand nombre, croient qu'il a été importé

en Europe par les compagnons de Christophe Colomb. La maladie vénérienne paraît propre à l'espèce humaine ; mais elle n'est pas spontanée chez elle, dit M. Ricord : cependant il faut bien admettre qu'il y a eu un premier développement. Le virus se transmet par inoculation, étant appliqué sur une membrane muqueuse, soit aux parties sexuelles, soit à l'anus, soit aux lèvres ou ailleurs, ce qui devient plus rare.

Le virus réside dans le pus de l'ulcère vénérien primitif (chancre), ulcère qui lui-même est né sous son influence immédiate ; et il ne peut être isolé du produit qui lui sert de véhicule. Ainsi que nous l'avons déjà dit en parlant de l'inoculation, comme moyen de diagnostic, suivant M. Ricord, la syphilis n'a pas d'autre mode de transmission, sauf la génération pour la syphilis héréditaire ; si bien que les symptômes secondaires et tertiaires ne peuvent s'inoculer, non plus que la blennorrbagie, à moins que celle-ci ne se complique d'un chancre dans l'urètre. Ces propositions, sur lesquelles nous aurons occasion de revenir, ont été fortement attaquées par MM. Cazenave et Vidal, comme étant trop exclusives. Quoi qu'il en soit, le virus syphilitique ne se transmet pas avec la même facilité chez tous les sujets : il est même des individus réfractaires à son action, qui, ayant commerce avec des femmes bien et dûment infectées, n'éprouvent aucun symptôme du mal.

Symptômes. — Ils constituent autant d'états pathologiques qui méritent une description à part, et à l'histoire desquels nous passons ci-apiès, en suivant la division établie plus haut.

Traitement. — Divers moyens sont employés pour guérir la syphilis et ses accidents. Le spécifique par excellence, c'est le mercure et ses composés. Les mercuriaux ont été accusés de causer des accidents, même ceux de la vérole secondaire ou tertiaire; mais bien que leur administration, plus d'une fois ingnorante ou imprudente, ait compromis leurs véritables avantages, ils sont sortis victorieux de la lutte.

Toutefois le mercure n'est pas infaillible : il échoue ou devient insuffisant quelquefois, surtoutdanslasyphilis ancienne, dans les accidents tertiaires, Alors on a recours à Vioclure de

potassium, à Viodure de fer, aux sudorifiques (tisanes de

Feltz, d'Arnoud; d'écoctions de Zithmann, de Pollini; rob

Laffecteur).

On a reconnu encore des propriétés antisyphilitiques puissantes aux préparations d'or (Chrestien), au bichromate de potasse (Vicente), à la douce amère (Bretonneau). Mais le mercure pour l'infection peu ancienne, l'iodurede potassium pour les accidents anciens, aidés des sudorifiques, quelquefois des toniques et des antiscorbutiques, lorsqu'on a affaire à des sujets faibles ou scrofuleux, tels sont les moyens qui sont en possession de la confiance générale des praticiens.

§ Ie1'. Symptômes primitifs de la syphilis.

Pour M. Ricord, ils sont constitués parle chancre primitif et ses différentes espèces. Quelques auteurs veulent y comprendre la blennorrhagie, par suite d'une théorie que nous n'admettons pas

CHANCRE PRIMITIF. Ulcère vénérien primitif. — Ulcération qui se développe au lieu où le virus syphilitique a été déposé et où son absorption a été possible. Les divers points de la muqueuse des parties génitales sont le siège ordinaire du chancre, qui se montre le plus souvent au frein chez l'homme, à la fourchette chez la femme, et qui peut se rencontrer à l'anus, à la bouche, au mamelon, sur toute autre région du corps où la peau s'est trouvée dénudée au moment du contact du pus virulent, lequel pus est inoculable, d'ailleurs, sans qu'il soit besoin du moindre orgasme vénérien.

Causes. — Nous venons de spécifier la condition sine quâ non du développement du chancre. Celui-ci, selon M. Ricord, no peut provenir que de son semblable, et le pus blennorrhagiqué ne saurait le produire, à moins qu'il ne soit mélangé au pus d'un chancre urétral inaperçu [chancre larvé). M. Cazenave pense que cette dernière condition, qu'on suppose plutôt qu'on ne la démontre, n'est pas nécessaire pour que la blennorrhagie communique l'ulcère vénérien. On conçoit combien il est difficile de se prononcer entre deux assertions si opposées et toujours repoussées par des assertions sembla-

bles. Il faut dire pourtant que M. Ricord a pour lui nonseulement le plus grand nombre de faits, mais encore l'ascendant d'une théorie qui satisfait l'esprit et répond d'une manière claire aux diverses questions.

Symptômes. — Il y a d'abord une période d'incubation de deux à six jours. Au bout de ce temps se manifestent un picotement ou un sentiment de brûlure dans le point où doit exister le cbancre, une très petite pblyctène, précédée d'une tuméfaction légère et circonscrite. Cette vésicule contient un liquide roussâtre et acre, qui s'en échappe et se convertit en ulcération. De ce moment commencent à se dessiner les caractères qui distinguent les trois principales formes du chancre.

1° Chancre induré ou huntérien. Ulcère arrondi, à bords élevés, durs, souvent coupés à pic, parfois déchiquetés, à fond grisâtre, dur, inégal, comme lardacé; rougeur obscure et dureté s'étendant plus ou moins. L'induration pénètre à une certaine profondeur et se confond avec les bords de l'ulcère, qu'elle ne précède jamais. Le pus que sécrète le chancre est relativement très abondant, grisâtre, mal lié, parfois sanieux. Ce chancre fait quelques progrès en étendue pendant un temps très variable {période de progrès) ; néanmoins cette étendue ne dépasse presque jamais 4 à G ou 8 millimètres. Il reste ensuite dans cet état pendant quelque temps encore [période d'état); puis ses bords s'affaissent, et son fond se déterge, devient rosé, se couvre de bourgeons charnus et sécrète un pus mieux lié et moins abondant {période de réparation). Enfin la cicatrisation s'opère. — Tel est le chancre type. Il offre plusieurs modifications qui pourraient obscurcir le diagnostic, mais elles ne changent en rien le caractère de l'affection, qui reste toujours la même. Ainsi l'induration du fond peut s'exagérer et s'élever au-dessus des bords [ulcus élévation ; d'autres fois les bords seuls sont indurés (syphilis annulaire de Wallace); l'ulcère, au lieu de se cicatriser complètement, peut se couvrir de bourgeons charnus qu'on ne peut pas réprimer (chancre fongueux, végétant).

2° Chancre simple ou superficiel. C'est celui dont les bords sont exempts d'induration et presque de niveau avec le fond. Cette espèce est rare, et, pour se convaincre qu'elle existe, il

faut observer la maladie pendant toute sa durée , parce que des chancres peuvent se montrer simples d'abord, cts'indurer plus tard.

3o Chancre phagédénique. C'est le plus grave de tous, parce qu'il tend sans cesse à détruire les tissus. A cette espèce se rapportent les deux variétés que voici. 1° Chancre pultacé ou cliphthêrilique. Dépourvu d'induration, il s'étend plus en surface qu'en profondeur; il laboure les tissus, devient serpigineux, présente un fond inégal couvert d'une matière diphthéritique particulière, une suppuration sanieuse très abondante, des bords minces, irrégulièrement découpés, décollés, d'une couleur brune violacée, et devient le siège d'inflammation et de vives douleurs. — 2° Chancre gangreneux. Ici une inflammation sur-aiguë, dont la gangrène est la conséquence, s'empare de l'ulcère qui, après la chute des eschares, se convertit en ulcère simple.

Durée, terminaison, pronostic. — La durée du chancre simple est moins longue que celle du chancre induré et surtout du phagédénique ; la durée moyenne du chancre huntérien est de quinze à vingt-cinq jours. Quelquefois on voit la cicatrice se détruire après s'être opérée, et l'ulcère se reproduire ou faire de nouveaux progrès. Quoique le chancre soit cicatrisé ou guéri, la maladie ne peut être considérée comme terminée. Il y a à craindre les accidents secondaires, et, selon M. Ricord , le signe qui annonce leur imminence est la perristance de l'induration. Le pronostic se déduit dont de la possibilité de l'infection générale; car, considéré comme maladie locale, le chancre n'a rien de grave, excepté pointant lorsqu'il est phagédénique ou gangreneux, cas où il pont produire de graves désordres. Le phimosis et le paraphimosis sont encore des accidents qui viennent compliquer l'ulcère vénérien primitif.

Diagnostic. — Les affections qui peuvent être confondues avec l'es ulcérations chancrcuscs sont l'herpès prœputialis, la fissure à l'anus, les crevasses du mamelon. Le début, l'aspect, la forme, la couleur de ces diverses lésions, les antécédents surtout, feront toujours éviter l'erreur. Traitement. — Il est local et général.— 1" Traitement local-

Il se divise en abortif et en ordinaire. Le traitement aborlif I consiste dans la cautérisation de la vésicule, au début, au I moyen du nitrate d'argent taillé en crayon, de la potasse l| caustique ou de la pâte de Vienne. Le nitrate d'argent suffit I généralement , tandis que ces deux derniers moyens doivent I être réservés pour les cas où l'induration est profonde et où ll'on veut recourir à la cautérisation abortive dans la période 'd'état. On a reproché à la cautérisation de provoquer l'apparition des bubons, ce qui n'est pas exact; de laisser, les malades lexposés à l'apparition des accidents secondaires, ce qui, en leffet, peut paraître très fondé, surtout à ceux qui admettent

que l'infection générale existe même avant le développement

du chancre. Mais les faits démontrent le contraire, et, d'ailleurs, l'inoculation prouve que cette infection générale n'est (nullement nécessaire pour que le chancre se développe.

Quant au traitement ordinaire, il se compose des antiphlobistiques (bains locaux etgénéraux, cataplasmes, repos, diète), lorsqu'il y a forte inflammation, dans le chancre phagédénitaue surtout ; des narcotiques (pansement avec une solution

d'extrait d'opium , le cérat opiacé, l'eau distillée de laurier Cerise), lorsqu'il existe une vive douleur; de la cautérisation avec le nitrate d'argent, lorsque le chancre est indolent.

Les émollients, les opiacées et la cautérisation constituent llonc les principaux moyens de traitement. On leur adjoint les nansements avec diverses substances : la charpie sèche ou Imbibée de vin aromatique ; le gâteau de charpie saupoudré nvec de la poudre de calomel ; la pommade au calomel, etc. — Le chancre phacjédénique résiste souvent à ces moyens

liversement combinés. Dans ces cas rebelles, dit M. Ricoi'd,

m l'on ne peut saisir la cau^c du mal, on a vu quelquefois .■•éussir les cataplasmes faits avec des carottes, la cire fondue "ihaudc, les onguents digestifs. On a eu recours au vésica-

oire, à la poudre de cantharides, aux caustiques les ping

missants. En dernière ressource, on a recours à la resection

les parties malades.

M. Ricord propose en outre le vésicatoire, la compression,

es pommades mercurielles, contre Y induration considérable;

les lotions avec l'eau de Goulard, une solution de sulfate de

zinc ou de cuivre, l'eau chlorurée, pour hâter la cicatrisation. Il faut enOn avoir égard aux complications.

2° Traitement général ou -préservatif des accidents secondaires Ce traitement est-il ou non nécessaire ? le chancre, 'quoique guéri, expose-t-il ou non à l'infec ion? le mercure produit-il ou non les effets de la syphilis elle-même] vaut-il mieux ou non renoncer à son emploi, etc.? Toutes ces questions sont à présent surannées. Aujourd'hui l'opinion générale est celle-ci : que le mercure a la propriété de prévenir les accidents secondaires, et que, bien que cette propriété préventive ne soit pas absolue, tout praticien prudent doit y recourir.

On doit y recourir surtout dans le cas où le chancre est induré. M. Bicord professe que. le mercure est inutile lorsque cette induration manque; mais nous avouons nos doutes à cet égard, et nous croyons plus prudent encore Je le mettre en usage, sauf à surveiller son action, à maintenir son emploi dans les limites compatibles avec une tolérance parfaite. Les préparations les plus usitées dans la syphilis récente sont la liqueur de Fan Swieten, le sirop de Larreij additionné, les pilules de Sédillot, le prolo-iodure de mercure, Yongucnt mercuriel en frictions, etc. On a l'habitude d'adjoindre au remède employé l'usage interne des sudori fiques , qui sont encore plus utiles dans les syphilides et autres accidents secondaires, ainsi que nous le dirons bientôt. Formules pour le traitement local du chancre.

jour avec de la charpie imhibéo de cotte solution lorsque le chancre est enflammé, très douloureux.

Poudre de Vienne.

Chaux vive, 5 part.

Potasse à l'alcool, 0

M. — Délayez avec un peu d'alcool ; appliquez une couche mince de cette pâte molle. Au ■ hout de 8 ou 10 minutes la cautérisation est complète. Traitement abortif.

Solution (Ricord).

Enu de laitue, 200 grain.

Extr. gom. d'opium, 4 Pansements 2 ou 3 fois par

Pommade au calomel.

Axongc, 50 grain.

Calomel, 5

Tour panser 2 ou 3 fois par jour. On peut y ajouter un pen d'extrait d'opium.

Vin aromatique.

(Formule du Codex.) Pour lotions, pansements.

Pommade résolutive (Dietrich).

Onguent rosat, 30 grain.

Hydriod. de potasse, 2

Onctions sur le feuillet externe du prépuce contre l'induration.

Solution,

Eau, 30 grain.

Sulfate de zinc, 0,10 cent.

Pour hâter la cicatrisation du chancre.

Formules pour le traitement général.

Liqueur de Van Swieten.

Deuto-chlor. de mercure

(sublime corrosif), 1 gram.

Eau pure, 900 Alcool rectifié, 100

F. s. a. — 1 cuillerée dans un verre d'eau sucrée, de gruau ou de lait.

Pilules de Sédillol.

Pommade mercur. double, 3 gram.

Savon médicinal, 2 Poudre de réglisse, 0,2 décig.

F. des pilules de 0,2 décig. — 2 pour les femmes , 3 pour les hommes.

Pilules de Dupuytren.

■ Sublimé corrosif, 0,4décig.

Extrait d'opium, 0,5

— de guïfic, 5 gram.

F. 40 pilules. — 1 à 3 par

jour.

Pilules de M. Chomel.

Sublimé, 0,10 cent.

Fxtr. gom. d'opium, 0,10

F. s. a. 20 pilules. — 1 matin et soir. Au bout de quinze jours 3 pilules par jour ; puis 4, à continuer 5 à 6 mois.

Pilules de proto-indure.

Proto-iodure de mercure, 1 gram.

Thridaec, 3

F. 24 pilules. — 1 le matin a j eun .

Autres formules.

(V. SYI'IIILIDES.)

§ II. Accidents successifs ou intermédiaires.

Ces accidents sont le bubon, les plaques muqueuses ou pustules plates.

BUBON. — Engorgement inflammatoire des ganglions lymphatiques de l'aine. Cet engorgement peut survenir à l'occa-

■sion d'une simple irritation ou excoriation ayant son siège à la verge ou dans l'urètre, etc. : c'est alors une adénite. Mais c'est spécialement du bubon vénérien qu'il est question, c'est-à-dire de celui qui résulte de l'absorption du virus syphilitique. On distingue le bubon en primitif ou d'emblée, en consécutif et en constitutionnel : le premier est celui qui,

•suivant beaucoup d'auteurs, peut apparaître sans être précédé du chancre, mais qui, d'après M. Ricord, reconnaît pour point de départ sine qua non un ulcère primitif, soit visible, soit, caché; le second se manifeste peu de temps après l'appari-

tion des chancres; le troisième apparaît, comme symptôme] secondaire ou tertiaire, chez un individu infecté, mais qui ne] présente point actuellement de symptômes primitifs.

Causes. — L'irritation des chancres, les mauvais pansements, la fatigue, etc., favorisent le développement des bu-bons.

Symptômes. — Le bubon est inflammatoire ou indolent. — 1° Bubon Inflammatoire. C'est celui qui marche rapidement: vers la suppuration. Quelquefois sympathique de l'irritation, chancreuse, l'inflammation est le plus souvent due à l'action ; du virus absorbé. Tantôt elle s'empare du tissu cellulaire1 qui environne les ganglions lymphatiques, et dans ce cas la . tumeur se développe rapidement à la manière d'un phlegmon . et suppure bientôt; tantôt au contraire elle reste confinée dans ces ganglions, dont le gonflement est lent et presque sans réaction.

2° En effet, le bubon indolent n'a nulle tendance vers la suppuration ; il reste stationnaire et ne cause aucune douleur; mais il est lié à un chancre induré ou à une syphilis constitutionnelle.

Marche, terminaison, pronostic. — Nous venons de voir combien est différente la marche du bubon, selon qu'il est inflammatoire ou indolent. Il ne faut pas oublier toutefois que la suppuration étant due au tissu cellulaire, l'induration ganglionnaire peut apparaître après l'abcès. Celui-ci peut produire des décollements, des trajets fistuleux ; l'induration est susceptible de dégénérer en squirrhe, en cancer, en tumeur interminable, chez les indvidus scrofuleux, etc. Enfin le bubon peut se terminer par métastase et par gangrène. Sa présence est donc toujours une chose fâcheuse, qui vient compliquer et prolonger le traitement de la syphilis.

Diaçjnostic. — Il est des plus faciles chirurgicalement parlant. Ce que nous voulons en dire se rapporte à la question de l'inoculation et de la spécificité. Or, suivant M. Ricord, le bubon d'emblée, non syphilitique, ne s'inocule pas. Le bubon dont le pus est inoculable est dû à l'absorption du virus et a pour source directe le chancre primitif. Le bubon constitutionnel, induré, qui ne peut être primitif, suivant M. Ricord,

ne s'inocule pas plus que les autres symptômes secondaires.

Traitement. — 11 est : 1" préservatif, consistant dans les I soins qu'il faut apporter à ce que ni manœuvres, ni mauvais pansements, ni malpropreté n'irritent le chancre, et clans le le repos, le régime rafraîchissant, etc.: 2° abortif, lorsque, en vue de faire avorter l'inflammation, on emploie la glace en topique et la compression, avec ou sans les onctions mercurielles au voisinage des parties malades; 3° curalif, ou basé soit sur les antiphlogistiques, les émollients, l'ouverture des abcès, etc., lorsqu'il s'agit du bubon inflammatoire; soit au contraire sur les frictions mercuriclles, les emplâtres fondants, les vésicatoires, les oscharotiques (pâte de Vienne), les toniques et les antiscrofuleux à l'intérieur, etc., dans les cas où on a affaire au bubon indolent.

Suivant 31. Ricord, le bubon qui naît d'un cbancresimple non induré peut se passer, comme celui-ci, du traitement général; mais nous avons déjà dit qu'en pareille occurrence nous préférons, pour notre tranquillité, employer ce traitement. Celui-ci est absolument nécessaire lorsque le bubon a pour antécédent soit un chancre induré, soit une syphilis constitutionnelle.

Formulaire (traitement général).

(V. Chancre, Sypiiilides, Scrofules.)

PLAQUES MUQUEUSES. Pustule muqueuse ou plate; tu- I bercule ou pajtu/e muqueuse ou plate. — « Symptôme syphi- 1 litique particulier, caractérisé par des élevures saillantes plus I ou moins rosées, d'une forme assez souvent arrondie, recou- I vertes par une surface ressemblant à une membrane mu- | queuse. La plaque muqueuse siège au voisinage des ouver- I turcs naturelles du corps, surtout, au pourtour des organes I génitaux et de l'anus, sur les muqueuses buccale et pharyngienne, et quelquefois sur d'autres parties du corps, plus particulièrement à la base des ongles et là où la peau forme naturellement des plis en s'ailossant à elle-même. ».

Causes. — Rien à due de l'étiologic d'un îles symptômes de la syphilis, si ce n'est que ce symptôme; est très commun et qu'on le rencontre beaucoup plus fréquemment chez la femme que chez l'homme; que, considéré d'abord comme primitif,

puis comme tantôt primitif et tantôt secondaire, il est généralement rangé aujourd'hui parmi les accidents secondaires, quoique son apparition ait lieu dans quelques cas presque en même temps que le chancre.

Symptômes. — La définition en énonce les principaux. Ajoutons que ces plaques muqueuses sont mollasses, qu'elles sécrètent un liquide gluant, dense, d'une odeur forte, suigeneris ; parfois aussi qu'elles sont sèches ; que leur surface se couvre dans certains cas d'une fausse membrane grisâtre, ou bien de végétations (condylômes, choux- fleurs, etc.). On leur reconnaît trois modes de développement : transformation du chancre in situ en plaque muqueuse ; développement spontané ; développement sur la cicatrice d'un chancre récemment guéri. Leur durée varie de quinze jours à plusieurs mois. Ordinairement cependant elles disparaissent spontanément; mais tout n'est pas fini alors : il faut craindre le développement ultérieur des accidents de l'infection générale.

Traitement.— Il se divise en local et en général. Dans la grande majorité des cas, il suffit de quelques onctions avec l'onguent napolitain, la pommade au calomel, avec des lotions chlorurées, ou astringentes, etc. La cautérisation est encore employée avec avantage. — Bien moins encore que dans le chancre simple peut-on se dispenser de recourir au traitement interne.

Eau de guimauve, 125 grain.

Pustules plates, vhngadcs, suintements ieboreux vénériens, etc.

Autres.

Eau distillée, 4 part, j /y Sulfate de zinc, Alun,

Chlor. d'oxyde de sodium, 1 Acétate de plomb, au Dicl.

Pommade au calomel.

Axonge, 3)*:.

Calomel, 4 Solution .

Lotionner 2 fois par jour les th-r \

plaques muqueuses, puis les sau poudrer de calomel.

Autre (Velpeau).

Calomel a la vapeur, 2 à 4 gram.

Autres formules.

(Traitement général.) (V. Chancre, Syphilides.)

§ III. Accidents secondaires.

Ce sont les symptômes qui apparaissent un certain temps après les primitifs (temps extrêmement variable) et qui ca-

G ractériscnt la vérole confirmée, constitutionnelle. Ces symp- ; tomes sont l'engorgement des ganglions inguinaux et cervi- I eaux, les sypbilides , les végétations, les rbagades , l'iritis, I l'alopécie, les douleurs névralgiques vénériennes. Nous n'avons i à nous occuper que des syphilides, les autres symptômes I pouvant se passer d'une description spéciale, ayant été déjà i mentionnés, ou étant du domaine d« la chirurgie.

SYPHILIDES. — Accidents syphilitiques secondaires qui se I développent sur la peau. Leur division est absolument celle i! des maladies ordinaires de la membrane cutanée, c'est-à-dire i, qu'elles sont exanthématiques, vésiculeuses, huileuses, pustu- 1 leuses, tuberculeuses, papuleuses et squameuses.

Couses. — Les sypbilides étant le caractère de l'infection ij générale, ce sont les circonstances dans lesquelles celle-ci se I développe qu'il faut rechercher. Or, nous savons que, sauf les cas de syphilis héréditaire, les syphilides ont pour antécédent nécessaire, suivant M. Ricord, un chancre, et que quand elles paraissent se développer à la suite d'une blennorrhagie, c'est que celle-ci était compliquée d'un ulcère primitif urétral ou que le chancre, placé à l'anus ou ailleurs, n'a pas été constaté I et est passé inaperçu. Il est inutile, d'ailleurs, de répéter que cette opinion n'est point celle de tous les observateurs, et que les discussions à cet égard n'ont nullement convaincu les adversaires de l'un et de l'autre camp. Ajoutons, ce qui est plus important, que l'infection générale est moins fréquente après le traitement mercuriel des accidents primitifs qu'à la suite d'une simple médication antiphlogistique ; que les syphilides peuvent n'apparaître qu'au bout de vingt ans, et que, même après le traitement mercuriel le plus méthodique, on ne peut être sûr d'être complètement à l'abri de leur manifestation, bien que cependant on puisse croire généralement à une parfaite guérison.

Symptômes.- — Considérées en général, les syphilides se distinguent des maladies ordinaires fie la peau par une teinte roxuje cuivrée, par leur forme circulaire, leur chronicité, leur tendance à détruire les tissus, la forme arrondie, déprimée et

inégale des cicatrices, etc. Considérée en particulier, chaque variété présente les caractères que voici :

1» Syphilide exanthématique. Elle apparaît sous forme de I roséole ou d'érythème . La roséole syphilitique commence toujours par le tronc, très peu de temps après les symptômes ; primitifs en général; les taches, d'abord rosées, deviennent bientôt grisâtres et brunâtres. Cette dernière teinte persiste ; longtemps. — Vérythème syphilitique est une manifestation encore p-lus fréquente et plus précoce que la roséole. L'érup- 1 tion commence aussi par le tronc et se développe lentement. I Il est rare, dit M. Bassereau, qu'elle ne s'accompagne pas d'autres éruptions de même nature , qui se montrent le plus souvent au crâne. Un accident qui survient également dans la majorité des cas, c'est X engorgement des ganglions cervicaux et l'alopécie.

2° Syphilide vésiculeuse. Elle n'existe peut-être pas à l'état d'isolement et d'éruption, c'est-à-dire en maintenant ses caractères et ne passant pas à l'état squameux ou papuleux. On a décrit des eczémas, des herpès, de varicelles syphilitiques.

3° Syphilide huileuse. Elle comprend le rupia et le pemphygus syphilitiques , pour le diagnostic desquels il faut surtout tenir compte des antécédents des malades et de la teinte cuivrée qui entoure les bulles.

40 Syphilide pustuleuse. Cette variété est très commune, se développant ordinairement plusieurs mois et même plusieurs années après la disparition des accidents primitifs,^ particulièrement aux membres et à la tête, sous forme d'acné (s. lenticulaire) , à' impétigo [s. pustulo-crustacée) Qtd'ecttiyma. La forme pustuleuse est spéciale aux enfants véroles de nais-j sance. (V. Syphilis des nouveau-nés.)

5° Syphilide pnpuleuse. Eruption discrète ou continente de; petites clevurcs pleines, dures, d'une teinte cuivrée , qui ne| s'ulcèrent point, mais se recouvrent do squames minces qui se renouvellent plusieurs fois [lichen syphilitique).

6" Syphilide tuberculeuse. L'époque d'apparition de cet J affection cutanée varie d'un à quarante ans. Trois variétés, suivant qu'elle se montre en groupes, disséminée ou perforante. Le volume et le nombre des tubercules varient extra!

mement ; ceux-ci restent stationnaires pendant un certain temps, après quoi ils s'enflamment, grossissent et suppurent; l'ulcère qui en résulte est de nature rongeante, occupant ordinairement le nez , les lèvres ou le pavillon de l'oreille, qu'il détruit souvent (s. serpigineuse).

Quelques auteurs rapportent à la syphilide tuberculeuse la pustule muqueuse, que nous considérons comme un accident intermédiaire, et aux modifications de laquelle se rattachent les tubercules végétants, les mûres, groseilles, choux-fleurs .

7° Syphilide squameuse. Ce n'est autre chose que la lèpre ou le psoriasis, présentant des caractères qui rappellent leur nature syphilitique. Forme rare et de longue durée.

8° Syphilide maculée. Taches syphilitiques brunâtres, isolées, du diamètre d'une pièce de 5 francs, ne disparaissant pas sous la pression du doigt, non prurigineuses, qui constituent un symptôme concomitant plutôt qu'une affection distincte.

Traitement. — Le traitement des syphilides est interne et externe. Parlons d'abord du premier, qui est le même pour toutes les formes.

1° Traitement interne ou général. Il ne diffère pas au fond de celui de la syphilis elle-même, qui a été exposé dans l'histoire du chancre (page 653). Mais comme nous avons indiqué alors plus particulièrement les moyens de combattre l'infection récente, nous compléterons ce sujet en désignant les préparations qui, au dire des syphiliographes , ont une action peut-être plus puissante contre les symptômes secondaires. (V. les formules ci-dessus.) Le traitement doit durer de deux à quatre mois.

Les sudorifiques sont beaucoup plus utiles dans les sypbilides que dans les accidents primitifs. Néanmoins, on ne doit les considérerque comme des adjuvants, soit des mercuriaux, soit des préparations iodées, ces dernières étant particulièrement efficaces dans les accidents tertiaires. — Il faut associer à l'emploi de ces divers moyens les bains, le repos, un régime doux, quelquefois les toniques, les antiscrofuleux , etc., suivant l'état diathésique des sujets.

NOUVEAU COMPKNDIUM.

Pilules d'iod. de mercure (Rioord).

Proto-ioduvo de mercure, 3gram.

Extrait de thridace, 3 Extrait d'opium, 1 — de ciguë, 6 F. 60 pilules. — 1 d'abord, puis 2, 3 et 4 par jour.

Sirop de Larrey additionné.

Sirop sudor. de Larrey, 500gram.

Chlorhyd. d'amm., 0,25 cent.

Deutoclilor. dcmerc, 0,25 Extrait aq. d'opium, 0,25

1 cuillerée à bouche matin et soir. On peut aller jusqu'à 3 cuillerées chez les sujets robustes.

Préparation sûre et commode.

Autres pilules.

(Mercure soluble de Huhnemann).

Protonitrate ammoniacal

mercuriel, 2 grain.

Thridace, 2

F. 40 pilules. — 1 matin et soir. Augmenter jusqu'à 4 par jour.

Autres.

Extrait d'aconit, 0,6 décig.

Opium, 0,1 Sublimé corrosif, 0,1 F. 6 pilules. — 1 le matin.

Autres formules.

(V. Chancre.) Formules sudorifiqucs.

(V. Tisane de Feltz, de Pol-

L1NI, DE ZlTTMANN, Roiî L.VV-

fecteuu, Sirop de Cuisinier, Dict. thcr.}

2° Traitement local ou externe. Il varie suivant les diverses formes desyphilides.— 1° Roséole : bains alcalins, fumigations de cinabre, selon M. Gibert; aucun traitement particulier selon d'autres. - 2° Rupia : panser les ulcères avec le vin aromatique ou la pommade au calomel, les toueber avec le nitrate d'argent ou le nitrate acide de mercure.- 3° Acné : bains de vapeur, bains sulfureux ou alcalins, fumigations cmabrées.- 40 Ecthyma : M. Gibert emploie pour les pansements la pommade suivante : axonge 30, proto-iodure de mercure de 1 a 2. —5» Syphilide tuberculeuse : panser les ulcères avec, la pommade mcrcurielle, les lotions excitantes, les cautérisations légères. - 6o Lichen: rien de spécial. - 7o Psoriasis : rien de particulier.

§ IV. Accidents tertiaires de la syphilis.

Voici l'énumération que font les auteurs du Compendium de ces accidents qui se montrent un temps plus ou moins long après les symptômes secondaires : 1" lésions des tissus fibreux et osseux (périostosc , exostose , nécrose , carie) ; 2" gourmes sous-cutanées, sous-muqueuses et intermnsculaires ; 3» lé-

PATHOLOGIE INTERNE. 661 sions du système musculaire (convulsions, rétractions, rigidité, paralysie) ; 4° lésions de la sensibilité (douleurs musculaires et ostéocopes, migraine, amaurose, dyspepsie) ; 5° sarcocèlc syphilitique; 6" cachexie syphilitique (amaigrissement, atrophie générale, phthisic).

Il ne nous paraît pas nécessaire de traiter de toutes ces affections, qui sont pour la plupart du ressort de la chirurgie ou dont l'histoire a été faite ailleurs, à part l'indication de la cause spécifique. D'ailleurs, ce qui vient d'être exposé sur le traitement général des accidents secondaires, complété par ce qui suit sur celui des accidents tertiaires, suffit à l'intelligence parfaite du sujet. Néanmoins, nous dirons quelques mots des douleurs ostéocopes et des ulcères secondaires.

Traitement. — Les mercuriaux réussissent encore très bien dans cette période tertiaire de la syphilis. Cependant l'expérience a démontré que souvent le mercure n'agit plus sur le principe toxique vénérien et qu'alors [iodure de potassium doit lui être préféré. Les sudorifiques les plus puissants sont aussi très utiles, sans préjudice des bains simples, de vapeur ou mercuriels, des pommades résolutives, des incisions et resections qui peuvent devenir nécessaires. La durée du traitement peut être de plusieurs mois. — H peut arriver que la maladie résiste à ces divers moyens d'une thérapeutique rationnelle : alors on a recours aux arsenicaux.

Tlutne iodure c. I Iodure de potassium, lgram.

Infusion de houblon, lOOgram. j Teinture d'iode, 4 Iodure de potassium, 2 à 6 I F.n gargarisme contre les ulcé-

Sirop (lesucreoudcgûii- ! rations de la gorge; pour panser

tiiine,

100 les surfaces cutanées ulcérées.

A prendre par tasses dans la journée.

Autr-t (Hicord).

Infusion de saponaire, 1000 gram.

Iodure de potassium, 4 a. 8 Sirop de sucre, 150

Solution indurée.

Eau distillée, 2-30 gram

Autre (Hardy).

Eau distillée, 250 gram.

Iodure de potassium, 1<> Bi-iod.demcrc, 0 ,05 a.0,1 Ocent.

Dans les cas gra\es, particulièrement dan, la forme tuberculeuse perforante.

DOULEURS OSTÉOCOPES. — Espèce de névralgie spécifique du tissu osseux, due à l'infection syphilitique.

Symptômes. — Les douleurs sont aiguës ou sourdes, mais exacerbantes, et semblent briser les os. Le tibia en est le siège le plus ordinaire. Tantôt elles existent toutes seules, sans altération appréciable du tissu osseux ; tantôt elles s'accompagnent de périostose ou d'exostose. Dans tous les cas elles se montrent plus intenses la nuit que le jour. — Pronostic peu grave en général.

Traitement. — Outre celui de la syphilis secondaire ou tertiaire, suivant l'époque à laquelle remontent les premiers accidents, on emploie les onctions mercurielles sur la partie douloureuse. Si, ce qui arrive quelquefois, le mal est aggravé par le mercure, il faut recourir à l'iodure de potassium, aux frictions narcotiques et au vésicatoire volant.

Emplâtre (Ricord).

Empl. de Vigo, I Extr.de ciguë, | ™ Pilrt- eS- — gom. d'opium, 1/10 Douleurs ostéocopes, exostoses,

périostoses , sarcoeéle syphilitique.

Pommade.

Onguent napolitain, 30gram.

Extrait d'opium, 2

ULCERES SYPHILITIQUES SECONDAIRES. — C'est une forme de sypbilidequi succède ordinairement aux tubercules, et qui peut se produire comme accident tertiaire. Les ulcérations affectent surtout les muqueuses du palais, du voile du palais, du pharynx et du larynx, et ont une grande tendance à s'étendre et à détruire les parties sous-jacentes, qu'elles sillonnent et labourent profondément (ulcères serpigineux}.

Gargarisme antisyph ilitùi uo .

Décoction de gruau, lOOgrant, Miel, 20 Liqueur de Van Swicten, 10

Autre (Parent).

Cyanure de mercure, 0,5ddoig.

Décoct.do guimauve, 500 gr:un .

Autre (Ricord).

Décoction de ciguë et

inorelle, 250gvnm.

Sublimé corrosif, 0,ldécig.

Augmenter la dose jusqu'à 0,05 cent, pour 30 grani.

SYPHILIS DES NOUVEAU-NÉS. — Les enfants nouveau-nés peuvent offrir les trois ordres de symptômes île la syphilis; mais ce sont principalement les sijphilides que l'on rencontre

( liez eux.

Causes. — Les symptômes primitifs ne peuvent être transmis à l'enfant par voie de génération. Si on lui en reconnaît, c'est qu'ils proviennent de l'inoculation directe. Ainsi, par exemple, un nourrisson peut contracter un chancre buccal, soit en tétant une nourrice dont le mamelon est affecté de cette lésion, soit de toute autre manière, pourvu qu'il y ait contact du virus. Ce chancre pourrait paraître congénial dans le cas où le fœtus aurait été contagionné au passage des parties externes de la mère affectée d'ulcères primitifs. Naturellement le nourrisson qui porte un chancre peut le transmettre aux personnes qui l'allaitent ou qui l'embrassent, etc., et c'est sans doute de cette manière que s'opèrent les prétendues transmissions des accidents secondaires de l'enfant à la nourrice et vice versa.

Quant aux accidents consécutifs ou secondaires, ils ont toujours pour cause soit une ulcération primitive, plus ou moins apparente ou inaperçue, soit l'hérédité ou transmission congéniale. L'enfant qui les porte ne peut les transmettre à sa nourrice, non plus que celle-ci ne saurait infecter son nourrisson, pas même par son lait, par cela seulement qu'elle offrirait des symptômes secondaires. Les faits qu'on présente en opposition avec ces principes de pathogénie syphilitique sont mal observés et rentrent dans la catégorie des symptômes primitifs larvés.

Ces propositions, ces sortes d'axiomes qui découlent de l'enseignement de Hunter et de M. Ricord, et surtout des nombreuses expériences de ce dernier, ne sont point acceptés par tout le monde; nous devons dire au contraire qu'une foule de praticiens très expérimentés, tels que Cazenave, Lagneau, Velpcau, Vidal, etc., les rejettent comme dangereux et contraires à ce qui se passe chaque jour.

Lathéorieque défend M. Ricord avec le talent qu'on lui connaît est certainement séduisante par la clarté qu'elle jette sur un sujet aussi obscur, et la forme simple et facile à laquelle elle le l'amené; mais tant qu'elle comptera de si nombreux et savants adversaires, nous donnerons le conseil d'agir comme s'il était démontré par A + B qu'elle est erronée: ainsi le commandent la prudence et la santé des humains.

Symptômes. — La syphilis héréditaire se déclare, soit avant, soit après la naissance : il est bon de connaître cette dernière circonstance, afin de ne pas accuser la nourrice d'avoir infecté un enfant qui l'était dans le sein de sa mère et dont les accidents syphilitiques ne se sont manifestés qu'un temps plus ou moins long après la vie intra-utérine. La vérole congéniale est caractérisée par le coryza, une pâleur cachectique, des taches bistrées, des phlyçtènes depemphygus, quelquefois la diarrhée, l'hypertrophie du foie, etc. » Le corps maigrit; l'enfant est faible, émacié, sa peau terreuse, parcheminée; les rides du visage profondes, multipliées, jointes à la maigreur, à l'expression de souffrance et à la décrépitude qui se peint sur le visage, font ressembler ces êtres à de petits vieillards. » Mais que de manifestations diverses depuis la cachexie sans symptômes apparents (Gibert) jusqu'aux syphilides, au pemphygus (qui peut n'être pas syphilitique), aux altérations des os (quoiqu'elles soient rares), aux abcès du thymus, des poumons (Depaul), etc.!

Pronostic. — « Un très grand nombre d'enfants meurent de vérole héréditaire dans le sein de leur mère. C'est là peut-être la cause la plus commune de l'impossibilité où se trouvent certaines familles d'avoir des rejetons, et on trouve chez ces fœtus les mêmes lésions qui emportent plus tard les enfants qui ont pu venir vivants au monde. Quand cette maladie se prend à des enfants tout nouveau nés ou âgés seulement de quelques semaines, elle est constamment mortelle. Son pronostic est moins grave chez les enfants plus avancés en âge, quoiqu'il soit toujours très sérieux. Ces derniers, lorsqu'ils prolongent leur existence, conservent ordinairement une santé débile et menaçante. »

Traitement. — Chez les très jeunes enfants, la médication par la bouche doit être délaissée : on aura recours aux bains mercuriels à dose minime ; mais surtout on devra se servir de la nourrice comme de véhicule du médicament, et lui faire prendre du mercure en pilules ou en solution [liqueur de Fan Swieten, sirop de Larrey). Il est possible, néanmoins, d'administrer chaque jour au petit malade 25 à 30 gouttes de liqueur de Van Swieten dans 100 grammes de

lait ou d'eau sucrée en trois ou quatre doses, ou bien d'aider le traitement fait par la nourrice par des frictions quotidiennes sur les gencives et la langue des enfants très jeunes avec 12 milligrammes decalomel incorporé dans du miel (Cazenave).

i — L'induré de potassium est préférable dans les formes graves (affection du poumon, du thymus, du foie, coryza, etc.). Il faut cautériser ra pidement les fosses nasales dans le coryza grave. Les ulcères de la bouche et du mamelon peuvent être touchés sans inconvénient avec un mélange de 10 à 15 milligrammes de bichlorure de mercure dans 60 grammes d'eau de chaux. Les parents qui ont donné le jour à un enfant vérole , lors

: même qu'ils ne présentent pas les signes extérieurs de l'infection, doivent être soumis au traitement général de la sy-

I philis.

taies ou TACHES DE LA CORNÉE. — Altérations de transparence de la cornée sous forme de taches, la plupart plus ou i moins blanches, dues à une humeur déposée ou infiltrée entre [ les lames de cette membrane ou à une cicatrice.

Causes. — L'inflammation est la source de la lymphe qui, diversement déposée sur ou entre les lames de la cornée, la rend opaque. (V. Kératite.) Il est aussides taies qui paraissent indépendantes de toute inflammation, comme chez certains enfants scrofuleuxoix les symptômes de la kératite manquent. Il y a la prédisposition individuelle qui fait que la plus légère inflammation, le moindre accident sur la cornée, déterminent une taie, tandis que chez d'autres individus l'on voit disparaître rapidement la tache de la large cicatrice formée par l'opération de la cataracte par extraction.

Symptômes. — Les taies reçoivent différents noms en raison de leur degré, de leur nature , etc. — 1° Nuage. Cette tache, qui occupe la lame superficielle de la cornée, se présente sous l'aspect d'une plaque blanchâtre qui simule un léger nuaac, une fumée. Comme elle occupe le plus souvent le centre pupillaire, elle peut troubler la vue, mettre obstacle au passage des rayons lumineux.

2° Albugo. Cette taie est due au dépôt d'une humeur dans une partie quelconque de la cornée. Plaque opaque, d'un

blanc jaunâtre, plus dense ordinairement au centre qu'à la circonférence, due le plus souvent, selon Mackensie, à une pustule de la cornée qui s'est guérie sans crever. L'albugo est quelquefois, chez les scrofuleux, parcouru par de nombreux vaisseaux qui lui viennent de la conjonctive.

3° Leucoma. Cette tache opaque est toujours le résultat d'une cicatrisation ou d'inflammations profondes de la cornée. Affectant toute l'épaisseur de cette multiple membrane, elle est épaisse, opaque, parfois avec aspect contracté, déprimée à son centre et souvent combinée avec une adhérence partielle de l'iris à la cornée.

Pronostic. — Variable, suivant l'étendue, la position, la profondeur de la taie ; suivant le sujet affecté, etc.

Traitement. — La première indication à remplir consiste à détruire les complications, à combattre l'inflammation de la cornée, l'état diathésique du sujet, etc. C'est donc le traitement de la kératite qu'il faut continuer ou reprendre, si les sypmtômes l'exigent. Ainsi, après les antipblogistiques viennent les divers collyres excitants, astringents, résolutifs, liquides, secs ou en pommade, les vapeurs aromatiques, les douches d'eau minérale, etc.

Lorsque les taches sont entretenues par des vaisseaux anormalement développés, c'est aux procédés chirurgicaux qu'il faut recourir : ils ne sont pas de notre sujet.

Collyres.

(V. Conjonctivite, Kératite.)

Poudre (1).

Calomel à la vapeur,) ^ .

Sucre candi, j

Réduisez en poudre impalpable.

Autre.

Calomel à la vapeur, \

Tuthie, J aapart. ég.

Sucre candi, )

Pommade.

Précipité blanc, lgram.

Axonge, 5

Autre (Desmarres).

Beurre frais lavé, 3gram.

Précipité rouge, 0,10 à 0,20 cent.

Camphre, 0,15

p s. n — Appliquer sur le bord libre des paupières, le soir, gros comme un grain do blé. Kéra-

(I) On Insuffle loi poudres opblhalmiques sur le devant du globe oculaire h l'aide d'un tulie, d'un tuyau de plume, pnr exemple; on pnul les placer par pincées entre les paupières tenue: renversées, comme le propose M. Velpcau.

tites vasculaires, chroniques, ta- | elies non encore organisées. I

I Autres.

I (V. Blépharite glanduleuse.)

teinte bronzée de L.\ peau. — Affection cutanée de l'ordre des macules, caractérisée par une teinte bleuâtre, puis légèrement bronzée, générale, plus intense à la face et aux mains, presque toujours due à l'administration du nitrate d'argent. Au visage, la teinte paraît plus foncée lorsque le sujet devient pâle, et, au contraire, moins remarquable lorsqu'il s'anime, qu'il rougit. — Cette teinte ne s'accompagne d'aucun trouble, et persiste d'une manière indéfinie.

tétanos. — Maladie caractérisée par la contraction permanente, l'état de tension et de rigidité douloureuse de plusieurs ou même de tous les muscles volontaires, l'intelligence restant intacte. Il est idiopatbique ou symptomatique. Son siège et dans la moelle épinière , mais il se révèle par des lésions très diverses ; souvent l'inspection anatomique n'en fait découvrir aucune (tétanos essentiel), et dans ce dernier cas l'affection consiste dans une névrose rachidienne.

Causes. — Les prédispositions consistent dans les climats chauds, les chaleurs de L'été, le jeune âge dans la race nègre, les contrées basses et humides. Les causes occasionnelles comprennent l'impression prolongée du froid humide, les affections morales, les excès des boissons alcooliques et des plaisirs vénériens, les suppressions et repercussions, mais surtout les piqûres et déchirures des nerfs, les mauvais pansement des plaies, etc., qui sont les causes spéciales du tétanos traumatique , dont l'histoire appartient à la chirurgie.

Symptômes. — Le tétanos idiopathique, celui dont il est question spécialement ici , débute brusquement , parfois par du frisson, de la courbature ou de. l'insomnie, des vertiges. Bientôt se manifeste de la raideur dans le cou et les muscles des mâchoires, de la gène dans la déglutition, puis des contractions involontaires dans les muscles du tronc et des membres, etc. Voilà déjà le tétanos confirmé : il est général ou partiel.

Tétanos général. Tous les muscles étant contractés convulsivement, il en résulte que le corps est comme une statue, et

66g NOUVEAU COMPENDIUM.

qu'on pourrait le soulever tout d'une pièce en le saisissant par les pieds. J'ai été témoin d'un cas de ce genre chez un bûcheron, âgé de trente ans, qui avait été pris de tétanos après avoir été mouillé plusieurs jours de suite en se livrant à son pénible travail. Les dents sont fortement serrées, la déglutition plus ou moins difficile ou impossible ; les parois de la poitrine paraissent immobiles, les muscles inspirateurs plus ou moins envahis : de là respiration gênée, suspirieuse, menace d'asphyxie dans les cas extrêmes ; la voix ne s'altère que dans ces mêmes circonstances graves. Les muscles contractés sont le siège de douleurs déchirantes , de crampes très pénibles, qui offrent des rémissions. La contracture est permanente, et cependant agitée de temps en temps de secousses convulsives, surtout pendant les exacerbations douloureuses. Le pouls est un peu ralenti, quelquefois fébrile; rien de remarquable du côté des fonctions digestives ; constipation par suite de la contraction spasmodique des sphincters. Au milieu de tout cela, intelligence intacte.

Tétanos partiel. Lorsqu'il n'y a que quelques muscles d'envahis, la maladie prend une autre physionomie et un nom spécial. 1° Le trismvs est le serrement des mâchoires; il est tellement prononcé qu'il est impossible d'ouvrir la bouche pour introduire les boissons. Il faut, dans ce cas, profiter de l'intervalle laissé par une dent arrachée, afin d'introJuire un tube fin pour faire aspirer le liquide.— 2° Le tétanos facial offre la physionomie horriblement contractée, les yeux hagards, etc. — 3" Vopistholojws résulte de la convulsion des muscles de la partie postérieure du tronc. Il y a courbure du tronc en arrière, et, dans les cas les plus graves, cette courbure est telle que le corps forme comme un arc à convexité antérieure et que le malade ne repose que sur les talons et la lète. — 4° Vemprosthotonos est l'espèce opposée à la précé lente. — 5 • Le pleuroslholonos résulte de la contraction des muscles d'un des cotés du tronc et du cou. Il donne lieu à une courbure latérale.

Marche, terminaison, pronostic — Le tétanos est une affection à marche continue, malgré ses paroxysmes. Sa durée, variable d'ailleurs, est généralement courte : la mort survient

au bout de deux à huit jours au plus; passé ce terme, il y a grande chance de guérison. Malheureusement, le peu de fréquence de celle-ci rend le pronostic très grave. La mort survient par asphyxie.

Diagnostic — Serait-il possible qu'on confondît l'éclampsie, l'hystérie, l'épilepsie, avec le tétanos >. Nous ne le pensons pas.

Traitement. — Il faut agir éner^iquement par l'emploi des antiphlogistiques (saignée, sangsues, ventouses), des narcotiques (opium, belladone, tabac), desanesthésiques (chloroforme), des révulsifs (vésicatoires, cautère objectif). Outre ces moyens, qui doivent inspirer le plus de conGance, on a préconisé les antispasmodiques, le tartre stibié à haute dose, les mercuriaux, les bains de vapeur, les alcalins, l'acuponcture, l'électricité, etc., etc.

La rareté du tétanos idiopathique, le petit nombre d'observations circonstanciées, la variété des moyens proposés, font qu'il n'est guère possible encore de formuler un traitement que l'on puisse conseiller comme étant le meilleur. Nous avons vu guérir le malade dont nous avons parlé plus haut, en lui administrant du laudanum à haute dose. M. Forget, de Strasbourg, a guéri un tétanos à l'aide des frictions mercunelles (30 gram. par vingt-quatre heures pendant cinq jours) ; le môme médecin a employé avec avantage les inhalations de chloroforme. On sait que Laennec obtenait des succès par l'émétique à dose contro-stimulante-

Au chirurgien appartient le traitement du tétanos traumatique.

torticolis. — Rhumatisme des muscles du cou, principalement du sterno-mastoïdien.

Causes. — Action prolongée du froid ou d'un courant d'air humide et froid, surtout pendant le sommeil; peut élroquelquefuis fatigue des muscles par suite d'une fausse position.

Sijmplôines. — Le torticolis se manifeste ordinairement le matin au réveil; le malade ressent une vive douleur s'il veut tourner ou redresser la tète. Il maintient par conséquent sa tète penchée de coté, en arrière ou en avant, suivant les muscles affectés, et, pour éviter la douleur, il se retourne tout

670 NOUVEAU COMPENMUM.

d'une pièce. Lorsque le torticolis est très aigu il s'accompagne de chaleur, de gonflement, avec sentiment de courbature, frissonnements , etc. Ces symptômes se dissipent au bout de quelques jours , mais la maladie peut passer à l'état chronique.

Traitement. — Application de cataplasmes chauds et laudanisés, frictions narcotiques, boissons diaphorétiques. On peut recourir aussi aux bains et douches de vapeur. Rarement les émissions sanguines locales deviennent nécessaires. — Le torticolis chronique réclame le traitement du rhumatisme musculaire chronique. Cette maladie, lorsqu'elle résiste, peut, par suite de l'attitude vicieuse à laquelle elle astreint les malades, réagir sur les os du cou et altérer leur conformation.

Formulaire.

(V. Névralgie, Rhumatisme musculaire.)

tubercules. Affections tuberculeuses de la peau. — Ces maladies sont au nombre de cinq : deux ont été étudiées déjà, le bouton d'alep et la kéldide; les trois autres, qui sont : Véléphantiasis des Grecs, le frambœsia et le molluscum, se présentant encore plus rarement à l'observation, en Europe du moins, nous nous bornerons à rappeler, à leur sujet, les généralités que MM. Cazenave et Schedel leur ont consacrées.

« Ces maladies sont caractérisées par de petites tumeurs solides, persistantes, circonscrites, plus ou moins volumineuses, qui, toujours primitives, diffèrent bien de ces indurations que nous avons vues succéder à certaines pustules , et constituent une lésion élémentaire fort remarquable. » (Cazenave et Schedel.)

Causes. — « Les causes des affections tuberculeuses sont fort obscures. Elles sont toutes très rares en France; plusieurs, au contraire, sont très communes dans les pays voisins de l'équateur. Le framb «sia et une variété du mollusculum se transmettent par contagion. »

Symptômes. — « Ordinairement rouges dans le frambœsia, rougeâtres et quelquefois sans changement de couleur dans

le molluscum, les tubercules présentent une teinte livide dans Yéléphantiasis; ils ont vin volume très variable : quelquefois de la grosseur d'un pois, ils peuvent dépasser celle d'un œuf. Le plus souvent discrets, isolés, ils sont cependant quelquefois réunis comme dans le frambœsia, par exemple, où ils sont rassemblés en grappes. Accompagnées rarement de symptômes généraux, excepté dans 1 elépbantiasis, qui très souvent est compliqué d'une inflammation cbronique des membranes muqueuses, et surtout de celles qui tapissent les voies digestives, les éruptions tuberculeuses sont le plus ordinairement bornées à quelques surfaces peu étendues. Quelquefois cependant elles peuvent devenir générales ; elles peuvent rester stationnâmes, et alors, ou bien elles disparaissent plus ou moins promptement par une résolution complète, ou bien les tubercules s'ulcèrent à leur sommet, et se recouvrent de croûtes plus ou moins épaisses. Ces croûtes se détachent au bout d'un certain temps, et laissent souvent après elles des ulcérations de mauvaise nature. D'autres fois ce sont des excoriations très légères, et il se forme une exsudation peu abondante qui donne lieu à des incrustations sèches, peu épaisses, mais très adhérentes.

Pronostic. - « Les maladies tuberculeuses sont, en général, graves, principalement par leur durée et leur opiniâtreté à résister quelquefois à tous les moyens mis en usage pour les combattre. L'élépbantiasis des Grecs est surtout très fâcbeux par sa funeste influence sur l'économie et les maladies qui le compliquent, maladies qui souvent, rebelles à toute médication, entraînent le malade au tombeau. » (Caz. et Sch.)

Traitement. — Le traitement des tubercules se ressent nécessairement de l'obscurité dont est encore entourée la connaissance de ces affections. Il se compose toutefois des moyens les plus actifs que possèdelatbérapeutiqne des affections cutanées (mercuriaux, teinture de cantbarides, pilules asiatiques).

TYMPANITE. — Accumulation de gaz dans l'intestin. Elle est idiopathique ou symptomatique.

Causes. — Ces causes sont très diverses cl déjà indiquées

d'une manière générale à l'article Pneumatose. La tympanite nerveuse se développe plutôt chez les femmes que chez les hommes et se lie à un trouble de l'innervation plus ou moins profond. (V. Névroses.) Celle de la digestion est due à l'usage d'aliments indigestes, farineux, etc.

Symptômes.— Développement de l'abdomen, dont la conformation ne change pas dans les différentes positions du corps; son tympanique, sentiment de plénitude; constipation; gêne de la respiration résultant du refoulement du diaphragme.

Il y a une tympanite péritonéale, mais elle est extrêmement rare.

Traitement. — Il rentre dans celui des pneumatoses en général. Fomentations aromatiques; frictions avec l'alcool, l'eau de Cologne; applications de flanelles chaudes sur le ventre; infusion de coriandre, d'anis, de camomille, etc. Ou bien encore fragments de glace à l'intérieur, lavements froids, etc. Dans le cas de fausse digestion, d'ingestion de mauvais aliments, prescrivez un éméto-purgatif. — Combattez les causes, l'irritation ou l'atonie du canal intestinal, etc.

Formulaire.

(V. Flatuosités, Pneumatose.)

typhus féver. — « Affection pyrétique contagieuse, caractérisée par des symptômes généraux graves, une éruption pétéchiale très différente des taches rosées lenticulaires, et l'absence de toute lésion importante du tube intestinal. » Dans cette définition sont énoncées les différences qui existent entre le typhus féver et la fièvre typhoïde.

Causes. — La maladie en question sévit principalement en Irlande, sur la classe malheureuse, aux Etats-Unis. Llle se montre presque toujours épidémique et contagieuse. Selon le docteur Jenner, la contagion du typhus n'engendre jamais la fièvre thyphoïde, et réciproquement, autre circonstance qui sépare ces deux affections.

Symptômes. — Céphalalgie constante ; peu de douleurs de ventre et de diarrhée; pas de symptômes gastriques, mais pouls fréquent, insomnie, rêvasseries, somnolence, stupeur,

PATHOLOGIE INTERNE. 673 délire, éblouissements, abattement des forces rapide et prompt. Dans tous les cas, éruption de taches nombreuses d'un rose sombre, puis d'un rouge foncé, ou violettes, arrondies non saillantes, ne disparaissant pas sous la pression. En outre, taches plus vagues, formant une coloration sous-épidermique comparée à une teinte jus de pruneaux. Absence des taches rosées lenticulaires et des sudamina de la fièvre typhoïde.

' Marche très rapide. — Pronostic inaniment plus grave que celui de la fièvre typhoïde.

Traitement. — Excitants généraux, antispasmodiques, antiseptiques et purgatifs.

UliTlCAinE. — Affection exanfbémateuse (V. Exanthèmes) caractérisée par des plaques saillantes, plus rouges ou plus blanches que la peau saine, fugaces, et accompagnées de prurit.

Causes. —Elles sont de plusieurs genres : d'abord le jeune âge, le sexe féminin, le tempérament nerveux, sont des prédispositions; la maladie est plus fréquente au printemps et dans l'été que dans les autres saisons; elle est produite par une vive émotion, la dentition chez les enfants; par l'ingestion de certains aliments, tels que moules, écrevisses, œufs de certains poissons, etc. Elle accompagne souvent la fièvre intermittente. C'est encore une urticaire que déterminent les piqûres d'ortie.

Symptômes. — On a admis trois espèces principales d'urticaire. — 1» Urticaria febrilis {urticaire fébrile, fièvre ortiée). Prodromes consistant dans un malaise, des horripilations, de la céphalalgie, une fièvre plus ou moins intense, parfois des nausées, des lipothymies. Puis se manifestent du prurit et uni chaleur générale incommodes, suivis de l'éruption caractérisée dans la définition. Les élévations cutanées sont discrètes ou confluentes, de forme et d'étendue variables, constamment accompagnées de démangeaisons; elles ont une durée individuelle éphémère, mais sont remplacées par d'autres. L'éruption se montre intermittente dans quelques cas. Elle s'accompagne d'un certain gonflement des tissus, de symptômes

généraux variables en intensité; et quelquefois, après l'ingestion de certaines substances médicamenteuses ou alimentaires, de troubles digestifs assez prononcés pour faire supposer un empoisonnement. Durée : un septénaire.

2° Urticaria evadina. Les plaques sont allongées, irrégulières, et ressemblent aux marques d'une flagellation récente. Elles se montrent et disparaissent à plusieurs reprises, affectant une marcbe cbronique. Durée : deux mois environ.

3° Urticaria tuberosa. Forme plus grave, caractérisée par des nodosités accompagnées de gêne et de tension considérables dans les parties ; dans quelques cas rares par des eccbymoses, un gonflement énorme avec agitation, etc. Symptômes généraux plus intenses. Durée : une ou plusieurs années.

Pronostic. — Il est généralement favorable ; il présente quelquefois de la gravité dans la forme tuberosa.

Diagnostic. - Les deux affections qui ressemblent le plus à l'urticaire sont le licben urticans et l'érythème noueux.

Traitement. — L'urticaire non fébrile et de cause externe cède rapidement aux lotions acidulées ou d'eau blanche aux bains froids et à la limonade. L'urticaire est-il fébrile : bains tièdes, boissons rafraîchissantes, et quelquefois purgatifs, x a-t-il embarras gastrique : vomitif, eau d'orge acidulée, eau sucrée éthérée. Si la maladie est intermittente, ou accompagne une fièvre de ce nom, prescrivez le sulfate de quinine.

Contre l'urticaire chronique, suivant les cas et 1 état général, régime doux, sangsues à l'anus, bains alcalins ou de vapeur, laxatifs, boissons acidulés, etc. M. Marotte a guéri une urticaire ancienne et rebelle à l'aide de l'extrait d aconit, en pilules de 0,05 cent, chaque. Le malade en prit deux par jour d'abord, puis augmenta la dose jusqu'à douze.

VACCINE. — Maladie éruptive pustuleuse, transmise primitivement à l'homme par l'inoculation du cow-pox, pustule qui se développe naturellement sur les trayons des vaches, el dont l'humeur fut inoculée la première fois en 1798, pai Jenner, à qui appartient l'honneur de cette précieuse décou-

verte. , ..

La vaccination est donc lu communication par inoculation

de la maladie de la vache à l'homme, et ensuite de l'homme vacciné à l'homme non vacciné, parce que l'humeur vaccinale reproduit pendant un temps plus ou moins long, sinon indéfiniment, les propriétés du cow-pox.

Le vaccin doit être recueilli dès que les boutons de la vaccine sont bien développés, du cinquième au huitième jour. On l'inocule soit de bras à bras, c'est-à-dire en chargeant la pointe d'une lancette dans un bouton intact et en l'introduisant immédiatement après sous 1'épiderme, à la partie externe et supérieure du bras; soit après l'avoir gardé en provision entre deux plaques de verre, entourées d'une feuille de plomb qui a pour but de le préserver du contact de l'air. Dans ce dernier cas, on délaie le vaccin avec une goutte d'eau, puis on en charge une lancette, et on l'inocule comme il vient d'être dit.

Après l'inoculation, on n'observe rien pendant trois jours (temps d'incubation) ; le quatrième au plus tard, apparaît une petite élevure rouge, qui grossit le cinquième, s'élargit le sixième, s'aplatit, s'ombilique et blanchit ; le septième jour, c'est une pustule entourée d'une aréole rouge; le huitième et le neuvième jour, le développement du bouton est complet, l'aréole est plus étendue ; il survient du malaise, de l'agitation, un léser mouvement fébrile. Ensuite la dessiccation commence ; mais ce n'est que vers le vingtième ou vingt-cinquième jour que la croûte tombe, mettant à nu une cicatrice blanche, indélébile. Telle se comporte la vaccine vraie, préservatrice. Lorsqu'au contraire les boutons apparaissent dès le lendemain de l'inoculation ou le surlendemain, que les pustules ne s'ombiliquent pas, qu'elles sont plutôt pointues, etc., la vaccine est dite fausse, et sans vertu préservatrice.

Un grand nombre de questions se rattachent à la vaccine. Il serait hors de propos de les examiner dans un livre du genre do celui-ci. Voici cependant quelques propositions aphoristiques qui les résument en partie. 1° La vertu préservatrice de la vaccine ne peut être, considérée comme absolue; elle se montre souvent temporaire; au bout de douze à quinze ans il est prudent de revacciner. Toutefois les individus vaccinés qui ont dépassé trente à trente-cinq ans n'ont plus rien à craindre de la variole. 2° Lccow-poxcst supérieur au vac-

cin ordinaire ; on doit l'employer de préférence lorsqu'il est possible de se le procurer. 3° Il n'y a pas un rapport intime entre l'intensité des phénomènes locaux et la vertu préservatrice de la vaccine; au contraire ce rapport avec les symptômes généraux est évident. 4° « Si l'inoculation du vaccin n'a rien produit chez un sujet, ondoitrépéter la vaccination à d'assez courts intervalles, un an, par exemple, jusqu'à ce que l'on : ait obtenu un résultat. Si cette inoculation n'a pas produit de réaction, de symptômes généraux, on doit se défier de sa vertu préservatrice, et l'on doit recourir à de nouvelles vaccinations, sans craindre de les faire à des intervalles peu considérables, parce que cette pratique ne peut avoir aucun inconvénient. Cependant, si une seconde vaccination n'avait aucun résultat, on serait autorisé à attendre un certain nombre d'années (de cinq à six) avant de recourir à une autre. En temps d'épidémie néanmoins, il n'en serait pas ainsi ; car alors on devrait se hâter d'inoculer de nouveau le vaccin. Si, sous quelque rapport que ce soit, la vaccine a présenté une anomalie quelconque, on ne doit pas hésiter à agir comme si la vaccination n'avait été suivie d'aucun résultat. >■ (Valleix). 5° Le sujet chez lequel on prend le vaccin doit être un enfant fort, vigoureux, en bonne santé; cependant on voit des enfants ehétifs fournir une belle vaccine; mais il faut repousser ceux qui peuvent être porteurs d'une maladie contagieuse, quoiqu'il soit plus que douteux que le vaccin d'un enfant atteint de syphilis héréditaire puisse transmettre cette affection. [Y. Syphilis.)

varicelle. — Variole modifiée, extrêmement bénigne, qui se développe principalement chez les sujets bien vaccinés ou qui ont eu la variole.

Symptômes. — Très légers clans la période d'invasion, souvent inaperçus. L'éruption offre deux formes ou variétés. 1° Vésicules d'un petit volume, les unes acuminées, les autres aplaties, et dontlefhude, d'abord transparent, devientopaque au bout de deux ou trois jours [varicelle à petites vésicules); puis dessiccation, formation de légères croûtes brunâtres qui tombent vers le dixième jour. L'éruption est souvent succès-

sive. —Dans d'autres cas, les vésicules sont plus grosses, comme pustuleuses : démangeaison plus vive, croûtes plus larges (varicelle à vésicules globuleuses). Traitement. — Il est des plus simples, borné au repos et

' à des boissons douces. On peut alimenter de bonne heure les

: malades.

vaut OLE. Fièvre varioleuse, petite-vérole. — Eruption fébrile pustuleuse caractérisée par des pustules plus ou moins nombreuses et par une marche prévue d'avance dans les cas simples.

Causes. — La variole est due à la propagation d'un virus infectieux qui peut se transporter d'un lieu dans un autre

j et qui atteint les sujets non vaccinés soumis à son influence.

' Importée en Europe par les Croisés, elle exerçait de grands ravages avant que Jenner en découvrît le préservatif; même à présent , bien que les vaccinations soient très répandues, elle ne laisse pas que d'être encore assez fréquente, régnant soit sporadiquement, soit épidémiquement, principalement au printemps et dans l'été. Les enfants à la mamelle n'y sont pas très exposés, mais à partir de six ans elle devient fréquente. Elle n'atteint ordinairement qu'une fois le même individu, mais il y a des exceptions à cette règle.

Symptômes.— Il faut distinguer la variole en régulière et en irrégulière.

1° Variole régulière. Il y a à considérer plusieurs périodes. Incubation : les uns la fixent à neuf jours, d'autres à dix ou douze jours et plus; suivant MM Rilliet et Bartbez, elle varierait entre trois ou quatre et quarante-six jours. Invasion : un frisson ouvre la scène : il peut manquer ; douleur épigastrique, nausées, vomissements, constipation, douleur lombaire remarquable, non constante cependant, céphalalgie, agitation, insomnie, parfois délire. Eruption : elle commence du deuxième au troisième jour de l'invasion, sous la forme de petites tacbes ou points rouges, qui bientôt présentent une légère convexité. Cette éruption apparaît d'abord à la face, au cou, puis au tronc et aux extrémités inférieures. Dès le lendemain ou surlendemain, le sommet des tacbes se trans-

678 NOUVEAU COMPEND1UM.

forme en une vésicule plate où s'accumule un fluide d'abord séreux et incolore, et puis trouble et d'un blanc jaunâtre. Ces pustules continuent à se développer pendant trois ou quatre jours; elles s'arrondissent, s'entourent d'un cercle rougeâtre, et leur centre présente une dépression ombilicale. Suppuration : du quatrième au septième jour le pus qu'elles contiennent devient plus consistant, l'aréole inflammatoire se dessine davantage, et le tissu cellulaire sous-cutané participe à l'inflammation : alors la face surtout est plus ou moins tuméfiée. On observe aussi des pustules sur les muqueuses de la bouche, du pharynx, du larynx, des paupières, etc., qui causent des douleurs assez vives et divers accidents selon la fonction de l'organe entrepris, principalement de la salivation. Dessiccation : elle commence du neuvième au dixième jour par la face, comme l'éruption ; le liquide des pustules se dessèche en commençant par le centre, où se montre d'abord un point noir, qui gagne les autres parties du bouton. Lorsque les pustules sont confluentes ou très volumineuses, elles se crèvent et laissent suinter, avant de se dessécher, de la matière purulente qui se convertit en croûtes plus larges et irréguhères. Cicatrisation : dans la variole discrète, légère, la croûte se détache, puis il reste une tache d'un rouge brun, qui persiste longtemps, mais pas de cicatrice ; lorsque le derme a été plus profondément atteint, à la tache survit une petite cavité cicatricielle ; et si la variole a été confluente, la peau se présente couturée par des cicatrices réunies et confondues.

Tels sont les phénomènes locaux. Quant aux symptômes généraux, voici ce qui se passe. Les phénomènes fébriles de l'invasion cessent ou du moins diminuent lorsque l'éruption est achevée. Mais du huitième au dixième jour, au moment de la suppuration, ils reparaissent : c'est alors la fièvre secondaire ou de suppuration.

2" bariole irrégulière. Nous bornant à dire que la varicelle, la varioloïdc (V. ces mots) et la variole sine variolis ont été rangées parmi les varioles irrégulières, nous passerons de suite aux varioles compliquée, maligne et hémorrhagique. —La variole compliquée est tout simplement celle dans laquelle on voit survenir une ophthalmie, la laryngite, la sto-

raatite, l'otite, la bronchite, la pneumonie et diverses sortes d'éruptions cutanées concomitantes, voire même des abcès sous-cutanés qui rendent la convalescence longue et dillîcile. Mais ces complications peuvent être considérées comme des phénomènes propres à certains cas primitivement graves. — La variole maligne est celle dans laquelle prédominent les symptômes nerveux ou adynamiques. — La variole hémorrhagique est celle dans laquelle on voit apparaître du sang dans les pustules, des pétéchies, des ecchymoses, des hémorrhagics, etc. — Ajoutons enfin cpie l'éruption peut présenter des modifications remarquables, qui lui ont fait donner les épithètes de cristalline, verruqueuse, tuberculeuse, etc.

Marche, durée, pronostic. — Nous venons d'indiquer la marche de la maladie en signalant l'ordre de succession des symptômes. La variole régulière est discrète ou confJuente; dans le premier cas, elle ne se termine jamais par la mort, à moins de complications; dans le second cas, le pronostic est beaucoup plus grave. Il y a cependant des varioles confluentes bénignes; mais le plus souvent la confluence de l'éruption entraîne la mort, qui survient par la méningite, la laryngite (asphyxie), l'état ataxique, ou par une véritable résorption purulente. La maladie, toutes choses égaies d'ailleurs, est plus grave lorsqu'elle règne épidémiquement, qu'elle atteint les jeunes sujets, les femmes enceintes, lesquelles avortent presque toujours et meurent après.

Diagnostic. — A sa première période, avant l'éruption, la variole est souvent méconnue, prise pour une fièvre inflammatoire ou typhoïde, ou une autre lièvre éruptive, etc. L'intensité rapide des symptômes généraux, la céphalalgie, et les douleurs lombaires surfout, doivent faire considérer la variole comme très probable.

Traitement. — Il est très simple toutes les fois que la variole suit une marche régulière et parcourt ses périodes sans complication grave : on se borne alors à prescrire le repos au lit, des boissons douces, quelques gargarismes et collyres, et Ton surveille l'évolution des différentes périodes. Mais si, au contraire, la fièvre est intense, le pouls dur, la céphalalgie et le lumbago très prononcés, il faut pratiquer

une saignée, ou bien appliquer des sangsues à l'anus dans le cas où les symptômes cérébraux paraîtraient dominants. Ces émissions sanguines sont d'ailleurs avantageuses pour combattre les phlegmasies internes qui pourraient enrayer le développement régulier de l'éruption, pblegmasies qui ne réclament pas des moyens différents que quand elles sont isolées. La lenteur et la paresse de l'éruption, lorsqu'elle ne dépend pas d'une complication qu'il faut attaquer directement, peut exiger l'emploi des bains cbauds, des sinapismes , de l'acétate d'ammoniaque. Quand il y a adynamie, prostration, affaissement des pustules, il faut recourir aux toniques. Le délire et les convulsions ne cèdent à aucun moyen.

Ya-t-il un traitement local, et en quoi consiste-t-il 1 D'abord on a cherché à faire avorter les pustules en les cautérisant avec le nitrate d'argent après les avoir épointées (Bretonneau et Velpeau). On a renoncé à cette pratique pour employer l'emplâtre de Vigo c. m., qui, en effet, appliqué sur la face, a pour effet de faire disparaître un certain nombre de pustules par résolution et de transformer les autres en petites vésicules miliaires. M. Briquet propose de faire des onctions avec un mélange de deux parties d'onguent mercuriel et d'une partie d'amidon en poudre. M. Aran a employé le collodion, etc.

La prophylaxie consiste dans la vaccination (V. Vaccine) et dans l'éloignement. Avant la découverte du virus vaccin, on inoculait l'humeur varioleuse aux personnes qui n'avaient pas eu la variole, et l'on cherchait ainsi à leur donner la maladie dans un degré et forme qui n'eussent rien de grave. Cette pratique, qu'on pourrait encore mettre à profit dans une épidémie, si le vaccin manquait, a rendu autrefois de grands services.

VAiuoLOinE, variole bâtarde. — C'est une variole modifiée et très bénigne, qui se manifeste principalement chez les sujets vaccinés ou qui ont eu déjà la variole, et dans les épidémies varioleuscs.

Symptômes. — Prodromes très peu marqués; éruption de pustulc-s rares, petites, sans rougeur a la base et sans gon-

flement de la peau, acuminées ou aplaties, dont une partie même reste à l'état vésiculeux. Absence de fièvre et de suppuration; dessiccation prompte; durée de six à douze jours en tout.

Traitement. — Aussi simple que dans la varicelle.

VERS intestinaux. Entoz-oaires . — Sans nous occuper du mode de production de ces êtres parasites, de la question de savoir s'ils naissent spontanément et se forment de toutes pièces, ou s'ils sont introduits en nature ou par des larves d'insectes, ce qui n'est pas admis aujourd'hui, nous passerons de suite à l'histoire particulière des espèces, qui sont au nombre de quatre : les vers lombrics, les oxyures, le triche céphale et le dénia.

VERS LOMBRICS. Ascarides lombricoides. — L'ascaride lombricoïde a un corps cylindroïde, allongé, de 20 à 25 cent, de longueur, lisse, luisant, demi-transparent et de couleur rosée. Extrémités amincies ; la plus petite est munie de la téte, à l'autre se trouve l'anus. Près de celui-ci est placé le pénis du mâle, tandis que les organes sexuels de la femelle sont à la réunion des deux tiers antérieurs avec le tiers postérieu r.

Causes. — Ces causes, abstraction faite du mode de génération, sont l'âge de trois à dix ans principalement, le régime végétal, l'usage des crudités, l'habitation d'un lieu froid et humide, la piédisposition individuelle.

Symptômes. — Les lombrics habitent l'intestin grêle; ils remontent quelquefois jusque dans l'estomac et même l'œsophage, d'où ils sont expulsés bientôt par la bouche. Existant en nombre plus ou moins considérable ordinairement , ils donnent heu à divers troubles, tels que pâleur du visage, dilatation des pupilles, coliques sans diarrhée, démangeaisons à l'anus et au nez, divers phénomènes nerveux épileptiformes, hystériques et autres, etc., troubles qui sont peu certains d'ailleurs au point de vue du diagnostic, car de l'aveu de Bremser lui-même, le seul signe pathognomonique consiste dans l'expulsion. Nous passerons sous silence les accidents graves dont on accuse les vers, tels que perforation

intestinale, migrations dans diverses cavités, étranglement interne, inflammation intestinale, etc., parce qu'ils se présentent fort rarement.

Pronostic. — Il ne peut être grave que dans les cas où les convulsions, la perforation, les abcès, etc., naissent de la présence des vers. L'affection vermineuse est d'ailleurs moins fréquente qu'on ne se le figure généralement.

Traitement. — Il se résume en deux mots : prescrire les anthelmintiques , dont les plus employés sont la mousse de Corse, le semen contra, l'absinthe, l'huile empyreumatique de Chabert, etc. Les purgatifs, et parmi eux surtout le calomel, l'huile de ricin, sont aussi de bons vermifuges. Les préparations ferrugineuses sont utiles ensuite pour ramener à de meilleures conditions la santé des sujets pâles, débiles.

Potion vermifuge.

Mousse de Corse, 4 à 16gram.

Eau bouillante, 120 Sirop, 30 Par cuillerées.

Electuaire.

Semen contra, Miel,

En une seule fois.

2grarn.

Autre (Vogler).

Semen contra pulv., 8 grain.

Racine de jalap pulv., 4 Calomel, 0,30 cent.

Eau de fl. do quassia, 2 Sirop de fl. dépêcher, q. s.

Une cuillerée à café toutes les deux heures jusqu'à purgation.

Poudre (Gœlis).

Semen contra. 1 grain.

Racine de valériane en p. , 1 Calomel, 0,10 cent.

Sucre Liane, 2gram.

M. — Divisez en 4 parties égales.

Sirop (Cruveilhier).

Follicules de séné, Rhubarbe, Semen contra,

Aurone, )aa4gram.

Mousse de Corse, Fleurs de tanaisie, Petite absinthe, Eau (infusion a froid), 250 Sucre, q. 8.

1 cuil. à bouche le matin pendant trois jours.

OXYURES VERMICULAIRES. Ascarides vermiculaircs. — Vers très petits, de 3 ou 4 millim. de longueur, blancs, dont l'extrémité postérieure est plus grosse que l'antérieure. Ils se trouvent dans le rectum, cachés souvent dans les plis de l'anus, où ils causent un vil' prurit. Quelquefois ils se portent aux organes génitaux, chez les femmes, et causent des démangeaisons, une inflammation catarrhale, un écoule-

ment vaginal. Les enfants y sont plus sujets que les adultes.

Traitement. — Les lavements en constituent le moyen principal : on les prépare avec de l'eau froide seulement, ou bien de l'eau salée, une décoction de suie, d'ail, une infusion de tanaisie, d'armoise ou d'absinthe. On réussit encore très bien en frictionnant l'anus avec la pommade mercurielle.

TRICHOCÉPHALE. — Ver linéaire, long de 4 à 6 cent., capillaire, aminci du coté de la tête, renflé à la partie postérieure chez le mâle, qui habite principalement dans le cœcum et le colon, où il peut se rencontrer en assez grand nombre. Ce ver est au reste très rare chez l'homme.

Traitement. — Purgatifs, mercuriaux ; lavements vermifuges comme dans l'oxyure.

T.EXIA ou VER SOLITAIRE. — Il en existe deux espèces. 1° T ce nia solium : ver plat, articulé, de 6 à 7 mètres de Ions, terminé supérieurement par une partie plus rétrécie à laquelle s'attache la tête. Celle-ci, examinée au microscope, offre quatre mamelons arrondis au centre desquels est l'ouverture de la bouche,- garnie d'une rangée de très petits crochets à l'aide desquels l'animal peut se cramponner avec force à la muqueuse intestinale. Ce ver est, dit-on, ovipare, hermaphrodite. On le rencontre dans l'intestin grêle. — 2o Txnia Ma ou boirichocéphale. Ce ver manque de crochets à la bouche; ses anneaux sont plus larges que longs; il est moins long que le précédent, etc.

Symptômes. — Le siège habituel du taenia est vers la partie supérieure de l'intestin grêle et principalement dans l'estomac. Il est seul {ver solitaire). Il donne lieu à des douleurs de ventre, des coliques ; à une sensation de morsure, de succion ; à un appétit dévorant; mais ces symptômes n'ont rien de constant, et on peut leur en adjoindre beaucoup d'autres, tels que lassitude, crampes, vertiges, désordres nerveux, etc., qui ont encore moins de valeur pour le diagnostic, lequel n'est certain que lorsque des fragments de l'animal sont expulsés.

Traitement. — Le Isenia est souvent rebelle à l'action des anthelmintiqucs, des tœniafugcs les plus vantés ; aussi a-t-on

préconisé une foule cle médicaments et de méthodes thérapeutiques dont nous allons rappeler les principales. Le semen contra en infusion et en extrait, la racine fraîche de grenadier en décoction concentrée, les fleurs de kousso, la racine de fougère mâle, etc., ont été aussi employés avec des succès divers. Les purgatifs les plus actifs ont été mis en usage, de même que les mercuriaux et diverses autres substances qu'il est inutile d'énumérer.

Mélange.

Fleurs de kousso, 20gram.

Eau (infusion pendant 1 quart d'heure), 250 On avale le mélange sans rien laisser, et au bout d'une heure commencent les évacuations qui doivent entraîner le ver.

Décoction de grenadier.

Racine fraîche de grenadier, 60 gram.

Eau (faire bouillir jusqu'à

réduct. de 500 gram.), 1 kilog.

En trois doses que l'on prend de 1/2 heure en 1/2 heure, lorsque le malade rend des fragments de taenia.

Pilules (Peschier).

Extr. éthéré de fougère

mâle, 1,25 cent.

Rac. de fougère mâle, 0,60 Conserve de roses, q. s.

F. 15 pilules. — A prendre, le

soir, à intervalles d'une demiheure. Le lendemain on administre un purgatif.

Remède de Mme Souffer.

La veille au soir, le malade mange une panade. Le matin il avale 12 gram. de racine de fougère mâle en poudre très fine et délayée dans 190 gram. de tisane de fougère. Deux heures après, il prend un bol purgatif composé de :

Calomélas, ) . . , . .

,.. , aa 0,o decig.

Kac. de scammonee, )

Gomme gutte, 25 gram.

Coufect. d'hyacinthe, q. s.

Divisez en 5 bols égaux. —

1 pour les enfants, 2 pour les

personnes nerveuses et délicates,

et 3 pour les adultes vigoureux,

et à un quart d'heure de distance

les uns des autres . Contre le tamia .

VÉSICULES. Affections vêsiculeuses. — Deuxième ordre des maladies cutanées (V. Peau), caractérisé par de petits amas de sérosité en forme de gouttelettes qui soulèvent l 'épiderme, sérosité qui, d'abord transparente, paraît devenir louche, séro- purulente, et qui tantôt est résorbée, tantôt s'écoule après la déchirure de la vésicule. — Les affections vêsiculeuses sont la miliaire, la varicelle, l'eczéma, V herpès, la r/alr.

VOMISSEMENT NERVEUX. — Le vomissement, que nous

n'avons pas besoin de définir, fut considéré autrefois comme une maladie particulière; puis on ne vit plus en lui qu'un symptôme. Cette dernière opinion, quoique exacte, a pourtant laissé place à l'admission d'un vomissement essentiel, nerveux, qui, à la vérité, est fort rare; car celui même des femmes enceintes ne peut être considéré comme purement idiopathique.

Causes. — On comprend que les causes du vomissement nerveux soient obscures, du moment qu'il faut en retrancher les divers états morbides qui, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, le produisent, et même la grossesse. On est réduit à constater le fait sans pouvoir remonter à sa cause.

Symptômes. — Vomissements fréquents, le plus souvent muqueux, très rarement bilieux, revenant d'abord à des intervalles assez longs, puis se rapprochant, laissant quelques journées de répit de loin en loin. Les aliments sont rarement rejetés ; il y a absence presque complète de douleur épigastrique dans la plupart des cas. L'appétit se conserve assez longtemps, mais il finit par se perdre, et alors la soif et la fièvre s'allument, l'haleine prend une odeur d'aigre; sur la fin, du délire et des accidents cérébraux se déclarent. Arrivée à ce degré, la maladie se termine par la mort ; mais cette terminaison fâcheuse n'a pas toujours lieu, et, dans ce cas, les vomissements s'arrêtent après s'être montrés plus ou moins intenses, mais toujours avant la seconde période (période de réaction générale).

Pronostic. — Il est fort grave, un peu moins cependant dans la grossesse que lorsque cet état physiologique manque, lis peuvent devenir tellement menaçants dans la grossesse qu'on soit oblige de provoquer l'avortement pour sauver la malade.

Diagnostic. — Les vomissements de la gastrite, de la gastralgie, des coliques hépatiques et néphrétiques, du cancer de l'estomac, se distinguent du vomissement nerveux par la douleur dont ils s'accompagnent, par leur nature, qui est bilieuse dans la gastrite, semblable à du marc de café dans le cancer stomacal ; par leur fréquence, qui est moindre, etc. i

Trajtement. — Les narcotiques, on le pense bien, doivent être considérés comme les principaux agents de la médication.

ob6 NOUVEAU COMPENLIUM.

L'opium et labelladone sont le plus employés. Après ces moyens, viennent les amers , tels que la quassia, le colombo, le quinquina ; puis les boissons gazeuses, la potion de Rivière, l'eau magnésienne; enfin, les purgatifs, les vomitifs, le sous-nitrate ie bismuth, le charbon du docteur Belloc, la teinture de noix vomique, la glace, les vésicatoires.

M. le docteur Clertan a fait cesser des vomissements incoercibles de la grossesse en appliquant douze sangsues sur le col de la matrice, qui était tuméfié, engorgé.

Potion anti-émétique de Rivière.

Acide citrique, 2 gram.

Sirop de sncre, 25 Bicarbonate de potasse, 2 Eau, 120 F. s. a.

Potion effervescente (Gaubius) .

Suc récent de citron, lôgram.

Bon vin rouge, 30 Carbonate Je potasse, 4

Potion de Déliaen.

Carbonate de chaux, Sirop de limon, Liqueur d'Hoffmann, Laudanum de Syden., Eau de menthe, — de mélisse,

2 gram .

12gcrat.

30 gram.

Mixture contre vomissement nerveux

(Padioleau) .

Eau distillée, 100 gram.

Bicarbonate de potasse, 8 Sulfate de morphine, 0,05cent.

Suc de limon.

Mettez une cuillerée à café de ce suc avec la solution de sulfate de morphine et de bicarbonate, et avalez immédiatement.

Autres formules.

(V. Bicarbonate de soude.

Belladone , Opium , Colombo, Quassia, etc., nu Dicl. thér.)

VOMISSEMENT DES ENFANTS A LA MAMELLE. — Le vomissement est facile chez les enfants, d'abord parce que l'estomac est situé presque perpendiculairement, ensuite parce que les nourrissons se gorgent souvent de lait qu'ils ne peuvent tout digérer. Outre ces causes physiologiques, il en est de morbides, comme l'indigestion; L'inflammation de l'estomac, les acidités, etc., dans lesquelles le vomissement n'est autre chose

qu'un symptôme.

Le vomissement idiopathique n'a rien d'inquiétant, et il se produit avec une étonnante facilité chez certains enfants. Le lait est rejeté dans un état de digestion plus ou moins avancée, à l'état de grumeaux casécux, souvent presque naturel, selon la durée de non séjour dans l'estomac.

PATHOLOGIE INTERNE. B8î

TRAITEMENT.— S'il n'y a que simple rejet du trop plein, il . faut que l'enfant tète moins que d'habitude. S'il y a coagulation caséeuse du lait, on verra si le lait n'est pas trop riche, ou si l'estomac n'est pas chargé d'acidités, etc. Dans tous les 'cas, si l'enfant n'est pas incommodé du vomissement, il n'y aura rien à faire; s'il en est autrement, on attaquera les causes.

vulvite. — Inflammation de la vulve ou des parties géi nitales externes de la femme.

Causes. — Flueurs blanches, écoulement blennorrhagique, i onanisme, violences extérieures, rapports sexuels dispropor- : tionnés , présence des vers oxyures, etc. La malpropreté, la i masturbation, une constitution scrofuleuse, suffisent pour ; développer cette maladie chez les jeunes filles.

Symptômes. — Rougeur, gonflement, douleur aux grandes et petites lèvres, tantôt avec sécheresse, plus souvent avec i écoulement muco-purulent qui tache le linge en jaune ou ver- . dâtre, et dont l'origine peut paraître suspecte. L'inflammation i ' tient à une disposition interne plutôt qu'à des causes externes chez certaines petites filles, dont les parties ont une tendance à l'inflammation gangréneuse.

Traitement. — Bains , lotions émollientes , tisanes déi layantes : cela suffit ordinairement. Mais si l'inflammation ' revêt un caractère phlegmoneux , il faut recourir aux émissions sangiines, aux cataplasmes, et ouvrir les abcès des ■ grandes lèvres qui sont alors assez fréquents.

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